23/04/2011

LIBYE: LA RAPINE DU SIECLE

 
 
From: Hess Madeleine
Sent: Friday, April 22, 2011 6:52 PM
 
Subject: LIBYE: LA RAPINE DU SIECLE
 
 
Envoyé le : Ven 22 avril 2011, 18h 07min 56s
Objet : LIBYE: LA RAPINE DU SIECLE

La rapine du siècle : l’assaut des « volontaires » sur les fonds souverains
libyens


Manlio Dinucci

L’objectif de la guerre en Libye n’est pas seulement le pétrole, dont les
réserves (estimées à 60 milliards de barils) sont les plus grosses d’Afrique et
les coûts d’extraction parmi les plus bas du monde, ni le gaz naturel dont les
réserves sont estimées à environ 1.500 milliards de m3. Dans le viseur des
« volontaires » de l’opération « Protecteur unifié » il y a aussi les fonds
souverains, les capitaux que l’Etat libyen a investi à l’étranger.
Les fonds souverains gérés par la Libyan Investment Authority (Lia) sont
estimés à environ 70 milliards de dollars, qui grimpent à plus de 150 si l’on
inclut les investissements étrangers de la Banque centrale et d’autres
organismes. Et ils pourraient être plus importants encore. Même s’ils sont
inférieurs à ceux de l’Arabie saoudite ou du Koweït, les fonds souverains
libyens se sont caractérisés par leur croissance rapide. Quand la Lia a été
constituée en 2006, elle disposait de 40 milliards de dollars. En cinq années à
peine, elle a effectué des investissements dans plus de cent sociétés
nord-africaines, asiatiques, européennes, nord-américaines et sud-américaines :
holding, banques, immobilier, industrie, compagnies pétrolières et autres.
   En Italie les principaux investissements libyens sont ceux effectués dans
UniCredit Banca (dont Lia et la Banque centrale libyenne possèdent 7,5%), dans
Finmeccanica (2%) et Eni (1%) : ces investissements et d’autres (dont 7,5% au
Juventus Football Club) ont une  signification plus politique qu’économique (ils
se montent à environ 4 milliards de dollars).

  La Libye, après que Washington l’ait effacée de sa liste de proscription des
« Etats voyous », a essayé de se refaire une place à un niveau international en
misant sur la « diplomatie des fonds souverains ». Quand les Etats-Unis et
l’Union européenne ont révoqué leur embargo de 2004 et les grandes compagnies
pétrolières sont revenues dans le pays, Tripoli a pu disposer d’un surplus
commercial d’environ 30 milliards de dollars annuels qu’il a destiné en grande
partie aux investissements étrangers. La gestion des fonds souverains a
cependant créé un nouveau mécanisme de pouvoir et corruption, aux mains de
ministres et hauts fonctionnaires, qui a probablement échappé au contrôle de
Kadhafi lui-même : confirmé par le fait qu’en 2009, ce dernier a proposé que les
30 milliards de dividendes pétroliers allassent « directement au peuple
libyen ». Ceci a accentué les fractures à l’intérieur du gouvernement libyen.
C’est sur ces fractures que se sont appuyés les cercles dominants étasuniens
et européens qui, avant d’attaquer militairement la Libye pour mettre la main
sur sa richesse énergétique, se sont appropriés les fonds souverains libyens.
Cette opération a été favorisée par le représentant même de la Libyan Investment
Authority, Mohamed Layas : comme le révèle un câblogramme exfiltré à travers
Wikileaks, le 20 janvier Layas a informé l’ambassadeur étasunien à Tripoli que
la Lia avait déposé 32 milliards de dollars dans des banques étasuniennes. Cinq
semaines plus tard, le 28 février, le Trésor étasunien les a « gelés ». Selon
les déclarations officielles, c’est « la plus grosse somme d’argent jamais
bloquée aux Etats-Unis », que Washington garde « en dépôt pour l’avenir de la
Libye ».
Elle servira en réalité pour une injection de capitaux dans l’économie
étasunienne toujours plus endettée. Quelques jours plus tard, l’Union européenne
a « gelé » environ 45 milliards d’euros de fonds libyens.

  L’assaut sur les fonds libyens aura un impact particulièrement fort en
Afrique. Ici, la Libyan Arab African Investment Company a effectué des
investissements dans plus de 25 pays, dont 22 en Afrique sub-saharienne, en
programmant de les augmenter dans les cinq prochaines années, surtout dans les
secteurs minier, manufacturier, touristique et dans celui des
télécommunications. Les investissements libyens ont été décisifs dans la
réalisation du premier satellite de télécommunications de la Rascom (Regional
African Satellite Communications Organization) qui, mis en orbite en août 2010,
permet aux pays africains de commencer à se rendre indépendants des réseaux
satellitaires étasuniens et européens, en réalisant ainsi une économie annuelle
de centaines de millions de dollars.
Plus importants encore ont été les investissements libyens dans la réalisation
des trois organismes financiers lancés par l’Union africaine : la Banque
africaine d’investissement, dont le siège est à Tripoli ; le Fond monétaire
africain, siége à Yaoundé (Cameroun) ; la Banque centrale africaine, siège à
Abuja (Nigeria). Le développement de ces organismes permettrait aux pays
africains d’échapper au contrôle de la Banque mondiale et du Fond monétaire
international, tous deux instruments de domination néo-coloniale, et marquerait
la fin du franc Cfa, la monnaie que sont obligés d’utiliser 14 pays, ex-colonies
françaises. Le gel des fonds libyens assène un coup très dur à tout le projet.
Les armes utilisées par les « volontaires » ne sont pas seulement celles de
l’opération « Protecteur unifié ».

Edition de vendredi 22 avril 2011 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2...

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
 
 

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21:00 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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