25/01/2011

Pourquoi la russie aurait-elle à rejoindre l'Alliance N-A?

From: nicolas
Sent: Tuesday, November 30, 2010 6:48 PM
To: Romain
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme] Fwd: Pourquoi la russei aurait-elle à rejoindre l'Alliance N-A?
 

Source : Solidarité Internationale PCF

Pourquoi la Russie aurait-elle à rejoindre l’Alliance nord-atlantique, ce loup déguisé en agneau ?
Par Gennady Zyuganov

samedi 20 novembre 2010, par Comité Valmy


Le Parti communiste Russe expose les raisons de son inquiétude concernant le rapprochement de la Russie avec l’OTAN et de sa possible adhésion au bloc impérialiste

Pourquoi la Russie aurait-elle à rejoindre l’Alliance nord-atlantique, ce loup déguisé en agneau ?

Par Gennady Zyuganov, président du Parti communiste de la Fédération de Russie (KPRF)

Dans le contexte d’une crise mondiale dans laquelle la Russie a été aspirée plus profondément que tout autre grand pays, de nouveaux et dangereux phénomènes peuvent être observés quant à la politique des dirigeants actuels de notre pays. Je veux parler des plans de nouveaux bradages d’entreprises stratégiques, de marchandisation de l’éducation, de la santé et de la culture, et la volonté de faire entrer la Russie dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Récemment, les négociations longtemps au point mort concernant l’entrée de la Russie dans l’OTAN ont été tout à coup ranimées. Des experts et journalistes pro-gouvernementaux ont du mal à prouver que c’est une mesure nécessaire. Le président de l’Institut du développement moderne (INSOR), M.Yurgens, a répandu publiquement l’idée de faire entrer la Russie dans l’OTAN, au forum international de Yaroslav en Septembre. Le président du Conseil d’administration de l’INSOR est l’actuel président Russe. Cela signifierait-il que M.Yurgens ait pris cette initiative avec l’aval du président du Conseil d’Administration ?

otanotan2 

Le président Russe a lui-même l’intention de participer au sommet de l’OTAN à Lisbonne des 19 et 20 novembre. Lors d’une récente rencontre avec le secrétaire-général de l’OTAN, Anders Rasmussen, Dimitri Medvedev a déclaré que la rencontre de Lisbonne ne serait pas seulement « un nouveau départ dans les relations entre l’OTAN et la Russie mais marquera également une modernisation des relations mutuelles ». Il n’y a rien de nouveau concernant ces « nouveaux départs ». La voie vers le rapprochement avec l’Ouest dans des conditions de capitulation a été ouverte par Mikhail Gorbatchev avec ses « valeurs humaines universelles ». Le flirt avec les Etats-unis et ses alliés a eu des conséquences dramatiques pour notre pays. Cependant, les dirigeants Russes ne sont pas parvenus à en tirer les leçons adéquates.

Eltsine a accepté la première vague d’expansion de l’OTAN vers les frontières russes. Il a soutenu l’agression de l’OTAN contre la Yougoslavie, notre allié en Europe. Mais vers la fin du règne d’Eltsine, il était devenu évident que les « partenaires » nous avaient cyniquement mené par le bout du nez. Vexé, Eltsine a donné son aval à la fameuse marche de la compagnie aéroportée Russe sur Pristina, la capitale du Kosovo, mais le mal avait été fait. Peu de temps après, M.Poutine repartait de zéro.

Une des premières mesures du nouveau Président a été de faire ratifier par la Douma le tristement célèbre traité START-II qui pourrait mener au démantèlement de nos missiles de longue portée. Les forces nucléaires stratégiques Russes ont été sauvegardées seulement parce que le Congrès des Etats-unis a refusé de ratifier le Traité. Les autorités Russes ont ensuite apporté un consentement quasi-total à la seconde vague d’expansion de l’OTAN, cette fois dans les pays Baltes. Bientôt, sous prétexte de participation à une coalition internationale anti-terroriste, M.Poutine a effectivement contribué à l’installation de bases de l’OTAN en Asie Centrale. Dans le même temps, des bases Russes d’importance capitale, à Cuba et au Vietnam, ont été liquidées.

