25/06/2012

CL I.C.Rouge n°6 - juin 2012

Sent: Monday, June 25, 2012 8:18 AM
Subject: CL I.C.Rouge n°6 - juin 2012
 

 

 

EDITO. Par Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF 

C’est hallucinant ! Alors que Hollande est revenu bredouille de son pèlerinage berlinois, que Frau Merkel n’a pas bougé d’un millimètre sur l’odieux Mécanisme européen de stabilité, MM. Laurent et Mélenchon continuent de clamer comme si de rien n’était que « l’Europe est à nous ! » et que « l’euro est notre monnaie » (sic) ! On voudrait promouvoir à long terme le « rassemblement bleu marine » de Marine Le Pen qu’objectivement, on ne s’y prendrait pas autrement : car une fois passés l’élection, une fois que le plan d’euro-austérité concocté à Bruxelles aura frappé les travailleurs français, une fois qu’A JUSTE TITRE, des millions de gens supplémentaires vomiront l’euro, QUI, sinon la maudite U.M.’Pen en formation2, aura un boulevard devant elle pour fédérer les mécontents en se réclamant de la lutte anti-UE, que le FN ne mène pourtant que pour la frime1 ?

C’est stupéfiant ! Alors que F. Hollande, en expulsant l’ambassadeur syrien, s’est mis aux avant-gardes de la future invasion états-unienne de la Syrie (puis de l’Iran ?), la direction des confédérations CFDT et CGT affiliées à la C.E.S.4 a manifesté, non pas contre les préparatifs de guerre impérialiste, mais pour la « solidarité » avec l’opposition syrienne, dont les dirigeants sont financés par l’Arabie saoudite3… et par Fabius ! Bref, sans aucun débat à la base, les dirigeants confédéraux ont abandonné le « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » au profit du « droit d’ingérence » néocolonial prôné par BHL, le pseudo-« philosophe » bourreau de l’indépendance libyenne !

Il est vrai que l’état-major de la CGT, abandonnant la lutte des classes pour la lutte des places, donne le piteux spectacle des guérillas de sommet ; dans le même temps, ce même état-major ne fait rien pour mobiliser et fédérer les 45 000 personnes en passe d’être licenciées, ni pour exiger la baisse du prix de l’essence (des milliers de salariés passent leur paye à payer leurs déplacements de travail !). On est décidément loin de la CGT combative de Monmousseau, Frachon et autre Krasucki !

C’est pourquoi demander la clarté politique au Front de Gauche et aux directions confédérales, ce n’est pas « chercher la petite bête » : c’est au contraire construire la résistance et l’alternative populaires à ce régime qui, à l’appel du MEDEF, entend mettre un point final à l’histoire de France pour promouvoir les « Etats-Unis d’Europe ». Car Laurence Parisot ne cache pas son but : elle veut renégocier à l’échelle européenne les conventions collectives, le code du travail et les statuts nationaux jugés trop favorables aux salariés de France. Elle veut « transférer la souveraineté » et « reconfigurer les territoires » pour mettre en place une « nouvelle patrie ». Tout cela est écrit noir sur blanc dans le Manifeste du MEDEF intitulé « Besoin d’airE ».

Dans ces conditions, il est dommage que les candidats du PCF n’aient pas pu dire AVANT les élections s’ils seraient dans la majorité parlementaire – ce qui les engagerait à voter les budgets de misère préalablement visés par Bruxelles – ou s’ils s’engageraient dans une véritable opposition populaire à l’euro-austérité. Avec la grave défaite électorale que signifie pour le PCF la perte de 6 députés sur 16 (notamment dans le fief historique de M. Thorez et de G. Marchais : le Val-de-Marne), qui ne voit désormais cette évidence : la « mutation » euroconstructive du PCF n’a rien produit d’autre qu’une dénaturation irréversible de ce parti, avec tout ce que cela a favorisé de négatif pour notre peuple : l’ancrage social-libéral du PS (Moscovici, le bras droit de DSK, « tient » Bercy), la désorientation de la classe ouvrière, la dérive ultraréactionnaire de la droite parlementaire, la banalisation du FN, qui cherche à mettre en place une sorte d’« UM’Pen » en phagocytant tout ou partie du parti sarkozyste ?

Alors que l’opposition interne du PCF se cherche (départ de l’Assemblée des camarades Gerin et Gremetz, alignement-surprise de la Fédération PCF-62 sur Mélenchon…), le PRCF appelle à reconstruire l’unité d’action et l’indépendance politique des communistes ; sans cela la social-démocratie sera en position de liquider ce qui reste de la force communiste léguée par le Congrès de Tours; le scénario est écrit d’avance si, à nouveau, la fidélité des communistes aux appareils l’emporte chez certains militants sur la conscience de classe et sur l’unité d’action des communistes sur la base du combat de classe.

