14/12/2007

Le facteur sonne toujours huit fois ...

Poste :: L’Europe impose la libéralisation totale pour 2011

Les ministres européens ont tranché : le courrier ordinaire sera libéralisé le 1er janvier 2011. Que cela va-t-il changer pour la population ?

Marco Van Hees
10-10-2007

Avec la libéralisation, de nouveaux distributeurs vont-ils concurrencer votre facteur ? (Photo La Poste)

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Le facteur sonne toujours deux fois, dit-on. Mais sonnera-t-il huit fois en 2011, si quatre entreprises postales se font concurrence ? Imaginez des hordes de facteurs arpentant les rues, les uns en noir, les autres en rouge, en bleu, en vert. L’un vous dépose la carte de Tante Sarah, l’autre la facture de gaz, le troisième la déclaration d’impôts, tandis que le quatrième vous délivre un recommandé. Et quand vous voudrez envoyer une lettre enflammée à votre amoureux-se, devrez-vous faire attention de ne pas y coller un timbre bleu en la postant dans une boîte aux lettres verte ?

Tout cela pour dire que l’idée même de libéraliser le courrier est une aberration typique de la société capitaliste. Mais ce n’est pas exactement comme cela que ça va se passer. Du moins, pas partout. Les entreprises postales privées vont se concentrer sur les activités les plus rentables. Elles vont donc viser les zones fortement peuplées et chercher de gros clients. Par exemple, distribuer toutes les factures Electrabel dans les grandes villes du pays. Si vous habitez Ixelles, vous risquez effectivement de recevoir la carte de la Tante Sarah des mains de votre facteur et la facture de gaz d’un autre distributeur.

Mais qui s’intéressera à vous si vous habitez à Trouperdu-lez-Mortecampagne ? Pour faire passer la libéralisation, l’Union européenne a été obligée de garantir le « service universel » (service minimum), dont se chargera la poste historique. Le facteur continuera donc à passer cinq jours par semaine dans chaque rue du pays. Et pour assurer cette activité peu rentable, La Poste pourra recevoir un subside. Mais de qui ? Soit d’un fonds de compensation alimenté par les autres opérateurs, soit de l’Etat. Chaque gouvernement décide.

En Italie, où le marché postal a déjà été libéralisé, c’est l’Etat qui paye. Et la facture est élevée puisque, avec la fin de son monopole, La Poste ne peut plus financer les activités moins rentables par celles qui le sont plus. En réalité, le contribuable va donc payer pour que les opérateurs puissent faire de gros bénéfices. Pour la population, le maintien du monopole est donc la meilleure solution. Maintenant, tout dépendra des conditions auxquelles seront soumis les candidats privés. Peut-être que les pays imposant des conditions draconiennes pourront les décourager de s’y implanter. Le combat n’est donc pas terminé.

Sept mille pertes d’emplois en vue ?

Réunis à Luxembourg ce 1er octobre, les ministres européens en charge de la poste ont décidé que les activités postales non encore libéralisées – le courrier en dessous de 50 grammes – le serait en 2011. Seul le Luxembourg a voté contre. La Belgique s’est abstenue, le gouvernement étant divisé sur la position à prendre.

Au même moment, le journal De Tijd cite une étude de PriceWaterhouseCoopers sur la libéralisation du marché postal. Selon cette étude, La Poste devrait encore supprimer 7 000 emplois, passant de 36 000 à 29 000 emplois. L’administrateur délégué de La Poste, Johnny Thys, ne veut citer aucun chiffre. Mais il envisage de ne pas remplacer les 1 000 à 1 500 départs naturels par an.

> Poste :: Aux Pays-Bas et en Allemagne, la libéralisation casse les salaires

14:35 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

La Poste • L’Europe libéralise : les facteurs ne sonneront plus chez vous ...

