01/09/2011

c1c7: PTB: BELGIQUE: dans "SOLIDAIRE du 30 août 2011: Note Di Rupo :: Ça va (nous) faire mal

Note Di Rupo :: Ça va (nous) faire mal

On a l’impression que même les journalistes habitués au 16 rue de la Loi sont lassés, après la énième tentative de négociations depuis juin 2010. La note Di Rupo est pourtant la base des négociations en cours. Même si cette fameuse note ne fait plus recette dans les médias, il est important de voir ce qui se cache dans ces 113 pages. Car il y a de quoi s’inquiéter. Il suffit de voir les chantiers proposés dans ce texte pour comprendre les réactions virulentes des syndicats. A l’ordre du jour : assainissement des finances publiques, autonomie fiscale et plus grande responsabilité des Régions, réforme de l’État avec transfert de compétences du fédéral vers les entités fédérées, etc. Et surtout, des réformes sociales et économiques qui vont toucher l’ensemble de la population. En langage européen, on dit « austérité » : tous les pays de l’Union sont ou vont être touchés. Et la Belgique n’échappe pas aux fausses solutions à la crise de la Commission européenne. Poussez pas, y en aura pour tout le monde.

Note salée de Di Rupo :: Assainissement des finances publiques (1)

Axel Bernard
 

22 milliards. C’est la somme que le formateur veut trouver. Avec de nouvelles recettes mais aussi en sabrant dans les dépenses publiques. Outre quelques réformes symboliques (réduction de 5% de la rémunération des ministres par exemple), la note commence immédiatement par deux mesures « massue » : le gel pendant deux ans du budget des administrations publiques et réduction de plus de moitié de la norme de croissance du budget des soins de santé (de 4,5% à 2%). Justement les deux points les plus avancés par la FEB (Fédération des entreprises de Belgique) pour « revenir à l’orthodoxie budgétaire ».

Gel du budget des services publics

Avec le gel des frais de personnel et de fonctionnement pendant deux ans, le service public devra se serrer la ceinture. Mais aussi « tous les organismes assurant des missions pour le compte de l’État ou de la Sécurité sociale », comme les mutuelles par exemple. Avec l’augmentation normale des traitements et leur indexation, et à moins de se mettre tout le personnel de la fonction publique à dos, les économies ne pourront nécessairement se faire que par un non-remplacement de ceux qui quittent l’administration. Conséquences : détérioration de l’emploi et de la qualité du service offert au public.

La santé, un luxe ?

De plus en plus de patients s’endettent pour payer leurs frais médicaux. Ou décident de souscrire une assurance privée par crainte d’avoir des ennuis de santé. En 1997, « seulement » 8 % des Belges devaient reporter des soins par manque d’argent. En 2004, ils étaient 10 % et en 2008, 14 %. 
    Avec le vieillissement de la population, l’importance de la solidarité ne cesse de croître. 10 % de la population, principalement les plus âgés, utilise en effet plus de 75 % du budget des soins de santé. Et les assurances privées ne sont pas intéressées par ces personnes.
    Toutes les études le prouvent : les pauvres sont malades plus vite et plus longtemps. L’augmentation du chômage, les difficultés financières sont donc également des facteurs qui vont augmenter les dépenses en soins de santé, en plus du vieillissement de la population.
    On pourrait dès lors s’attendre d’un futur gouvernement qu’il anticipe cette augmentation des dépenses en maintenant une norme de croissance conséquente du budget accordé aux soins de santé. D’autant que le PS en avait fait un slogan (de campagne ?) : pas touche à la norme de croissance. Le tabou est pourtant tombé. Elio Di Rupo propose de la réduire de 4,5 % à 2 %.

Exemple de l’application de la note Di Rupo dans la vie de tous les jours :

Des soins de santé de moins en moins accessibles


Françoise a 72 ans. L’année passée, elle s’est fracturée la hanche suite à une chute. Elle a du être hospitalisée deux fois. Vu qu’elle n’a pas d’assurance privée, elle a dû débourser deux fois 550 euros en moyenne de ticket modérateur. Elle n’a aujourd’hui plus les moyens de payer une telle somme et devra postposer une 3e hospitalisation nécessaire. En 2008, 14 % de la population belge était dans ce cas. Françoise avait espéré qu’avec les années, la somme à charge du patient allait diminuer. Avec le blocage de la norme de croissance des soins de santé à 2 %, elle ne pourra pas compter sur un allègement de sa facture.

 

16:44 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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