C’est pourquoi le PRCF appelle à former de larges alliances concentriques alliant le drapeau rouge orné des « outils » au drapeau tricolore de la Révolution française :

·        La Convergence d’Action des Communistes : ce qui compte, ce n’est pas d’être ou pas carté PCF, c’est d’aller ensemble à la porte des boîtes pour refuser l’UM’Pen, l’Union européenne du capital et son désastreux euro !

·        Celle des syndicalistes de classe qui veulent que ça change vraiment, quitte à s’opposer aux dirigeants confédéraux alignés sur la Confédération Européenne des Syndicats ;

·        Celle des progressistes qui veulent construire une nouvelle Convergence Nationale Républicaine pour reconstruire la France sur des bases antifascistes, anticapitalistes, patriotiques et progressistes.

Pour cela, il faut dénoncer le mensonge de « l’Europe sociale » qui met objectivement le Front de Gauche à la remorque du PS maastrichtien : ensemble, osons affronter le MEDEF et sortir la France de cette prison des peuples qu’est l’U.E. du capital.

1 La logique politique va pousser le FN à satelliser la « droite populaire » de l’UMP en proie aux divisions pour mettre en place un « Tea Party » à la française, c’est-à-dire une formation ultraréactionnaire, un néo-pétainisme de masse.

2 Cessons de dire que le FN est « contre l’euro ». En réalité, Marine Le Pen est pour la « sortie concertée de l’euro », c’est-à-dire qu’elle demande à Angela Merkel la permission de sortir de l’euro pour remettre en place les monnaies nationales aux conditions du grand capital. Le contraire d’une sortie révolutionnaire et progressiste qui nécessite la rupture UNILATERALE de la France avec l’UE, la nationalisation des banques et du CAC 40, le contrôle des changes, une politique de réindustrialisation planifiée du pays, le soutien à l’Europe des luttes et la mise en place de nouveaux traités progressistes dépassant le cadre étriqué de l’Europe.

3 Confédération Européenne des Syndicats, pro-Maastricht.

4 Cela ne signifie nullement que le PRCF soutienne en quoi que ce soit le régime d’Assad : après Robespierre, Jaurès, Lénine, Ho chi Minh, nous défendons tout bonnement le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

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« L’INTERNATIONALE SERA LE GENRE HUMAIN… »

·        Déclaration du Comité Exécutif du PCPE (Parti Communiste des Peuples d’Espagne)

 Le PCPE dénonce l’UE qui renfloue les banques d'Espagne en plongeant les travailleurs d'Espagne dans la misère : dénoncer l'illusion de "l'UE sociale", unir les victimes de la crise du capitalisme, ouvrir la perspective du socialisme comme seule alternative à un capitalisme fascisant, voilà les axes où les communistes d'Europe doivent se retrouver en brisant la tutelle « euro-constructive » du « Parti de la gauche européenne (PGE) ». La solidarité internationale basée sur des analyses convergentes est un encouragement pour tous les communistes.

Déclaration du Comité Exécutif du PCPE devant l'intervention économique de l'Union Européenne

Le Comité Exécutif du PCPE, devant l'intervention directe de l'UE dans l'État Espagnol, en la masquant sous forme de concession à l'État d'un crédit de 100 milliards d'euros destinés à essayer de sauver le secteur financier espagnol de sa situation de faillite, déclare :

1 - Le gouvernement ment quand il dit que ce n'est pas un plan d’aide et que cet argent ne sera pas rendu par le peuple. Comme il a menti, également, ces dernières semaines, en niant avec grand cynisme l’imminence connue de ce plan d’aide. Et le gouvernement ment aussi maintenant, quand il dit que ce crédit multimillionnaire n'a pas de contreparties politiques.

2 - Avec cette intervention de la part des structures économiques et politiques de l'oligarchie de l'Union Européenne, on constate l'échec le plus absolu du projet politique de la bourgeoisie de ce pays, exprimé dans les politiques appliquées par les divers gouvernements qui se sont relayés ces dernières années. Le Parti Populaire, comme Parti Socialiste Espagnol, ainsi que le reste des partis qui ont partagé le consensus constitutionnel pendant presque 35 ans, ont été incapables de porter un projet d'avenir dans un état souverain et ont fini par céder de fait - et formellement - la totalité de la souveraineté économique et politique aux institutions supranationales impérialistes comme l'UE et le FMI.

3 - Cette manœuvre ne suppose aucune injection de liquidités dans l'économie productive espagnole, pas plus que dans l'économie familiale angoissante, mais elle n’est destinée qu’à soulager un système bancaire espagnol cadavérique, imprégné totalement par la crise structurelle dans laquelle est immergé le système capitaliste en général et sa fraction financière en particulier.