Votre courrier distribué par une firme privée ? Ou plus du tout? Le risque est bien là, si le Conseil des ministres européens approuve la libéralisation totale du marché postal le 7 juin prochain.

Gérard Mugemangango
09-05-2007

En Suède, la libéralisation de la poste a fait grimper le prix du timbre de 70 %. La moitié des bureaux ont fermé. Si les ministres européens votent la directive de libéralisation totale le 7 juin, le scénario sera le même en Belgique. Il est encore possible de l’arrêter. (Photo Solidaire, Salim Hellalet)

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À partir du 1er janvier 2009, la distribution du « petit » courrier (les lettres normales), dernier domaine qui n’était pas encore libéralisé, sera totalement ouverte à la concurrence.

En Suède, pays montré en exemple par la Commission Européenne, la libéralisation est en cours depuis les années 90. Il y a eu, dans un premier temps, une multiplication des entreprises postales privées qui se faisaient concurrence. On en a compté jusqu’à 105 en 1997. Mais depuis 2002, il ne reste plus que l’opérateur historique (l’ex-poste suédoise) et un seul concurrent privé. Celui-ci ne se concentre que dans les zones rentables, ce qui a obligé l’opérateur historique à augmenter ses tarifs (le prix du timbre a bondi de 70 %) et à fermer la moitié de ses bureaux1. Adieu le service de proximité, accessible à tous.

Aux Pays-Bas, suite à la concurrence entre différents opérateurs, la TNT-Post (Poste hollandaise), va liquider 7 000 emplois. Alors que 9 000 emplois ont déjà disparu ces dernières années. Car ses concurrents privés « utilisent des indépendants qui sont de 3 à 4 fois moins chers que les postiers de TNT », justifie Bakker, directeur de TNT2. TNT fait aujourd’hui 17 % de bénéfices3. Mais, privatisé, il veut encore plus.

En Belgique, la libéralisation n’est encore que partielle. Mais déjà il y a de plus en plus de stress, de dépressions, et même de suicides, depuis l’application des nombreux plans Géoroute pour les facteurs, et Poststation pour les employés. Rappelez-vous aussi ce facteur de 50 ans, mort sur sa mobylette à Beauraing, après 10 h 30 de travail4.

Beaucoup de postiers font, chaque jour, des heures non déclarées, distribuent plus de poids avec moins de gens, poussés dans le dos par leur percepteur, leur chef direct à La Poste, et surtout par leurs managers, motivés par une prime liée à la hausse de la productivité des travailleurs.

La solidarité disparaît, quand il s’agit d’être le meilleur contractuel, dans l’espoir d’être engagé à durée indéterminée. Espoir souvent déçu, quand on sait que certains restent temporaires durant… des années, et que plus personne ne deviendra statutaire. Le salaire n’augmente presque pas, pendant que celui des managers explose. Résultat : des milliers d’emplois en moins, des centaines de bureaux qui ferment.

La Poste est un des deux plus grands employeurs du pays, elle représente plusieurs dizaines de milliers d’emplois. Déjà 15 % de ces emplois sont passés à la trappe. Et avec le projet de libéralisation totale, les exemples suédois et hollandais le montrent, il y aura encore plus de postiers licenciés et un service de moins bonne qualité pour la population.

1 Tribune CGSP Poste, décembre 2006 • 2 De Tijd, 4/04/07. • 3 De Tijd, 4/04/07. • 4 Communiqué CGSP Namur, 27/07/06

Mobilisation européenne

« La CGT travaille avec les organisations syndicales françaises et l’ensemble des syndicats européens à la réussite d’une mobilisation européenne lors du passage de cette Directive [...] au mois de juin au Parlement européen ».

« Les chances de l’Allemagne de parvenir, comme elle le souhaite, à un accord politique sur la libéralisation totale du marché postal d’ici juillet, semblent compromises » écrit Le Monde du 30 mars 2007, vu l’opposition existante, notamment en France.

