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28/11/2014

Europalia-Turquie et le centenaire du génocide de 1915

 
 
Sent: Friday, November 28, 2014 2:40 PM
 
Subject: Europalia-Turquie et le centenaire du génocide de 1915
 
 
 
Europalia-Turquie et le centenaire du génocide de 1915

Dogan ÖZGÜDEN
 

Les médias belges du 26 novembre 2014 ont fait écho favorable à une conférence de presse tenue à Bruxelles au sujet de Europalia-Turquie qui se tiendra dans la capitale européenne en 2015. La Libre Belgique, par exemple,  a donné l'information sous le titre de "L’édition 2015 du festival Europalia mettra la culture turque à l’honneur".

Quant aux médias turcs, même ceux qui sont contre le pouvoir islamiste actuel, ils applaudissent la tenue de cette conférence de presse en présence du ministre turc de la Culture, Omer Çelik, comme une victoire du lobby turc dans la capitale européenne contre les diasporas anatoliennes qui se préparent à commémorer le centenaire du génocide des Arméniens et Assyriens en 2015.

Pourquoi?

Parce que le ministre turc les aurait pris à contre-pied en disant: “L’Anatolie est le berceau d’innombrables civilisations, un musée à ciel ouvert. Nous voulons faire connaitre la culture anatolienne dans son ensemble, complète et non divisée en compartiments et la culture arménienne en fait partie. Comme les veines d’un seul corps.”

Quelques expositions, peut être quelques représentations musicales seront, selon eux, suffisantes pour montrer au public européen que les veines arménienne, assyrienne, grecque de ce corps sont toujours aussi vivantes que la veine turco-islamique dans la Turquie actuelle.

Qu'en est-il du génocide et de la déportation des millions d'Arméniens, Assyriens et Grecs d'il y a 100 ans?

Pourquoi il n'y a aujourd'hui que quelques dizaines de milliers de descendants de ces peuples autochtones d'Anatolie, peuples qui y existaient déjà avant l'arrivée des Turcs dans "ce berceau d'innombrables civilisations"?

L'Anatolie d'aujourd'hui est-elle vraiment "un musée à ciel ouvert" ou bien "une cimetière à ciel ouvert" d'innombrables civilisations dont les créateurs ont été exterminés ou déportés il y a un siècle.

Qu'en est-il de l'oppression et de l'extermination des peuples kurdes et yézidis? Koçgiri, Seyh Said, Agri, Dersim et Roboski?

Qu'en est-il de la tyrannie sunnite sur la communauté alévie?

Quand s'est élevée lors de la conférence une question à propos du centenaire du génocide de 2015, le président d'Europalia International Jacobs de Hagen a dit qu’il s’agit d’une simple coïncidence de dates et rappelle qu’Europalia se veut “apolitique”.

Apolitique?

Alors que toutes les forces démocratiques du monde se préparent déjà à la commémoration du 100e anniversaire du premier génocide du 20e siècle, les dirigeants néo-ottomans et islamistes de la Turquie persistent toujours dans la négation de ce crime honteux commis par l'Empire ottoman sur les terres qui étaient la mère patrie des Arméniens, Assyriens et Grecs.

Le ministre des affaires étrangères de ce régime, Mevlut Cavusoglu, a déclaré récemment
au Parlement turc qu’il est impossible pour la Turquie de reconnaître le génocide arménien qui est attribué à leurs ancêtres et à la nation turque. (armenews.com, 7 novembre 2014)

D'ailleurs, les dirigeants d'Europalia ne doivent-il pas tenir compte de la situation des droits de l'Homme et de la liberté d'expression dans un pays qui sera choisi comme partenaire du festival? Il suffit de feuilleter les derniers rapports d'ONG internationales commeAmnesty International, Reporters sans frontières, Human Rights Watch, Fédération Européenne des Journalistes et Comité pour la protection des journalistes.

Et les déclarations rétrogrades et
scandaleuses du président de la République? (Le président Erdogan, roi de la polémique, AFP, 27 novembre 2014)

Honorer un tel régime par l'organisation d'Europalia, est-ce vraiment un acte apolitique?

N'oublions pas que la décision du Conseil d'administration d'Europalia International du 23 mai 2013 de consacrer Europalia 2015 à la Turquie avait déjà suscité des réactions comme ce fut le cas en 1995.

En effet, comme souligné par la Libre Belgique du 28 mai 2013, Europalia avait dû interrompre en mars 1995 l’organisation de l’édition 96 consacrée à la Turquie en raison du "manque de respect de la Turquie dans le programme de la diversité culturelle, en ce compris la dimension kurde".

Voir également l'article de Dogan Özgüden intitulé "Europalia '96: festivités de la honte?",
Le Soir, 23 décembre 1994.

Après la nouvelle attribution d'Europalia à la Turquie, le président de la Communauté arménienne de Belgique, Me Michel Mahmourian, avait lancé l'appel suivant:

"Il est évident que le choix de l’année 2015 n’est dû ni au hasard ni à l’initiative de la partie belge. Si inviter la Turquie est déjà en soi discutable – rappelons qu’en 1995 le gouvernement fédéral s’est opposé à l’invitation de la Turquie pour des raisons politiques - nous ne pouvons pas ne pas réagir au choix de l’année 2015.  Réagissons donc, mais pas seuls 2015 sera le centenaire du génocide des Arméniens mais aussi du commencement de l’anéantissement de tous les chrétiens de l’Empire ottoman. L’occasion nous est ainsi donnée de réunir à nous les Grecs et les Assyro-chaldéens, et même de solliciter le soutien d’autres minorités ex-ottomanes soucieuses de se démarquer de la position officielle turque." (http://www.info-turk.be/419.htm#Europalia)

Malgré cet avertissement, les autorités belges persistent d'honorer un régime négationniste sans aucune réserve.
 
Or, elles pouvaient exiger pour la tenue du festival que la Turquie reconnaisse solennellement le génocide de 1915 et s'engage à la réparation de toutes les conséquences de ce crime contre l'humanité.

Ce qui n'a pas été fait par les dirigeantes belges est fait en Turquie par les forces démocratiques malgré tous les risques.

Un dernier exemple:

La députée kurde Sebahat Tuncel du Parti pour une société démocratique (HDP) a soumis au Parlement turc un projet de loi exigeant la reconnaissance du génocide de 1915 ainsi que des massacres commis contre les Kurdes et les Alévis lors de la période républicaine.
 
Tuncel invite le président de la République à présenter des excuses à la tribune du Parlement aux victimes de ces crimes contre l'humanité. Elle exige également que les archives d'Etat turc soient ouvertes, que le 24 avril soit proclamé comme un jour de commémoration et que des dommages moraux et matériels soient indemnisés par l'Etat.
 
Les autorités belges et les dirigeants d'Europalia ne doivent-ils pas faire preuve de courage comme cette femme politique kurde, toujous menacée par des forces réactionnaires, et exiger la reconnaissance du génocide de 1915 par l'Etat turc avant la mise en œuvre du programme du festival?

S'ils se veulent vraiment "apolitique"!


INFO-TURK
53, rue de Pavie
1000 BRUXELLES
Tel: (32-2) 215 35 76
Fax: (32-2) 215 58 60
 
 
 


 

22:00 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

20/11/2014

BELGIQUE: Pourquoi je soutiens la grève

 
 
Sent: Wednesday, November 19, 2014 4:40 PM
Subject: Pourquoi je soutiens la grève
 

19 novembre 2014

 

Pourquoi je soutiens la grève

Foto Peter MertensBonjour,

Lundi 24 novembre prochain, les travailleurs des provinces d’Anvers, du Hainaut, du Limbourg et du Luxembourg seront en grève.

Puéricultrices, artistes, ouvriers portuaires et ouvriers du secteur de la chimie, enseignants et travailleurs sociaux, tous prendront part à l’action. La mobilisation est large et touche toutes les couches de la population. Vous aussi, vous pouvez faire entendre votre voix, aujourd’hui plus que jamais. C’est important pour l’avenir de nos enfants et petits-enfants. Mais aussi parce que l’action paie et qu’il existe une alternative ! Vous trouverez dans notre nouveau dépliant 12 bonnes raisons de soutenir la grève. N’hésitez pas à le distribuer sur votre lieu de travail.

Notre gouvernement refuse l’introduction d’un véritable impôt sur la fortune. Pire, il a mis en place un transfert fiscal inversé. Résultat, GDF-Suez – qui, comme vous le savez certainement, n’est pas en mesure de garantir qu’il n’y aura pas de coupure d’électricité cet hiver – paiera désormais moins d’impôt. Alors que les pensionnés devront payer jusqu’à 1 230 euros d’impôts supplémentaires. C’est le monde à l’envers. J’ai rédigé à ce sujet un article d’opinion.

Ce qui est sûr, c’est que ce gouvernement s’enfonce de plus en plus et que le soutien à la résistance sociale s’amplifie. J’espère donc que, tout comme moi, lundi vous soutiendrez les militants en grève.

Salutations engagées,

Peter Mertens, président du PTB

Soutenir la grève

> 12 bonnes raisons de soutenir la grève.

 

Un mauvais transfert fiscal

> Moins d’impôts pour GDF Suez, plus d’impôts pour les pensionnés.

L'agenda de Bart De Wever

> La stratégie de Bart De Wever & Co pour briser la résistance sociale : suivre l’exemple Thatcher.

 

Studenten Troef

> 1 000 étudiants manifestent à l’occasion de la Journée internationale des Étudiants.

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18:54 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

15/11/2014

Qui avait payé et armé Hitler ?

Qui avait payé et armé Hitler ?

 

http://www.mariosousa.se/quiavaitpayeetarmehitler.html 

http://histoire.skynetblogs.be 

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Une question à laquelle journaux, magazines et livres d´histoires bourgeois touchent très rarement est celle de savoir qui avait financé et armé Hitler. Qui avait financé l´appareil militaire et l´appareil de propagande du parti nazi ? Hitler était caporal pendant la première guerre mondiale et il menait aussi bien avant qu´ après la guerre une vie bohémienne, sans travail permanent.

Comment fut-il possible pour Hitler de mettre sur pied, en quelques années seulement, un grand appareil de propagande et un parti couvrant tout le pays et de rafler le pouvoir en Allemagne ?  Qui était derrière lui ? Qui a financé Hitler ?

 

Savais-tu ?

 

Savais-tu que Fritz Thyssen, l´homme le plus riche d´Allemagne, au capital provenant de l´industrie sidérurgique, était le premier capitaliste qui avait commencé à financer Hitler ? Il avait donné à Hitler cent milles marks d´or en 1923!

 

Savais-tu que l´industrie chimique allemande avait découvert et fabriqué le pétrole, les matières explosives et le caoutchouc artificiel qui rendirent Hitler et l´Allemagne nazie totalement indépendants des produits naturels importés et libres de faire la guerre?

 

Savais-tu que les découvertes de l´industrie chimique allemande avaient été faites avec l´argent en partie emprunté aux Etats-Unis d´Amérique ?

 

Savais-tu que les Nazis avaient perdu 2 millions de voix dans la dernière élection démocratique en Allemagne, le 6 novembre 1932, et que les communistes avaient fait de grands succès électoraux et qu´ils étaient devenus le plus grand parti politique dans la capitale allemande, Berlin ?

 

Savais-tu qu´ après le grand recul des Nazis dans les élections de novembre 1932, 38 des grands capitalistes d´Allemagne écrivirent une pétition au président Hindenburg pour exiger la nomination de Hitler comme chancelier national ?

 

Savais-tu que le grand capital allemand rassembla, dans une réunion secrète, le 20 février 1933, 3 millions de mark pour payer la campagne du chancelier Hitler pour aux élections du 5 mars 1933?

 

Savais-tu que IG Farben, la plus grande entreprise allemande, était le plus gros assistant de Hitler pendant la guerre et que IG Farben vola et s´appropria toutes les usines chimiques dans l´Europe occupée par les Nazis: le groupe autrichien Skoda Werke Wetzler, la plus grande entreprise chimique de la Tchécoslovaquie, Aussiger Verein, les trois fabriques chimiques de la Pologne: Boruta, Wola et Winnica , le groupe chimique de la France, Kuhlmann.

 

Savais-tu que IG Fabern avait, à Auschwitz, deux usines pour la fabrication de l´huile et du caoutchouc synthétique sous le nom de IG Auschwitz, où on utilisait de la main-d´œuvre esclave et que IG Auschwitz avait son propre camp de concentration ?

 

Savais-tu que le roi de la Grande Bretagne, Edward VIII, qui fut obligé d´abdiquer de son trône en 1936, et sa femme américaine, Mme Willis Simpson, étaient nazis ?

 

Savais-tu que les institutions financières des Etats-Unis d´Amérique comme Chase National Bank et National City Bank of  New York, avaient continué d´investir dans l´industrie d´armement allemande après l´arrivée de Hitler au pouvoir et pendant la deuxième guerre mondiale ?

 

Savais-tu que la plus grande entreprise des USA pendant la deuxième guerre mondiale avait ses propres usines de fabrication du matériel de guerre en Allemagne nazie et dans les pays occupés Par example: ITT, Ford, General Motors, Standard Oil of New Jersey, etc.

 

Savais-tu que la plus grande partie de ce matériel de guerre était envoyé au front de l´est contre l´Union soviétique mais qu´il fut aussi utilisé dans la guerre contre les troupes de leur propre pays, les USA ?

 

Savais-tu que l´aide militaire de ces entreprises des Etats-Unis à l´Allemagne nazie était peut-être plus grande que la contrepartie des ventes des Etats-Unis à l´Union soviétique ? 

Tout avait commencé avec Fritz Thyssen:

 

Fritz Thyssen, le plus grand industriel de la sidérurgie  allemande de l´époque, donna une série d´interviews aux éditeurs connus, Emery Reves et César Saerchinger, lesquelles donnèrent lieu à un livre sous le titre : « I Paid Hitler » (J´ai financé Hitler ).  Le titre du livre est une reconnaissance du rôle de Thyssen dans l´Allemagne nazie, mais le livre n´est pourtant qu´une partie de la vérité. Thyssen, qui était l´homme le plus riche d´Allemagne, raconte avoir donné des grandes contributions au Parti nazi.  De son père August Thyssen, Fritz Thyssen avait hérité une aciérie et des industries des métaux dans la région de Ruhr, et les  avait transformées en un empire. Fritz Thyssen avait, au début du 19e siècle, une position dominante dans la vie industrielle et financière allemande et une grande influence dans plusieurs pays en Europe. Fritz Thyssen devint actif dans la vie politique après la première guerre mondiale. Il n´accepta jamais les sanctions économiques de les accords de paix de Versailles contre l´Allemagne vaincue et organisa entre autres la résistance passive contre l´occupation française de la Ruhr.

Fritz Thyssen chercha, après cela, un nouveau leader pour l´Allemagne. Thyssen voulait avoir quelqu´un qui pouvait contribuer au « rétablissement de l´Allemagne en faisant de nouveau naître une volonté nationale et en présentant un programme social moderne »Et Fritz Thyssen d´ajouter : « dans un pays qui, à un moment, avait sept millions de chômeurs, il était nécessaire de détourner les pensées des masses des fausses belles promesses du socialisme radical. Car ces extrémistes avaient commencé à prendre le dessus pendant la dépression économique, tout comme ils avaient été près de gagner pendant la période révolutionnaire qui avait suivi l´effondrement de 1918 ».

Le choix de Thyssen devint Adolphe Hitler. Hitler avait comme premier objectif de combattre les communistes et le mouvement syndical et d´interdire ces organisations. De plus, Hitler voulait que l´Allemagne puisse conquérir le rôle de leader dans les domaines militaire et industriel en Europe. Comme indication dans ce sens, Hitler avait voulu expulser tous les Juifs qui, selon lui, s´occupaient de la conspiration de dominer le monde et de dompter l´Allemagne. La richesse de Fritz Thyssen et son aide politique étaient ce qui, à l´origine du nazisme, avait donné à Adolphe Hitler, une base économique stable et des contacts précieux avec le grand capital allemand.

L´histoire politique d´Hitler commença après la première guerre mondiale. Pendant la guerre, Hitler était planton et caporal. A la fin de la guerre, il prit un emploi dans l´armée du district de Munich comme espion de la Défense nationale allemande, ce qui restait de l´armée allemande après la défaite. La tâche  d´ Hitler était d´espionner la gauche et le mouvement syndical. La première mission d´ Hitler était de reprendre, en 1919, le contrôle du petit parti de droite, le Parti allemand du travail, Deusche Arbeitepartei. Dans les réunions du parti, Hitler excitait grossièrement contre les communistes, les socialistes, les syndicalistes et les Juifs. C´était un démagogue exceptionnel qui connaissait l´art d´exciter le public. Il attira vers le parti, les anciens militaires de profession, les officiers et les sous-officiers, ce qui donna au parti un profil militaire.