Cependant, après six années d’efforts inlassables visant à renforcer les relations avec l’OTAN, M.Poutine a tout à coup découvert que l’Ouest n’avait pas l’intention de rendre la pareille mais continuerait à présenter des exigences sans cesse plus importantes, menaçant de porter les dirigeants Russes devant un tribunal international pour leur guerre en Tchétchénie. Donc, en février 2007, le président Russe a prononcé son fameux discours anti-OTAN de Munich où il a exprimé sa profonde indignation vis-à-vis de la perfidie des « partenaires ». Désormais, le président Medvedev est poussé à continuer sur la même voie. Plusieurs mesures préparatoires importantes ont été prises à la vaille du sommet de Lisbonne de l’OTAN. Un autre traité de « désarmement » avec les Etats-unis a été signé. Moscou a soutenu le durcissement des sanctions contre l’Iran et a déchiré le contrat censé fournir des systèmes de défense anti-aérienne à Téhéran. Certaines attaques verbales peu judicieuses ont été adressées à la Corée du nord. Les relations avec la Biélorussie se sont détériorées sans aucune raison. Un gros cadeau a été fait à la Norvège, le plus proche des alliés des Etats-unis au sein de l’OTAN, le contrôle sur de vastes étendues de la mer de Barents sur lesquelles notre pays n’a jamais reconnu de souveraineté étrangère. Maintenant, il semble que les relations entre la Russie et l’OTAN vont passer à un niveau supérieur, vers l’adhésion de la Russie à ce blog agressif.

L’OTAN : du gendarme Européen au gendarme du monde

Il convient de rappeler que l’Alliance a été créée le 4 avril 1949 prétendument pour protéger l’Europe d’une invasion des « hordes rouges » venant de l’Est. Et un des dirigeants de l’OTAN avait même admis à l’époque que le véritable objectif du bloc était de « garder l’Amérique dedans, l’Allemagne à terre et la Russie dehors ».

L’Union Soviétique a été détruite. Il semblerait qu’il n’y aurait pour l’OTAN désormais aucune raison d’être. Mais l’alliance est toujours vivante et elle est même en pleine expansion, en train de se renforcer. La véritable signification du maintien de l’OTAN a été soulignée par les interventions éhontées contre notre ami Yougoslave et ensuite en Irak et en Afghanistan. Il était devenu évident que l’OTAN restait un outil de promotion des ambitions mondiales des Etats-unis et de ses alliés. En fait, les stratèges occidentaux reconnaissent que le rôle de l’OTAN va en se renforçant.

Le rapport de forces mondial est en train de changer rapidement. En 1999, quand les membres de l’OTAN ont adopté avec enthousiasme un nouveau Concept stratégique qui a transformé l’OTAN d’une alliance défensive Européenne en un bloc offensif avec une sphère d’action mondiale, il n’y eut aucune résistance à cela, et on en attendait pas moins. La Russie était en ruines après la période des « réformes », tandis que la Chine avait encore à affirmer sa puissance politique et économique potentielle.

Aujourd’hui, comme la crise l’a démontré, l’influence de l’oligarchie mondiale, dont les centres sont l’Amérique du nord et l’Europe, se rétrécit. Sous l’influence de la Chine communiste, les pays d’Asie, dont le rôle jusqu’à présent a été de fournir des ressources naturelles et de la main d’œuvre bon marché à l’Europe et aux Etats-unis, émergent comme des acteurs-clés dans la politique mondiale. Des processus similaires se déroulent également en Amérique latine. Les pays du « continent noir », jusqu’à récemment un champ sans bornes pour le pillage par les firmes multi-nationales (FMN), s’unissent dans une anti-coloniale Union Africaine. Les pays du Proche-orient et du monde Islamique dans leur ensemble sont pris dans un rude affrontement avec l’Occident.

La lutte pour la suprématie s’intensifie. La crise économique affaiblit encore davantage le système capitaliste. L’oligarchie internationale comprend les personnes les plus riches de la planète, les 500 plus puissantes FMN qui ont un capital de 16 000 milliards de dollars et qui représentent plus de 25% de la production industrielle mondiale. Cette « élite » n’a aucune intention de renoncer à son hégémonie sur la planète, acquise au cours de siècles de guerres de conquête. D’où la nouvelle série de conflits militaires, l’attitude agressive à l’égard de l’Iran et de la Corée du nord, et la pression croissante exercée sur la Chine.