Il serait dommage de ne pas répondre à cet appel de la CGT. Si les dockers ont pu arrêter une directive européenne dans leur secteur, les postiers peuvent aussi le faire.

Ralentir ou arrêter la libéralisation?

46 063 signatures à ce jour pour la pétition contre la libéralisation du marché postal en 2009. L’initiative prise par Hutchinson, député PS au Parlement européen, rencontre du succès.

Le PTB soutient cette pétition car elle veut arrêter la décision de libéralisation au niveau européen.

Mais la position du PS pose question. Le PS estime que la libéralisation ne peut pas être remise en cause. Il trouve qu’elle doit être plus progressive dans le temps, et qu’il est impossible de se tenir au calendrier proposé par la Commission européenne1.

Ralentir ne supprimera pas le choc de la libéralisation. L’accident sera dans un premier temps moins frontal, mais les séquelles seront aussi graves. En réalité, la privatisation de La Poste est en route depuis vingt ans. Elio Di Rupo parlait alors de « consolidation stratégique des entreprises publiques ». En 1999, c’est encore lui qui a signé l’arrêté royal ouvrant La Poste à la concurrence pour le courrier de plus de 350 grammes. En octobre 2005, le gouvernement belge, à participation socialiste, et La Poste ont conclu un « partenariat stratégique » avec Post Danmark et CVC Capital Partners, qui ont reçu la garantie dès 2008 d’un dividende annuel minimum de 10 millions d’euros.

La libéralisation totale, que le PS compte ralentir (pas arrêter), signifie que ce qui était un service garanti par la société ne dépendra plus désormais que de la Bourse. Que si la distribution du courrier n’est pas rentable dans certaines communes, elle ne se fera plus. Que malgré les subsides, les employeurs privés, contrairement aux employeurs publics, n’ont qu’un seul but : augmenter leurs bénéfices. Et dans un marché objectivement limité, cela ne peut se faire qu’en faisant souffrir plus le travailleur et en faisant payer plus l’usager.

Il est encore temps de stopper la libéralisation. En défendant non pas le report, mais l’abrogation définitive de ces directives européennes. Dans une démocratie, il doit être possible de remettre en question le bien-fondé de la présence de l’actionnariat privé au sein de La Poste, de même qu’il faudrait une plus grande implication des travailleurs dans la gestion même de La Poste.

1 Tribune CGSP Poste, décembre 2006

Propositions d’action PTB+

Maintien des petits bureaux de poste locaux. Pour une poste accessible et abordable.

  • Maintien des bureaux de poste locaux.
  • La poste doit rester un service public, accessible à tous et de qualité.
  • La mission d’un service public doit répondre aux besoins de tous les usagers, tant dans les régions rurales que dans les zones urbaines.
  • Un raccordement Internet dans chaque bureau de poste.
  • Des services postaux accessibles à tous, aussi aux moins nantis.
  • Davantage d’emplois qualifiés pour les postiers et garantie de service au public pour la totalité du territoire national.
  • Des rythmes de travail humains pour les postiers et postières, pour leur permettre de remplir pleinement leur fonction sociale.

 

Voir le programme complet du PTB+ sur www.ptb.be

14:33 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

13/12/2007

30/05/2007: Le bouclier étasunien anti-missile en Europe est un acte de guerre ...

 -------- Message original --------
Sujet: [CSP] Astéroïdes et missiles nucléaires. Russell, Einstein, Chomsky.
Date: Wed, 30 May 2007 20:21:06 +0200
De: CubaSolidarity <cubasolidarity@club-internet.fr>


From: Marie-Ange Patrizio

Un article dans il manifesto de mercredi 30 mai 2007, sur le bouclier de défense anti-missiles étasunien en Europe. Elle progresse la démocratie occidentale (suite) : sur terre comme au ciel.
m-a

