04/05/2012

Droite dure ou gauche molle ? Le faux choix...

c’est dans SOLIDAIRE, hebdomadaire du Ptb:

Droite dure ou gauche molle ? Le faux choix

David Pestieau
 

Sarkozy reprend ouvertement des thèses de l’extrême droite, les amplifie et les banalise. Mais il a sans doute perdu trop de crédit sur le terrain social pour être réélu. (Photo Pascal Colrat)

Les élections françaises cristallisent des éléments clés de la crise politique européenne.


Si le Front National a dépassé les 18 %, ce qui est le plus inquiétant est que Sarkozy reprend ouvertement des thèses de l’extrême droite, les amplifie et les banalise.
Sarkozy a appelé à un rassemblement le 1er mai pour la fête du « vrai travail », d’une manière similaire à ce qu’avait fait le maréchal collaborateur Pétain le 1er mai 19411. Il matraque les syndicats, ces « corps intermédiaires qui s’interposent entre le peuple et le sommet de l’État ». Il insinue que l’immigration est le problème majeur à résoudre. Si l’Union européenne construit une Europe de la concurrence et de l’inégalité économique, elle engendre aussi une politique tendant au « chacun pour soi », à l’autoritarisme et au nationalisme.
Mais Sarkozy a sans doute perdu trop de crédit sur le terrain social pour être réélu.
En face, les socialistes européens présentent l’élection de Hollande comme un tournant, capable d’inverser le rapport de forces au niveau européen. L’un d’entre eux écrit à Hollande : « Certains croient que le temps de l’idéologie et de la politique est révolu et que nous nous trouvons définitivement dans l’ère de la simple gestion. Mais cette simple gestion ne conduit nulle part, seulement à l’impasse et au recyclage de la crise. »2

L’auteur de cette missive ? Evangélos Venizélos, l’actuel président des socialistes grecs, ce ministre des Finances qui a littéralement étranglé son pays par neuf plans d’austérité. Faut le faire !
Mais Hannes Swoboda, le président du groupe socialiste au Parlement européen nous l’assure : «  Je suis sûr que cette fois-ci nous allons réussir. »  Cette fois-ci ? Les socialistes étaient en position de force en Europe, il y a douze ans : 11 gouvernements sur les 15 pays de l’Union européenne étaient socialistes. Ils n’ont vraiment pas montré de différence avec les néo-libéraux. C’est la période où l’Union européenne a voté les lois essentielles de la libéralisation des services publics et de l’énergie. Et a impulsé des politiques de flexibilisation du travail et de politique concurrentielle salariale. Ce qui s’appelait « la stratégie de Lisbonne ». Qui est vue comme une des bases de la crise actuelle.
Et aujourd’hui ? Swoboda précise l’ampleur du tournant de cette gauche molle : « Avec François Hollande, nous n’allons pas changer tout, nous n’allons pas changer le Traité budgétaire, mais changer l’interprétation de ce traité. » Soit ajouter à la « nécessaire rigueur », une politique vague de « croissance ».
En quoi cela va-t-il réellement combattre la crise la plus profonde depuis les années 1930 ? Comment le faire, si on veut reprendre le dessus sur la finance, sans rendre public le secteur bancaire ? Comment le réaliser, si on ne brise pas avec le principe de la concurrence « libre et non faussée » qui empêche toute intervention de l’État dans l’économie ? Comment le faire sans prendre des mesures conséquentes contre les riches ?
Tout ceci montre l’urgence de l’émergence d’une gauche décomplexée.

1. L’Humanité, 25 avril 2012 • 2. Cité dans le Soir, le 26 avril 2012

 

cartereferendum

13:22 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Les commentaires sont fermés.