Hitler prit vite le leadership du parti. Il changea le nom du parti en Parti national socialiste allemand du travail – NSDAP, et adopta un programme qui comprenait des principes nationalistes extrémistes et une forte idéologie antisocialiste, et antisémite. Les années suivantes furent caractérisées par un chômage massif et une grande agitation sociale. La propagande haineuse d´Hitler lui attira des partisans et le parti grandit. La confrontation avec les communistes et les socialistes qui était l´un des objectifs du parti, était toujours l´une des priorités à l´ordre du jour. Hitler donna à Ernst Röhm, un vieil officier, la mission d´organiser l´armée privée du parti, Sturmabteilung, SA, (le département d´assaut), que les Nazis utilisaient dans les attaques contre les réunions et les locaux des communistes.

L´Allemagne après la première guerre mondiale

La situation politique était très tendue et très confuse en Allemagne après la première guerre mondiale. Certains territoires/états fédérés étaient dominés par des gouvernements de gauche  (La Saxe, Thüringen, ainsi qu´une partie de la région du Rhin), d´autres par la droite (le Bayern). Un combat permanent entre la gauche et la droite était en cours dans tout le pays. De fois, les états fédérés de gauche étaient attaqués par des groupes de droite dans le but de démettre les gouvernements fédérés régionaux. Les situations révolutionnaires au sein de la classe ouvrière allemande ne manquaient pas. Les travailleurs voulaient le socialisme, les bourgeois défendaient l´ancienne classe des privilégiés. Les capitalistes finançaient la création des légions pour les utiliser contre les tentatives des travailleurs à la révolte et l´organisation. Les légions étaient constituées des anciens officiers qui s´étaient battus pendant la première guerre mondiale et qui pendant ce temps étaient des chômeurs. Ces légions étaient amenées dans tout le pays, elles attaquaient sauvagement toutes les réunions de gauche et les tentatives des travailleurs à s´organiser et terrorisaient toute la population ouvrière d´Allemagne.

Le magnat de l´industrie Fritz Thyssen faisait partie de ce mouvement contre la classe ouvrière. Thyssen voulait contribuer à casser le mouvement ouvrier allemand. Thyssen avait peu des contacts dans les milieux politiques. Dans ses mémoires, il raconte qu´il a cherché conseil chez un ami, le général Erich Ludendorff, à Munich. Le général Ludendorff était un ancien prussien, un bon ami du maréchal Paul Von Hindenburg, chef d´état-major des forces allemandes pendant la première guerre mondiale. Ludendorff était de ceux qui, pendant la guerre, avaient été nommés pour sauver l´Allemagne. Comme ancien ami du grand capital allemand, le général Ludendorff jouissait d´un grand prestige dans la haute classe allemande et était l´un des premiers représentants des soit disant patriotes  des légions qui poursuivaient et pourchassaient les ouvriers.

Ludendorff était payé par le capital industriel. Selon Thyssen, il avait « sollicité et obtenu l´aide de plusieurs leaders industriels, surtout de Minnoux du groupe Stinnes ».  Il savait où l´argent devait être utilisé pour mieux anéantir la révolte ouvrière.  « Il n´y a qu´un espoir » disait Ludendorff à Thyssen. C´était « les Légions Oberland, et avant tout, le Parti national socialiste d´Hitler. Toutes ces unités étaient composées  des jeunes hommes et des vétérans de la guerre, qui étaient résolument décidés à combattre le socialisme comme la racine et l´origine de toute la situation de déliquescence. Ludendorff admirait énormément Hitler». « Il est le seul  homme qui a quelque intelligence politique».

Fritz Thyssen suivit les conseils de Ludendorff.  Il participa comme spectateur à une réunion publique où Hitler parlait et où il trouva ce qu´il cherchait. « C´était en ce moment-là que je me rendis compte de son talent oratoire et sa capacité à conduire les masses ». Mais ce qui m´impressionna le plus, c´était  l´ordre qui régnait dans ses réunions, la discipline presque militaire de ses partisans », écrivit-il.

Le capital industriel finance Hitler

Le Parti nazi d´Hitler voulait devenir le plus grand parti de la droite. Mais Hitler manquait de l´argent. Il était difficile de réaliser le projet politique des Nazis sans des grandes contributions et même de payer la canaille qui était prête à s´habiller sous l´uniforme de S.A. Thyssen et Hitler se retrouvèrent. Ils se rencontrèrent pour la première fois à la fin octobre 1923. La première contribution de Thyssen au Parti nazi fut « cent milles mark en or ». C´était le moment.  Hitler et Ludendorff  étaient justement entrain de préparer un coup d´État à Munich et l´argent fut donc bien utilisé.  Avec l´aide des pas des bottes des légions libres dans des grandes manifestations, les Nazis allaient prendre le siège du gouvernement, faire tomber le gouvernement fédéré et placer Hitler au pouvoir. Hitler avait, révolver à la main, obligé le commissaire général de Bayern de donner son accord pour la manifestation, et le train de la manifestation se déploya à travers les rues de Munich le 9 novembre 1923 avec Hitler et Ludendorff au premier rang.

Mais le coup d´État d´Hitler eut une fin piteuse. L´armée n´était pas d´accord de faire le coup d´État. Les soldats avaient attendu dans un coin de rue et avait ouvert le feu. Certains moururent, d´autres s´enfuirent, Hitler aussi. Hitler fut arrêté quelques jours plus tard, et condamné à cinq ans de prison, mais il fut amnistié après six mois. Hitler menait une vie privilégiée en prison. Ses sympathisants parmi les officiers avaient tout arrangé. Pendant son séjour en prison, Hitler avait commencé à écrire son livre « Mein kampf », mon combat, dans lequel il développait son programme politique. Ce fut un manuel de propagande haineuse contre le communisme et les Juifs. La démagogie est le guide qui va attirer le lecteur inconscient dans un raisonnement aux postulats nationalistes extrêmes qui, en vérité, n´avaient pas de soutien dans la réalité.  L´idée de base du livre peut être résumée dans une courte citation : « Nous devons considérer le bolchévisme russe comme une tentative de la part du judaïsme, de s´arroger le leadership du monde au vingtième siècle ».

Les Nazis se renforcèrent donc parmi les petits bourgeois allemands et la classe moyenne allemande sur les traces de la crise économique  et avec l´argent provenant de la sidérurgie. En 1924, six mois après le coup d´État manqué, les Nazis firent une percée aux élections parlementaires avec 2 millions de voix et 32 sièges. Mais le bonheur ne dura pas cette fois. Lors des prochaines élections législatives tenues au cours de la même année, la côte des Nazis diminua de moitié, ils eurent 0,9 millions des voix. La marche à reculons allait continuer les années suivantes. Aux élections législatives de 1928, les Nazis eurent 0,8 millions des voix. Le parti nazi était pendant ces années, un petit groupe d´extrême droite sans influence dans la société. Au même moment, la gauche consolida ses forces. Les socio-démocrates du SPD eurent 1,9 millions des voix dans les mêmes élections et les communistes du KPD, un parti de 120 000 membres, eurent 3,3 millions des voix. La droite traditionnelle était représentée par le Centre obtint 4,7 millions des voix, le Parti national DNVP, 4,4 millions et un certain nombre de petits partis. Malgré cela, les élections de l´année 1928 furent les dernières élections où le Parti nazi d´Hitler était considéré comme l´un des plus petits partis du parlement.

En dehors d´Hitler et des capitalistes de la sidérurgie, beaucoup d´autres gens étaient intéressées à prendre la revanche de la première guerre mondiale qu´ils avaient perdue et d´amener l´Allemagne à reprendre le leadership comme la nation la plus industrialisée, et le pouvoir économique en Europe. La puissante industrie chimique allemande travaillait depuis longtemps pour une nouvelle conquête allemande des marchés européens et du monde et pour un réarmement militaire qui, les armes à la main, pouvaient garantir leurs ambitions. En réalité, l´industrie chimique allemande avait travaillé dans cette direction depuis la défaite de 1918 !

L´inflation rend le mark allemand sans valeur

Il avait été décidé, dans les négociations de Versailles de 1919, que l´Allemagne devrait payer des dommages de guerre pour compenser toutes les destructions que l´armée allemande avait causées aux populations civiles dans les pays que l´Allemagne avait envahis. Une commission de réparation, nommée par les pays alliés, allait décider, le 1er mai 1921, la somme à payer pendant au moins trente ans. L´Allemagne allait payer, avant le 1er mai, la somme de 1 milliard de Livres Sterling. La somme devrait être payée en plus grande partie, en marchandises, principalement en houille (charbon).

À la fin du mois d´avril 1921, la commission de réparation des alliés fixa la valeur des dommages et intérêts allemands à 6,6 milliards de Livres Sterling, une somme que l´Allemagne pouvait très difficilement payer. Ceci allait faire de l´industrie allemande une partie de l´appareil de production de la France et de la Grande Bretagne pendant une longue période à venir.  Devant l´occupation de la Ruhr, où 80% de l´industrie  du charbon et de la sidérurgie se trouvait, le gouvernement allemand accepta pourtant, le 11 mai 1921, l´exigence des alliés. A la fin du mois d´août, l´Allemagne avait payé 50 millions de Livres Sterling comme tranche du milliard qui devrait immédiatement être payé. Men l´économie allemande avait, en ce temps-là, déjà commencé à s´essouffler.

Au milieu de l´année 1920, le mark allemand tomba du taux normal de 20 mark pour une Livres Sterling, à 250 mark. Ceci était considéré comme une dépression qui allait être rétablie. Mais une année plus tard, lorsqu´en 1921, l´Allemagne avait besoin d´emprunter la monnaie étrangère pour commencer à payer les dommages de guerre, la valeur du  mark allemand commença à se détériorer de manière dramatique. En novembre 1921, c´était déjà 1000 mark pour une livre. Le mark allemand continua de perdre de la valeur pendant l´été 1922, mais cette fois avec une grande rapidité.

Les événements politiques du début de 1923 accélèrent davantage la chute du mark. En janvier, les troupes belges et françaises entrèrent et occupèrent la région allemande de la Ruhr.  La justification de cette occupation avait été que ces pays n´avaient pas reçu leur tranche de payement aux titres des dommages de guerre. L´occupation de la Ruhr déclencha une grande crise politique. Le gouvernement allemand déclara la résistance pacifique et interdit toute collaboration avec le pouvoir d´occupation. Ceci conduisit la France, en guise de réaction, à interdire tous les contacts entre la partie occupée et le reste de l´Allemagne. Personne ne pouvait entrer ni sortir de la Ruhr, centre de la grande production de l´Allemagne. La Ruhr arrêta de fonctionner et à travers elle, la vie économique de toute l´Allemagne. L´économie allemande fut très rapidement ruinée.

Au moment de l´occupation de la Ruhr, le mark allemand était descendu jusqu´à 35 000 marks par Livre Sterling et elle était tombée jusqu´à un niveau totalement impensable au courant de l´été. Les salaires étaient payés en des montagnes des billets désormais de plus en plus sans valeur qui devaient immédiatement être utilisés dans l´achat des produits alimentaires. L´image la plus connue est celle d´un travailleur allemand transportant son salaire hebdomadaire dans une brouette wagon. L´inflation continua pendant toute l´année avec une très grande vitesse et en 1923, le mark allemand valait le 1/500 milliardième de sa valeur de 1918 !  Une livre britannique valait alors 50 milliard de  mark allemand. Il y avait 93 trillions de mark allemand en circulation ! Le salaire hebdomadaire d´un travailleur suffisait à peine à acheter un repas. Au même moment, la classe moyenne allemande fut ruinée lorsque l´argent de l´épargne disparut dans l´explosion de l´inflation. Cette classe moyenne ruinée allait devenir le pilier du  nazisme allemand.

L´aide économique au revanchisme allemand:

Le grand capital allemand spéculait sérieusement dans les affaires monétaires à grands bénéfices. On achetait de grandes quantités de monnaies étrangères avec de l´argent emprunté à la Banque Centrale allemande, ce qui avait comme conséquence, une inflation élevée et une valeur élevée de la monnaie étrangère vis-à-vis du mark allemand. L´emprunt pouvait par la suite être remboursé avec une moindre partie de la monnaie étrangère achetée lorsqu´elle était à nouveau changée en mark.

L´inflation était aussi bonne pour ceux qui possédaient les grandes usines. La production des marchandises était payée dans une monnaie sans valeur et les marchandises pouvaient être vendues à l´étranger dans le but d´obtenir la monnaie étrangère. Les bénéfices étaient très grands. Le marché des exportations allemandes fut vite rétabli. Les dettes et impôts qui, en Allemagne, étaient toujours maintenus dans leurs anciennes valeurs monétaires, pouvaient être avec presque rien. L´industrie allemande fut de cette manière renforcée par l´inflation catastrophique.  Mais n´oublions pas que quelqu´un en paya le prix ! Le niveau de vie de la classe ouvrière allemande fut ruiné, tout comme la classe moyenne vit ses épargnes devenir sans valeur.

La faillite de l´économie avait au même moment rendu impossible le payement de quelques dommages de guerre. Ceci était une forte raison pour laquelle le gouvernement allemand avait laissé l´économie tomber en ruines. Une monnaie sans valeur était un bon argument contre l´exigence de payement. M. Philip Dawson, alors membre du parlement britannique et un des observateurs officiels en Allemagne, écrivit en 1925 : « Après beaucoup d´entretien avec les grands magnats financiers, industriels et agricoles dans tous les grands centres d´habitation allemands, il n´existe aucun doute au fait que tout ceci avait été un effort calculé, coordonné, pour ruiner la crédibilité du pays et se rassurer de ne pas payer les dommages de guerre. ».

Mêmes les alliés, Etats-Unis, Grande Bretagne, France et Belgique, l´avaient compris. Un changement radical était nécessaire. Un comité d´experts commun fut mis en place pour mettre en marche l´économie allemande de manière professionnelle. Et bien entendu, pour amener l´Allemagne à commencer à payer les dommages de guerre. Le président de ce comité fut le général américain Dawes. Le comité reçut l´appellation de « Comité Dawes » et eut sa première réunion à Paris en 1924. La première proposition du Comité Dawes fut de créer une monnaie allemande avec laquelle on pouvait travailler. 

La monnaie allemande avait totalement perdu sa valeur à la fin de 1923. Les valeurs économiques  allemandes se trouvaient rassemblées chez quelques très solides groupes économiques des propriétaires des industries, des mines et des forêts. Le gouvernement allemand voulait rétablir le mark à une valeur stable. Le gouvernement créa un nouveau mark sous le nom de Rentenmark avec la même parité que le mark avait vis-à-vis de la Livre Sterling avant le début de l´inflation, soit 20 mark pour une Livre sterling. Mais le Rentemark n´avait pas suffisamment de support en or et en monnaie étrangère, et était par conséquent une monnaie moins sûre.

Le Comité Dawes proposa alors une nouvelle monnaie du nom de Reichmark avec la même valeur vis-à-vis de la Livre Sterling, 20 pour 1, mais sous le contrôle des alliés à travers une Banque d´Emission indépendante du gouvernement allemand. L´Allemagne allait alors avoir un prêt de 40 millions de Livres de réserves monétaires mais aussi comme aide pour payer la première tranche des dommages de guerre sur les 50 millions annuels en conformité du Plan Dawes. La sécurité du prêt était constituée des obligations dans les chemins de fer et les industries allemandes ainsi que des impôts sur l´alcool, le tabac et le sucre.  Lorsque le Reichmark de Dawes fut adopté, l´inflation allemande prit fin. Le prêt allemand fut vite investi chez les alliés où il existait un grand intérêt  parmi les prêteurs.

Le Plan Dawes avait l´avantage de mettre en ordre la question du payement des dommages de guerre. Mais avec l´augmentation du standard économique qui suivit l´application du Plan Dawes, l´obligation de payement se renforça. Ce qui rendit l´épargne publique impossible. Mais le prêt contenu dans le Plan Dawes avait un côté inattendu. Il déclencha une interminable fièvre d´emprunt jamais observée, surtout aux Etats-Unis et en Grande Bretagne.

Toutes les communes importantes, les institutions et les grandes entreprises allemandes en grande partie, prirent de plus en plus de grands prêts ou des crédits.  Cet afflux de capital donna lieu à un accès à beaucoup de monnaies étrangères et causa, en 1925, une relance dans l´économie allemande. Les exportations allemandes augmentèrent de manière significative à partir de cette année. Au point qu´en 1927, elles atteignirent le niveau déjà atteint en 1913 (calculé aux prix de 1913). Ce développement donna à l´Allemagne, la possibilité de rembourser le prêt Dawes sans avoir besoin de faire des efforts ou d´utiliser ses propres moyens. En réalité, l´Allemagne a payé des dettes aux alliés avec de l´argent provenant des prêts pris aux Etats-Unis. Ca fonctionna bien aussi longtemps que les prêts provenant des Etats-Unis continuaient à affluer en Allemagne.