* * * *

Le bouclier étasunien anti-missile en Europe est un acte de guerre
NOAM CHOMSKY


L'installation d'un système de défense anti-missiles en Europe orientale est pratiquement une déclaration de guerre. Essayez d'imaginer comment réagirait l'Amérique si la Russie, la Chine, l'Iran ou n'importe quelle autres puissance étrangère osait ne serait-ce que penser installer un système de défense anti-missiles sur les frontières des Etats-Unis ou dans leur voisinage, ou si ils exécutaient ce plan. Dans de telles circonstances inimaginables, une réaction américaine violente serait non seulement quasi certaine, mais aussi compréhensible, pour des raisons claires et simples.

Il est universellement notoire que la défense anti-missiles est une arme de première attaque. Des analystes militaires américains autorisés la décrivent ainsi : « Non seulement un bouclier, mais une habilitation à l'action ». Elle « facilitera une application plus efficace de la puissance militaire des Etats-Unis à l'étranger ». « En isolant le pays des représailles, la défense anti-missiles garantira la capacité et la disponibilité des Etats-Unis à « modeler » l'environnement dans d'autres régions du monde ». « La défense anti-missiles ne sert pas à protéger l'Amérique. C'est un outil visant à la domination mondiale ».

« La défense anti-missiles sert à conserver la capacité américaine d'exercer son pouvoir à l'étranger. Elle ne concerne pas la défense : c'est une arme d'offensive et c'est pour cela que nous en avons besoin ». Toutes des citations viennent de sources libérales autorisées appartenant à la tendance dominante, qui voudraient développer le système et l'installer aux limites extrêmes de la domination mondiale des Etats-Unis.

La logique est simple et facile à comprendre : un système de défense anti-missiles fonctionnel informe les objectifs potentiels que « on vous attaquera si on veut et vous, vous ne serez pas en mesure de répondre, donc vous ne pourrez pas nous l'interdire ».

On est en train de vendre le système aux Européens comme défense contre les missiles iraniens. Même si l'Iran avait des armes nucléaires et des missiles à longue portée, les probabilités pour qu'il les utilise pour attaquer l'Europe sont inférieures à celles que l'Europe soit touchée par un astéroïde. S'il s'agissait donc vraiment de défense, la République Coréenne devrait installer un système pour se défendre des astéroïdes.

Si l'Iran donnait ne serait-ce que le plus petit signe de vouloir s'engager dans un tel acte, le pays serait pulvérisé. Le système est vraiment pointé contre l'Iran, mais comme arme de première attaque. Il fait partie des menaces étasuniennes croissantes en vue d'attaquer l'Iran, menaces qui constituent en elles-mêmes une violation grave de la Charte des Nation Unies, bien que ce sujet ne soit pas abordé.

Quand Mikhaïl Gorbatchev autorisa l'Allemagne unifiée à faire partie d'une alliance militaire hostile, il accepta que pèse une grave menace sur la sécurité de la Russie, pour des raisons trop connues pour les revoir à présent. En échange, le gouvernement des Etats-Unis s'engagea à ne pas élargir l'OTAN à l'est. Cet engagement a été violé quelques années plus tard, sans susciter beaucoup de commentaires en Occident, mais en augmentant le danger d'un affrontement militaire.

La défense dite anti-missiles augmente le risque qu'éclate une guerre. La « défense » consiste à augmenter les menaces d'agression au Moyen Orient, avec des conséquences incalculables, et le danger d'une guerre nucléaire définitive.

Il y a plus d'un demi siècle, Bertrand Russell et Alfred Einstein lancèrent un appel aux peuples du monde pour qu'ils prennent conscience du fait que nous nous trouvons face à un choix « net, terrible et inévitable ». Devons-nous mettre fin à la race humaine, ou bien l'humanité est-elle disposée à renoncer à la guerre ? ».

Accepter le dit « système de défense anti-missiles » fait place au choix de la fin de la race humaine dans un avenir pas très lointain.