4 - Cette intervention suppose un échec de plus pour les forces de la bourgeoisie, qui ont démontré - encore une fois - leur incapacité absolue à diriger et à soutenir un projet pour l'Espagne, sous-tendu par une intégration avantageuse dans la chaîne impérialiste internationale. La logique du développement impérialiste, définie par un processus très accéléré et irrépressible de concentration et de centralisation du capital, détermine la soumission des éléments les plus faibles de la chaîne, laissant, comme élément de pure rhétorique, le soi-disant processus d'intégration européenne de l'UE, comme un prétendu accord entre des nations libres et souveraines. Une fois de plus, sont mises en évidence les illusions du réformisme d’impulser une Europe prétendue "sociale". Il n'existe pas, il n’existera pas une Europe sociale dans le projet impérialiste de l'UE. Indépendamment de l'orientation politique des forces bourgeoises, les politiques appliquées - par tous les gouvernements concernés - ont conduit à une situation généralisée d'appauvrissement et de perte de droits, insoutenable pour la majorité sociale et populaire qui, en plus de voir comment on réduit et on détruit les conquêtes historiques, doit affronter maintenant une nouvelle vague d'ajustements qui n’entraînera que plus de chômage, plus de misère et plus d’exploitation pour la classe ouvrière.

5 - Le PCPE considère que cette intervention - ultime démonstration de l'incapacité du système capitaliste à vaincre sa crise structurelle-, ne sera, en aucun cas, un soulagement pour les secteurs ouvriers et populaires affectés directement par la crise, mais augmentera encore plus l’impayable et insupportable dette publique qui sera utilisée comme prétexte pour que les forces bourgeoises redoublent leur attaque contre les droits économiques, sociaux, syndicaux et du travail de la majorité sociale.

6 - Devant cet échec du projet historique de la bourgeoisie pour l'Espagne, qui ne pourra pas être résolu dans le cadre du système capitaliste et sous domination de la bourgeoisie, le Parti Communiste des Peuples d'Espagne appelle les travailleurs et les travailleuses à assumer le rôle principal social qui leur revient et agit, en conséquence, pour proposer une alternative globale et un changement radical pour la majorité sociale : la prise du pouvoir par la classe ouvrière, la construction d'un modèle d'économie au service du peuple, la construction du socialisme. Impulsant à partir du processus émergeant de la mobilisation ouvrière, en développant des journées de lutte générale dans tout le pays, et en faisant de la grève générale l'outil principal de ses luttes. En construisant le Front Ouvrier et Populaire pour le Socialisme comme cadre des alliances, pour avancer vers ce pouvoir de la classe ouvrière.

7 - Le PCPE s'oppose frontalement à cette intervention, ainsi qu’à toutes les mesures politiques annexes qui seront connues dans les prochaines semaines, et dénonce toutes ces positions qui, venant de la bourgeoisie ou du réformisme, en proposeront une gestion souple, comme cela a déjà été précédemment utilisé dans d'autres pays. Notre position n'est pas basée sur la nécessité de renégocier des délais, des intérêts ou des quantités lorsque le gouvernement aura accepté l'intervention, nous refusons de payer  cette dette contractée par la bourgeoisie. Le PCPE appelle à lutter pour la rupture immédiate avec les structures impérialistes, avec l'UE, l'euro et l'OTAN, avec l’objectif clair de commencer le développement d'un projet basé sur la socialisation des moyens stratégiques de production, du secteur financier et la construction d'une économie au service du peuple et non des monopoles.

8 - Le PCPE lance un appel à construire la plus ample alliance sociale et populaire contre les effets de cette intervention, à redoubler et à multiplier la lutte des masses, dans les rues et les centres de travail, jusqu'à la déroute totale de la bourgeoisie et de son système politique capitaliste.

Madrid, 10 juin 2012

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·       Le KKE, (Parti Communiste grec) condamne l'attaque brutale du représentant de l' « Aube dorée » contre une député communiste , la camarade Liana Kanelli

 … et plus généralement son comportement sur le plateau télévisé 'Bonjour Grèce' contre les représentants d'autres partis, notamment SYRIZA. On ne pourra se débarrasser de cette formation Nazie qu'en renforçant et radicalisant le mouvement populaire et ouvrier. Seul un mouvement prônant la rupture révolutionnaire peut éliminer de telles organisations qui agissent comme le bras armé du système. En outre, « L'Aube dorée » a soutenu pendant des années les organisations patronales contre les travailleurs, en agissant comme des briseurs de grève, etc. Les travailleurs, les jeunes, les retraités qui ont voté pour l' « Aube dorée » doivent la laisser tomber et rejoindre leur classe, ainsi que le KKE.

