08/07/2011

61 anniversaire de l' assassinat à SERAING de Julien LAHAUT, pr ésident du Parti communiste de Belgique; assassinat commandité p ar la Réaction et les léopoldistes...

18 août 2011: 61 anniversaire de l' assassinat à SERAING de Julien LAHAUT, président du Parti communiste de Belgique; assassinat commandité par la Réaction et les léopoldistes...

 

 

 

Pourquoi y a-t-il une rue Julien LAHAUT à COURCELLES

 

 

 

61 ans de l’assassinat de Lahaut :: « Même les bonnes sœurs l’adoraient »

Le 18 août prochain, cela fera 61 ans que Julien Lahaut a été assassiné. Le Parti communiste de Liège organisera une commémoration, en collaboration avec le PTB. Marcel Bergen, Président du PC de Liège, nous parle de ce militant communiste.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                 
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L’année dernière, ils étaient plus de 200 à la commémoration de Julien Lahaut. Cette année, le 18 août, le PTB co-organisera l’événement avec le Parti communiste de Liège. (Photo Solidaire, Antonio Gomez Garcia)

 

 

 

Jonathan Lefèvre

 

Julien Lahaut a été assassiné sur le seuil de sa maison par deux tueurs en août 1950. Il avait 65 ans. Ce syndicaliste, militant antifasciste et communiste inspire encore la gauche belge et internationale, 61 ans après sa mort. Retour sur ce personnage hors norme.

Quand vous parlez de Julien Lahaut aux jeunes, comment le présentez-vous ?

Marcel Bergen. Comme un des plus grands tribuns que notre pays ait connu, et à l’écoute, surtout,  de toute la classe ouvrière. Ce que les travailleurs lui disaient, il le répercutait partout, que ce soit à la Chambre ou au Conseil communal et provincial, puisqu’il a siégé dans ces trois institutions.

Il a été de tous les combats, et c’était une personnalité qui était suivie. Il a participé à toutes les grandes grèves. Il avait l’art de convaincre. Il faisait réellement de la politique au bénéfice des « petites gens ». Il employait souvent l’expression wallonne « c’est todi les p’tits qu’on sprâtche », c’est toujours les petits qu’on écrase. « Et les grands, on n’y touche nin », on n'y touche pas.

Il n’avait peur de rien. D’ailleurs, il n’a pu voter pour la première fois qu'en 1950, à l’occasion du référendum sur la Question royale. Il n’avait jamais pu voter avant, vu ses condamnations à plusieurs années de prison. Malgré cela, il a été élu député, conseiller communal et provincial, mais voter, il ne l’a fait qu’une fois, l’année de sa mort.

C’était un internationaliste. S’il vivait toujours, il serait malheureux de voir que l’internationalisme ne joue plus son rôle comme il devrait le jouer et il ne basculerait pas dans le nationalisme flamand ou wallon. Au contraire, il se battrait contre les divisions communautaires. C’était l’homme qui voulait unir à tout prix la classe ouvrière, en Belgique et ailleurs.

Le jour de ses funérailles, il y a eu entre 100 000 et 300 000 personnes. Comment expliquer cet engouement populaire, les jours qui ont suivi son assassinat ?

Marcel Bergen. Parce que c’était un homme très humain et qui savait galvaniser les foules. Il se présentait quelque part où toute la salle était contre lui et il arrivait à retourner toute la salle en sa faveur. Parce qu’il parlait comme les gens simples, comme les travailleurs. Il était à l’écoute de toutes les revendications quotidiennes des gens. Il vivait vraiment avec eux, c’était un des rares hommes politiques à être à l’écoute et à vivre avec les gens simples.

Pour les chiffres, c’est difficile à dire, mais moi qui n’étais encore un adolescent, je n’avais que 15 ans à l’époque, je m’en rappelle très bien. J’habitais Seraing et je me souviens de l’émotion. J’étais gamin, je ne comprenais pas tout, mais je voyais les gens qui pleuraient. Mon père, qui était mineur, pleurait. Il y avait des masses de gens. Les travailleurs étaient très émus. D’ailleurs, la FGTB avait décrété une journée de grève.

C’est quelqu’un qui est encore très présent dans les mémoires collectives, communistes ou non. Pourquoi était-il respecté aussi par ses adversaires ?