Edition de mercredi 30 mai 2007 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/30-Maggio-2007/art10.html
Traduit de la version italienne par Marie-Ange Patrizio, pas de mention de la source ni de la traduction de l'article original (merci à Nadine Ghys pour son aide)


[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul ont été supprimées]

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CUBA SOLIDARITY PROJECT
http://vdedaj.club.fr/spip/
"Lorsque les Etats-Unis sont venus chercher Cuba,
nous n'avons rien dit, nous n'étions pas Cubains."

21:07 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Riches • L’Europe des 25... paradis fiscaux

Instinctivement, on associe les paradis fiscaux aux palmiers des îles tropicales. On en compte pourtant 25 en Europe. Dont la bandante Belgique.

Marco Van Hees
21-02-2007

Une étude de l’OCDE1 a dressé la liste des paradis fiscaux. Elle en recense 72 dans le monde, dont 25 en Europe. De petits états comme Monaco, le Lichtenstein ou Andorre. De petites îles, comme Aurigny, Guernesey, Jersey, l’île de Man ou Madère (située au large du Maroc mais appartenant au Portugal). Il y a aussi des villes (Campione, Trieste, Londres, Dublin, Francfort), un gros rocher anglais sur la côte espagnole (Gibraltar) ou encore une petite république russe, l’Inchourie.

La liste comprend enfin de « vrais » pays. À part la Suisse, ils sont tous membres de l’Union européenne : Hongrie, Malte, Luxembourg, Pays-Bas et Belgique. Oui, oui, notre gentil pays en est. Évidemment, le paradis n’est pas offert à l’ensemble de la population, vous êtes bien taxé pour le savoir. Mais les grosses fortunes et les multinationales n’apprécient pas que nos bières et nos frites.

Des bureaux spécialisés s’adressent par exemple aux riches Français qui veulent fuir l’impôt sur la fortune. La Belgique, qui ne connaît pas un tel impôt, est leur destination la plus prisée.

Autre spécialité belge : les gains réalisés en Bourse ne sont pas soumis à l’impôt. De plus, la Belgique est, avec le Luxembourg et l’Autriche, parmi les rares pays de l’Union européenne à refuser de collaborer aux échanges internationaux d’information fiscale sur les revenus financiers des non-résidents. Si on y ajoute que le secret bancaire est toujours bien gardé, on comprendra que les grosses fortunes se sentent bien chez nous.

Les multinationales aussi. Depuis 1982, elles peuvent échapper à l’impôt grâce aux centres de coordination. Faisant office de banque interne pour les filiales du groupe, ces centres paient de l’ordre de... 1 % d’impôt. L’Union européenne a signé leur arrêt de mort pour 2010, mais le gouvernement a déjà sorti la parade : les intérêts notionnels. Une déduction d’intérêt fictif dont peuvent profiter toutes les sociétés, mais en particulier celles qui ont des fonds importants.

Tellement alléchant qu’Euronext (fusion des Bourses de Paris, Amsterdam, Bruxelles, Lisbonne, Porto et Londres) vient de décider de transférer sa trésorerie dans notre pays.

 

1 Economist Intelligence Unit, OCDE, John Christensen et Mark Hampton, cité dans Taxez nous si vous le pouvez, www.taxjustice.net.

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1. Aurigny (Alderney en anglais)*
2. Andorre
3. Belgique
4. Campione (Italie)
5. City de Londres (Royaume-Uni)
6. Chypre (Grèce)
7. Francfort (Allemagne)
8. Gibraltar (Royaume-Uni)
9. Guernesey*
10. Hongrie
11. Islande
12. Dublin (Irlande)
13. Ingouchie (Russie - hors de la carte)
14. Ile de Man*
15. Jersey*
16. Liechtenstein
17. Luxembourg
18. Madère (Portugal – hors de la carte)
19. Malte
20. Monaco
21. Pays-Bas
22. Sark*
23. Suisse
24. Trieste (Italie)
25. Chypre du Nord (Turquie)

* Ces îles sont des dépendances de la couronne britannique, mais ne font pas partie du Royaume Uni. 