L’Occident cherche à consolider sa puissance afin de perpétuer sa domination. Tandis que dans les années 1990 la question de savoir si l’OTAN avait un sens était débattue, aujourd’hui l’oligarchie, préoccupée par les changements des rapports de force dans le monde, est vigoureusement en train de faire de l’OTAN le gendarme du monde. Elle se fixe comme tâche le déploiement de système de contrôle global sur les espaces terrestres et aériens et la capacité à frapper n’importe quel cible sur le globe. L’OTAN émerge comme un organe supra-national qui cherche à subvertir le système du droit international qui a pris forme après la seconde guerre mondiale et à se soumettre les Nations unies.

En 1993, Zbigniew Brzezinski, dans son livre « Hors de contrôle » déclarait ouvertement que si l’Amérique voulait contrôler le monde, comme elle l’a fait, alors elle devait établir sa domination sur l’Eurasie, en particulier sur la « périphérie occidentale » (l’Union européenne), son « coeur » (Russie), le Moyen-Orient, l’Asie centrale et ses réserves pétrolières. Selon l’éminent analyste Américain John Kaminski, les troupes Américaines ne luttent pas pour la liberté. Ils luttent pour les profits des grandes entreprises... l’armée existe pour s’emparer et piller d’autres pays et peuples.

A la rencontre de Lisbonne, ses participants vont adopter un nouveau concept stratégique de l’OTAN qui remplacera celui adopté en Mai 1999 quand le Bloc a déclaré qu’il avait le droit à des interventions dans le monde entier. Le nouveau concept va sûrement confirmer le fait que l’OTAN continuera son expansion à l’Est. Elle conservera les armes nucléaires tactiques Américaines en Europe. Elle créera un système de missiles Européen en collaboration avec les Etats-unis qui sera évidemment dirigé contre la Russie.

Le capital oligarchique, conscient de la menace à son hégémonie mondiale venant d’Asie, d’Amérique latine et du Proche-orient, essaie de contre-attaquer. Mais ses ressources ne cessent de s’amoindrir.

La Russie entraînée dans la guerre en Afghanistan

Quelle est la plus grande préoccupation de l’OTAN ? Le fait qu’il n’y pas assez de « chair à canon » pour ses expéditions coloniales. L’OTAN cherche fiévreusement des alliés. Il y a actuellement près de 150 000 soldats de 47 pays déployés en Afghanistan. De nombreuses anciennes républiques Soviétiques y ont été entraînées : l’Estonie a envoyé 160 soldats, la Lettonie 170, la Lituanie 245, l’Azerbaïdjan 90, l’Arménie 40, l’Ukraine 15 et la Géorgie 925.

Nos anciens alliés au sein du Traité de Varsovie ont été également été poussés à augmenter leurs contingents. La Pologne a 2 630 soldats en Afghanistan, la Roumanie 1750, la Hongrie 360, la Bulgarie 540, la République Tchèque 500 et la Slovaquie 300. Même la Mongolie a été poussée à envoyer près de 200 de ses soldats sur place. Subsiste-t-il des doutes sur le fait que l’on va demander à la Russie une contribution plus « décente » à la « lutte pour la démocratie » en Afghanistan ?

Quel est le sens de l’article 5 de la Charte de l’OTAN ? Il signifie que tous les membres du bloc doivent venir à la défense de tout autre membre si celui-ci est attaqué. La nature de l’attaque n’est pas spécifiée. Cela peut très bien vouloir dire « menace terroriste », ce dont on a su tellement jouer du côté occidental. Ceux qui sont en train de tirer la Russie vers l’OTAN doivent comprendre que la Russie sera contrainte de protéger les intérêts collectifs de l’alliance. Et pas seulement en Afghanistan...

Apparemment, Washington croît raisonnablement qu’il est inadmissible que le gouvernement Russe continue d’échapper à ce qui est le « devoir sacré » de toutes les partenaires des Etats-unis, c’est-à-dire, lutter pour les intérêts Américains. Des appels toujours plus forts sont lancés depuis Washington pour une intervention en Iran. On aura besoin de toujours plus de « chair à canon ».

L’opinion publique occidentale rejette cette guerre futile au Moyen-Orient, en particulier depuis que les « nobles » objectifs de « lutte contre le terrorisme international » ont bien vite perdu de leur superbe et que le coût et le nombre de cercueils rapatriés depuis l’Afghanistan explosent. Il est donc extrêmement important pour les dirigeants de l’OTAN de donner l’impression que cette guerre bénéficie d’un large soutien international. En général, c’est un des trucs préférés des Américains : partager la responsabilité de leurs aventures coloniales avec leurs alliés. C’était le cas en Corée dans les années 1950 et au Vietnam dans les années 1960. C’est ce qui se passe actuellement en Afghanistan.

