14/12/2007

Pologne • 700 000 citoyens sous contrôle gouvernemental ...

La chasse aux sorcières est ouverte en Pologne. Sont visés les collaborateurs de l’ancienne police communiste. Liberté d’expression en danger.

Bert De Belder
28-03-2007

Le gouvernement polonais, dirigé par les jumeaux Kaczinski (Lech, président et Jaroslaw, Premier ministre) du parti très conservateur Droit et Justice, a décidé de contrôler pas moins de 700 000 citoyens nés avant 1972 pour déterminer s’ils ont collaboré avec les services spéciaux et la police politique de la Pologne communiste d’avant 1989.

 

Une nouvelle loi à cet effet est en vigueur depuis la semaine dernière. Sont visés : journalistes, enseignants, recteurs d’universités, directeurs d’école, avocats, notaires. Après vérification, les résultats seront rendus publics sur Internet, ouvrant la voie à une vraie chasse aux sorcières.

Les journalistes qui refuseront de remplir les déclarations seront également licenciés, explique le président de la radio publique polonaise, Krzysztof Czabanski. De même que ceux qui auront reconnu leur collaboration1. Un employeur, que ce soit l’Etat ou un employeur privé, pourra licencier toute personne ayant refusé de se soumettre à l’obligation de déclaration2.

La majorité des Polonais ne sont pas du tout enthousiastes. Selon un sondage, 52% des Polonais estiment qu’une collaboration avec l’ancienne police secrète polonaise n’a plus d’importance aujourd’hui3.

D’abord, la collaboration avec les services du gouvernement communiste peut avoir été un choix politique conscient, sans pour autant avoir été impliqué dans quelque chose de criminel ou d’abusif. Beaucoup de gens ont certainement aussi collaboré par conformisme ou opportunisme, pour suivre le mouvement ou simplement obtenir un job.

Nombre de prétendus « collaborateurs » ont été inventés par les policiers soucieux de séduire leur hiérarchie ou sont les victimes du zèle de certains procureurs mus par une sorte de « fanatisme »4.

Le président d’honneur de l’Association des Journalistes de Pologne, Stefan Bratkowski, voit dans la loi une volonté d’attenter à la liberté d’expression5. Des groupes de journalistes ont déjà appelé au boycott de la loi et certains professeurs refusent de l’appliquer car ce serait, disent-ils, en dessous de leur dignité6.

1 Libération, 16 mars 2007 • 2 Le Soir, 17 mars 2007 • 3 AFP, 19 février 2007 • 4 AFP, 19 février 2007 • 5 Libération, 16 mars 2006 • 6 Le Soir, 17 mars 2007

14:51 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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