L´afflux du capital étranger en Allemagne pendant les années 1924-1929 est évalué à 15 milliards de mark en investissements à long terme et à 6 milliards d´investissements à court terme. Les investissements des Etats-Unis comptaient pour 70% de l´ensemble des prêts à long terme. Ceci conduisit à un renforcement significatif  du potentiel économique allemand, spécialement pour l´industrie de réarmement. Les industriels se trouvant derrière la plus grande partie des prêts allemands étaient des magnats industriels des maisons financières Du Pont, Morgan, Rockefeller, Lamont et d´autres monopoles des Etats-Unis.

L´industrie allemande de l´équipement tournait à plein régime. Le revanchisme, au sein du grand capital allemand qui voulait reconquérir une position de leadership économique et militaire en Europe et dans le monde, avait un avenir clair devant soi. Pour commencer la guerre, l´on doit avoir beaucoup de minerais de fer pour les armes, du pétrole comme combustible, du caoutchouc pour les pneus et le nitrate pour les matières explosives. Toutes ces industries eurent un coup de pousse de la part des prêts étrangers. Des nouveaux investissements modernisèrent les industries de fer et la sidérurgie et augmentèrent considérablement la capacité de production. En ce qui concerne le pétrole et le caoutchouc, produits que l´Allemagne était obligé d´importer, les investissements de l´industrie chimique furent déterminants.

Dans une percée mondiale unique, l´industrie allemande découvrit de nouvelles matières synthétiques, des matières artificielles qui pouvaient être utilisées en lieu et place des matières premières importées et des produits naturels. L´Allemagne se rendit libre et indépendante de toute importation ! L´évolution de la situation allait montrer que l´industrie chimique allemande et ses leaders importants joueraient un rôle décisif dans les événements tragiques des années 1930-1940 dans le monde.

Les prêts accordés à l´Allemagne en conformité du Plan Dawes étaient la pièce maîtresse nécessaire pour commencer une nouvelle grande guerre. La suppression du Plan Dawes pour le payement des dommages de guerre et l´avènement du Plan Young pour le payement des dommages au cours des années 1929-1930, devinrent, comme nous allons le voir, le début d´une vague nationaliste qui ouvrit le chemin à la prise du pouvoir par les Nazis, en Allemagne, trois ans plus tard. L´industrie allemande d´armement était alors assez suffisamment forte pour que l´Allemagne commence une nouvelle fois à défier les alliés.

L´industrie chimique Allemande:

Des matières synthétiques colorées au gaz toxique, à la poudre et à la main-d´oeuvre esclave:

L´industrie chimique allemande a derrière elle une histoire unique de grandes découvertes. Le tout avait en fait commencé en Grande Bretagne avec la découverte des matières synthétiques en couleur. Jusqu´au milieu du 18è siècle, toutes les couleurs qui étaient utilisées dans la fabrication des textiles, dans la peinture, etc., étaient provenaient des plantes et des animaux. Aucune couleur artificielle, synthétique, n´était alors connue. Mais un jeune étudiant en chimie produisit, au milieu du 18è siècle, en Grande Bretagne, la première couleur synthétique, à partir du goudron de la houille. Cette découverte de premier rang mondial n´eût cependant aucun succès commercial en Grande Bretagne. Les matières synthétiques en couleur ne pouvaient pas prendre le dessus sur les matières traditionnelles sur le marché.  Mais les chercheurs allemands qui travaillaient en Grande Bretagne amenèrent ces connaissances en Allemagne où les plusieurs matières synthétiques colorées continuèrent à être découvertes.  Avec une organisation industrielle et commerciale moderne en Allemagne, ces matières synthétiques eurent un grand succès commercial. Au point qu´au début du 19è siècle, six entreprises allemandes dominaient la production mondiale et la distribution des matières synthétiques (BASF, Bayer, Hoechst,Agfa, Casella, Kalle). Ce succès contribua  par ailleurs à une série des découvertes d´autres produits chimiques (aspirine, héroïne, méthadone, le sulfate, atabrin) difficiles à pensé lorsque l´on fait la recherche sur les matières colorées.

La recherche sur les matières synthétiques devint une porte d´entrée à chimie de plus en plus avancée. Les entreprisses allemandes travaillant dans l´industrie chimique commencèrent alors un processus de rapprochement et de fusion afin de mettre fin à la concurrence entre elles et de pouvoir exploiter de manière avantageuse le marché mondial. Il se créa des cartels pour les prix communs et le commerce. Six grandes entreprises allemandes créèrent, au début du 19e siècle, deux cartels (Bayer, Agfa et Hoechst, Casella, Kalle) du nom de Interessen Gemeinschaft (communauté d´intérêts). La formation du cartel était même importante pour rassembler les grandes ressources économiques nécessaires pour des nouveaux projets.

BASF initia un projet de recherche très couteux pour essayer de produire de l´azote synthétique. Cette matière dont 78% sont composés de l´air que nous respirons, est très importante comme engrais chimique destiné à l´agriculture. Mais l´azote, sous la forme naturelle qu´on pouvait traiter, se trouvait seulement dans les grands gisements de nitrate et de salpêtre au Chili. Tous les pays qui voulaient utiliser les engrais dans leur agriculture devait importer les salpêtres du Chili là où ceux qui possédaient les mines, se sentaient libres d´augmenter les prix comme ils l´entendaient. Cette situation changea radicalement en 1909. BASF réussit à produire l´azote synthétique dans un laboratoire. Le chercheur Fritz Haber chauffa l´azote de l´air et l´hydrogène (vätgas) sous une très haute pression et obtint un produit traitable, l´ammoniac. Un jeune ingénieur, Carl Bosch, reçut par après la mission de monter une usine à Oppau pour une production industrielle. Achevée en 1923, l´usine commença à produire massivement de l´ammoniac. Le monopole du Chili fut cassé (Bosch reçut le prix Nobel en 1923).

Il y a un autre aspect important sur la question de l´azote synthétique. Les salpêtres étaient une matière importante dans la fabrication de la poudre! Aussi, la plupart des pays du monde importaient les salpêtres du Chili pour la fabrication de la poudre et les armées de tous ces pays étaient dépendantes des salpêtres du Chili pour la fabrication des matières explosives ! L´Allemagne eut donc la possibilité unique de se débarrasser de cette dépendance. Théoriquement, on pouvait obtenir l´acide de salpêtre en oxydant l´ammoniac. Carl Bosch était conscient de cela. Il avait aussi eu de petites quantités de salpêtre au cours des expérimentations dans l´usine d´Oppau. Mais on ne put avoir plus que cela. Les autorités militaires allemandes ne comprirent pas l´importance de la découverte de Bosch et continuèrent à importer les salpêtres du Chili.

La situation resta ainsi jusqu´à la première guerre mondiale. Lorsqu´au début de 1915 les militaires allemands découvrirent qu´ils avaient commencé la guerre sans avoir suffisamment de salpêtres pour fabriquer les matières explosives pour une longue guerre. Ils avaient suivi la philosophie de la guerre utilisée lors de la guerre  de 1871 contre la France, celle d´une attaque de grande envergure et d´une guerre éclaire. Mais il n´en fût pas ainsi cette fois-ci. Ce fut une longue guerre. La flotte britannique avait mis l´Allemagne en blocus et aucune marchandise importée n´arrivait en Allemagne. Et plus important encore, aucun salpêtre ne venait du Chili. Le manque de salpêtres devint une menace très sérieuse pour l´armé allemande. Les matières explosives allaient se terminer dans quelques mois et la guerre allait être perdue pour les Allemands. Il faut dire ici que le niveau d´intelligence n´était pas non plus élevé de l´autre côté du front. Le commandement de la guerre des alliés ne découvrit jamais le problème du manque de salpêtres de l´Allemagne…

L´industrie chimique allemande avait prévenu les militaires de ce développement, mais personne ne s´en était souciée. L´armée était sûre d´une victoire rapide. Lorsque la vérité sur le manque de salpêtres sauta aux yeux des dirigeants de l´armée, la panique se répandit. La direction de l´armée convoqua une réunion avec les dirigeants de l´industrie chimique et accepta toutes leurs conditions. Entre autres, une nouvelle usine de fabrication de l´acide de salpêtres devait être construite. Une telle fabrication industrielle n´avait pas jamais été faite auparavant. Ca allait devenir une grande expérimentation  industrielle. Il fallait beaucoup d´argent et beaucoup de travail d´ingénierie. L´industrie chimique allemande reçut les contrats avantageux qu´elle exigeait du gouvernement allemand et l´ingénieur Carl Bosch reçut la mission de transformer l´ammoniac en acide de salpêtre à grande échelle. Le destin de l´Allemagne logeait dans les mains de Bosch. Les chimistes découvrirent, grâce à un grand effort, le processus de fabrication en masse de l´acide de salpêtre.

Mais ceci prit du temps. Il fallait au même moment stopper la France. La solution fut la guerre toxique. L´utilisation des poisons dans la guerre était interdite depuis  la Convention de la Haie de 1907. L´Allemagne ne prit en pas cela en considération. L´industrie allemande de la couleur, Bayer et BASF pouvaient fabriquer les poisons nécessaires et en reçurent l´autorisation. La première attaque toxique eut lieu le 22 avril 1915. Elle causa une tuerie horrible dans les rangs français qui n´y étaient pas du tout préparés. La France fut obligée d´aller à la défensive. La guerre s´arrêta et les Allemands eurent le temps dont ils avaient besoin pour la fabrication de l´acide de salpêtre.

Quelques semaines plus tard, Bosch réussit, en 1915, la fabrication en masse des nitrates synthétique dans l´usine d´Oppau. Les militaires allemands ne furent plus jamais dépendants des salpêtres du Chili. S´il ne s´agissait que de la question d´accès à la poudre, la guerre pouvait continuer infiniment. Une nouvelle usine fut construite à Leuna en Allemagne du Centre. La guerre procure du profit. La production des usines d´Oppau et de Leuna procura de très importants bénéfices aux actionnaires. En réalité, des bénéfices de l´ordre de 25% sur le capital investi pendant le reste de la période de guerre ! La production de l´acide des salpêtres sauva l´Allemagne d´une défaite rapide. La guerre continua pendant trois and de plus. Les industries chimiques allemandes continuèrent à s´approcher les unes des autres pendant ce temps afin de pouvoir défendre leur position de monopole sur certains produits. En 1916, huit entreprises chimiques allemandes fusionnèrent  (BASFT, Bayer, Hoechst, Kalle, Casella, Agfa, Ter Meer, Greisham) et formèrent Interessen Gemeinshaft der Deutschen Terfarbenindustrie (Communauté d´intérêts de l´industrie allemande de la couleur). Le groupe fut connu sous le nom d´IG-entreprises.

La guerre alla mal pour les Allemands mais bien pour les industries chimiques.  La guerre exigea beaucoup de quantités de poudre, un profit énorme pour l´industrie chimique. Il y avait cependant un problème. Pour produire la poudre, il faut des travailleurs; pas de profit sans travailleur. La force de travail ne suffisait pas ; beaucoup des travailleurs étaient à la guerre. Bien plus, les salaires des travailleurs augmentèrent. Le président des IG-Entreprises, Carl Duisbourg, s´en plaignit auprès du gouvernement allemand. Duisbourg exigea du gouvernement « d´ouvrir le réservoir de la classe des travailleurs belges ». En d´autres mots, Duisbourg voulait que le gouvernement força les travailleurs de la Belgique occupée de venir en Allemagne travailler dans les usines allemandes comme main d´œuvre esclave. Le gouvernement allemand accepta les exigences de Duisbourg. L´armée allemande commença alors une importation très brutale des travailleurs belges.

Les soldats allemands menaient des raids contre les maisons, les places publiques, et les marchés. Plus de 66 000 belges furent amenés de force vers l´Allemagne et utilisés comme main d´œuvre esclave dans les IG-entreprises. Mais une fois en Allemagne et bien que menacés et punis, personne n´amena les travailleurs belges à travailler. Le projet fut abandonné après quelques mois et les Belges furent renvoyés chez-eux. C´était la première fois que les IG-entreprises avaient exigé d´utiliser de la main d´œuvre esclave. Elles purent fonctionner en grande partie avec de la main d´œuvre esclave plus tard pendant la deuxième guerre mondiale dans les usines les camps de concentration où beaucoup de gens payèrent de leurs vies les bénéfices énormes des IG-entreprises.

Les IG-entreprises s´adaptent à la paix:

Malgré les nouvelles découvertes, la première guerre mondiale n´alla pas bien pour l´Allemagne. Le manque des matières premières et de la nourriture était criante pour l´Allemagne.  Le pétrole commença à prendre fin lorsque la Roumanie rejoignit les alliés en août 1916. Le caoutchouc également, à cause du blocus britannique. L´industrie chimique travaillait à plein régime pour trouver des produits de substitution au pétrole et au caoutchouc. C´étaient les nouveaux challenges qui allaient rendre l´Allemagne indépendantes de toute importation des matières premières nécessaires pour conduire la guerre et donner aux IG-entreprises davantage de bénéfices. Mais les IG-entreprises ne réussirent pas dans cette tâche avant que la guerre ne fût perdue par l´Allemagne. Un remplacement du caoutchouc fut découvert et produit mais il avait était impossible de l´utiliser dans la fabrication des pneus.

Lorsque l´interdiction sur les armes (vapenstilleståndet ??) arriva, le 11 novembre 1918, les IG- entreprises s´adaptèrent à la situation et se fixèrent pour objectif de survivre. Les accusations sur la guerre de gaz furent sérieuses. Les alliés voulaient amener les responsables devant la justice et avoir connaissance des procédés secrets de fabrication des gazes toxiques, des matières explosives, des matières colorées et des nitrates. Les IG-entreprises s´opposèrent à ceci déclarant que ca allait porter atteinte à leurs chances de s´affirmer dans le commerce comme entreprises après la fin de la guerre. L´argument peut paraître étrange dans une situation de défaite lorsque l´on a causé autant de souffrances.  Mais c´est un point de vue accepté en économie capitaliste. Les exigences les plus dures vinrent de la part de ceux qui étaient les plus touchés, la France.  La France voulait seulement que toutes les usines d´armement allemandes fussent détruites, même les usines de production des couleurs et des nitrates. Ca allait sonner la fin des IG-entreprises. Mais il n´en fût pas ainsi. Les IG-entreprises avaient pu se créer, grâce à la ruse et à la corruption, une place dans les discussions et les délibérations. Même avec la France.

Lorsque le négociateur des IG-entreprises, Carl Bosch, quitta Versailles en 1919, l´on était tombé d´accord de garder la plus grande partie des secrets et toutes leurs usines. On avait pu acheter la France en partageant avec elle la connaissance et la technique sur la fabrication des couleurs. L´entreprise française, Compagnie Nationale, reçut les secrets de fabrication des IG-entreprises contre 50% des bénéfices nets pendant 45 ans. La connaissance sur la fabrication des couleurs se répandit. La grande entreprise DuPont avait, pendant la guerre, pris le contrôle des usines des usines des couleurs des IG-entreprises aux Etats-Unis. En achetant plusieurs ingénieurs allemands appartenant aux IG-entreprises, même DuPont avait appris à fabriquer les couleurs.

La concurrence internationale sur le marché des couleurs devint un fait quelques années plus tard. La domination des IG-entreprises dans la fabrication des nitrates allait elle aussi petit à petit prendre fin. L´idée d´une collaboration internationale accrue en matière de vente, commença alors à se développer au sein des IG-entreprises. Les huit entreprises étaient toutes positives sur ce sujet. Mais Carl Bosch avait des projets encore plus grands. Il proposa plutôt en 1942 d´unir toutes les IG-entreprises en un seul groupe et de cette façon, de rassembler toutes leurs activités et toutes leurs finances dans une même grande entreprise. Celle-ci allait devenir une entreprise énormément puissante. La proposition de Bosch fut acceptée par les sept autres entreprises et les IG-entreprises s´unirent en décembre 1925 en une seule entreprise du nom de IG-Farbenindustrie Aktiengesellschaft. Carl Duisbourg en devint président du conseil d´administration et Carl Bosch  directeur exécutif. La fusion devint un grand succès d´affaires. Bien que l´économie allemande se portait très mal, la valeur des IG-actions se multiplia plus de trois fois pendant l´année 1926.