Le secrétaire-général de l’OTAN parle ouvertement d’envoyer des pilotes d’hélicoptère Russes dans ce pays et lors d’une rencontre au Pentagone, il y a de cela plusieurs mois, le secrétaire à la Défense des Etats-unis a soulevé avec M.Serduykov, ministre Russe de la Défense, la question de l’envoi de troupes aéroportées et des forces spéciales Russes en Afghanistan. Nous n’avons pas entendu de refus catégorique côté Russe sur la question.

D’autre part, nous savons que les liens militaires Russo-OTAN ont été entièrement rétablis dans le cadre du voyage réalisé au QG du bloc à Bruxelles par le chef de l’Etat-major russe N.Makarov plus tôt dans l’année. Plusieurs accords ont été signés sur des exercices réguliers concernant le commandement et les troupes sur la pratique de la compatibilité et de l’inter-opérabilité des troupes, de l’échange de personnel pour la formation ainsi que d’autres activités visant à intégrer les forces armées Russes dans les structures de l’OTAN.

Les stratèges occidentaux sont prêts à admettre la Russie dans l’alliance seulement en tant que membre de base, affichant clairement que le bloc n’a qu’un seul et unique patron, les Etats-unis. La Russie passerait de dangereux rival, à garder loin de l’Europe, à docile vassal. En d’autres termes, la formule change. Désormais, l’objectif de l’OTAN est « conserver les Etats-unis dedans, et l’Allemagne et la Russie à terre ».

Conséquences de l’entrée de la Russie dans l’OTAN

Si notre pays rejoint l’alliance, son indépendance sur la scène mondiale sera dramatiquement réduite. Il devra coordonner ses actions avec les hauts gradés de l’OTAN, ou, en termes pratiques, demander leur permission pour toute initiative internationale. On lui assignera un « ennemi commun ». Nous devons tous être conscients du fait que dans le cas où la Russie rejoindrait l’OTAN, nos frontières méridionales et extrême-orientales pourrait d’abord devenir des zones de haute tension et ensuite devenir un champ de bataille.

Comme tous les autres membres de l’alliance, la Russie sera confrontée à une « occupation amicale », avec apparition sur notre territoire de bases de l’OTAN et de forces de déploiement rapide, et la libre circulation de ravitaillements militaires de l’OTAN sur son territoire. A la suite de cette transformation, le rôle géopolitique Eurasien de la Russie changera. Donc pour la Russie, rejoindre l’OTAN signifierait un prologue à son auto-destruction.

Pour l’économie russe, ce pas sonnerait le glas de notre industrie de la Défense qui a longtemps été la cheville ouvrière de réalisations scientifiques et technologiques spectaculaires et avait les méthodes d’organisation du travail les plus avancées. Nous allons inévitablement être contraints de passer aux normes de l’OTAN et d’acheter de l’équipement militaire étranger. Le processus est en plein essor. Nous avons déjà acheté des fusils Anglais, des drones Israéliens, de véhicules blindés Italiens et un « contrat du siècle » verra la Marine russe acheter des porte-hélicoptères Français dont nous n’avons absolument pas besoin. Le Général Ivashov estime que dans les années à venir la Russie achètera au moins 30% de son équipement militaire des pays de l’OTAN et d’Israël.

Pendant ce temps, l’arrêt presque total de la production des avions TU-2004 et des IL-96 signifie que nous ne sommes pas seulement en train de devenir totalement dépendants de l’Occident pour les avions de ligne, mais aussi que nous allons bientôt être incapables de produire nos propres avions de transport militaires. Dans l’éventualité d’un conflit, nous n’aurons ni les pièces de rechange ni les compétences pour réparer les avions de ligne qui ont toujours été une réserve, au cas où.

La « réforme » destructrice des Forces armées tombe dans le même schéma. Elle est associée au nom de M.Serdyukov. Mais apparemment, son action a le soutien des dirigeants du pays. De tristes expériences de telles « réformes » existent. Les armées autrefois puissantes des anciens pays du Pacte de Varsovie – la Pologne, la Tchécoslovaquie, la Hongrie, la Bulgarie et la Roumanie – sont désormais transformés en « contingents » totalement incapables de défendre leurs pays et leurs populations mais fournissant des mercenaires pour les guerres coloniales Américaines.

