Deux jours avant qu’un fou ne monopolise à Toulouse l’attention des Français, un homme avait frappé les imaginations : Jean-Luc Mélenchon. Ce week-end, le candidat du Front de gauche a rempli la place de la Bastille. Tout un symbole. Des dizaines de milliers de militants, peut-être cent mille, ont scandé le nom de celui qui s’est installé au-delà du seuil des 10 % d’intentions de votes aux présidentielles françaises. Bref, Jean-Muc Mélenchon a acquis une crédibilité plus large qu’un petit carré d’extrême gauche. « Les détracteurs de M. Mélanchon, les socialistes notamment, considèrent cette gauche comme une extrême gauche. C’est faire preuve d’ostracisme que de prétendre ça. Le parti socialiste n’a pas le monopole des valeurs de gauche et je considère ce mouvement comme une alternative », insiste Pascal Douliez, syndicaliste tournaisien qui organise sous la bannière FGTB, le jeudi 29 mars prochain, un déplacement au Grand Palais lillois où quelque douze mille personnes sont attendues pour écouter Jean-Luc Mélenchon.

Voici quelques semaines, le secrétaire permanent de la CGSP Admi de Wallonie picarde pensait y aller juste avec quelques amis. « J’en ai parlé sur un réseau social, des collègues montois et Tournaisiens m’ont fait part de leur souhait de m’accompagner ; puis il y a eu tant de personnes intéressées que l’idée est venue d’organiser un bus », explique-t-il. Un deuxième, un troisième, jusqu’à huit autocars au total ont été réservés.« Il y aura à Lille beaucoup de Tournaisiens, mais aussi des Montois, des métallos liégeois, des Carolos, soit quelque quatre cents personnes au total ».

Les syndicalistes, nous dit M. Douliez, se retrouvent dans le discours réellement ancré à gauche de l’anticapitaliste Jean-Luc Mélanchon. « Il incarne les vraies valeurs de gauches, il refuse de jouer le jeu du libéralisme, et à ce titre il devrait inspirer les socialistes wallons dont les discours en demi-teinte et des attaques régulières des services publics déçoivent beaucoup les militants ».

Mardi prochain, à Lille, la plupart des militants de la FGTB ne scanderont pas « Mélenchon président » parmi les douze mille autres personnes, pense Pascal Douliez. « Nous crierons ‘Résistance’, notamment aux côtés d’amis de la CGT qui eux aussi ont soutenu publiquement M. Mélenchon ».

Le PC tournaisien observe

Lassé de voir le parti socialiste trop au centre de l’échiquier politique, le parti communiste tournaisien avait constitué une liste aux dernières élections régionales, sous la bannière « PC-GE » (parti communiste/gauche européenne). Le succès actuel de Jean-Luc Mélenchon et les circonstances politiques belges ne justifient-elles pas que le parti communiste se lance dans la bagarre au scrutin communal prochain ? « Bien sûr que ça m’interpelle ce qui se passe en France. Mais méfions-nous des comparaisons entre les situations belge et française : j’ai déjà constaté qu’il n’y avait pas forcément de répercussions chez nous de phénomènes constatés chez nos voisins. D’autre part, nos expériences précédentes, notamment celles de fronts de gauche, nous ont refroidi et nous incitent à une grande prudence », explique Didier Caluwaerts, porte-parole du Parti communiste de Wallonie picarde.¦

(Note de RoRo: en Wallonie, subsistent encore chez certains “à gauche” (on le voit à cette réaction),  l’esprit de boutique et l’opportunisme teinté de réformisme. En Belgique, un véritable front de gauche ne peut se réaliser sans y inclure une alliance avec le Ptb+, le seul parti qui monte à la gauche du Ps.... C’est mon avis.