IG Farben, le pétrole et le caouchouc à partir du charbon:

IG Farben était la création de Bosch et celui-ci avait des plans concrets pour cette entreprise et les nouveaux produits qu´il allait développer à travers la chimie de la haute pression. Bosch pensait maintenant  réaliser/ produire en grand quantité, ce qui, en laboratoire, avait été calculé théoriquement et fait à petite échelle. Bosch allait transformer les ressources allemandes de charbon en essence! L´essence, le plus joli de tous les produits pétroliers! Il y avait, selon Bosch, de grands profits à tirer de là. Bien plus, Bosch voulait libérer l´Allemagne de la dépendance des ressources pétrolières étrangères. Le pétrole était une nécessité absolue en temps de guerre. Mais l´utilisation du pétrole commençait effectivement à augmenter de manière remarquable, même en temps de paix, avec l´augmentation de la circulation automobile. Même en Allemagne. Mais aussi parce que le gouvernement allemand avait, en secret, commencé un réarmement de son armée et avait besoin d´essence en grandes quantités. L´objectif était de pouvoir entretenir une armée mécanisée constituée des chars, d´avions d´attaques et de bombardiers sans pétrole provenant des ressources pétrolifères. Les revanchards réjouissaient déjà d´avance d´une nouvelle guerre qui devrait reconquérir la place de leader à l´Allemagne.

Bosch et  IG Farben ne voulaient pas seuls se jeter dans le projet charbon-essence. Car le projet était très cher. C´était en 1926, une époque à laquelle les prêts provenant des Etats-Unis affluaient en Allemagne. Bosch cherchait un partenaire dans le chef de la plus grande entreprise du monde, Standard Oil of New Jersey, dont les ressources financières étaient, en grande partie, illimitées. En 1926, le chef du département du développement de Standard Oil, Frank Howard, vint aux laboratoires d´IG Farben, à Ludwigshagen, pour examiner la recherche de cette entreprise sur le processus charbon-essence. Howard fut extrêmement impressionné et fit rapport à son chef Walter Teagle sur la façon dont IG Farben pouvait « fabriquer une essence à moteur de haute valeur à partir du lignite et d´autres sortes de charbon de basse qualité, en une quantité qui correspond à la moitié du poids du charbon.  Ceci implique totalement et clairement l´indépendance européenne en matière d´approvisionnement en essence ».

Standard Oil proposa, en 1927, à IG Farben, une coopération économique en matière de développement de ce processus. Mais IG Farben avait, bien avant cela, déjà suffisamment avancé dans le projet ». On commença par construire une nouvelle usine à Leuna, en juin 1926, pour la production en masse du pétrole synthétique. L´objectif était de produire 100.00 tonnes par an. ». Il fut découvert que la fabrication massive de l´essence à partir du charbon, était un processus difficile à maîtriser, processus qui fit sérieusement augmenter les coûts. Ce qui nécessita encore plus d´argent. Ce que Standard Oil avait donné n´était pas suffisant. Une coopération économique renforcée était nécessaire.  Bosch ne parla jamais des difficultés de fabrication et réussit à amener Standard Oil à investir plus d´argent. Bosch vendit les droits au processus de fabrication dans le monde entier à l´exception de l´Allemagne. IG Farben obtint 20% des bénéfices futurs. IG Farben obtint en plus ce qui sauva l´entreprise pour le moment. Standard Oil donna à IG Farben 2% de tout son stock en capital, 546 000 actions à une valeur de 35 millions de dollars!

Bosch n´arrêta pas par ici ses efforts destinés à obtenir plus d´argent de la part Standard Oil. Il réussit même à embarquer Standard Oil dans un projet commun pour fabriquer et vendre du caoutchouc synthétique, du caoutchouc buna, fabriqué à partir du charbon. La fabrication du caoutchouc buna était toujours très couteuse et ne pouvait concurrencer le caoutchouc naturel. Bosch espérait que Standard Oil pouvait répandre l´utilisation du caoutchouc buna parmi les fabricants des pneus aux Etats-Unis. Mais la coopération s´arrêta ici cette fois-ci. La grande dépression économique qu´il y eût aux Etats-Unis et plus tard dans le monde, avait mis fin à tous les investissements dans les nouveaux produits. Il fut, en plus, presque au même moment, découvert de nouvelles grandes réserves de pétrole au Texas, et le prix du pétrole tomba dramatiquement. Le prix de la fabrication d´un litre de pétrole synthétique était entre 40 et 50 Pfenning allemands et un litre du pétrole naturel était de Pfennig en 1930. Le prix du caoutchouc naturel tomba encore davantage pendant la dépression. Tous les plans de production de l´essence et du caoutchouc à partir du charbon furent annulés aux Etats-Unis. Malgré cela, Bosch et IG Farben avaient de toute façon eu ce dont ils avaient besoin: de l´argent pour pouvoir continuer la recherche et la fabrication. Mais maintenant que les prix des matières naturelles étaient si moins chers, seule une chose pouvait sauver les profits. Seule une Allemagne en guerre aurait besoin du pétrole et du caoutchouc fabriqués à partir du charbon. Ce fut le prochain projet de Bosch et d´IG Farben.

Le Plan Young et la prise du pouvoir par les Nazis:

Le Plan Dawes pour le payement des dommages de guerre allemands n´étaient pas un accord définitif mais seulement un plan temporaire pour passer à une autre situation. Après que le Plan Dawes fut mis en application et que la situation chaotique des payements des dommages eût trouvé une solution provisoire, les alliés continuèrent à travailler pour trouver une solution définitive à la question des dommages. Un comité des représentants des nations alliées, présenta, sous la direction du diplomate américain Owen D. Young, le 7 juillet 1929, une proposition d´un plan de payement qui détermina définitivement les dommages de guerre allemands.

La proposition, le Plan Young, impliquait que l´Allemagne devrait, pendant 37 ans, effectuer un payement annuel valant en moyenne 100 millions de Livres Sterling britanniques, et par la suite, pendant encore 22 ans, payer une somme quelconque pour couvrir la dette de guerre que les alliés avaient vis-à-vis des Etats-Unis. Le Plan Young avait déterminé les dommages de guerre au « chiffre astronomique de 20 milliards de dollar », ou 105 milliards de mark, à payer jusqu´à l´année 1988Toute la responsabilité du payement allait maintenant se trouver du côté du gouvernement allemand et les payements devraient être faits à une banque, Bank of International  Settlements, BIS. La Banque devrait, à son tour, distribuer les sommes payées aux alliés. BIS allait aussi avoir sa base dans les crédits internationaux et fonctionner pour le reste comme une banque internationale.

La Bank of International Settlements est un nom à ne pas oublier. Elle allait, dans un avenir proche, et de manière totalement inattendue, devenir la première zone de contact des Nazis dans les affaires internationales, même avec les entreprises étrangères dans un pays ennemi, pendant la première mondiale. Selon le Plan Young, l´Allemagne devrait, une fois le plan adopté, reprendre la souveraineté sur son territoire et toutes les troupes étrangères devraient quitter le pays. Mais le côté le plus important du Plan Young était l´introduction d´un changement décisif vis-à-vis du Plan Dawes, changement qui rendait plus dures encore les conditions de payements des dommages. Les dommages de guerre étaient, en grande partie, payés en marchandises dans le Plan Dawes. Dans le Plan Young, les dommages allaient être payés en argent!

Ceci était une différence déterminante. L´indignation contre le Plan Young dans la classe capitaliste allemande fut énorme. Ceci non seulement parce que la grande somme de 20 milliards de dollar qui allait être payée sur une période de 60 ans, menaçait de placer l´Allemagne sous tutelle des alliés pour toujours. Mais surtout parce que les dommages devraient être payés en argent. Le capital industriel allemand avait, dans le Plan Dawes, des débouchés garantis pour ses marchandises. C´était, par rapport aux autres capitalistes d´Europe et des Etats-Unis, un grand avantage pour les capitalistes allemands. Ceci fut supprimé dans le Plan Young. Ce qui obligea les capitalistes allemands à vendre leurs marchandises sur les marchés intérieurs et internationaux, dans une situation de concurrence internationale.

Le capitaliste sidérurgiste Fritz Thyssen s´opposa au Plan Young d´une manière très énergique. Il n´avait en aucune façon été l´adversaire du Plan Dawes, comme celui-ci prévoyait une série des payements des dommages qui devraient principalement être payés en marchandises. Mais selon le Plan Young, les livraisons des marchandises devraient totalement être remplacés par des payements en argent ». Thyssen « était d´avis que la dette que l´on avait de cette façon contractée, allait saper toute l´économie du royaume ». Thyssen considérait en plus que « tout celui qui avait un jugement confus aurait dû que le Plan Young impliquait l´hypothèque de toute la richesse nationale de l´Allemagne comme sécurité pour accomplir son obligation de payement. La conséquence devrait être que le capital américain allait submerger l´Allemagne ».

L´homme le plus riche d´Allemagne d´alors, Fritz Thyssen, augmenta son soutien au Parti national socialiste, le seul parti qui attaquait sérieusement le Plan Young. Le soutien de Thyssen au Parti nazi jouait un grand rôle dans ce qui allait arriver. Non seulement pour les contributions économiques aux Nazis. Ce qui était plus important était que Thyssen ouvrit pour Hitler, un nouveau, très important cercle des contacts, en l´occurrence le cercle des magnats de l´industrie du fer et des industries sidérurgiques de la Ruhr, le centre industriel et économique de l´Allemagne. Et Thyssen n´hésita pas d´affirmer que le « Plan Young était l´une des causes principales de la victoire du socialisme national (national socialisme), en Allemagne ».

Le Plan Young causa beaucoup d´inquiétude en Allemagne. Le gouvernement voulait approuver et signer. Mais le peuple n´était pas, en général, de cet avis. La guerre était terminée depuis plus de 10 ans. Il apparaissait étrange de continuer de payer de si grandes sommes d´argent et ce, comme on le voyait, de manière infinie. On ressentait comme si les autres pays voulaient vivre du travail des Allemands. C´était dans ces conditions que commença, avec le soutien de Thyssen, un comité ayant pour objectif d´arracher un référendum sur le Plan Young. C´était une grande ouverture politique pour Hitler. Avec un coffre plein d´argent provenant de Thyssen et d´autres capitalistes, Hitler agita les gens contre le Plan Young, dans des rassemblements publics. « Hitler pouvait, avec son grand talent démagogique, pour ses propres intérêts, exploiter le sentiment national blessé du peuple allemand».

Le combat contre le Plan Young, devint, à partir de 1929, le plus grand thème d´agitation pour Hitler, lequel ouvrit aussi des portes importantes. De sa relation avec Thyssen, Hitler eut, pour la première fois, des contacts avec la classe politique traditionnelle allemande au sein du Parti libéral national allemand et son président Alfred Hugenberg. Hugenberg avait aussi le Plan Young comme thème principal d´agitation. Les sieurs Hitler et Hugenberg s´étaient découverts. Une alliance politique fut conclue entre eux. Ils entreprirent ensemble une série de rassemblements publics sur l´ensemble du pays, réunions au cours desquelles ils se prononcèrent contre le Plan Young.  A travers le grand réseau des contacts de son parti, Hugenbers donna à Hitler la possibilité de propager, pour la première fois, dans des réunions et des séminaires, la propagande nazie dans tout le pays. Bien plus, Hitler eut accès aux quotidiens allemands que le parti nationaliste contrôlait. Hitler devint un nom connu dans toute l´Allemagne grâce à l´alliance avec Hugenberg. L´«agitation ardente contre le Plan Young donna au parti de  Hitler la force de combat qui rendit possible la conquête du pouvoir », écrivit Fritz Thyssen.

Hitler était brutal dans ses discours, sans considération, et il faisait des attaques grossières et mensongères contre le socialisme, et l´incitation à la haine raciale contre les Juifs. Pour Hitler, les communistes et les Juifs étaient la même chose. Dans « Mein Kampf », Hitler écrivit que: « nous devons considérer le bolchévisme russe comme une tentative de la part du judaïsme de s´arroger le contrôle du monde au vingtième siècle » et que le « combat contre le bolchévisme mondial juif exige une prise de position claire vis-à-vis du soviet russe ». Hitler affirma, quelques années plus tard, dans son discours, lors de la journée nationale du parti à Nuremberg, en 1936, qu´en Union soviétique, la direction de la République soviétique et celle des républiques paysannes, étaient à 98% entre les mains des Juifs ».  L´incitation à la haine contre le communisme, l´Union soviétique et les Juifs, donna l´écho dans la classe supérieure capitaliste. Les magnats industriels allemands ouvrirent les yeux sur Hitler. L´argent commença à affluer dans la caisse du Parti nazi.

Le Plan Young fut définitivement confirmé le 17 mai 1930. Les troupes alliées quittèrent l´Allemagne six semaines plus tard. Pendant ce temps, le mouvement contre le Plan Young avait considérablement crû en force et cela grâce aux plus farouches opposants à ce plan, Hitler et le Parti nazi.

Les grands capitalistes allemands, qui avaient le contrôle sur les fonds économiques à utiliser dans le combat politique, décidèrent de soutenir Hitler avec des grands moyens. Ils avaient vu en lui une force qui pouvait être utilisée pour créer un gouvernement de droite fort avec une politique explicite contre la classe ouvrière. Hitler utilisa les contributions pour construire un grand parti national et une un grand appareil de propagande dans tout le pays, avec des milliers de fonctionnaires du parti rémunérés. Le département d´assaut entre autre était payé avec l´argent provenant du grand capital.

« La contribution du lancement », provenant de la part de la grande finance, joua un rôle décisif dans la politique allemande. Les Nazis eurent, un an plus tard, 6,4 millions de voix aux élections législatives de septembre 1930! Une multiplication des voix par huit du nombre des voix dans deux ans! L´argent de la grande finance avait fait du Parti nazi, l´un des petits partis du parlement, un grand parti des masses. Pendant la campagne électorale, dans une période où le chômage avait dépassé 2 millions et où la crise économique et sociale augmentait manifestement, toute la démagogie d´Hitler  trouva un terrain d´application. L´agitation électorale nazie fut concentrée sur la personne d´Hitler, Hitler comme le sauveur. Des grandes affiches avec son portrait  et la rubrique « Hitler crée du travail et du pain – choisissez la liste 3 » était le slogan principal de la propagande électorale. Les succès électoraux d´Hitler et des Nazis étaient perçus de manière très bizarre sur le plan international. Que « 100 sièges au parlement (soient) conquis par un parti insignifiant, les Nationaux socialistes ou les Nazis, conduits par un orateur bizarre, Adolph Hitler, causa un grand étonnement.

La crise économique mondiale 1930-1933:

La crise économique continua à s´empirer en Allemagne après les élections législatives de septembre 1930. Le chiffre des chômeurs avait atteint les 4 millions une année après les élections! La crise politique s´empira encore davantage après les élections avec des gouvernements faibles qui étaient en permanence obligés de trouver des compromis avec les Nazis ou sous leur feu vert. La politique appliquée était celle de droite, dirigée contre la classe ouvrière.

Sur le plan international, une crise d´une ampleur inattendue commença déjà à se renforcer à partir de 1929.  Tout avait commencé aux Etats-Unis où le capitalisme avait atteint un niveau production culminant et une accumulation des marchandises d´un format jamais vu auparavant. Cette surproduction n´avait aucun débouché dans la société. Le pouvoir d´achat était mince. Les dépôts des entreprises étaient trop pleins. Le chômage augmenta d´une manière rapide et incontrôlée. Le capital fut retiré des investissements. Les capitalistes des Etats-Unis cessèrent de prêter l´argent à l´Europe vers la fin de l´automne 1929.

L´effet fut dévastateur en Allemagne et dans les autres pays qui avaient des grands emprunts aux Etats-Unis et qui avaient toujours emprunté davantage dans ce pays en vue de payer les  prêts antérieurs. Il eût une chute des prix généralisée et le manque des d´argent pour rembourser les prêts. Beaucoup de pays furent obligés d´ouvrir les réserves d´or et de payer en or. Ceci rendit la situation intérieure pire encore avec l´accentuation de la crise économique. Ce qui à son tour conduisit aux restrictions dans les payements en or et les droits de douane, et à d´autres restrictions commerciales afin de protéger la production nationale. Le commerce international fut, en 1930, réduit à un filet et prit presque fin (???). Le chômage monta de manière rapide et incontrôlée. « La moité de l´Europe était en faillite, l´autre moitié était presque menacée de faillite ».

La situation de l´Allemagne était la pire de tous les pays européens.  L´Allemagne était le premier emprunteur. L´Allemagne avait, pendant les années du Plan Dawes, de 1924 à 1929, emprunté 900 millions de Livres Sterling et payé 500 millions en dommages de guerre aux alliés. Le reste avait été investi dans le pays, dans les réparations de toutes sortes après la première guerre mondiale. L´économie allemande, publique comme privée, était totalement dépendante de l´argent emprunté. Mais maintenant, les prêts étaient terminés et l´Allemagne devait annuellement payer 100 millions de Livres Sterling en dommages de guerre. En plus, le pays avait aussi d´autres dettes privées et publiques dont le remboursement aux prêteurs, de l´ordre de 100 millions de livres Sterling, était exigé annuellement. La balance de payement du pays était déficitaire de 60 millions de Livres Sterling. Mais pour couronner le tout, l´Allemagne avait perdu des marchés d´exportation à cause de la crise internationale. Les revenus des exportations étaient tombés de 630 millions de Livres Sterling en 1929, à 280 millions de livres en 1932.  Le chômage atteignit le chiffre incroyable de 6 millions de chômeurs en mars 1932!