Le même sort a été réservé à l’autrefois puissante Armée populaire de Yougoslavie. Après le coup d’Etat d’Octobre 2000, quand le pouvoir a été pris par des forces pro-occidentales, une série de « réformes » de l’armée Yougoslave en ont fait une pâle ombre de la véritable force qui était capable encore récemment de repousser l’invasion terrestre des forces de l’OTAN.

Les autorités Russes ont détruit la science et l’industrie de la défense qu’elles avaient hérité de l’URSS à un tel point que nous avons perdu la capacité de produire suffisamment d’armements pour nous, et laisser tomber l’idée d’en développer des nouvelles. L’armée autrefois crainte de ses ennemis, démoralisée et désarmée par le « réformateurs », n’est même plus capable de défendre la Russie.

La réorganisation de la structure des Forces armées, l’adoption du système des brigades, l’achat d’équipements militaires étrangers, les exercices conjoints avec les Etats-unis et l’Europe, le refus d’admettre les cadets et les aspirants dans les institutions militaires universitaires : tout cela n’est rien d’autre qu’une volonté d’ouvrir la voie à un système militaire qui attachera ce qu’il restera de l’Armée et de la Marine Russe aux forces expéditionnaires des Etats-unis et de l’OTAN.

Le message est clair : la Russie abandonne volontairement son statut de grande puissance mondiale et se subordonne aux forces les plus agressives. Est-ce que notre peuple victorieux mérite un tel traitement ?

Peut-on croire à la cordialité de l’OTAN ?

Les faits sont têtus. Ils confirment que l’OTAN continue tout doucement à préparer l’invasion de la Russie. Nos troupes sur le théâtre Européen sont surpassées en nombre de 10 à 12 fois par celles de l’OTAN. En Europe seulement, l’OTAN a 36 divisions, 120 brigades, 11 000 tanks, 23 000 pièces d’artillerie et 4 500 avions de chasse. A quoi cela sert d’avoir un tel énorme dispositif militaire ? Pour lutter contre la terreur internationale qui est aujourd’hui présentée comme la principale justification de l’existence de l’OTAN ?

Pendant ce temps, les spécialistes estiment que 70% de toutes les activités opérationnelles, de tous les exercices menés par l’OTAN sont des répétitions qui s’insèrent dans la période initiale d’une guerre de grande ampleur, destinées à obtenir la supériorité aérienne et à mener des opérations de nature offensive. Aujourd’hui, l’OTAN n’a aucun autre ennemi contre qui des opérations de grande ampleur pourraient être lancées, exceptées la Russie. On peut donc affirmer avec certitude que l’OTAN veut nous occuper.

L’OTAN établit sa présence partout. La Russie est stratégiquement encerclée. Une ceinture d’États hostiles à la Russie est en voie de création. Des bases Américaines voient le jour en Pologne, en Bulgarie, et en Roumaine sur la côte de la Mer noire. Les pays Baltes sont déjà sous contrôle de l’OTAN. Des bases navales et des aérodromes militaires capables d’accueillir 200 avions de chasse en même temps, y compris des avions transportant des armes nucléaires, ont été modernisés sur place. Et puis, l’Estonie est à 200km de Leningrad. L’aviation de l’OTAN peut lancer ses missiles sans même pénétrer dans notre espace aérien.

L’Ukraine et la Moldavie attendant dans l’anti-chambre pour rejoindre l’OTAN. La Géorgie est déjà dans la poche de l’OTAN. L’Azerbaïdjan dérive progressivement vers l’OTAN. Les bases aériennes du bloc sont situées au Tadjikistan et au Kirghizstan. Les nouveaux membres de l’alliance, y compris les pays Baltes, ne sont pas limités dans le déploiement d’armes nucléaires sur leurs territoires, ne sont pas couverts par les limitations du traité FCE (Forces conventionnelles en Europe), ce qui permet d’établir des forces de frappe sur leurs territoires.

Il y a un effort constant réalisé pour établir un contrôle sur notre Flotte du nord, la plus puissante des forces maritimes nucléaires que possède la Russie. L’OTAN utilise des stations de suivi en Norvège et dans les pays Baltes, et des postes de surveillance radio-électronique à Spitzbergen. Des bouées acoustiques, des satellites et les avions de reconnaissance Orion pistent tous les mouvements de nos sous-marins nucléaires. L’aviation de reconnaissance de l’OTAN devient, le long de nos frontières, de plus en plus active.