Marcel Bergen. Parce qu’il touchait le peuple. A Seraing, même les bonnes sœurs catholiques l’adoraient. Alors qu’il était athée. Mais il était humain.

La preuve : il y avait même ses adversaires politiques à son enterrement. Ils sont venus se recueillir, qu’ils soient présidents de partis, ministres, etc. C’était l’ennemi de classe pour eux mais, en tant qu’homme, il était respecté par tous. Parce que c’était un homme droit, juste. C’est lui qui s’est opposé à la venue de Degrelle. Ce dernier devait venir faire un meeting dans la région liégeoise. Lahaut avait organisé une contre-manifestation tellement massive que Degrelle a dû fuir. C’est aussi lui qui a brandi le drapeau nazi à la Chambre en le déchirant. Ce drapeau avait été arraché au consulat allemand de Liège par une militante communiste de Seraing qui l’avait remis à Lahaut. Ce sont des choses que l’on devrait rappeler.

La recherche historique sur l’assassinat vient officiellement d’être lancée. Qu’en attendez-vous ?

Marcel Bergen. Le plus possible. J’espère que ces chercheurs sont sérieux et qu’ils vont aller au bout des choses. Pour Lumumba, on aurait pu être pessimiste aussi, mais ça a débouché sur des résultats.

Mais ce fut difficile de faire rouvrir l’enquête. Sabine Laruelle, ministre libérale fédérale de la Recherche, avait refusé il y a trois ans d’octroyer un subside. Ce qui a fait que la socialiste Véronique De Keyser a lancé la souscription publique afin de récolter l’argent pour que les recherches reprennent. Grâce à l’argent récolté par cette souscription et, surtout, les 150 000 euros donnés par Jean-Marc Nollet, le ministre Ecolo de la Recherche scientifique de la Communauté française, la première phase de cette étude a été lancée. Il faut donc être optimiste.

Mais il faudra encore pas mal de pression, il ne faut pas que nous baissions les bras. C’est pour cela que nous nous réunissons chaque année au monument de Julien Lahaut. Tous les dix ans, nous faisons quelque chose d’assez grandiose, et chaque année, le 18 août, nous organisons une conférence de presse, des discours devant le monument, etc. Cette année, Raoul Hedebouw prendra la parole au nom du PTB, ainsi qu'un militant du Parti communiste et un métallo. Véronique De Keyser viendra, si elle n’est pas à l’étranger. Nous allons aussi inviter  Jean-Marc Nollet ,pour le remercier.

La nouveauté de la commémoration, cette année, c’est que le PTB est co-organisateur. Pourquoi cette collaboration ?

Marcel Bergen. Nous estimons que, politiquement, nous sommes très proches. Il y a très peu de choses qui nous divisent. Aujourd’hui, et en particulier sur la politique nationale, le PTB est le parti avec qui, ici à Liège en tous cas, nous voulons faire un bout de chemin. Nous organisons déjà ensemble le 1er mai à Liège. C’est une tradition : c’est la seule ville de Belgique où on manifeste ce jour-là. L’année dernière, le PTB souhaitait se joindre à nous, alors nous l’avons invité. Nous avons fait une conférence de presse ensemble. Cette année-ci aussi. Nous sommes très satisfaits de cette collaboration. On travaille ensemble sereinement et en confiance. Nous espérons, ici à Liège, que ces collaborations vont se multiplier.

Regardez par exemple ce qui se passe en Grèce, au Portugal, en Espagne, etc. : nous y passerons aussi. S’il n’y a pas de réaction. C’est pour cela qu’il faut absolument que la solidarité revienne à la mode. Le pouvoir a pour l’instant réussi à diviser le monde du travail, à rendre les gens individualistes. Il n’y a plus cette solidarité que j’ai connue, dans les années 60, 70. Il faut la retrouver. Comme Lahaut, j’estime que le mot d’ordre est d’appeler à la solidarité entre les travailleurs, de Belgique et de partout ailleurs.


 

Venez à la commémoration de Julien Lahaut, le 18 août prochain à Liège. Co-organisé par le Parti communiste de Liège et le PTB, l’événement réunira syndicalistes, militants communistes, etc. Plus d’infos à venir sur www.solidaire.org

 

18:36 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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