14/12/2007

Union européenne • L’Allemagne veut (re)fourguer la Constitution ...

En 2007, l’Allemagne dirigera à la fois l’Union europénne (UE), qui vient d’être élargie à la Roumanie et à la Bulgarie, et le G81. A quoi faut-il s’attendre ?

Jean Pestieau
10-01-2007

Le programme du gouvernement Merkel ne fait pas que des heureux en Allemagne : « ça suffit », lui disent ces travailleurs de Munich. (Photo Arbeiterfotografie)

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En ce qui concerne l’UE, la priorité de la chancelière Angela Merkel – chef de l’Union chrétienne démocrate (CDU), à la tête d’un gouvernement de coalition avec le parti socialiste (SPD) – est de faire accepter le projet de Constitution européenne mis en échec par les referendums néerlandais et français à la mi-2005. Ce dossier est devenu « le symbole du blocage de l’UE » a déclaré le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier (SPD), en présentant à Bruxelles le programme de la présidence allemande2.

« La présidence allemande aura (également) à cœur de continuer à développer le marché intérieur, notamment en ce qui concerne l’ouverture du marché de l’électricité et du gaz. Cela vise particulièrement le refus de la France d’ouvrir son marché intérieur. Dans un chapitre sur le renforcement de la compétitivité des entreprises, on retrouve la volonté d’achever la libéralisation des services postaux. Une façon pour le gouvernement allemand d’offrir plus de possibilités d’expansion à la Deutsche Post et à DHL3. »

« En matière sociale et sociétale, enfin, l’ambition est de promouvoir la «Flexicurity», c’est-à-dire de «concilier la nécessaire flexibilité du marché du travail avec la protection et la sécurité sociale4 », affirme le programme de la présidence allemande. Mais aucune trace du modèle social réclamé par les syndicats. Le texte dit seulement que « le débat sur le modèle social européen doit encore recevoir un contenu concret. »

La présidence allemande « souhaite réaliser des progrès substantiels dans la lutte contre le terrorisme international et la criminalité transfrontalière, tout en préservant les droits et les libertés des citoyens. (...) Pour ce faire, elle mise notamment sur le renforcement de la collaboration policière et sur celui de la coopération juridique en matière civile et pénale5. » Autrement dit : corseter plus encore les droits des travailleurs dans la lutte pour leur gagne-pain et leurs libertés, tout en renforçant l’Europe du grand capital dans sa compétition avec les Etats-Unis.

En ce qui concerne le G8, il s’agit avant tout de tenter de maintenir le pouvoir des monopoles du trio USA-UE-Japon face aux nouveaux poids lourds que sont la Chine, l’Inde et le Brésil. Berlin espère relancer les négociations de libéralisation du commerce – au profit des grandes multinationales occidentales – actuellement paralysées à l’Organisation mondiale du Commerce6.

Dans les mains de fer d’Angela Merkel, la défense des intérêts des plus grandes entreprises industrielles et financières, orientation prônée à la fois par l’UE et le G8, ne craint donc rien.

1 Groupe puissant de huit pays capitalistes industrialisés : Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni et Russie • 2 http://www.amb-allemagne.fr • 3 Junge Welt, 30 décembre 2006 • 4 http://www.amb-allemagne.fr • 5 idem • 6 Le Soir, 3 janvier 2007


14:56 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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