Voici des extraits tirés de la conférence de presse de la secrétaire générale du KKE, Aleka Papariga :

« Permettez-moi de condamner, au nom du parti bien sûr, cette agression brutale du candidat de l' « Aube dorée » contre Liana Kanelli et la candidate de SYRIZA, Rena Dourou.

Nous voulons clarifier notre position : notre réponse à l' « Aube dorée » ne pourra être ni « œil pour œil, dent pour dent », ni une volonté de vengeance. La réponse, elle sera donnée par le peuple, lors des élections. Bien entendu, nous n'accusons pas ceux qui ont voté pour l'« Aube dorée » des agissements et de l'orientation de ce parti. Néanmoins, ils doivent réaliser qu'ils ont l'arme de leur vote et qu'ils doivent marginaliser l' « Aube dorée » car c'est la seule chose qu'ils méritent.

De telles formations Nazies ne peuvent être traitées que par un mouvement ouvrier et populaire bien organisé et profondément politisé. Nous soulignons la question d'une profonde politisation car nos repères, pour donner une direction au mouvement en période de crise, sont complètement différents de ceux des périodes précédentes.

Nous souhaitons vous rappeler quelque chose d'autre : « Aube dorée » a toujours offert ses services aux patrons et au syndicalisme jaune, et ses services ont même été mobilisés à plusieurs occasions pour casser des grèves, et avec sa brutalité et sa politique de la terreur, pour pousser les travailleurs à abandonner ces formes de lutte.

Je pense qu'il est temps pour les travailleurs de repenser à la raison pour laquelle le KKE était sceptique et réservé sur ces divers mouvements qui sont apparus pendant la crise, quels que soient leurs mots d'ordre, et qui étaient des mouvements sans identité clairement définie. L' « Aube dorée » était une de ces forces qui ont opéré systématiquement dans ces mouvements et ont tenté de remplacer les revendications populaires spontanées par ces slogans désormais célèbres '300 au poteau d'exécution de Goudi', 'Brûlez le Parlement' etc., des expressions que l'on a pu retrouver sous des formes encore crues. Naturellement, les gens de la base qui ont participé à de telles initiatives ne sont pas à blâmer. Il y eut également les slogans 'Dégagez les partis' et 'Dégagez les syndicats'. Dans ces mouvements sans identité claire, qui peuvent avoir dans une certaine mesure un caractère spontané, de telles organisations peuvent opérer à leur aise et peuvent jouer un rôle très néfaste sur la politisation des masses ouvrières et populaires, mais surtout par la provocation et en brisant des protestations véritablement spontanées, ce qui a pu conduire à leur dissolution.

Ceux qui ont dénoncé le KKE quand il a exprimé ses doutes sur la réalité de mouvements sans identité claire, devraient y penser à deux fois. »

 

 

 

·       Communiqué officiel de l’Ambassade de Cuba en France   Paris, 18 juin 2012.

L’Ambassade de Cuba en France, en tant que représentante légitime du gouvernement cubain, élu majoritairement selon la Constitution de notre pays, refuse le reportage « Cuba, fiesta, débrouille et interdits » du journaliste Bernard de La Villardière, diffusé dimanche, le 17 juin à l’émission «Enquête Exclusive» de M6.

Nous regrettons qu'un matériel avec de nombreuses imprécisions sur notre histoire récente ait été transmis. Il manquait, à notre avis, des références importantes sur les causes des problèmes qui affectent aujourd'hui la vie quotidienne des Cubains.

Il n’y avait pas un mot sur le blocus économique, commercial et financier auquel notre pays est soumis depuis un demi-siècle imposé par la plus grande puissance du monde. Pas de référence objective à propos de la mise à jour du modèle économique cubain en cours.

Quiconque voit le reportage perçoit que nos manques découlent exclusivement de l'échec de notre projet. Cependant, grâce à lui, Cuba construit une œuvre sociale et culturelle d'un humanisme profond et de solidarité, dans des conditions d'une vraie guerre économique.

Par ailleurs, des références négatives et irrespectueuses sur Fidel Castro et d’autres dirigeants ont été faites. Fidel, comme le peuple l’appelle, est le leader indiscutable de la Révolution cubaine, le dirigeant qui avec son exemple personnel a guidé l'un des processus révolutionnaires les plus radicaux et humanistes du 20ème siècle, à seulement 90 milles de son plus grand adversaire.

Nous pensons que les journalistes et les médias qui prétendent être considérés sérieux et professionnels, doivent aller au cœur des problèmes, contraster les sources, faire des recherches. À moins qu’il n’existe que l'intention de montrer Cuba dans une décadence, sans avenir. Bref, le journaliste n’a mentionné que le côté imparfait de l’œuvre. Serait-t-il juste de montrer l’autre partie?