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Les multinationales apprécient le climat belge

La Belgique n’est pas qu’un paradis fiscal. Il y a d’autres aspects qui plaisent aux grandes entreprises.

Il n’y a pas un jour sans que l’une ou l’autre organisation patronale belge, flamande ou wallonne se plaigne du manque de compétitivité, des charges des entreprises, des lourdeurs administratives ou de 36 000 autres choses. On comprend qu’elles aient besoin de se plaindre pour en exiger toujours davantage. Mais vu de l’étranger, on constate que les grandes entreprises sont plutôt choyées par l’état belge.

Ainsi, le site internet www.doingbusiness.org compare 175 pays selon dix critères qui déterminent si le climat est favorable aux entreprises. Des critères qui ont trait aux taxes, à la main-d’oeuvre, au droit des affaires, au crédit, à l’import-export, etc. Tous les pays sont cotés sur chacun des dix critères.

Pour comparer ce qui est comparable, nous avons examiné la Belgique par rapport à ses voisins : France, Pays-Bas, Allemagne. Vous savez, ces concurrents vis-à-vis desquels on ne serait pas assez compétitif, prétexte à bloquer nos salaires. Il se fait que la cote globale de la Belgique est meilleure (d’un point de vue patronal) que celle des trois autres. Pour six des dix critères, la Belgique occupe même la première ou deuxième place.

Elle est première, par exemple, pour le critère du travail, le marché belge de l’emploi étant jugé très peu rigide. Si on élargit à l’ensemble de l’Europe, seuls le Royaume-Uni et le Danemark font mieux pour ce critère. À part le « thatchéro-blairisme » du premier et la « flexsecurity » du second (lire notre dossier), les travailleurs belges seraient-ils les mieux exploités ?

L’ambassadeur américain, fan de Didier Reynders

Autre vision extérieure sur la Belgique, celle de l’ambassadeur des états-Unis à Bruxelles, Tom Korologos. Cet ancien homme d’affaires estime que le climat belge s’améliore pour le business. Et de pointer « l’introduction des intérêts notionnels, la signature d’un traité [belgo-américain] pour réduire les doubles impositions... L’industrie pharmaceutique se sent aussi mieux dans sa peau, même si elle pourrait encore être mieux traitée. Le climat pour l’investissement est relativement bon, mais les charges salariales sont trop élevées. »

Lorsqu’on le flatte à propos de l’influence qu’il aurait pour pousser l’état belge à faire des courbettes devant les multinationales, l’ambassadeur se lâche : « Il y a trois jours, j’ai justement organisé un petit-déjeuner d’affaires à ma résidence. Il y a avait des représentants de l’industrie pharmaceutique, de la chambre de commerce américaine, de l’industrie chimique et de bien d’autres grandes entreprises. Ils étaient tous très satisfaits de l’amélioration du climat belge envers les investissements. Maintenant, vous devez savoir que les entreprises américaines ne seront jamais satisfaites tant qu’elles n’auront pas obtenu tout ce qu’elles veulent : les impôts devraient encore quelque peu baisser. Et il faudrait faire quelque chose pour la rigidité du marché de l’emploi 1. »

Vous avez bien lu. Korologos ne confie pas seulement que ses amis et lui-même sont fans du gouvernement Verhofstadt, en particulier des inventions fiscales du ministre Reynders. Il dévoile aussi que plus les patrons en reçoivent, plus ils en veulent. On le devinait déjà, mais sorti de la bouche de l’ambassadeur de Coca-Cola, ça a une autre allure.

1 Mehdi Koocheki, « Interview met VS-Ambassadeur Tom C. Korologos », Kif Kif, 12-2-2007.

20:49 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |