11/07/2012

Euro-austérité et euro-fédéralisme : HOLLANDE « POLDERISé » par ANGELA MERKEL

 
 
 
Sent: Monday, July 02, 2012 6:44 AM
Subject: Euro-austérité et euro-fédéralisme : HOLLANDE « POLDERISé » par ANGELA MERKEL
 

 

 

 

Euro-austérité et euro-fédéralisme : HOLLANDE « POLDERISé » par ANGELA MERKEL

 

Pour se démarquer électoralement de Sarkozy, Hollande a su faire entendre des accents presque patriotiques... Avec lui, la France, totalement alignée sur la RFA par l’Union Maastrichtienne Patronale (UMP) allait retrouver sa dignité ; l’Europe allait devenir « sociale » et la croissance de l’emploi allait enfin primer sur l’austérité...

Il n’aura fallu qu’un « sommet » européen pour qu’éclate le caractère mensonger de ce patriotisme et de ce « socialisme » de parade.

Avant même que le sommet européen n’eût commencé, Ayrault avait déjà envoyé des lettres de « recadrage » aux ministères. A l’exception de la justice, de la police et de l’Education nationale – où les contre-réformes Chatel vont bon train sous le pilotage de V. Peillon* – l’ensemble des services publics, déjà saignés à blanc par Sarkozy, va subir de nouvelles coupes claires ; il serait même question d’y mettre en place la règle du non-remplacement de deux fonctionnaires sur trois partant à la retraiteQuant au SMIC, son augmentation est ridicule alors que tant d’ouvriers ne peuvent plus se rendre à leur travail avec leur véhicule étant donné l’augmentation vertigineuse des carburants…

Plus structurellement, Hollande a accepté que la revendication impériale de Berlin – le contrôle « européen » (en réalité, allemand) sur les budgets « nationaux » – s’alourdisse  sensiblement. Le Mécanisme européen de stabilité prévoyait déjà que les budgets nationaux soient soumis à la Commission européenne avant d’être présentés aux députés français transformés en euro-potiches ; comme si cet attentat inouï contre la dignité du parlement ne suffisait pas, Hollande vient d’avaliser le principe d’un contrôle PERMANENT de Bruxelles – en réalité de Berlin – sur les budgets nationaux. Car c’est la RFA, non endettée par définition (et pour cause : l’euromark a été entièrement conçu pour dynamiser l’export allemand tout en plombant l’exportation des autres pays de la zone euro !), qui obtiendra ce droit de regard via Bruxelles, alors que tous les autres Etats devront régulièrement présenter leur carnet de notes aux financiers de Francfort. Ainsi, non seulement Hollande bafoue – après Sarkozy – le « non » français à la constitution européenne, mais le blanc-seing sans précédent qu’il vient de consentir à Merkel frappe la souveraineté française en plein cœur : les députés PS qui voteraient cette nouvelle forfaiture, qui « dé-constitue » littéralement la France, devront tôt ou tard rendre raison de leur félonie devant le peuple souverain !**

Il serait cependant faux de présenter les choses comme une victoire de « l’ » Allemagne sur « la » France. Ce qui pousse Hollande, après Sarkozy, Chirac et Mitterrand, à attaquer les services publics, à bloquer de fait les salaires, à transformer peu à peu la « République française » en une coquille vide, c’est l’allégeance de la droite et de la social-eurocratie « française » à l’oligarchie euro-hexagonale. Aux « marchés financiers » d’abord, auxquels le « sommet » européen a donné satisfaction sur toute la ligne : à court terme, c’est sauvetage des banques espagnoles et garantie « européenne » accordée aux banques françaises sur le dos des contribuables (et surtout, sur le dos des « contributeurs nets », dont fait partie la France puisque notre pays donne chaque année sans retour 9 milliards d’euros à l’Europe!). La prétendue « mutualisation des dettes » qui se met en place brade l’avenir la nation contre la sauvegarde à court terme des profits de l’oligarchie. En effet, pour que les BANQUIERS « français » obtiennent un semblant de parapluie bancaire allemand, les CONTRIBUABLES FRANÇAIS paieront pour sauver les BANQUIERS d’Europe du Sud alors que les peuples grec, portugais, italien et espagnol sont strangulés par ces mêmes « banksters ».

Mais au-delà des « marchés financiers », l’inspirateur de cette capitulation nationale et sociale de François Hollande est le MEDEF et le grand patronat du CAC-40. Il suffit en effet de lire le manifeste du MEDEF intitulé Besoin d’air pour constater que le MEDEF a cyniquement décidé de mettre un point final à l’histoire de France en réclamant pêle-mêle :

·               la « reconfiguration des territoires » (et la proposition du PS de faire un nouveau pas vers la régionalisation du territoire va dans ce sens, de même que la décision de Hollande de ratifier la dangereuse « Charte européenne des langues minoritaires et régionales » qui vise à diviser le territoire national sur des bases ethnolinguistiques) ;

·               l’abandon de la langue française au profit du tout-anglais à l’entreprise et dans tous les lieux de « prestige »,

·               les « transferts de souveraineté » vers les Etats-Unis d’Europe et par-dessus tout,

·               la mise en place d’une « nouvelle patrie : les Etats-Unis d’Europe ».

