24/08/2011

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Hausse du franc suisse et misère en Europe de l'Est

La flambée du franc suisse par rapport à l'ensemble des autres devises pose aujourd'hui de très sérieux problèmes économiques et sociaux en Europe centrale et orientale. Dès 2004-2005, les consommateurs de ces pays ont en effet souscrit d'importants emprunts libellés en francs suisses, attirés par des taux d'intérêt particulièrement bas. Depuis lors, la revalorisation continue du franc a...

Cette note a été publiée le 21.08.2011

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21.08.2011

Hausse du franc suisse et misère en Europe de l’Est

La flambée du franc suisse par rapport à l’ensemble des autres devises pose aujourd’hui de très sérieux problèmes économiques et sociaux en Europe centrale et orientale. Dès 2004-2005, les consommateurs de ces pays ont en effet souscrit d’importants emprunts libellés en francs suisses, attirés par des taux d’intérêt particulièrement bas. Depuis lors, la revalorisation continue du franc a accru mécaniquement le montant de leurs dettes, en même temps que celui des intérêts qu’ils doivent servir.


foreclosure-mahurin.jpgEn Pologne, 50% des crédits immobiliers aux particuliers ont été conclus en francs suisses, contre 40% en Hongrie et 16% en Croatie, pour un montant global colossal de près de 80 milliards de francs. Or, depuis 2005, le franc a renchéri d’environ 35% face au zloty polonais, au forint hongrois et à la kuna croate.

En d’autres termes, la dette des ménages d’Europe centrale et orientale est parfois supérieure aujourd’hui, en dépit du versement de dizaines de mensualités, qu’au moment de l’achat de leur bien à crédit. Pour les plus pauvres d’entre eux, les saisies et les expulsions ont déjà commencé.

Cette ponction extraordinaire sur le budget des ménages au profit des banques a déjà provoqué une baisse de la consommation de 1% en Hongrie et de 0,5% en Pologne, faisant pression sur l’activité économique générale. Pour y faire face, ces Etats ont introduit un taux de change fixe avec le franc pour le remboursement des prêts aux particuliers ; ils ont développé des possibilités de transfert à l’Etat des logements dont les propriétaires étaient devenus insolvables ; enfin, ils ont accéléré les programmes de construction de logements sociaux pour les familles ruinées.

La finance helvétique est restée silencieuse quant aux risques sociaux auxquels s'exposaient ces débiteurs étrangers. Pourtant, leurs créances, libellées en francs suisses (dont une partie est détenue par des investisseurs suisses) contribuent aujourd'hui directement à la montée de la misère dans les pays les moins bien lotis du Vieux Continent. Consentir des prêts hypothécaires (ou à la consommation) dans une devise qui est une valeur refuge, susceptible de brutales revalorisations, ne renvoie-il pas à une forme d'arnaque?

« Stopper l’immigration massive ! », matraque l’UDC sur des affiches placardées dans tout le pays à coups de millions. Pourtant, le rançonnage des petits propriétaires est-européens par un franc trop cher, auquel la BNS et les milieux économiques refusent de fixer une valeur plafond, ne revient-il pas à jeter une nouvelle vague de « plombiers polonais » et d'« aides infirmières croates » sur les routes de l’exil?


Appel européen contre la dictature financière

Des lectrices et lecteurs du journal en ligne MEDIAPART viennent de lancer cet appel international. A l'heure qu'il est, nous sommes encore peu nombreux à le soutenir à Genève et en Suisse. Il nous concerne pourtant directement. Pour le signer en ligne, il suffit d'aller à l'adresse suivante :...

Cette note a été publiée le 18.08.2011

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Appel européen contre la dictature financière

Des lectrices et lecteurs du journal en ligne MEDIAPART viennent de lancer cet appel international. A l'heure qu'il est, nous sommes encore peu nombreux à le soutenir à Genève et en Suisse. Il nous concerne pourtant directement. Pour le signer en ligne, il suffit d'aller à l'adresse suivante :

http://blogs.mediapart.fr/blog/les-invites-de-mediapart/180811/appel-europeen-contre-la-dictature-financiere


crise_financiere_accroche.jpgUne crise sans précédent aggrave les inégalités sociales et la pauvreté et entraîne l’Europe vers une catastrophe imminente

Nous, citoyennes et citoyens d’Europe, affirmons que cette crise n’est pas fatale comme on voudrait nous le faire croire : des solutions existent et elles doivent aujourd’hui être imposées par les peuples. Devant l’irresponsabilité de nombreux gouvernements qui font payer aux citoyens la folie des vrais responsables de la crise de la dette, à savoir les Marchés financiers, nous appelons à refuser la dictature de la spéculation financière et ses terribles conséquences sur nos vies.