Que se cache-t-il derrière les tentatives d’entraîner la Russie dans l’OTAN ?

L’élite Russe a longtemps essayé de faire partie de l’oligarchie mondiale. Mais on lui a fait comprendre que le seul carton d’invitation pour entrer dans le « club » se trouvait dans l’organisation militaire de l’OTAN. Le message derrière cela est : premièrement battez-vous pour nous, versez le sang de vos citoyens pour les valeurs Occidentales et ensuite on pensera à vous admettre dans le « club ».

Le regain d’intérêt « soudain » pour l’adhésion à l’OTAN est une preuve supplémentaire du fait que les élites de Russie et les pays de l’OTAN ont la même nature de classe. Le groupe qui dirige la Russie aujourd’hui vise moins à moderniser qu’à « occidentaliser » la Russie.

La préparation à l’ « occidentalisation » était en route depuis longtemps. Les élites pro-occidentales de Russie continuent de dire que la Russie n’a pas d’ennemis. A l’exceptions de mythiques « terroristes internationaux ». Ceux qui font notre politique étrangère refusent d’admettre le fait évident que les objectifs historiques de l’Ouest n’ont pas changé et que la Russie est toujours vue comme une source de biens bon marché et un marché pour leurs biens qui ont fait leur temps à l’Ouest.

Le défilé des colonnes de l’OTAN sur la place Rouge pour le jour de la Victoire le 9 mai 2010, jour sacré pour tous les Russes, a démontré que l’OTAN et les élites russes sont en train de devenir des « âmes soeurs ». Ils essaient de nous impressionner, de nous faire croire que le premier peuple qui ait envoyé un de ses enfants – Youri Gagarine – dans l’espace est seulement capable de ramasser les miettes tombées de la table des occidentaux. Le retour d’un libéralisme fanatique au moment où plus de 900 entreprises, y compris certaines stratégiques, sont sur le point d’être privatisées, signifie que la sécurité nationale du pays est sacrifiée sur l’autel du profit et des intérêts égoistes.

D’ailleurs, les élites Russes continent d’afficher toute leur incohérence. Tout en s’opposant fortement à l’admission de l’Ukraine et de la Géorgie dans l’OTAN, Moscou déclare tout à coup son intention de rejoindre lui-même le bloc. La doctrine militaire Russe identifie l’OTAN comme notre principal ennemi. Allons-nous intégrer l’organisation de notre principal ennemi ? Bien sûr, sous la constitution de la Russie de Eltsine, le Président fixe la politique étrangère du pays. Dans le même temps, les dirigeants Russes ne doivent pas oublier le principe constitutionnel qui affirme que l’origine du pouvoir en Russie réside en son peuple. Apparemment, un changement radical dans le cours de l’histoire du pays nécessite l’accord du peuple. L’outil pour obtenir un tel accord est bien connu. C’est le référendum.

Si les autorités Russes actuelles sentent qu’elles sont infaillibles, alors posons la question de l’adhésion à l’OTAN dans le cadre d’un référendum. Il est fort probable qu’ils ne le feront pas. Ils savent très bien que le peuple garde en mémoire les précédentes « visites » en Russie de nos voisins Européens, que ce soient sous la forme de l’intervention Polonaise durant le Temps des troubles, de la grande armée Napoléonienne ou des hordes d’Hitler avec des légions SS représentant presque tous les pays de ’OTAN actuelle.

La Russie a déjà payé pour sa sécurité le prix de millions de vies humaines, pendant la seconde guerre mondiale, qui ont libéré l’Europe du fascisme. Pour renforcer la sécurité de la Russie, nous ne devrions pas demander d’être admis dans l’OTAN, mais plutôt développer notre industrie, notre système éducatif, les sciences. Nous devons ranimer nos Forces armées. Nous devons rétablir notre cercle d’amis et d’alliés parmi les pays-membres de l’Organisation de la Coopération de Shanghai et l’Organisation du Traité de sécurité collective. Par-dessus tout, nous devons chercher à créer une union de la Russie, la Biélorussie et de l’Ukraine qui mettrait en commun le potentiel de ces trois peuples Slaves. C’est la plus fiable des garanties de notre sécurité. Cela a été le cas pendant des siècles dans notre Etat commun. Cela le sera encore à l’avenir.

21:30 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Les commentaires sont fermés.