 

Bref, pour élargir sa chasse aux profits à l’échelle de l’Union transatlantique sous protectorat germano-américain, l’impérialisme « français » liquide la nation et la République en désossant les acquis majeurs de la Révolution française et du CNR !

Bien entendu, l’UMP applaudit : les forêts de drapeaux tricolores, c’était juste pour exciter le « peuple de droite » contre la « viande hallal » et les cohortes de « femmes voilées » qui menacent si terriblement notre pays (sic)… Bref, l’autophobie nationale et la xénophobie d’Etat – avec lesquelles M. Valls semble peu désireux de rompre – marchent de concert : l’objectif de classe poursuivi par l’oligarchie est de casser la France tout en dévoyant le sentiment patriotique blessé contre le TRAVAILLEUR étranger tout en dédouanant la FRANCALLEMAGNE du CAC-40 ! Déjà dans les années trente, la « France » patronale avait fait le « choix de la défaite »*** dans le but de mater la classe ouvrière française (« plutôt Hitler que le Front populaire » - sic) et de briser l’URSS en se mettant à la remorque de ce grand Européen d’Adolf Hitler… Si les vrais démocrates n’y veillent pas, notre pays et sa classe travailleuse risquent d’être broyés dans l’étau politique que forment, d’un côté, l’UM’Pen en gestation derrière Copé et le « rassemblement bleu marine », de l’autre, le Parti Maastrichtien Unique à deux têtes, dont l’une est le Parti « socialiste » maastrichtien et l’autre, la droite pseudo-« républicaine »…

Plus que jamais la question est posée aux dirigeants ET AUX MILITANTS DE BASE du Front de Gauche : vont-ils continuer à clamer, comme l’ont fait jusqu’ici Mélenchon et P. Laurent (le président en titre du Parti de la Gauche Européenne subventionné par Bruxelles) que « l’Europe est à nous » (sic) et que « l’euro est notre monnaie » (re-sic) ? Ou bien vont-ils accepter de dialoguer avec ceux qui, joignant le drapeau rouge des ouvriers au drapeau tricolore de la nation républicaine, veulent clairement SORTIR de l’EURO et de l’EUROPE pour reconstituer les acquis du CNR, quitte à rompre avec la domination du grand capital ?

Face au démontage accéléré de la nation, les vrais républicains doivent passer à l’action ensemble. A nouveau le PRCF propose de faire en sorte que tous les PATRIOTES, ANTIFASCISTES ET PROGRESSISTES interpellent solennellement ensemble le peuple français au mois de septembre 2012 qui coïncide avec le 20ème anniversaire du Non au traité de Maastricht et avec le 220ème anniversaire de la bataille de Valmy qui fonda la République en brisant l’armée des monarques européens.

Sarkozy a été battu et tant mieux. Mais n’attendons rien de Hollande et de son équipe qui rampent devant le MEDEF, les « marchés » et l’Allemagne capitaliste. Le changement ne viendra que des luttes se fédérant à l’échelle nationale et internationale.

Dans nos syndicats comme dans nos partis politiques, ouvrons le débat que les directions euro-formatées s’emploient à étouffer : oui ou non « le sauvetage de LEUR euro et de LEUR Europe vaut-il la mise à mort de la République française, du « produire en France », des services publics, de la protection sociale et du pouvoir d’achat des salaires ? Tant que le mouvement ouvrier, populaire et républicain n’aura pas clairement répondu NON, mille fois NON, à cette question existentielle, notre pays et ses acquis sociaux continueront d’agoniser dans le bain d’acide sulfurique de l’UE capitaliste et de son maudit euro !

Dans l’immédiat, le PRCF propose à tous ceux qui partagent les grandes lignes de cette analyse de condamner ensemble les résultats du sommet de Bruxelles en appelant à une nouvelle résistance populaire !

Redisons pour finir ce que clamait le PCF clandestin de Maurice Thorez, Jacques Duclos et Benoît Frachon le 10 juillet 1940 : JAMAIS, NON JAMAIS, LE PEUPLE DE FRANCE NE SERA UN PEUPLE D’ESCLAVES !

 

La Commission Exécutive nationale du Pôle de Renaissance Communiste en France

 

 

*les syndicats enseignants auraient bien tort d’accorder un « état de grâce » à V. Peillon : déshabiller tous les services pour créer 60 000 postes en cinq années, alors que la droite a supprimé 100 000 postes dans l’enseignement (surtout secondaire), c’est la certitude d’isoler le corps enseignant des autres fonctionnaires alors que seul le « tous ensemble » du public et du privé peut sauver le monde du travail !

 

** Pour mesurer le recul de civilisation, rappelons que c’est par la revendication du droit du peuple (en fait, des bourgeoisies nationales) à voter souverainement les budgets et les impôts que la bourgeoisie révolutionnaire avait engagé la lutte contre l’Ancien Régime à la fin du Moyen Âge…

 

***Cf. le livre d’Annie Lacroix-Riz, Le choix de la défaite.

 

 
cartereferendum

12:40 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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