24/01/2008

Charleroi :: Tentative d’expulsion d’un couple âgé

Enfermés pendant 30 heures dans une cellule de l' aéroport ...

Myriam De Ly
23-01-2008

Un couple de personnes âgées a été détenu au commissariat de l’aéroport de Gosselies pendant plus de 30 heures. Sans la famille et les amis, ils auraient été expulsés vers le Maroc.

 

Ahmed Touil (au centre, en chaise roulante) et sa femme sont heureux de retrouver leur famille et leurs amis, après une attente angoissante dans une cellule du commissariat de l’aéroport de Charleroi. (Photo Solidaire, Myriam De Ly)

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Ils sont Marocains, ont vécu tout à fait légalement dans la famille de leur fils à Monceau-sur-Sambre, avec une carte de séjour « jaune », renouvelable tous les cinq ans. Ahmed Touil et Fatna Baiz sont très âgés. Ils ont la santé fragile, et ont besoin de soins.

Le 19 janvier vers midi, ils rentrent d’un séjour au Maroc. Mais ils n’ont plus l’accès au territoire, parce que leur séjour là-bas a dépassé un an. La famille explique qu’Ahmed a dû être hospitalisé au Maroc. Pas d’avance. Ils sont arrêtés et enfermés dans une cellule du commissariat de l’aéroport. Ils ne comprennent pas ce qui se passe, ils parlent peu le français. Ce n’est qu’en début de soirée qu’un des fils peut les voir. Le père est malade, il a vomi. La police refuse que le fils appelle une ambulance. Ahmed passera la nuit dans ses vêtements souillés.

Les amis et plusieurs associations sont mis au courant de la situation. Deux avocats s’activent pour faire libérer le couple. Le lendemain, la police tente de les embarquer de force dans l’avion pour Casablanca de 12 h 10. Fatna refuse catégoriquement, l’expulsion ne réussira pas.

Commence une nouvelle longue attente. J’appelle le docteur Eric Hufkens pour qu’il voie Ahmed. Il constate l’épuisement et divers problèmes de santé chez l’homme âgé et estime tout à fait irresponsable de le garder là-bas. La presse arrive sur les lieux. L’avocat a pu obtenir une solution : l’Office des Etrangers, ne voulant pas perdre la face, demande que la famille achète un ticket de retour pour les parents, valable 15 jours. Entre-temps, un avocat doit renouveler leurs permis de séjour. La famille achète les tickets. Mais ils les ont pris pour 16 jours. Refusés. Il faut aller les changer. De nouveau il faut attendre.

Alors que tout aurait pu être très simple : on aurait pu donner un visa de touristes, avec la demande qu’un avocat régularise leur séjour. C’est finalement vers 18 h 30, que nous voyons sortir Ahmed et Fatna de la zone de transit. Ahmed, fragilisé, est en chaise roulante. Le stress, l’incompréhension, la fatigue, les malaises et l’humiliation auraient pourtant pu être évités. La famille, les amis, les associations ont constaté sur place que d’autres familles ont aussi été touchés par des tracasseries administratives. À quand une politique humaine vis-à-vis de l’immigration ?

Hebdomadaire du Parti de Travail de Belgique | bd M. Lemonnier 171, 1000 Bruxelles | 38e annee n° 3 (1686) du 23 janvier 2008

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19:01 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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