Ce reportage, répond-t-il à la ligne éditoriale de M6 ou est-il une publicité payée par ceux qui ont toujours prétendu discréditer le processus révolutionnaire cubain? Vraiment, nous ne pouvons pas faire la différence.

Ce n’est pas la première fois que M. Bernard de La Villardière voyage à Cuba « caché », sans un visa de presse comme les lois souveraines de notre pays l’exigent. De manière contradictoire à ce qu’on mentionne, le journaliste a pu se promener par tout le territoire national sans « être arrêté ou surveillé ». De manière contradictoire à ce qu’on mentionne, les Cubains ont exprimé leurs avis avec une totale liberté.

Malheureusement les téléspectateurs de M6 ont perçu une histoire incomplète de la réalité cubaine. De nombreuses personnes nous ont appelés, indignées de la distorsion montrée dans ce reportage, bien loin de ce que des dizaines de milliers de Français constatent chaque année dans leurs voyages, leurs parcours et ce qui est plus important, le contact direct avec la population cubaine, dont ils partagent des problèmes et des joies.

 


 

« FOULE ESCLAVE, DEBOUT, DEBOUT ! » …

·       SYRIE : une réflexion de la commission internationale du PRCF

« L’Orient compliqué » dont parlait le Général de Gaulle ne permet pas, contrairement à la non-pensée-BHL, des analyses à l’emporte pièce. Le schéma « western » n’est pas de mise, tant pis pour ceux, nos médias de masse, propriété, faut-il le rappeler de grands groupes capitalistes, et de marchands d'armes en particulier, qui ne sont capables de raisonner que de façon manichéenne : là les gentils, ici les méchants, et cela dans le but de préparer les esprits aux guerres d'agression impérialistes. Les "médias-mensonges" du type "Timisoara" ou "pouponnières du Koweït" ne doivent pas être négligés.

La situation en Syrie est caractérisée par des affrontements extrêmement violents entre des  rebelles  opposés au régime Assad - l’actuel Président du pays - certains armés comme l’ « Armée Libre »  et les partisans du régime dont l’armée reste globalement fidèle à Assad. Tueries, massacres se succèdent, manipulations médiatiques et politiques aussi. De plus les deux blocs qui s’opposent ne sont pas homogènes : parmi les opposants nous trouvons des citoyens qui veulent en finir avec un régime clanique et corrompu mais aussi des terroristes d’Al-Qaïda, sans parler des agents des « services » occidentaux qui jettent de l’huile sur des feux qu'ils ont eux mêmes allumé. Parmi les soutiens au régime il y a aussi des inconditionnels, ceux qui profitent du régime et de son évolution néo-libérale, et des critiques, qui soutiennent l’indépendance de la Syrie contre les menées impérialistes plus que le régime lui-même.

D’autre part, le pays est non seulement composé de courants politiques différents et opposés mais aussi de communautés religieuses qui se positionnent en fonction de ce qu’elles croient être leurs intérêts : les Alaouites (groupe minoritaire dont fait partie le « clan »Assad) ou les Chrétiens plutôt avec le régime qui se proclame laïc et qui « protège » les minorités, puisqu'il est lui-même une minorité, les sunnites majoritaires et partiellement opposés à Assad, la forte minorité Chiite et les Druzes.

Enfin il faut tenir compte du fait que les tribus, leurs chefs, gardent une importance certaine dans les relations politiques inter-syriennes dans un écheveau complexe et fluctuant.

N’oublions pas, par ailleurs, que le conflit syrien est surdéterminé par la géopolitique mondiale. Les USA et la FRANCE impérialiste veulent profiter de la guerre civile pour recoloniser de fait le pays, tuer toute opposition au « Grand Israël » et au « Grand Proche-Orient » voulu par Bush, et surtout, finir de couper la Russie et la Chine de l’Afrique et de la Méditerranée. Déjà la Russie a prévenu qu’elle ne reculerait pas en Syrie. Les enjeux dépassent, en effet, le cadre proche-oriental, le but pour la Trilatérale USA/UE/Japon est de briser l’élan des « BRIC », les pays émergents qui réclament leur part au soleil dans le cadre de la mondialisation capitaliste. Sans idéaliser aucun des États concernés, qui postulent à des degrés divers à des positions dominantes dans le cadre du système capitaliste, il est impossible de ne pas voir que les « BRIC » sont conjoncturellement amenés à défendre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes – une revendication plus révolutionnaire que jamais -, alors que le bloc trilatéral est porté à broyer l’indépendance de tous les peuples, à commencer par le nôtre : si bien que toute victoire de l’impérialisme « français », y compris dirigé par le « gentil » et « normal » Hollande, est d’abord une défaite pour le mouvement démocratique dans notre pays.