Les politiques actuelles conduisent à une impasse économique

Prétextant la crise de la dette, les gouvernements imposent partout des plans de réduction des dépenses publiques qui détruisent des institutions vitales pour le bien commun : École, Hôpital, Justice, Recherche, Sécurité sociale...

Après la crise de 2008, nos dirigeants nationaux et européens s’étaient fermement engagés à limiter les effets dévastateurs de la spéculation financière : ces engagements n’ont pas été tenus ! Pire : la spéculation la plus débridée se déchaîne impunément et mine toute chance de relance économique et de réduction du chômage.

Nous refusons que la finance soit une arme qui broie les peuples au profit des plus riches

Les organismes financiers doivent être au service de la vie sociale et de l’économie, et non l’inverse. Aussi, nous affirmons qu’il faut aujourd’hui changer de politique et de modèle économique.

Nous appelons les citoyennes et citoyens des pays européens à user de tous les moyens démocratiques et pacifiques dont ils disposent pour imposer les cinq premières mesures suivantes à leurs gouvernements et aux institutions européennes :

l’annulation des plans d’austérité ;

l’interdiction de toute spéculation financière aux banques de dépôts ;

une taxe substantielle sur les transactions financières harmonisée à l'échelle européenne ;

l’audit indépendant des dettes publiques en vue de leur résorption ou de leur annulation ;

des réformes fiscales visant à redistribuer équitablement les richesses.

Nous nous déclarons solidaires de tous les Indignés et nous appelons à soutenir, développer et fédérer au niveau européen tous les mouvements de protestation.

À cette fin, nous appelons à occuper chaque dimanche, massivement et pacifiquement, les places publiques des grandes villes. Ces rassemblements hebdomadaires se répéteront aussi longtemps que la volonté des peuples n’aura pas été entendue et respectée. Ils ont vocation à se transformer en véritables forums citoyens pour la reconquête de la souveraineté des peuples.  Reprenons en main nos destins pour lutter de façon unie et solidaire contre la dictature financière !

Mille rassemblements populaires pour une Europe des citoyens !

Mille forums citoyens contre la dictature financière !

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Un grand poète s'est donné la mort

C'était l'un des poètes, paroliers et chanteurs les plus émouvants de la langue française. Il parlait si vrai de ce monde qui nous enchante et nous étouffe. Allain Leprest a pris de vitesse son cancer en se donnant la mort aujourd'hui, à l'âge de 57 ans. Il nous reste ses chansons.

Cette note a été publiée le 15.08.2011

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Plus facile d'imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme ?

Au moment où la crise financière du capitalisme atteint des proportions effrayantes, menaçant de précipiter le monde dans une dépression sans issue, les gouvernements paraissent largement démunis en raison d'un niveau d'endettement colossal et de taux d'intérêt pratiquement nuls, qu'il paraît impossible de réduire encore. Pour sortir de l'impasse, nous ne pouvons plus nous contenter...

Cette note a été publiée le 09.08.2011

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09.08.2011

Plus facile d’imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme ?

Au moment où la crise financière du capitalisme atteint des proportions effrayantes, menaçant de précipiter le monde dans une dépression sans issue, les gouvernements paraissent largement démunis en raison d’un niveau d’endettement colossal et de taux d’intérêt pratiquement nuls, qu’il paraît impossible de réduire encore. Pour sortir de l’impasse, nous ne pouvons plus nous contenter d’expédients : il faut avoir l’audace de penser un changement de civilisation.


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Le spectre des années trente

En effet, l’impasse actuelle du capitalisme n’est pas un accident de parcours. Elle repose sur une contradiction insoluble : les revenus globalement disponibles pour satisfaire les besoins du plus grand nombre sont largement inférieurs aux capacités de production de l’économie mondiale. Et, cet écart croissant résulte directement de la progression des inégalités sociales, qui se traduit par une consommation anémiée des couches populaires et une faible incitation à investir dans l’économie réelle.

