31/01/2008

27/01/2008: Allemagne : gauche radicale contre gauche modérée ...

 -------- Message original --------
Sujet: LINKSPARTEI
Date: Sun, 27 Jan 2008 21:25:59 +0000 (GMT)
De: FISCHER BERNARD <fischer02003@yahoo.fr>


Allemagne : gauche radicale contre gauche modérée

 LE MONDE | 25.01.08 | 14h45  •  Mis à jour le 25.01.08 | 14h45 WETZLAR (HESSE) ENVOYÉ SPÉCIAL
  Devant un auditoire trop restreint pour la grande salle des fêtes, Oskar Lafontaine énumère les succès du Linkspartei, le parti de la gauche radicale qu'il a fondé avec d'anciens communistes de l'ex-Allemagne de l'Est. Il y a là un échantillon des divers courants qui se sont péniblement rassemblés avant les élections fédérales de 2005 et qui ont réussi leur entrée au Bundestag, provoquant un petit séisme dans le paysage politique. Des vieux communistes de l'Ouest (DKP), un dirigeant local du syndicat DGB qui trouve sa centrale trop tiède et trop proche des sociaux-démocrates, des vétérans pacifistes qui regrettent "l'embourgeoisement" des Verts...
 
En privé, Willi von Ooyen, tête de liste au scrutin régional de Hesse, le 27 janvier, reconnaît qu'il n'existe pas encore "une culture unique de parti". Lui-même n'est pas membre du Linkspartei. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il a été choisi après un scandale avec un ancien du DKP. Pédagogue dans une institution pour handicapés mentaux, il vient des Bürgerinitiative qui se sont battues dans les années 1980 contre l'implantation en Europe des fusées Pershing et des missiles de croisière. L'ambition n'est pas de participer à un gouvernement mais de servir d'aiguillon à un moment où le Zeitgeist (l'esprit du temps) est en train de changer en Allemagne.Tous les partis sont touchés. Le Parti libéral (FDP) se polarise sur le libéralisme économique, abandonnant la défense des libertés publiques qui constituait le deuxième pilier de sa doctrine. La CDU-CSU s'interroge sur sa fidélité à la référence chrétienne. Les Verts se sont assagis sous l'effet de leur participation au pouvoir de 1998 à 2005. Le SPD est à la recherche de son identité. Le centrisme traditionnel est en train de craquer sous l'effet d'une diversification de la société et une tendance à la polarisation soutenue par les changements dans les rapports sociaux.Oskar Lafontaine, qui a abandonné son poste de ministre des finances quand Gerhard Schröder a lancé le SPD sur la "troisième voie" de Tony Blair, promet une nouvelle jeunesse à des thèmes naguère ringards : la justice sociale, la lutte contre les privilèges des grandes sociétés et de leurs dirigeants mais aussi le refus des aventures militaires extérieures, en Afghanistan ou ailleurs. Le magazine Der Spiegel le traite de "poil à gratter". Le chef du Parti libéral (FDP), Guido Westerwelle, constate que "le virus Lafontaine" se répand en Allemagne. Ceux qu'il gêne le plus, ce sont ses anciens camarades du SPD. A tel point que certains se demandent si son principal objectif n'est pas simplement de leur nuire.Les thèmes que le Linkspartei met en avant trouvent un écho favorable à la base du SPD, qui a mal digéré les réformes imposées par Gerhard Schröder et poursuivies par la grande coalition. L'allongement de l'âge de la retraite à 67 ans, la réduction des allocations chômage, connue sous le nom de Hartz IV, sont particulièrement impopulaires. Le Linkspartei chasse sur les mêmes terres que le SPD. Les chômeurs, les retraités, les ouvriers sont leur clientèle commune. Les sociaux-démocrates ont déjà repris quelques revendications lancées par la gauche radicale, comme le maintien des allocations pour les chômeurs de longue durée et surtout le salaire minimum.Il ne s'agit pas d'un changement d'orientation, avoue - modeste - Oskar Lafontaine, mais seulement de "légères corrections". Elles suffisent à mettre le SPD dans l'embarras, d'autant que les dirigeants du Linkspartei maîtrisent toutes les astuces de la propagande. L'année dernière, ils ont présenté au Bundestag une proposition de loi pour l'instauration d'un salaire minimum généralisé reprenant mot pour mot une pétition des sociaux-démocrates. Pour ne pas se fâcher avec la chancelière, Angela Merkel, les députés ont voté comme un seul homme contre leur propre texte ! Depuis, la direction du SPD a fait de cette revendication sa première priorité. La candidate social-démocrate en Hesse, Andrea Ypsilanti, a lancé une campagne de signatures sur ce thème. Elle a ainsi accru ses chances de l'emporter sur un des barons de la démocratie-chrétienne dont la réélection paraissait assurée, voilà quelques semaines.Pour ne pas être doublés sur leur gauche et pour se distinguer de leurs alliés chrétiens-démocrates de la grande coalition en vue de la confrontation de 2009 devant les électeurs, les sociaux-démocrates ont radicalisé leur discours. Ils veulent aussi arrêter l'hémorragie de militants qui frappe le parti depuis le tournant "libéral" des années 2000. Kurt Beck, par ailleurs ministre-président de Rhénanie-Palatinat, qui est le troisième président du parti depuis Gerhard Schröder, cherche le salut dans un retour aux thèmes classiques de la social-démocratie. Au grand dam de la droite du SPD, qui lui reproche de faire une fixation sur le Linkspartei. "Je reconnais que ces réponses correspondent tout à fait à la tradition de la social-démocratie, affirme Wolfgang Clement, ancien ministre de l'économie du gouvernement rouge-vert, reconverti dans l'industrie énergétique. Mais ce ne sont plus les bonnes réponses."Dans les Länder qui formaient autrefois la RDA, les sociaux-démocrates sont prêts à s'allier avec les anciens communistes. C'est aussi le cas à Berlin, gouverné par une coalition dite rouge-rouge. Mais à l'Ouest la coopération entre les frères ennemis est encore un tabou. Willi von Ooyen estime pourtant que l'épouvantail représenté par les anciens communistes est-allemands ne fait plus peur. Le chef du groupe parlementaire de la CDU-CSU au Bundestag, Volker Kauder, lui donne implicitement raison quand il lance une mise en garde : "Les jeunes en particulier ne sont pas conscients qu'il s'agit là (le Linkspartei) d'un héritier direct du SED et du PDS (le nom des deux partis communistes est-allemands, avant et après la chute du Mur), et non d'une organisation de bienfaisance."Le SPD répète sur tous les tons qu'il n'est pas question de former des gouvernements régionaux avec la gauche radicale ni même d'accepter son soutien. Après son entrée au Parlement fédéral, le Linkspartei se contenterait de participer à quelques Parlements régionaux dans la partie occidentale de l'Allemagne, gage d'une implantation pérenne. A partir de là, il pourrait jouer son rôle d'aiguillon et de trouble-coalition. Le cauchemar des sociaux-démocrates allemands rappelle le dilemme des socialistes français avant la victoire de François Mitterrand en 1981 : avec les communistes, ils effrayaient les centristes, dont l'apport était indispensable à une majorité ; sans les communistes, ils n'avaient aucun espoir de jamais l'emporter.L'échiquier politique allemand a longtemps été la chasse gardée de trois formations, deux grands partis de masse, l'Union démocrate-chrétienne et la social-démocratie, plus le petit Parti libéral qui servait d'appoint à l'une ou à l'autre. Dans les années 1980, le jeu s'est compliqué avec l'apparition des Verts. Avec un cinquième larron, une coalition gouvernementale avec seulement deux partis apparaît désormais difficile, sinon exclue. En refusant de coopérer d'une manière ou d'une autre avec le Linkspartei, le SPD risque d'être condamné soit à cohabiter avec les démocrates-chrétiens dans une grande coalition soit à s'infliger une interminable cure d'opposition.En attendant, le curseur de la politique intérieure s'est déjà déplacé - légèrement - vers la gauche. C'est peut-être un paradoxe, mais la formation, en 2005, de la grande coalition, vaste rassemblement centriste par définition, a tiré la démocratie chrétienne vers la gauche. Pour devenir chancelière, Angela Merkel a dû renoncer aux réformes économiques et sociales-libérales qu'elle avait annoncées pendant la campagne. Elle a mis en oeuvre la plupart des décisions que son prédécesseur social-démocrate Gerhard Schröder avait prises pendant son deuxième mandat. Elle a même consenti des concessions sociales à ses ministres SPD, eux-mêmes placés sous pression par le président et la base de leur parti et par les coups d'aiguille de la gauche radicale. La meilleure illustration en est la discussion autour du salaire minimum. La mesure n'est pas en soi révolutionnaire - la Grande-Bretagne "blairiste" a rétabli un smic - et il est probable que le débat au sein du gouvernement se terminera par un compromis. Celui-ci n'en sera pas moins difficile à imposer à l'aile libérale et aux représentants patronaux au sein de la démocratie chrétienne.Cette évolution ne signifie pas pour autant que le centre, lieu géométrique de la politique allemande depuis la création de la RFA en 1949, soit définitivement abandonné. Face à l'apparition de la gauche de la gauche et à la radicalisation - relative - du SPD, Angela Merkel a compris qu'il était dans son intérêt de préparer les prochaines échéances électorales nationales en occupant ce terrain, le fameux "Mitte" qui permet toutes les déclinaisons. En 1998, Gerhard Schröder avait fait campagne sur le thème du "nouveau centre"."Là où nous sommes, là est le centre", a déclaré la chancelière au dernier congrès de son parti. Elle n'a pas besoin de le définir plus précisément. Au contraire. Sa popularité repose sur sa capacité à concilier et parfois à défendre des positions contradictoires. Car des années de vaches maigres et une reprise économique dont ils ne perçoivent pas toujours les fruits ont peut-être ébranlé la confiance des Allemands dans la valeur des compromis. Elles ne l'ont pas détruite.  Daniel VernetArticle paru dans l'édition du 26.01.08 

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20:15 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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