Bien entendu, l’histoire de la Syrie conditionne aussi le présent. C’est après un long combat contre les puissances coloniales que la Syrie devient officiellement indépendante en 1946. Lutte contre l’occupation turque dure 400 ans et prend fin à la suite de la Révolte arabe et du rapport de forces crée après la Première guerre mondiale. Mais en 1920 la France impose son mandat avec son armée. C’est alors que la Syrie est démembrée en trois États: Liban, Jordanie et Syrie proprement dite. Événement qui explique l’attitude interventionniste de la Syrie à l’égard du Liban pendant des décennies. Finalement c’est en 1948, après la Deuxième guerre mondiale que la République syrienne est proclamée. Mais bien entendu les puissances impérialistes, en particulier les États-Unis tente de garder la main sur ce pays.

De 1948 à 1963 toute une série de coups d’état ont lieu et le pays reste très instable, mais les progrès du panarabisme socialisant au Moyen-Orient, avec, en Egypte le nassérisme, poussent à la création du Parti Baas. Celui-ci finit par s’emparer du pouvoir en 63 mais ce n’est qu’en 1970 que Hafez el Assad, à la suite d’un nouveau coup d’état, s’empare du pouvoir. Il meurt en 2000 et son fils Bachir lui succède. Disons tout de suite que, dès l’origine, le « socialisme » dont se réclame le Baas se définit comme antimarxiste, récusant la lutte des classes : c’est en fait l’idéologie de la bourgeoisie anti-impérialiste et laïque obligée de tenir compte d’un rapport de forces mondial alors favorable au camp socialiste et au progressisme. Constatons d’ailleurs que l’orientation de plus en plus à droite, de plus en plus favorable au capital, de plus en plus favorable à l’impérialisme même, se produit simultanément que l’affaiblissement, puis la défaite du camp socialiste, avec les privatisations massives de l’économie, y compris sous la forme d’une coupe réglée clanique, le recul de la laïcité, le recul de l’indépendance nationale au profit des impérialismes.

Cette situation nouvelle entraîne un mécontentement de masse parmi les peuples arabes qui luttent pour plus de justice et de libertés. Comme l’impérialisme ne supporte plus la moindre autonomie des régimes du Moyen-Orient du fait de la présence de sources d’énergie vitales pour les pays impérialistes, les États-Unis et ses alliés, malgré des contradictions internes, veulent instaurer un « nouveau » Moyen-Orient, comprendre un nouveau protectorat sur cet espace géostratégique, d’autant plus important que les USA tentent de couper la Chine de son approvisionnement en énergie, Chine qui est l’ennemi stratégique fondamental des E-U. C’est d’ailleurs la raison de l’affirmation de l’alliance Chine-Russie récemment affirmée à Pékin par les deux grands pays qui du coup s’opposent aux ingérences impérialistes en Syrie au sein de l’ONU. Surtout qu’ils ont été échaudés par l’affaire libyenne dont on n’a pas assez dit qu’elle devait beaucoup aux plans de Kadhafi de se rapprocher de la Chine.

En tous les cas la conjonction de ces deux facteurs, mécontentement social profond des masses arabes et volonté de l’impérialisme de détruire les vestiges du nationalisme arabe ont créé une situation explosive dont une des expressions sont les «révolutions arabes ». Ceci étant, comme les régimes arabes bourgeois ont pourchassé, massacré, anéanti les avant-gardes progressistes et révolutionnaires arabes, les masses se sont trouvées, avec les islamistes, un porte-parole de substitution. Mais il se trouve que ce porte-parole est parfaitement compatible avec l’impérialisme. Un nouveau genre de bourgeoisie « compradore » qui veut sa part des richesses mais ne remet pas en cause le capitalisme ni la domination impérialiste. Ceci étant des contradictions peuvent apparaitre et apparaissent entre eux et l’autonomie des sujets politiques est telle que nous ne devons pas avoir une vision mécaniste des ces situations mais une vision dialectique, appréhendant les contradictions qui peuvent surgir chez nos ennemis, impérialistes ou islamistes. Mais force est de constater que ces derniers sont, en Syrie, soutenus et armés par le Qatar et l'Arabie Saoudite, donc par les Américains.

Dans ce contexte, quelle attitude pour les communistes ?

Soutenir les luttes des masses populaires arabes et de la région en tant qu’elles expriment leur indépendance par rapport aux ingérences impérialistes et qu’elles refusent l’appel à l’ingérence franco-américaine. Soutenir l’indépendance nationale et la souveraineté des pays concernés. Développer une ligne anti-impérialiste conséquente : ne jamais sombrer dans la métaphysique manichéenne et soutenir l’insoutenable, sachant que l'ennemi de mon ennemi n’est pas forcément mon ami....l’histoire illustre amplement l’impasse de ce genre de raisonnement primaire et antidialectique, soyons donc lucides et vigilants. Développer la solidarité de classe avec les communistes syriens, iraniens, etc.