 

D’où le recours chronique à l’endettement, qui a atteint partout la cote d’alerte, même pour la plus puissante économie du monde. Dans une conjoncture globalement mauvaise, qui fait douter des possibilités de plusieurs Etats de servir les intérêts de leurs dettes, sans parler de les rembourser intégralement, la question du défaut se pose ainsi de plus en plus sérieusement.

C’est pourquoi les agences de notation révisent constamment à la baisse la crédibilité des dettes souveraines, les Etats-Unis venant de perdre le triple A de Standard & Poor’s. Il n’y a plus aujourd’hui que treize pays à disposer de la plus haute évaluation des trois principales agences de notation, et certains d’entre eux, comme la France et l’Angleterre, paraissent à terme menacés.

Cette crise n’est pas seulement une récession comme tant d’autres. Elle marque le seuil d’une nouvelle période, où le spectre de la crise des années trente est de plus en plus évoqué. Le défaut de paiement de l’Espagne ou de l’Italie, voire l’explosion de la bulle immobilière chinoise, auraient aujourd’hui des conséquences imprévisibles, plus graves encore que la faillite de Lehman Brothers qui a provoqué la panique financière de l’automne 2008.

Croissance pour quoi, jusqu’où ?

De surcroît, le danger imminent d’une Grande Dépression coïncide avec une crise sans précédent du modèle de croissance issu de la révolution industrielle, qui a connu une son apogée dans les décennies d’après-guerre. Fondé sur une augmentation sans fin de la consommation de matières premières et d’énergies fossiles, il menace aujourd’hui la planète de pénuries graves et de perturbations climatiques majeures.

Enfin, l’ordre politique international paraît de plus en plus instable et marqué par la tendance irrépressible des Etats les plus puissants à manifester leur suprématie par le déclanchement du « feu du ciel », provoquant ruines, destructions et exodes de populations au sol, dans des conditions toujours plus inhumaines. Les milliers de noyés africains qui ont tenté de fuir la Libye sur des embarcations de fortunes depuis quelques mois ne sont plus là pour en témoigner.

Nous devons renoncer à un modèle économique et social fondé sur l’expansion permanente de la production et de la consommation matérielles. Sinon, le 21e siècle risque bien d’être un siècle de catastrophes climatiques et de guerres pour les ressources de plus en plus meurtrières. Mais une telle mutation n’est pas possible sans un changement de civilisation. Elle n’est pas compatible avec le maintien du capitalisme.

Sortir de ce système implique la poursuite de la réflexion, la multiplication des expériences et l’approfondissement du débat dans un cadre collectif et international… Cela prendra des années, c’est certain. Pendant ce temps, il est de notre responsabilité de garder ouvert le plus large espace politique, à la gauche de la social-démocratie et des verts, fondé d’abord sur l’organisation d’une résistance large face à la régression sociale et écologique en cours.

En sortir, mais comment ?

Dans cette période, la gauche combattive doit rejeter absolument deux écueils. D’abord les postures de prophète, la logorrhée verbale, le repli sectaire et les logiques de chapelle (nous sommes les seuls à avoir raison). Ensuite, les illusions dans l’aménagement possible d’un capitalisme rose ou vert, qui conduit aujourd’hui la social-démocratie et les verts à accepter tous les plans d’ajustement structurels en Europe, et à plaider pour un « développement durable » aux frais des salariés, des usagers, des contribuables et des consommateurs.

Le philosophe US Fredric Jameson a résumé un jour le drame de notre époque par cette formule lapidaire : « Il est plus facile de penser la fin du monde que la fin du capitalisme ». En d’autres termes, la crise de la gauche est largement liée à la crise de sa pensée « utopique », qui déteint sur le pessimisme ambiant. C’est sur ce terrain que le religieux fait irruption dans le politique : à défaut de penser le paradis sur cette terre, il le promet au moins au ciel…

Il est donc grand temps de construire aujourd’hui, dans la résistance à la démolition des régulations sociales et écologiques existantes, l’horizon d’une nouvelle civilisation, fondée sur la production de biens et de services utiles pour le plus grand nombre, décidée démocratiquement, visant à la réduction des inégalités sociales et des déséquilibres environnementaux à long terme.

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Bien cordialement,

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20:52 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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