Il y régnait une situation de chaos économique général dans les affaires du monde au cours du printemps 1931. La situation économique internationale était près de la faillite. Alors que l´insécurité était totale dans les affaires, le manque de confiance des populations vis-à-vis du système politique et économique ne faisait qu´augmenter. Exactement au mois de mai 1931, l´importante banque privée autrichienne, Kredit Anstalt, qui était près de la faillite, annula  ses payements. Malgré l´aide économique de l´Etat autrichien et de la Banque d´Angleterre, la panique commença à se répandre, elle alla au-delà des frontières et prit bientôt l´Allemagne. Les prêteurs exigèrent d´être remboursés et pendant une semaine, la Banque nationale allemande avait perdu 50 millions de Livres Sterling en or.

Beaucoup des pays du monde sont, au printemps 1931, proches de la faillite économique. Aux Etats-Unis, le président américain, Hoover, fit une déclaration politique pour arrêter la panique économique et la faillite de l´économie capitaliste. Et remarquez bien que nous écrivons «économie capitaliste ». C´est parce que la crise économique se trouvait seulement dans cette partie du monde. En Union soviétique où régnait le socialisme, il n´y avait aucune crise économique. Au contraire, là-bas où l´économie planifiée était d´application, le gouvernement avait commencé un plan de 5 ans qui tira le pays de la pauvreté et du sous-développement (et en fit) un pays aux chiffres de plus en plus meilleurs en ce qui concerne le développement économique, une avance économique jamais observée auparavant dans le monde.

Le président des Etats-Unis proposa, le 20 juin 1931, au monde, un délai d´un an pour le payement de toutes les dettes dans le monde, y compris les dommages de guerre allemands. L´initiative de Hoover fut bien accueillie par presque tout le monde. La France, le pays qui avait le plus souffert pendant la première guerre mondiale et l´invasion allemande, chercha à obtenir des garanties sur le payement des dommages. Le moratoire de Hoover fut accepté le 13 juillet, après un accord avec la France. Les emprunteurs du monde pouvaient souffler. Mais ce ne fut pas si facile que cela.  De toute façon pas pour tout le monde. Beaucoup de grands pays, dont les Etats-Unis et la Grande Bretagne, continuèrent à avoir des grands problèmes économiques. Lorsque le moratoire de Hoover prit fin le 1 juillet 1932, la crise économique continua dans le monde capitaliste. La situation économique était pire aux Etats-Unis pendant l´hiver. 1932-1933. Le pays avait alors à peu près 15 millions des chômeurs. C´était dans de cette situation internationale que Hitler et les Nazis conquièrent le pouvoir politique en Allemagne.

Les victoires électorales et les défaites des Nazis:

Après les élections parlementaires allemandes du 14 septembre 1930, les Nazis devinrent le second grand parti politique après les Socio-démocrates. Hitler était devenu encore plus intransigeant après les élections et avait commencé à prendre des distances vis-à-vis de ses anciens alliés et de ses amis du Parti nationaliste, et à les critiquer sérieusement. Hitler avait maintenant un objectif clair qu´il déclarait publiquement. Hitler voulait devenir chancelier national allemand. La propagande et l´agitation des Nazis devint encore plus violente et dirigée toujours contre les Juifs et les communistes qui étaient considérés comme la cause de toute la souffrance et de la désintégration du système économique.

Aux élections législatives du 31 mars 1932, les Nazis étaient bien équipés avec un très  grand appareil de propagande et la propagande nazie pénétra dans tous les villages et toutes les villes allemandes. Tout était payé par le grand capital allemand. La crise économique devint toujours et encore plus grande avec plus de 6 millions de chômeurs. Hitler utilisa ceci très bien dans sa campagne populiste. Les succès électoraux des Nazis furent énormes en juillet 1932. Le parti eut 13,7 millions des voix (6,4 millions des voix en septembre 1930) et augmenta sa représentation parlementaire de 107 à 230 députés! Les Nazis étaient le plus grand parti d´Allemagne.

Après les élections, l´exigence d´Hitler pour le poste de chancelier était évidente. Le président allemand Hindeburg refusa de donner le pouvoir à Hitler pensant qu´il n´allait pas respecter la constitution allemande. L´ancien président du Parti du Centre, Von Papen, eut la mission de former le gouvernement. Mais l´instabilité politique était grande et le gouvernement tomba. De nouvelles élections furent annoncées le 6 novembre. Les Nazis se réjouissaient d´avance d´une nouvelle victoire. L´objectif était d´avoir leur propre majorité au parlement et ceci était sûr pour la plupart.

Il n´en fut pas ainsi. Les résultats électoraux du 6 novembre 1932 furent un véritable retour en arrière pour les Nazis. Dans trois mois, du 31 juillet au 6 novembre, le parti alla de 13,7 millions de voix à 11,7 millions. Les Nazis avaient perdu 2 millions de voix et 34 places au parlement. La saga du succès des Nazis était tombée dans une impasse (rågat in i återvändsgränd). Le retour en arrière était marquant dans certaines villes où les Nazis avaient eu le pouvoir et où les populations avaient expérimenté leur capacité à gouverner, (et cela) malgré l´énorme propagande qui était en partie financée avec des fonds publics. Par ex. Oldenberg (de 47% à 37%),  Kolberg, de 44 à 39, et Postdam de 42% à 34%.  Les résultats des élections mirent fin à la collaboration entre le Centre et les Nazis, lesquels auraient pu, ensemble, avoir une majorité au parlement. « Le retour en arrière des nationaux socialistes est si grand qu´il leur est ensemble impossible d´atteindre le grand nombre dans le nouveau parlement », écrivit le journal suédois Dagens Nyheter.

Les Nazis avaient, jusqu´au milieu de 1932, eu tout ce qu´une politique populiste violente pouvait offrir. On avait mis les gens dans une situation de crise devant des fausses idées destinées à expliquer pourquoi la société était en crise, et ils avaient obtenu autant qu´ils pouvaient avoir, en utilisant des fausses promesses.  Le retour en arrière était maintenant un fait.

«Le fol ramassis se trouvant dans le programme du Parti nazi s´adressait avant tout aux groupes les plus instables de la société allemande. L´esprit troublé d´Adolphe Hitler, avec ses expressions imaginaires sur la mystique du sang et du destin, avait fait sa plus profonde impression chez les plus troublés et les plus instables de ses auditeurs. Parmi ce genre de gens, l´intérêt –et les voix- pouvaient se perdre plus vite qu´ils n´étaient gagnés…. Lorsque les Nazis grandirent très fortement, ils furent l´objet d´un contrôle plus serré. Les chemises brunes dévoilèrent ce qu´elles étaient : Des types grossièrement sadiques organisés en bande politique. Le Parti nazi entra dans la décadence plus vite que n´avait été son ascension ». On ressentit, dans le pays, que quelque chose était en cours, que la défaite des Nazis était plus qu´un retour en arrière normal.

Par ailleurs, le Parti communiste allemand alla de l´avant. Les succès des communistes étaient la continuité des succès antérieurs. La politique du parti était bien accueillie par la classe ouvrière qui s´attacha encore plus fortement à la ligne du parti. En mai 1928, les communistes eurent 3,3 millions de voix, en septembre 1930, 4,6 millions, en juillet 1932, 5,3 millions de voix et puis en novembre 1932 6 millions de voix et 100 places au parlement allemand. Les succès des communistes étaient basés sur une conscience politique accrue au sein de la classe ouvrière allemande, une conscience qui avait grandit constamment pendant une longue période. Les résultats communistes étaient frappants dans plusieurs grandes villes allemandes. Les communistes avaient par exemple progressé à Berlin, allant de 721 983 à 860 579 voix. Les sociaux démocrates avaient en ce qui les concerne, régressé de 722.064 à 646 266 voix. Les Nazis avaient fait de même, allant de 756 745 à 719 745»[53]. Les communistes constituaient le plus grand parti à Berlin, la capitale de l´Allemagne!

La Pétition à Hindenburg:

Le grand capital exige Hitler comme chancelier national allemand:

La situation était critique pour Hitler et le Parti nazi. Ceux qui auraient prix au moins 50% de voix, ceux qui étaient impossibles à vaincre et qui, selon Hitler, devraient naturellement prendre le pouvoir politique après les élections, avaient subitement régressé de 37% à 33%! Hitler avait eu tort. Il n´était pas sans faute, d´autres opinions avaient subitement de la valeur. Il ne fut plus possible de stopper les discussions et les critiques au sein du parti. Même contre Hitler! Gregor Strasser, le deuxième homme du Parti nazi, comprit, après les élections, que les Nazis n´allaient jamais seuls prendre le pouvoir politique en Allemagne. Il préconisa une coopération avec le formateur de l´époque, Schleicher, lequel voulait, au moins, acheter une partie du soutien des Nazis. La rupture fut totale entre Stresser et Hitler.  Stresser avait la responsabilité des contacts dans tout le pays et la confusion ne fit qu´augmenter dans le parti. Le parti était menacé de dislocation à cause des contradictions internes.

Stresser quitta le Parti nazi après quelques semaines et la dislocation de ce dernier s´approfondit. Le propagandiste en chef du parti, Goebbels, décrivit cette situation dans son journal intime: « Une grande dépression dans toute l´organisation. On se sent épuisé; on n´avait plus que l´envie de s´éloigner de tout le problème pendant quelques semaines… », « Appel téléphonique de la part du Dr Ley : la situation au sein du parti s´empire chaque heure ». « Le leader du parti avait pendant des heures fait des allées et venues dans un hôtel. On comprend qu´il réfléchit  avec beaucoup d´efforts … Subitement, il s´arrête et dit : Je me tue si le parti se disloque. Une menace terrible, très déprimante.

La situation du parti était très sombre même quand il s´agit de l´économie. « Le parti lui-même était économiquement en déroute. Fritz Thyssen avait prévenu en novembre qu´il ne pouvait plus donner plus de contributions au mouvement. Il n´y avait tout simplement pas des fonds qui pouvaient couvrir les listes des salaires des centaines de milliers des fonctionnaires du parti ou bien subvenir aux besoins de SA qui, seul, coûtait 2,5 millions de mark par semaine. Les imprimeurs de la magnifique presse nazie menaçaient  de stopper les machines d´impression s´ils n´avaient pas reçu payement pour les factures déjà arrivées à échéance. ».

Le grand capital allemand vint au secours des Nazis pendant cette situation très critique. Ils avaient investi beaucoup d´argent dans le Parti nazi lequel avait promit de donner au grand capital un avenir à son goût et ne voulaient pas rater tout le morceau. Trente huit des plus grands industriels et financiers allemands envoyèrent une Pétition au président Hindenburg pour soutenir Hitler et le Parti nazi. Malgré la défaite électorale de Hitler, les 38  exigèrent du président Hindenburg de donner le poste de chancelier national allemand à Hitler. Parmi ceux-ci, on trouva, la vraie crème de la grande bourgeoisie allemande : Schacht, et le baron von Schroeder du monde des banques, Cuno de Llyod de l´Allemagne du Nord, Krypp, Voegler et Thyssen de la branche sidérurgique et Siemens et Robbert Bosch de l´industrie électrique et des ateliers industriels.  (Voire La Pétition dans les pièces jointes, à fa fin du texte.).

La Pétition du grand capital allemand était déterminante pour l´avenir des Nazis. Elle était importante pour stopper la désintégration du Parti nazi après les élections du 6 novembre. Hitler devint, après la Pétition, un nom chaud au sein de la classe capitaliste et il était de retour dans le grand jeu politique. Même la faillite économique des Nazis reçut sa solution. Le grand capital avait alors décida de rendre Hitler et les Nazis libres des dettes. Le banquier, le baron Kurt von Schoerder de Cologne, l´un de ceux qui, pendant des années, avaient été actifs dans le financement d´Hitler, avait, au début du mois de janvier 1933, une réunion secrète avec Hitler. Selon les propres propos de Schroeder aux procès de Nuremberg, Hitler avait promis, «de chasser les socio-démocrates, les communistes et les Juifs, de toutes les fonctions de direction en Allemagne et de rétablir l´ordre public». La condition de Schroeder était d´arrêter toutes les grèves et les manifestations; obliger les travailleurs de se taire et de retourner dans les usines était le rôle d´Hitler. Hitler et Schroeder s´entendirent que les milieux des affaires allemands devraient prendre en charge les dettes du Parti Nazi. Moins d´un mois après cette réunion, Gobbels écrivit, dans son journal intime, que la situation financière du parti avait « au cours d´une nuit changé de manière déterminante».

Parmi les 38 qui firent la déclaration de soutien à Hitler, il n´y avait personne de IG Farben. Le leader du géant industriel, Carl Bosch, n´était pas toujours prêt à soutenir publiquement Hitler. La crise politique continua pendant ce temps avec une énième formation du gouvernement, cette fois conduite par Kurt von Schleicher.  Mais le gouvernement avait une base faible et il tomba comme d´autres gouvernements auparavant.

Le 30 janvier 1933, Hindenburg nomma finalement Hitler comme chancelier national. Beaucoup des choses ont été écrites sur la façon dont les choses s´étaient passées pour amener le président Hindenburg à changer d´avis. Hindenburg était totalement opposé à ce qu´Hitler devienne chancelier national. Il n´avait pas confiance en la disponibilité de Hitler de respecter la Constitution allemande. La description de l´histoire de la bourgeoisie renvoie toujours à des intrigues de tous genres qui avaient amené le président à  changer d´avis. Toutefois, ce fut von Popen, ancien président du Parti centriste et manipulateur notoire (intrigmakare) qui avait de très bonnes relations avec Hindenburg. Et ce fut aussi le fils du président, Oscar Hindenburg, qui, au delà du fait qu´il n´était pas spécialement intelligent, avait des dettes qu´on pensait provenir d´une aide étatique supposée illégale. La bourgeoisie cherche seulement à fuir ses responsabilités. Lorsque la situation s´était présentée, c´était le grand capital qui agissait exigeant Hitler comme chancelier national. Hindenburg s´était incliné devant les pressions du grand capital.

Le grand capital finance la campagne électorale d´Hitler:

A l´exception d´Hitler, il n´y avait, dans le nouveau gouvernement, que deux autres nazis (Göran et Frick). C´était une exigence de Hindenburg. La position des Nazis était faible après la défaite électorale de novembre. Hitler exigea et obtenu de Hindenburg l´organisation des nouvelles élections au 5 mars 1933. On avait pensé qu´avec toutes les organisations de l´Etat, les élections allaient donner lieu à une victoire facile pour les Nazis. Mais pas seulement. Le grand capital allemand était cette fois-ci, d´une manière organisée, directement active et impliquée dans le soutien à Hitler et à la campagne du Parti nazi.

Le président du parlement allemand, Göring, convoqua, le 20 février, à travers Hjälmar Schacht, ancien président de la Banque nationale allemande et l´un des membres actifs du groupe financier qui soutenait Hitler, une réunion avec les dirigeants industriels et financiers en Allemagne. Cette réunion secrète de 20 personnes eut lieu au domicile de Hermann Göring. Il y avait aussi, dans le groupe se trouvant derrière Hitler, un nouveau membre, « Krupp von Bohlen und Halbach, leader des industries d´armement. Krupp devint l´un des plus loyaux partisans du parti d´Hitler une fois que Hitler eût le pouvoir ». Le but de la réunion était de rassembler de l´argent pour soutenir la campagne d´Hitler aux élections du 5 mars. « Lorsque tous attendaient que Göring vint parler devant les personnes rassemblées, Hitler apparut subitement en personne, serra la main à tous et prit place au coin de la table (bordsgaveln). Il parla longtemps, surtout sur le danger communiste, sur lequel il prétendait avoir justement remporté une victoire décisive».

Il y eût aussi, à cette réunion, un représentant d´IG Farben qui venait pour la première fois et qui était bien préparé à donner un soutien actif à Hitler. C´était le bien connu Georg von Schnitzler dont la présence fit une grande impression sur les capitalistes rassemblés. IG Farben était la plus grande entreprise de l´Allemagne et l´une des plus grandes du monde. Schacht proposa aux participants à la réunion de rassembler 3 millions de mark pour Hitler. Le représentant de IG Farben donna la plus grande part, 400 milles mark ».  En dehors du pouvoir gouvernemental et de l´appareil du pouvoir, Hitler avait maintenant tout le monde de l´industrie et de la finance derrière lui et des gigantesques sommes d´argent à sa disposition. Rien ne pouvait l´induire en erreur.