Défendre un pays contre l’agression et l’ingérence impérialiste prime sur toute autre considération, car l’impérialisme est l’ennemi principal des peuples. Mais cela ne signifie pas donner brevet de progressisme et de vertu à un régime. Nous serons, en tous les cas, au premier rang du combat contre les guerres impérialistes et aux côtés des peuples.

 


 

·       Solidarité avec les mineurs d’Espagne !

 

Depuis fin mai, des milliers de mineurs espagnols sont en grève et manifestent. Ils protestent contre la réduction massive des aides d’Etat allouées à l’industrie minière. Ce qui signifie bien évidemment une « entrée en matière » qui aurait pour finalité la destruction pure et simple de l’activité carbonifère. Ce n’est pas seulement pour la sauvegarde de milliers d’emplois que luttent les mineurs, mais également pour la défense de communautés entières dont la (sur)vie même dépend des mines.

Mariano Rajoy et son gouvernement de" kollaboration" européenne trouve 100 milliards d’euros pour les banques, mais il demande aux travailleurs de faire des sacrifices : suicidez-vous dans la joie pour permettre le maintien des taux de profits ! Et comme toujours face à des luttes radicales soutenues par la population, l’État déploie sa stratégie répressive, par la Guardia civil et les emprisonnements, comme aux heures les plus sombres de l’Espagne franquiste.?Mais les mineurs en ont vu d’autres, eux qui, en 1934, 1962 et 1963, puis le long des années soixante-dix, furent l’honneur des peuples d’Espagne, à l’avant garde du combat ouvrier pour la liberté et la justice.

Sept d’entre eux se sont enterrés à plus de 800 mètres, et ainsi depuis des jours, dans le noir, l’humidité et la poussière, pour leur dignité de travailleurs.

Nous communistes de France, sommes de tout cœur aux côtés des mineurs d’Espagne en lutte, de leurs familles et leurs proches, de tous ceux qui, à travers l'Espagne et dans le monde, organisent la solidarité.

Halte à la répression ! Sauvegarde des emplois miniers ! Organisons la solidarité internationale avec les mineurs  d’Espagne !

  

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« LA RÉPUBLIQUE NOUS APPELLE » …

·     Législatives : que cache la « victoire de la gauche » ?   17 juin 2012

La victoire du PS et de ses satellites « verts » et « MRC » à la législative confirme certes, et c’est heureux, la volonté majoritaire de notre peuple de battre l’UMP, le parti qui a mené pendant cinq ans une politique ultra-patronale ou clairement fascisante dans notre pays. Mais cette majorité PS ne doit pas occulter les mouvements de fond de l’opinion française, dans un pays saccagé par la crise capitaliste et par la « construction européenne », qui vit une grave crise d’identité.

Tout d’abord, une presque majorité d’électeurs, une majorité sans doute dans les quartiers populaires, n’est pas allée voter. C’est bien entendu l’effet délétère du quinquennat, mis en place par Chirac et Jospin avec l’abstention complaisante du PCF, qui réduit à rien le rôle du parlement en faisant de la législative l’ombre portée d’une présidentielle ultra-personnalisée. Mais la montée de l’abstention témoigne surtout du fait que l’électorat populaire se détache et se détachera de plus en plus d’un système politique qui ne propose rien d’autre qu’une alternance factice qui ne met jamais en cause le « socle commun » des partis dominants : l’acceptation de la mondialisation capitaliste et de la « construction européenne » au profit des dix mille familles ultra-riches.

Par ailleurs, il faut dire clairement que, sur le plan idéologique, le glissement réactionnaire de notre pays se poursuit. Même si le FN n’a que peu d’élus en raison du mode de scrutin, ce parti est porteur d’une dynamique politique qu’il mettra entièrement au service de l’ultra-droitisation de la vie politique avec son « rassemblement bleu marine ». Encore plus gravement, l’UMP, débarrassée de Bayrou, est largement aspirée dans le sillage du FN : la masse des électeurs de droite déclare désormais qu’elle préfère voter sans états d’âme pour un lepéniste plutôt que pour la gauche en cas de duel au second tour : c’est le honteux résultat de cinq années de sarkozysme, c’est-à-dire de stigmatisation échevelée des immigrés, des « musulmans », des « rouges », des syndicalistes de lutte, des enseignants, des fonctionnaires, des chômeurs (pardon : des « assistés »). Les bases politiques d’une « UM’Pen », d’une sorte de « Tea Party » ultraréactionnaire usurpant le drapeau tricolore, existent objectivement et subjectivement.

Mais le glissement à droite se ressent aussi DANS la gauche. D’abord parce que l’orientation du PS est clairement néolibérale avec Fabius, Moscovici et les autres partisans de l’atlantisme, de l’européisme et du social-libéralisme socialisme en paroles, néo-libéralisme en fait ! En réalité, le PS se prépare déjà, sous le mot d’ordre de l’austérité « juste », à faire lourdement payer les couches moyennes et populaires pour « sauver l’euro » et « rembourser la (prétendue) dette » aux usuriers de la finance : le discours prononcé par Ayrault au soir du second tour en est le signe très clair : une fois passés les flonflons électoraux, l’heure est aux « sacrifices ».

Dans l’immédiat, le PS entend ratifier la Charte européenne des langues minoritaires et régionale, inspirée par l’Allemagne : l’objectif de ce texte européen est de fragiliser encore davantage la langue française et de promouvoir un découpage ethnolinguistique désastreux pour les services publics d’Etat ; en outre, le programme de Hollande comporte l’engagement d’approfondir l’euro-régionalisation du pays sous le nom de « nouvel acte de la décentralisation » : c’est ce qu’exige le MEDEF dans son manifeste « Besoin d’airE » : il y revendique la « reconfiguration des territoires » et une « nouvelle patrie, les Etats-Unis d’Europe ». Cela signifie que, pour écraser définitivement le mouvement ouvrier français, le grand patronat est prêt à mettre le point final à l’histoire de France ! Comment les militants ouvriers n’en tireraient-ils aucune conclusion pour leur propre combat de classe ?

Sur la gauche de la gauche, le PCF et le front de gauche subissent un grave recul et sont hors d’état d’obtenir un groupe parlementaire, sauf renégociation avec le PS. Dès le premier tour, des sièges communistes historiques en Seine-St-Denis ou dans le Val-de-Marne (le siège de Thorez et de Marchais !) sont perdus au profit du PS qui continue indécemment de « plumer la volaille communiste », comme il le fait depuis Mitterrand.

Certes, on peut savoir gré à Mélenchon d’avoir suscité l’espoir avant le premier tour des présidentielles et d’avoir réintroduit les thèmes patriotiques dans une gauche qui, depuis la « mutation euroconstructive » du PCF, avait abandonné les couleurs de la France à la réaction. Mais le Front de gauche paie lourdement le fait que pendant des mois et des mois, il a totalement transféré l’engagement populaire sur le seul terrain électoral, qu’il ne s’est jamais lié aux luttes, pendant que la direction des confédérations syndicales, état-major de la CGT inclus, a pratiquement stoppé les luttes sociales d’ampleur pendant l’élection. Et surtout, comment le PCF et le Front de Gauche pourraient-ils retrouver le cœur de la classe ouvrière en DEFENDANT le MAUDIT EURO, en déclarant de manière surréaliste que « l’Europe est à nous » (!), que « l’euro est notre monnaie » (!!), comme ils l’ont fait sur la pression du Parti de la Gauche Européenne dont Pierre Laurent (PCF-PGE) est le président ? Sur de telles bases, on ne peut pas unir les classes populaires et on rassemblera de moins en moins les classes moyennes qui vont être PRESSUREES comme JAMAIS au nom de l’euro. Comment en outre faire la différence avec le PS alors que jamais, le PCF n’a déclaré avant l’élection, s’il entrerait dans la majorité parlementaire (donc, voterait les budgets d’austérité) ou s’il choisirait l’opposition populaire ? Le PRCF est pleinement légitime à produire ces critiques UTILES puisque, là où le Front de gauche a accepté de débattre, le PRCF lui a au cas par cas apporté un soutien critique sans le moindre sectarisme.

Le PRCF félicite Jean-Jacques Candelier, un député franchement communiste qui a succédé à Georges Hage (président d’honneur du PCF) dans le nord et qui était seul en piste au second tour (…).

Durant toute la campagne électorale, les militants bénévoles du PRCF auront diffusé des dizaines de milliers de « programme candidats » et d’affiches appelant à « dégager » Sarko, l’euro, l’UE et le capitalisme. Sans se laisser impressionner, ni détourner de ce travail d’avant-garde par les menaces, les attaques calomnieuses de quelques flanc-garde de l’euro-réformisme, le PRCF continuera avec confiance son travail unitaire sur des bases de principe, des bases communistes et franchement anti-Maastricht.

Le PRCF appelle, d’ores et déjà, les communistes à rejoindre son combat pour l’indépendance nationale et pour le socialisme, seule issue de fond pour la classe ouvrière et pour la nation.

 

PS : le Clic rouge est disponible en pièce jointe et également visualisable ICI.

 



CLIC Rouge 6 Juin 2012 final.pdf

10:04 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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