Mais Hitler prit toutefois des précautions. «Le fascisme au pouvoir est une dictature ouverte, terroriste, (tenue par) des éléments les plus réactionnaires, les plus chauvinistes et les plus impérialistes » décida le Komintern en 1935.  Le 04 février 1933, le président Paul von Hindenburg signa un décret qui donna au Parti nazi le droit d´interdire les réunions publiques, de déclarer les journaux et d´autres imprimés illégaux et d´arrêter les personnes suspectées de trahison. Le coup de chasse (la chasse) à l´opposition commença. Göring créa une force de police composée des milliers de membres provenant des groupes d´assaut nazis avec l´ordre de tirer pour tuer les « ennemis » en cas de confrontation.

Le 27 février, une semaine avant les élections législatives, les Nazis mirent le feu au Parlement et accusèrent les communistes d´être l´auteur de l´incendie. C´était le coup de propagande des Nazis pour arriver à une victoire totale aux élections. Le président von Hindenburg signa, après les élections législatives, un décret qui donnait au gouvernement et à Hitler, un pouvoir presque illimité. Le 03 mars, deux jours avant les élections, Ernst Thälmann, président du KPD, le Parti communiste allemand, fut arrêté. Les communistes furent poursuivis et arrêtés par milliers dans toute l´Allemagne. (Thälmann allait passer le reste de sa vie dans la privation de liberté par les Nazis. Il fut enfermé dans la prison des Nazis pendant 11 ans. Thälmann fut tué par les agents SS, probablement le 28 août 1944. Il fut déplacé de la prison à Bautzen pour le camp de concentration de Buchenwald où il fut assassiné. Son corps fut incinéré le 29 août 1944.)

Les élections législatives du 05 mars 1933 ne donnèrent pas malgré tout les résultats qu´Hitler comptait réaliser. Les Nazis voulaient absolument avoir la majorité absolue au parlement. Ils eurent 17,3 millions des voix et 43,9%. Les Nazis étaient toujours dépendants du soutien d´autres partis. Toutefois, le 23 mars 1933, deux jours après la première réunion du nouveau parlement, le parlement vota, avec le soutien du Centre, du Parti nationaliste et du reste de petits partis de droite, la loi des pleins pouvoirs, proposée par les Nazis. La loi des pleins pouvoirs donna à Hitler les pleins  pouvoirs dictatoriaux dont le droit de gouverner sans interpellation du parlement pendant 4 ans. Le président von Hindenburg signa cette loi et la rendit applicable.

Le Parti communiste avait fait une bonne élection le 05 mars 1933. Bien que 20 000 communistes avaient été arrêtés et enfermés dans des camps de concentration et que des centaines d´entre eux étaient déjà assassinés, le parti eût plus de 4 millions des voix. Au milieu du mois de juin 1933, tous les partis, à l´exception des Nazis, étaient illégaux, la liberté de la presse était supprimée et les mouvements syndicaux interdits.  La semaine de 60 heures devint la norme. L´exploitation devint marquante et avec elle les accidents sur les lieux du travail et les maladies. Les poursuites contre les Juifs débutèrent et ceux-ci commencèrent à affluer dans les camps de concentration où les communistes et les autres gens de gauche se trouvaient déjà.

Le chemin d´Hitler vers le pouvoir absolu atteignit son point le plus élevé lorsque le président Paul von Hindenburg mourut le 2 août 1934. Aussitôt après la mort du président, la direction de l´armée ensemble, avec le chancelier national adjoint Frans von Papen, acceptèrent que les postes de président et de chancelier soient réunis en un seul, en la personne d´Hitler, sous la dénomination de « fürher » et chancelier national. Le président était le chef le plus haut placé de l´armée allemande, et le corps des officiers et les soldats furent obligés de prêter un serment de fidélité au nouveau président, Hitler. La dictature était accomplie.

Hitler gagna le combat du pouvoir politique en Allemagne avec des millions de mark provenant du grand capital allemand. C´était avec ces énormes sommes que les Nazis construisirent le Parti nazi, son appareil de propagande et ses troupes d´assaut. La dictature de Hitler et du Parti nazi devint possible grâce au soutien parlementaire des partis de droite au nazisme et la trahison contre la démocratie.

IG Farben, la plus grande entreprise, main dans la main avec Hitler:

Déjà avant qu´Hitler ne devint chancelier national, IG Farben avait établi des contacts avec lui. Lorsque les Nazis devinrent, après le mois de juillet 1932,  le plus grand parti au parlement allemand, Carl Bosch, le plus haut chef de IG Farben, décida d´entamer des discussions avec Hitler et d´examiner sa position vis-à-vis des produits synthétiques que IG Farben fabriquait ou pensait développer, (et) surtout la question du pétrole synthétique et du caoutchouc extrait à partir du charbon. Les processus de fabrication, la technique de la haute pression et l´hydrogénation (?) étaient très (tellement) coûteux, qu´il était difficile d´en tirer des bénéfices sans des subventions étatiques.

Le représentant de IG Farben au cours de la première réunion entre l´entreprise et Hitler était Heinrich Buetefisch, directeur technique de l´usine de Leuna et technicien de premier plan éminent dans la production du pétrole synthétique (condamné pour esclavage et meurtre en masse et à 6 ans de prison aux procès de Nuremberg après la guerre). La réunion fut un succès pour IG Farben. Hitler avait compris le projet de Bosch et il souhaitait la bienvenue au pétrole synthétique de IG Farben qui allait rendre l´Allemagne autosuffisante. Bien entendu à des coûts très élevés. Mais l´aspect militaire était le plus important pour Hitler. L´Allemagne n´avait pas du pétrole et avec le pétrole synthétique de IG Farben, l´armée allait devenir indépendante des achats du pétrole de l´étranger.  Imaginez la possibilité de pouvoir envoyer toute une armée des chars et d´avions sans avoir besoin d´importer une seule goûte de pétrole. Le peuple fut obligé de payer ce que ca coûtait. Hitler promit de soutenir le programme de Bosch.

La réunion suivante entre IG Farben et Hitler eût lieu peu de temps après les élections du 05 mars 1933 lorsque Hitler était déjà chancelier national. Carl Bosch vint alors en personne chez Hitler. Le programme de Bosch pour le pétrole synthétique reçut une nouvelle fois le soutien total d´Hitler, ce qui impliqua que l´usine de Leuna fut construite à sa capacité maximale. L´objectif était, à l´avenir, la capacité de production de 100 000 à 400 000 tonnes de pétrole synthétique par an. Les négociations furent conclues en décembre 1933 et un contrat fut signé entre IG Farben et le régime nazi. Ils s´étaient entendus, le 14 décembre, que IG Farben allait investir dans l´usine de Leuna pour que celle-ci produise jusqu´à 350 000 tonnes de pétrole synthétique par an. L´Etat allemand allait garantir un prix correspondant à plus de 5 % des bénéfices sur le capital investi (et)  en plus des retombées largement bénéficiaires pour IG Farben. L´Etat allemand s´engagea par ailleurs, d´acheter tout le pétrole que IG Farben ne pouvait vendre. Une brillante affaire pour IG Farben. De 1933 à 1934, IG Farben investit plus de 4 milliards de mark dans des nouvelles usines  et dans l´augmentation de la capacité des anciennes. Une grande partie du capital venait du gouvernement nazi.

L´Allemagne nazie était maintenant entrain de devenir autosuffisante en pétrole, première étape avant toutes les aventures militaires que Hitler et les Nazis avaient dans leur plans d´avenir.  La seconde question qui était dans l´agenda pour rendre possibles les plans de guerre des Nazis était la matière première stratégique caoutchouc. Sans caoutchouc pas de pneus, pas des tuyaux et beaucoup d´autres articles des voitures, les motocyclettes, les camions et les avions. Il était impossible d´aller en guerre sans caoutchouc.  Le caoutchouc était importé du Sud-est asiatique où il y avait des grandes plantations des arbres à caoutchouc. Un blocus pendant la guerre pouvait être dévastateur pour l´Allemagne. IG Farben avait, déjà au début des années 1930, selon le même procédé que la haute pression pour la fabrication du pétrole, développé une technique pour fabriquer le caoutchouc synthétique à partir du charbon, du caoutchouc buna. Mais le prix du caoutchouc naturel était alors si bas et la fabrication du caoutchouc « buna » moins rentable.  Toutefois, au cours de l´automne 1933, les Nazis devinrent intéressés et voulurent que IG Farben reprit la production du caoutchouc « buna ». Hitler fit des pressions pour rendre l´Allemagne autosuffisante en caoutchouc.

Le plus chef de IG Farben posa cette fois des conditions au gouvernement nazi. Le processus de fabrication du caoutchouc « buna » était coûteux, très coûteux. Le prix de la fabrication d´un pneu « buna » était de 92 marks, mais il fallait seulement 18 pour fabriquer un pneu avec du caoutchouc naturel. Une nouvelle usine pour la fabrication du caoutchouc « bona » allait nécessiter beaucoup d´argent et exiger de très grands investissements. Bosch voulait avoir des garanties économiques de la part d´Hitler pour que la fabrication devienne rentable pour IG Farben. L´entreprise voulait avoir des garanties d´achats de la part de l´armée. La direction de l´armée, trouva, après des testes, que le« buna » ne remplissait pas les conditions militaires.

Mais le soutien d´Hitler était de toute façon important pour Bosch. Une nouvelle usine pour la fabrication du caoutchouc « buna » commença à être construite à Schkopau, dans les environs des installations à haute pression de Leuna. Ce dossier fut clos après que Hitler eut nommé Göring au poste de commissaire aux matières premières et à la monnaie étrangère. « Si la guerre vient demain, déclara Göring, nous devons nous appuyer sur du matériel produit synthétiquement ». Il commença immédiatement à planifier pour l´augmentation de la production de 200 à 1000 tonnes par semaine dans les usines de buna et pour une nouvelle usine d´une capacité de 1000 autres tonnes par semaine. L´économie allait être dirigée sur un seul objectif et tout devrait être concentré sur les préparatifs de la guerre. Les affaires tournaient brillament pour IG Farben.

Il y avait cependant une chose qui pouvait constituer un problème sérieux entre Hitler et IG Farben. Une partie de la direction et des agents de l´entreprise était d´origine juive. La plupart avaient pendant des années travaillé fidèlement pour l´entreprise et contribué aux succès techniques et économiques. Mais les affaires passaient avant tout  dans ce dossier. Tous ceux qui avaient une origine juive furent renvoyés. IG Farben fut totalement nazifié en 1937. Le poste de chef avait déjà été pris par Hermann Schimtz en 1935, Carl Bosch ayant reçu le poste honorifique de président du comité de gestion. IG Farben était maintenant près pour la guerre.

IG Farben sur les traces du nazisme:

IG Farben était dès le départ préparé à profiter des grands bénéfices que les guerres d´Hitler pouvaient donner. La première à être soumise fut l´Autriche. IG Farben y entra avec les armées nazies. Le but était de prendre le contrôle du plus grand groupe chimique autrichien, Skoda Werke Wetzler. L´usine appartenait à la famille juive Rotschild, ce qui avait facilité la tâche. Tout le personnel juif fut immédiatement révoqué et les techniciens aryens d´IG Farben remplirent les places vides. IG Farben appliqua du reste, pour la première fois, la tactique de faire passer la prise de contrôle sur l´entreprise comme légale et juridiquement correcte, tout cela comme mesure de prudence au cas où l´invraisemblable arriverait, donc au cas où Hitler allait perdrait la guerre. IG Farben initia des négociations avec le chef de la place et déjà, au bout quelques mois, tout Skoda Werke Wetzler, était la propriété de IG Farben.

La prochaine conquête d´Hitler, le territoire de (Sude) en Tchécoslovaquie, donna à IG Farben un nouveau groupe industriel. Il y avait, à (Sude), deux grandes usines chimiques que possèdait Aussiger Verein, la plus grande entreprise chimique Tchecoslovaque. IG Farben donna, comme preuve d´admiration pour la conduite de la guerre d´Hitler, un demi-million de mark à ce dernier; il avait remis les (Sudètiens) (Sudeterna) à l´Allemagne. Les négociations commencèrent par la suite pour la prise de contrôle de deux entreprises chimiques. Le processus avait été, même dans ce cas, rendu facile par le fait que 25% des comités de direction des entreprises tchécoslovaques, étaient juifs. Les entreprises tombèrent par cela même sous le régime des lois nazies sur les Juifs et elles pouvaient être totalement expropriées. IG Farben utilisa cet argument pour contraindre Aussiger Verein à vendre les usines aux conditions  de IG Farben.

Après la Tchécoslovaquie, ce fut le tour de la Pologne d´être dépiécée par les armées nazies. Les représentants d´IG Farben étaient venus sur les traces des Nazis. L´objectif était cette fois trois usines : Boruta, Wola, et Winnica. IG se tourna vers le ministère des Finances allemand pour prendre le contrôle des usines mais ne reçut, cette fois-ci, qu´une demie promesse. La prise de contrôle ne devint pas permanente, IG ne pouvant avoir un quelconque droit de propriété. En Pologne, l´avenir fut décidé par Himmler et SS. IG prit contact avec les représentants de Himmler en Pologne et l´affaire fut conclue après les négociations. SS donna à IG Farben le droit de prendre le contrôle des entreprises selon sa propre proposition. C´était la première collaboration entre IG Farben et SS. Plusieurs (autres) allaient suivre.

IG Farben avait fait  de la politique nazie sa propre politique. L´entreprise se réjouissait de devenir le premier groupe chimique d´Europe de la même manière que les Nazis voulaient diriger l´Europe. Toutes les entreprises chimiques devraient devenir les propriétés d´IG Farben. Après la Pologne, vint finalement le plus grand morceau. La France était le prochain pays qui allait être avalé par les Nazis et IG Farben se rejouissait de prendre le contrôle de l´industrie chimique française, la clé de l´industrie chimique de l´Europe. Il en fut aussi ainsi. IG Farben initia les négociations avec la plus grande entreprise chimique, Khulmann, après l´occupation de la France par les Nazis. Il n´y eût bien entendu jamais des négociations. Les démarches devinrent cette fois plus compliquées et les discussions plus longues. Mais à la fin, ce fut comme d´habitude. Toutes les entreprises chimiques de la  France furent obligées d´accepter les conditions de IG Farben et constituer une seule entreprise, Francolor, appartenant à 51% de IG  Farben et à 49% aux anciens propriétaires.

Même dans les autres pays que les Nazis avaient occupés, Norvège, Danemark, Hollande, et Belgique, les industries chimiques subirent le même sort. Comme les corbeaux derrière la charogne, IG Farben suivait l´armée nazie. Ils étaient devenus comme une unité de celle-ci. Tous les pays occupés avaient en commun le fait qu´au sein de leurs gouvernements respectifs, il y avait des gens qui nourrissaient des sympathies politiques vis-à-vis du gouvernement autoritaire que les Nazis représentaient. En Belgique et en Hollande, la classe bourgeoise par exemple, s´amusait trinquaient dans les meilleurs hôtels des capitales  lorsque les armées nazies mettaient leurs pieds sur les routes des villes. La France reste en tout cas, la plus grande preuve de la trahison de la classe capitaliste contre son propre peuple. Selon l´historienne française Annie LaCroix-Ritz, dans son nouveau livre, « Le choix de la défaite »  (att välja nederlaget), « les francais n´avaient pas été totalement vaincus dans cinq jours par une Wehrmacht invincible ; ils avaient été sacrifiés par les grands acheteurs de la main d´œuvre et leur « plan pour la reforme de l´Etat », une copie provenant du « voisin fasciste ».

Esclavage et massacre à Auschwitz:

IG Farben était prêt à tout faire pour le pouvoir et la richesse. Malgré tous les vols commis dans les pays occupés, le chapitre le plus sombre de l´histoire de l´entreprise n´était pas (encore) écrit. Il s´agit de la main-d´œuvre esclave et des massacres de IG Auschwitz. Lorsque toute l´Europe se trouvait à genou devant Hitler, commencèrent les préparatifs pour concrétiser le but final, la conquête de l´Union soviétique. Un pays énorme qui posait des conditions à l´armée allemande concernant de très grandes ressources. Il s´agissait de tout, de la nourriture et des habits jusqu´aux marchandises de base de la guerre, le fer, les nitrates, le pétrole, et le caoutchouc. Le pétrole synthétique et le caoutchouc buna étaient de la responsabilité d´IG Farben. Après examen, il fut démontré que la production allemande ne suffisait pas pour une invasion de l´Union soviétique. La recherche d´une grande production était nécessaire et des nouvelles usines devaient être construites.

Plusieurs bonnes alternatives existaient quant aux endroits où devaient être localisées les nouvelles constructions notamment la Norvège et la Pologne. Tout fut sérieusement examiné, notamment l´accès aux mines de charbon et à l´eau. Les possibilités de transport vers et en provenance des sites aussi. Et surtout l´accès à la main d´œuvre en grande quantité, laquelle pouvait satisfaire les besoins pour la construction des grandes usines dont il était question. La dernière interrogation emporta la décision finale. Les SS planifiaient de construire un énorme camp de concentration près du village polonais Auschwitz, en (Silésie)(Shlesien) polonaise. Hitler avait promis toute l´aide nécessaire à IG Farben et SS avait garanti à l´entreprise un accès illimité à la main d´œuvre esclave. La décision d´IG Farben était simple. L´endroit choisi fut Auschwitz et le nom de l´usine IG Auschwitz.

IG Auschwitz allait être composée de deux usines, une pour le caoutchouc buna et une autre pour le pétrole synthétique. Elles allaient devenir les plus grandes entreprises du monde pour ces objectifs ainsi définis. Si l´on prend en considération la grandeur de l´Union soviétique, le débouché de la production était assuré par avance et les bénéfices à en attendre étaient énormes. Les possibilités de développement semblaient infinies lorsque le pays allait être ouvert à la l´exploitation capitaliste. IG Farben prit la décision d´assurer seule toutes les dépenses de IG Auschwitz. IG Auschwitz allait devenir un projet totalement privé, aucune aide étatique n´allait être acceptée. Alors tous les revenus allaient revenir à l´entreprise! IG Farben décida d´investir seul 900 million de mark, l´investissement  le plus incomparable de l´histoire de l´entreprise.

Pour la construction de l´usine de caoutchouc buna, la première à être construite, il fallait entre 8 000 et 12 000 travailleurs. Les prisons du camp de concentration furent mis à la disposition de IG Farben. On se mit d´accord avec SS sur le fait que les payements pour la nourriture, les habits et le transport des prisonniers, en direction de l´usine tout comme en provenance de cette dernière, furent versés à celui-ci. Trois marks par jour pour le travailleur, quatre pour le travailleur qualifié et un mark et demi par jour pour les enfants travailleurs. On amena aussi là-bas les « kapos ? », les prisonniers devant fonctionner comme gardes. On avait aussi choisi les criminels de profession, des véritables sadiques, qui avaient été pris des camps de concentration. Il y eût donc un kapo ( ?) par vingt prisonniers. Les travaux de construction démarrèrent mais on découvrit vite que l´effectivité était très basse. Les gens qui avaient été pris des prisons étaient obligés de se réveiller à 3h00 du matin et ne revenaient que tard dans la soirée. De longues marches, la famine et la rossée permanente avaient un effet démoralisant sur les prisonniers réduisant leur force de travail au minimum. L´on commença à craindre que les usines ne soient  prêtes avant l´invasion de l´Union soviétique. Le projet buna était très en retard par rapport au calendrier.

Monowitz, le camp de concentration d´IG Farben:

IG Farben avait investi environs un milliard de mark mais il n´eût pas de bénéfices escomptés. Le problème était la main d´œuvre. Alors IG Farben décida de mettre en place d´établir son propre camp de concentration dans les environs de l´usine. Ceci allait coûter 5 millions de mark, mais si cette dépense pouvait sauver un investissement de 1 milliard de mark, résonnait-on, c´était de toute façon moins cher. Pas des scrupules lorsqu´il fallait défendre les bénéfices. Un nouveau camp de concentration fut construit à Monowitz. Il y eût, sous la régie d´IG Farben, des tours de contrôle, des mitrailleuses, des chiens, des clôtures électriques, des fers de barbelés, des cellules de punition et des gibets (galgar ?) où des corps étaient toujours suspendus.

Les conditions régnant dans le camp de IG Farben étaient aussi horribles que celles du reste des camps de Auschwitz. Aucune table ni chaise, aucun lit (sovbirtsar ??) appartenant à une personne ne furent utilisés par trois, la punition et la rossée qui avaient été commandés par les responsables d´IG Farben et appliqués par les SS. La famine était généralisée; les prisonniers perdaient 3 à 4 kg par semaine. Les prisonniers étaient méconnaissables après deux mois.  Après trois mois, ils étaient soit morts soit tellement sans force qu´ils étaient conduits dans les chambres à gaz de Birkenau]. IG Farben exigeait ce qu´on appela « la marche rapide SS », un rythme de travail qui impliquait que tout le matériel de construction soit transporté en courant sous menace et punition de frappe de la part de la police de l´usine de IG Farben et de SS.  De 300 000 prisonniers utilisés à IG Auschwitz, au moins 25000 moururent pendant le travail.  L´usine devint de toute façon un grand échec. Elle ne produisit que quelques litres d´essence et il n´y eût jamais de caoutchouc buna

IG Farben et Zyklon B:

On peut penser que la limite était atteinte pour IG Farben et sa chasse au profit. Pas du tout. Les Nazis avaient, à cette époque-là, décidé « la résolution définitive de la question juive ». Les Nazis avaient comme objectif de tuer les Juifs dans le monde entier. Ils avaient commencé avec les massacres collectifs des Juifs lors de l´invasion de la Pologne.  Des départements spéciaux des SS emprisonnaient des gens dans des camions et utilisaient du gaz carbonique provenant des émissions de gaz pour les tuer. SS trouva que ce procédé n´était pas suffisamment efficace. Les Nazis voulaient avoir des grandes quantités de morts en un temps court. On construisit des incinérateurs permanents à Treblinka où le gaz carbonique était utilisé. Mais même cet autre procédé ne fut suffisamment efficace. Himmler donna au commandant d´Auschwitz, Höss, la tâche de commencer les massacres dans les camps. Höss utilisa à Birkenau, les même incinérateurs qu´à Treblinka mais il esseya un gaz toxique, Zysklon B, liquide (cyanique) (cyanväte) qui avait été utilisé contre les insectes auparavant. Les Nazis utilisèrent 500 prisonniers de guerre soviétiques dans la première expérience pour tuer les personnes humaines avec la  Zysklon B. Les massacres collectifs avec zysklon B devint la méthode des Nazis dans l´extermination massive des Juifs et de tous les prisonniers non-ariens dans les camps de concentration.

Zysklon B fut fabriquée par Degesch (Deutsche Gesellschalt für Schädlingsbekämpmfung, société allemande de lutte contre les insectes nuisibles) dans laquelle IG Farben avaient la majorité des actions et était majoritaire dans le comité de direction. Le chiffre d´affaires record investi dans zysklon B, rapporta à IG Farben, d´énormes bénéfices. IG Farben doubla les bénéfices de ces actions dans Degesch après que l´extermination des Juifs eût commencé. Zysklon B, qui était inodore, était fabriquée auparavant  avec un indicateur d´odeur pour prévenir les humains lorsque le gaz était utilisé contre les insectes. Mais IG Farben donna satisfaction à l´exigence de SS afin que l´indicateur d´odeur soit enlevé. C´était nécessaire lorsqu´il fallait tuer les humains.

Soutien politique et économique au nazisme:

Le grand capital allemand et même le grand capital américain et la Grande Bretagne avaient soutenu la reconstruction des industries d´armement allemand au cours des années 1920. Ce soutien avait été bien accueilli par le grand capital allemand.  Pour eux, l´objectif était de prendre place parmi les pays impérialistes du monde. Un pouvoir militaire fort était la condition nécessaire pour se trouver en situation de respect parmi les impérialistes et aller en guerre à la chasse des colonies. Il était aussi important qu´un investissement dans les industries d´armement donna des grands bénéfices rapides et garantis. L´Etat allemand, qui avait commandé ces articles, pilla les citoyens avec des nouveaux impôts et pays à temps.

Toutefois, pour le grand capital des Etats-Unis et la Grande Bretagne, la question devrait être posée autrement. Les bénéfices énormes et rapides étaient une réalité tentante. Mais l´évolution politique en Allemagne aurait dû parler le langage de la prudence. Soutenu par le grand capital, Hitler était en marche vers l´avant. La possibilité de voir l´Allemagne devenir un Etat fasciste comme l´Italie avec Hitler comme dictateur, était manifeste. Et ceci aurait dû devenir comme une menace contre leurs propres pays, les Etats-Unis et la Grande Bretagne. Pour ne pas parler de leur allié, la France. Le message central d´Hitler était à tout moment la question d´un territoire plus grand pour les Allemands, l´espace de vie d´Hitler. Et ceci allait nécessairement signifier la guerre. Une guerre dans laquelle la Grande Bretagne, avec ses intérêts économiques et les nations alliées de l´Europe centrale, allaient sûrement être impliquées.  

Le grand capital des Etats-Unis et la Grande Bretagne avait de toute façon choisi d´investir et de soutenir l´industrie d´armement allemande. Les affaires d´abord, les intérêts de son propre pays, bien plus tard. C´est toujours comme ca avec le grand capital. Mais dans cette circonstance, il y avait une autre composante. Une grande sympathie s´était développée au sein de la bourgeoisie dans tous les pays européens et en Amérique au profit de la politique d´Hitler, à partir des années 1920. La montée de la classe ouvrière avait menacé les relations/situations les plus injustes du capitalisme et  entamé la possibilité de gagner, (à la limite), des bénéfices. Hitler avait promis de mettre fin au mouvement des travailleurs allemand, de supprimer les organisations syndicales et d´interdire le Parti communiste allemand. La bourgeoisie internationale avait considéré Hitler comme  un personnage idyllique (idole) et la politique de Hitler comme quelque chose à utiliser contre les travailleurs de son propre pays. Une grande partie de la bourgeoisie en Europe et en Amérique devint sympathisante nazie.

Ceci est bien connu et bien documenté en Suède. Les exemples sont légion. La famille royale se posa elle-même en tête des sympathisants de Hitler. Après l´invasion par l´Allemagne nazie de l´Union soviétique en octobre 1941, lorsque tous les papiers (löpsedlar) furent dominés  par le rapport de Hitler et Göbbel sur le fait que l´Allemagne avait définitivement vaincu l´Union soviétique (après à peu près quatre mois de guerre …), Gustav V annonça sa sympathie pour la guerre ainsi menée et mentit lorsqu´il rassura qu´il en était aussi ainsi avec la majorité du peuple suédois. Gustav V annonça aussi à Hitler qu´il avait espoir que le gouvernement suédois allait vite interdire le Parti communiste suédois. Le prince héritier de la couronne de l´époque, Gustav Adolph,  visita les camps des jeunes hitlériens pendant les années 1930 et tint des discours devant les Nazis. Aux jeux olympiques de Berlin de 1936 lesquels étaient marqués par une propagande nazie, le prince Gustav Adolph était assis à la tribune d´honneur entre Hitler et Göring. La Droite suédoise, l´actuel Parti modéré de Rassemblement (Moderaterna)  présenta au parlemenmt suédois, des motions pour interdire le Parti communiste suédois. Au 50ème anniversaire de Hitler, le 20 avril 1939, Hitler était félicité par le chef d´état-major général suédois Thörnell, le  commandant (arméstabschef) Helge Jung et le chef de la flotte, l´amiral Tamm.

Il est important d´attirer l´attention sur le fait que tous ces événements se sont passés après qu´Hitler eût définitivement rompu le Traité de paix de Versailles et toutes les conventions internationales, après l´invasion et l´occupation de l´Autriche et de la Tchécoslovaquie et après l´aide de Hitler à Franco et au fascisme espagnol dans le but de détruire le gouvernement démocratique espagnol. Après l´invasion et l´occupation du Danemark, de la Norvège, de la Belgique, de la Hollande et de la France par l´Allemagne nazie, cette attitude continua et se développa par les autorités suédoises. Le chef d´état-major général de l´armée, Olof Thörnell proposa, le 21 avril 1941 –un an après l´occupation des « peuples frères » norvégiens et danois-, au gouvernement suédois de se mettre du côté de l´Allemagne nazie dans l´imminente guerre contre l´Union soviétique. « Une victoire allemande devrait conduire à la défaite du communisme et être un avantage incomparable pour le bien être intérieur de notre pays », écrivit Thörnell. Il avait derrière lui, presque sans exception, tout le corps des officiers suédois. Une grande partie de la classe bourgeoise suédoise était pro-allemande et nombreux étaient des sympathisants nazis.

En Grande Bretagne, qui elle-même et ses colonies d´Afrique et d´Inde, serait menacée par une Allemagne militairement forte sous la direction de Hitler et du nazisme, le roi Edouard VIII était nazi. Il fut obligé d´abdiquer du trône en 1936. L´histoire est maintenant connue notamment grâce au fait de la levée du seau du secret frappant les documents FBI aux Etats-Unis entre 2002 et 2003.  Longtemps avant, il était soutenu que Edouard VIII avait été obligé d´abdiquer parce que la femme avec laquelle il voulait se marier, une aventurière américaine du nom de Willis Simpson, était détestable (avskydd ???) et que Edouard VIII fut obligé d´abdiquer pour pouvoir la marier. Willis Simpson était, en réalité, nazie et avait les meilleurs contacts avec Joachim von Ribbentrop, l´ambassadeur de l´Allemagne nazie à Londres en 1935.

La police fédérale des Etats-Unis rapporta au président Roosevelt que Wallis Simpson était l´amante de Ribbentrop et qu´elle a, même quelques années plus tard, donné des informations secrètes aux Nazis avant l´invasion de la France en 1940. Elle était alors déjà mariée avec son Edouard pendant quatre ans. Après avoir abdiqué, Edouard VIII devint duc de Windsor et gouverneur de Bahamas. Willis Simpson devint duchesse de Windsor. La FBI avait mis le couple sous une surveillance dure avec, entre autres, la censure de toutes les lettres allant aux Etats-Unis. L´ambassade britannique à Washington essaya, en vain, en mai 1943, et pour la deuxième fois, d´obtenir la levée de la censure des lettres. Les ducs de Windsor étaient nazis, et avaient beaucoup de contacts au sein de la grande finance nord-américaine laquelle continua, pendant la guerre, de faire des affaires avec l´Allemagne nazie. C´étaient des contacts d´affaires importants entre la grande finance nord-américaine et les Nazis.

Le capital monopoliste des Etats-Unis et la Grande Bretagne investissent dans Hitler:

L´intérêt pour les investissements étrangers en Allemagne devraient s´être refroidi avec la prise du pouvoir par Hitler en janvier 1933. Il n´en fut cependant pas le cas. La vague des investissements étrangers en provenance des Etats-Unis et de la Grande Bretagne, surtout dans l´industrie allemande de l´armement, continua de manière ininterrompue. La politique de violence de Hitler et des Nazis contre leur propre peuple et contre les Etats frontaliers de l´Allemagne n´eût pas d´impact sur la volonté d´investir de la part des Etats-Unis et la Grande Bretagne.

Le fait que la bourgeoisie ne réagit pas lorsque des centaines de milliers des membres du Parti communiste et les organisations syndicales furent enfermés sans des camps de concentration peu après la prise du pouvoir par Hitler ainsi que lorsque les Nazis tuaient des centaines des dirigeants, ne nous étonne pas. Les pensées de la bourgeoisie sur la démocratie n´existent que pour eux-mêmes,  pas pour tout le peuple. Mais le manque de réaction continua lorsque les Nazis commencèrent à poursuivre les Juifs avec des accusations racistes et en plus lorsqu´après la nuit (kristalnatten), en 1938, ils commencèrent à enfermer et tuer les Juifs dans les camps de concentration. Une partie des Juifs étaient des personnes occupant des fonctions de direction dans la vie économique et industrielle allemande, des compagnons d´affaires des capitalistes des Etats-Unis et de la Grande Bretagne. Toutefois, cela ne changea pas la position des investisseurs. La chasse au profit se poursuivit comme d´habitude. Le capital continua à affluer en provenance des Etats-Unis et de la Grande Bretagne pour l´industrie allemande de l´armement.

Le feu vert pour un investissement continu et accru dans les industries allemandes avait été donné dans les traités de paix et les pactes de non agression que la Grande Bretagne, la France, la Pologne signèrent avec l´Allemagne nazie et l´Italie fasciste au cours des années 1930.  En 1933, peu après la prise du pouvoir par Hitler, la Grande Bretagne et la France prirent l´initiative «d´un pacte de compréhension mutuelle et de coopération », avec l´Italie fasciste et Allemagne nazie. L´année suivante, en 1934, la Pologne et l´Allemagne nazie signèrent, sur l´instigation de l´Angleterre, un pacte de non agression. La Grande Bretagne et l´Allemagne nazie signèrent, en 1935, l´« accord marin » (???) selon lequel, la marine de guerre allemande allait être construite pour qu´elle devint presque aussi grande que celle de la France.

C´était totalement contre le Traité de Versailles. En 1938, La Grande Bretagne et la France signèrent la Convention de Munich avec l´Italie fasciste et l´Allemagne nazie par laquelle elles abandonnèrent la Tchécoslovaquie dans les mains des Nazis. La Grande Bretagne et l´Allemagne signèrent, en septembre 1938, une déclaration selon laquelle elles ne devaient plus jamais aller en guerre l´une contre l´autre. La France fit la même chose en décembre 1938. Aucun des crimes nazis n´arrêta les soit disant investissements des démocraties occidentales en Allemagne nazie. L´accord de Munich était, politiquement, une grande victoire pour Hitler. Fritz Thyssen écrivit ceci dans son journal intime: « C´était avant tout le Pacte de Munich qui donna au régime national socialiste une gloire historique. Il était, aux yeux des masses, une confirmation du fait que Hitler était sans faute et mis les nouveaux leaders en position de mener, pendant les années suivantes, une politique qui conduisit l´Allemagne dans une guerre que le peuple allemand n´avait pas prévue et qu´il n´avait pas souhaitée ».

Le capital monopoliste de l´occident gagne de l´argent sur les guerres d´Hitler contre leurs propres pays.

Que le monde de la finance n´ait pas de moral et d´éthique est bien connu et démontré. Surtout à travers l´aide économique (que) de si gros investissements provenant des Etats-Unis et la Grande Bretagne impliquèrent pour l´économie nazie. Mais peu de gens s´imagineraient que ces affaires allaient continuaient pendant la guerre entre leurs propres pays et l´Allemagne nazie. Une guerre qui, en plus, était imposée à ces pays par l´Allemagne nazie. Il en fut de toute façon comme cela.

L´histoire de ces affaires et les accords économiques a toujours été un chapitre très secret dans plusieurs pays. Il en est toujours ainsi entre autres, en Grande Bretagne. En ce qui concerne les Etats-Unis, ces affaires secrètes ont été dévoilées avec la publication du livre de l´écrivain nord-américain, Charles Highmans, « Trading With the Ennemi : An exposé of The Nazi-Américan Money Plot 1933-1949 », publié à New York en 1983.  Charles Higham est un écrivain connu qui avait alors déjà publié plusieurs ouvrages, surtout des romans et des biographies des personnalités connues dans le domaine de l´art et du cinéma. Mais Charles Higham vient d´une famille d´origine juive. « Auschwitz est un mot pour toujours gravé dans mon cœur», écrit Higham. C´était décisif pour les révélations que Higham allait révéler au monde.

L´intérêt de Charles Higham pour les affaires secrètes pendant la guerre mondiale commença en 1978 quand il faisait des recherches sur les affirmations faites sur les contacts du cinéaste Errol Flyms avec les Nazis. Higham a écrit un livre sur ce sujet –The Untold Story. Mais pendant les recherches autour de Errol Flym, Higham mit la main sur les archives de la bibliothèque, plusieurs références sur des politiciens connus et des hommes d´affaires qu´« il avait toujours cru avoir été liés à la chose américaine » mais qui « avaient une marque de suspicion pour les activités subversives ». Ces rumeurs -là sur les contacts entre la grande finance, les politiciens et les Nazis, avaient existé après la deuxième guerre mondiale mais des preuves n´avaient jamais été mises en lumière.

Higham recut maintenant sur son bureau de travail d´innombrables références aux documents qui avaient été gardés dans plusieurs archives aux Etats-Unis. Charles Higham se décida alors d´aller jusqu´au fond de cette affaire. Higham commença à chercher ces documents d´archives en archives mais même quand il trouvait quelque chose, il était surpris de constater que tout était sous le cachet du secret! Higham ne jeta pas l´éponge. Il commença le grand travail de faire lever toutes mentions « secrets ». Invoquant la Freedom of Information Act des Etats-Unis, Charles Higham débuta le processus juridique très économiquement coûteux et exigeant en termes de temps pour faire supprimer les seaux du secret. Ceci lui avait pris beaucoup d´années de travail. Les premiers documents qu´il arriva à lire conduisaient à de nouveaux documents et à des nouvelles exigences sur la levée du seau du secret dans une chaine qui ne prenait jamais fin. Le résultat était troublant pour Higham. « Ce que j´avais trouvé était très indignant », écrivit-il.

La première chose que Higham découvrit était que le président Roosevelt avait, le 13 décembre 1941, six jours après l´attaque japonaise sur Pearl Harbor et quatre jours après la déclaration de guerre de Hitler contre les Etats-Unis, signé un décret, le « Trading With the Enemy Act » (législation de commerce avec l’ennemi) dans lequel des arrangements légaux pour le commerce avec les ennemis pouvaient officiellement être autorisés par le ministre des finances. Il était scandaleux que ceci fût possible,  pensa Higham. Mais ce fut pire que cela. Les entreprises des Etats-Unis  outrepassaient toutes les limites  possibles pour ce qui était officiellement autorisé et établissaient des grandes affaires secrètes avec les Nazis.

Charles Higham, un homme aux valeurs bourgeoises, avait une croyance solide dans le système démocratique des Etats-Unis et ne pouvait, en aucun cas, croire que ceux qui étaient assis sur le piédestal démocratique, étaient des traîtres de la patrie, ceux qui trahissaient leur pays et leur peuple pour des intérêts. « A cause du secret qui avait assombri toute l´histoire, la recherche devint le cauchemar qui précédait le grand cauchemar de la découverte. J´avais commencé un voyage qui risquait de ressembler à de la noyade dans l´eau empoisonnée dans une cloche à plongeur ».

Ce qui énervait Higham le plus, c´était le fait que les affaires avec l´Allemagne nazie avaient continué même après l´attaque japonaise contre la base de la flotte des Etats-Unis, la Pearl Harbour, le dimanche 7 décembre 1941 et même après la déclaration de guerre d´ Hitler contre les Etats-Unis, le 9 décembre 1941. Pour les grands capitalistes des Etats-Unis, la guerre n´était pas quelque chose qui exigeait une prise de position au profit de son pays, qui exigeait qu´on se rassembla pour l´intérêt du pays. Au contraire. « Ils étaient unis par une idéologie: l´idéologie des affaires comme d´habitude (Business as Usual). Unis par les mêmes idées réactionnaires, ils virent un avenir commun sous le pouvoir fasciste, indépendamment de la personne du leader mondial qui pouvait réaliser cette ambition »[90], écrit Higham. Lorsque la guerre commença à aller mal pour les Nazis et qu´ils commencèrent à perdre sérieusement, les hommes de la finance devinrent, selon Higham, plus « loyaux ». Et quand la guerre prit fin, « ils se dépêchèrent en Allemagne pour protéger leurs richesses, remettre les amis nazis aux postes les plus élevés, aider à provoquer la guerre froide».

Qui étaient-ils, les magnats de la finance des Etats-Unis qui gagnaient des grands bénéfices dans les affaires avec les Nazis ?

La liste est longue. Laissez-nous donner au lecteur un regard rapide sur ce groupe obscur que Charles Higham appelle « La Fraternité » (The fraternity).  A la première place vient la famille Rockefeller, propriétaire de la Chase National Bank (plus tard Chase Manhattan), la première institution financière des Etats-Unis lors du déclenchement de la guerre mondiale. La famille Rockefeller avait aussi la propriété de la Standard Oil of New Jersey, la première compagnie de pétrole américaine. Une grande partie des importations du matériel de guerre des Nazis aux Etats-Unis passait à travers ces entreprises et beaucoup d´autres comme la National City Bank of New York. Même certaines petites entreprises comme la Davis Oil Compagny et la Texas Compagny, étaient importantes pour fournir du pétrole et de l´essence aux Nazis pendant la guerre.   

Dans le domaine des télécommunications et de l´électronique, l´entreprise des Etats-Unis, International Telephone and Telegraph Corporation, ITT,  se distingua dans l´aide à la conduite de la guerre par les Nazis. Lorsqu´il s´agit des produits en acier avancés comme des roulements à billes, l´entreprise suédoise SKF (Svenska Roulements à billesfabriken) et sa filiale aux Etats-Unis, étaient de très grande importance pour les Nazis. Tout ce qui roulait ou tournait exigeait des roulements à billes et ceux-ci provenaient de SKF. SKF avait même construit une usine à Schweinfurt, en Allemagne, pour doter les machines de guerre nazis des roulements à billes. SKF fabriquait 80 % des roulements à billes du monde. 60% de la production mondiale de SKF allait chez les Nazis. Sven Wingquist, président de SKF, était un actionnaire important dans la Stockholms Enskilda Bank de Wallenberg, qui à son tour avait des liaisons avec la Reichsbank d´Hitler.

Une autre entreprise suédoise qui était importante pour la guerre de Hitler, en réalité une des plus importantes, était Bofors, d´où les Nazis avaient reçu une partie significative de l´acier et des armes à utiliser pendant la guerre. Les entreprises des Etats-Unis fabriquèrent même des voitures pour les Nazis pendant la deuxième mondiale. Henry Ford était un fanatique anti-juif connu, avec des bons et amicaux contacts avec Hitler. Sa compagnie, la Ford Compagny, fabriquait des voitures et des camions qui étaient exportés en Allemagne nazie et les usines françaises de Ford fabriquaient des voitures pour les Nazis pendant l´occupation de la France par l´Allemagne nazie. General Motors qui est la propriété de la famille Du Pont, était aussi de la partie et fournissait des voitures et des avions aux Nazis.

Comment se passaient les affaires? Nous allons décortiquer ces liaisons en détail. Mais donnons d´abord la parole à Charles Higham: «Que se serait-il passé si des millions d´Américains et des Britanniques qui, en 1942, durent se battre avec des coupons de rançonnement et s´alignaient devant des stations d´essence, avaient su que la direction de Standard Oil of New Jersey avait envoyé le carburant allié à l´ennemi ? Pensez si le public avait découvert que la Chase Bank, dans la ville de Paris occupée, avait fait des millions de dollars de bénéfices sur les affaires avec l´ennemi alors que la direction générale de Manhattan le savait parfaitement? Ou que les voitures de Ford avaient été fabriquées pour le compte des troupes d´occupation allemandes en France avec l´accord de Dearborn, à Michigan? Ou que le colonel Sosthenes Behn, personnage principal au sein du Conglomérat de téléphone américain, ITT, s´était, pendant la guerre, envolé de New York à Madrid et par la suite à Berne, pour contribuer à l´amélioration du système de communication de Hitler et des missiles qui pleuvaient sur Londres? Ou bien que ITT avait fabriqué l´avion allemand, Focke-Wulf, qui fit tomber les bombes sur les troupes britanniques et américaines? Ou bien que de très importants roulements à billes avaient, dans une coopération secrète avec le vice-président du comité de la Production de guerre des Etats-Unis (War Production Board), en coopération avec le cousin de Göring à Philadelphia, été envoyés aux compagnons des Nazis en Amérique latine (pour leur export vers l´Allemagne nazie, explication de MS), lorsque les  forces américaines étaient dans un besoin désespéré de celles-ci? Et que ces affaires étaient connues à Washington et bien connues ou intentionnellement ignorées?

Charles Higham nous donne, dans « Trading With the Ennemi », une très grande quantité de matériel sur des événements pouvant attirer une grande attention. Nous allons relever, d´une manière très brève, une petite partie des révélations de Higham. Remarquez que tout le matériel se trouvait éparpillé dans les archives des Etats-Unis et qu´ils étaient frappés du seau du secret jusqu´aux recherches de Higham. Higham avait exigé et obtenu la levée de la mention « secret » pour une partie du matériel. Mais beaucoup des documents sont encore classées secrètes! Nous allons réproduire des documents concernant la BIS –Bank of International Settlements, la Chase National Bank, la Standard Oil of New Jersey, ITT- American International Telephone and Telegraph Corporation,  Ford et General Motors.

BIS –Bank of International Settlements (Banque pour les payements internationaux):

La BIS avait été fondée le 17 mai 1930 par plusieurs banques centrales d´Europe et des Etats-Unis. La raison de la création de la BIS était d´obtenir le payement des dommages de guerre par l´Allemagne selon la Convention de Versailles après la première guerre mondiale. Bien que la guerre était terminée en 1918, la question des dommages de guerre n´était pas, comme nous l´avons vu auparavant, encore résolue jusqu´à la fin des années 1920. Il y eût, avec le Plan Young (1920-1930), une proposition concrète sur la manière dont les dommages de guerre allaient être payés. Comme il avait été dit à l´époque, le rôle de la BIS était de recevoir, d´administrer et de payer les dommages de guerre aux pays alliés qui avaient été soumis à la guerre par l´Allemagne.

Mais il n´en fut pas ainsi. Le grand capital des pays alliés avait trouvé une chance de faire des grands bénéfices en investissant l´argent dans ce pays industriel ravagé par la guerre, l´Allemagne. Ces investissements avaient commencé une année seulement après la fin de la guerre. Mais à la fin des années 1920, les affaires devinrent très grandes et la banque avait besoin d´une liaison sûre entre l´Allemagne et les pays alliés. La BIS fut créée. Les capitalistes utilisèrent la BIS pour envoyer de l´argent aux investisseurs en Allemagne. Au lieu d´être une voie pour la sortie de l´argent de l´Allemagne, la BIS devint une voie pour l´entrée de l´argent en Allemagne. Surtout en provenance des Etats-Unis et de la Grande Bretagne !

Dans le comité de direction de la BIS, il y avait les représentants des banques centrales des Etats-Unis, de la Grande Bretagne, de la France et même de l´Allemagne, du Japon, de l´Italie et ceux d´autres banques. Ce qu´avait tous ces représentants en commun était qu´ils avaient aussi des responsabilités au sein des comités exécutifs et des directions des grandes entreprises de ces pays. L´un des fondateurs de la BIS était par exemple, l´initiateur même du Plan Young, Owen D. Young, un des banquiers du groupe de la famille Morgan qui avait la propriété de la First National Bank of New York.  Les représentants du grand capital mondial étaient rassemblés dans la BIS. Ceci fut naturellement exprimé dans les statuts de la BIS, (à savoir) que la BIS « allait être une exception à la saisie,  la fermeture et les blâmes, indépendamment du fait que ses propriétaires étaient ou non en guerre les uns contre les autres». La BIS était le représentant de la politique « des affaires d´abord », gagner de l´argent sur la guerre, surtout de deux côtés des belligérants.

La BIS avait (et a) sa direction générale à Basel, en Suisse. Les Allemands, les Nazis, gagnèrent dès le départ une grande influence au sein de la BIS.  C´était dans leur pays que les investissements étaient faits ; les profits augmentèrent au point qu´au moment du commencement de la deuxième guerre mondiale, la BIS  était sous le contrôle nazi. Le président de la BIS, l´américain Thomas H. McKittrick, était une personne connue pour ses sympathies nazies, quelque chose qu´il partageait avec un grand nombre de grands capitalistes aux Etats-Unis. Au sein de la BIS, il y avait, pour le compte de l´Allemagne nazie, Hermann Schmiz, chef du groupe chimique allemand IG Farben, le baron Kurt von Schröder, un officier de premier plan de la Gestapo et chef de la Stein Bank en Cologne, ainsi que Walter Funk et Emil Puhl, président et vice-président de Reichbank allemande et nommés par Hitler en personne comme représentants au sein de la BIS.

La BIS existait tout le temps comme une institution complice et comme la financière des Nazis, et comme arrière soutien de toutes les expéditions de guerre nazies en Europe. Les Nazis utilisaient la BIS comme support pour amener chez-eux toutes les richesses qu´ils pillaient dans les occupés. La BIS était de la partie dés le départ lorsque les troupes nazies avaient envahi et occupé l´Autruche en 1938.  Tout l´or autrichien qui se trouvait dans la banque royale à Vienne fut pillé, empaqueté et envoyé par la suite à la banque centrale à Berlin sous la supervision du vice président de la banque centrale et du directeur de la BIS, Emil Puhl. Le rôle de la BIS était, au moment de l´invasion et de l´occupation de la Tchécoslovaquie par les Nazis, à peu près le même, mais beaucoup plus révélateur comme une  coopération du grand capital international pour le pillage et les opérations de piraterie. Lorsque les Nazis arrivèrent à la banque centrale tchèque, les réserves d´or du pays, 48 millions de dollar en or, avaient déjà été expédiés dans un transport de la BIS à Basel et par la suite, en Grande Bretagne et la banque d´Angleterre. Avec un revolver appuyé contre la tête, les occupants Nazis obligèrent le directeur de la banque centrale tchèque de prendre contact avec la BIS et de demander que l´or tchèque soit renvoyé de la Grande Bretagne à Basel. Le président hollandais de la BIS, JW Beyen, et le directeur français de la BIS, Roger Auboin, de la Banque de France, décidèrent, après une discussion entre eux, d´accepter la demande du directeur de la banque centrale tchécoslovaque alors qu´ils étaient bien conscients que cette demande avait été dictée par les Nazis.

Le message fut envoyé par la suite en Grande Bretagne où le président de la banque centrale, Montagu Norman, un homme connu pour ses sympathies nazies, décida sur le champ de renvoyer l´or à Basel. De Basel, l´or fut envoyé directement à la banque centrale allemande. Montagu Norman avait le soutien total du premier ministre de la Grande Bretagne, Chamerlain, un grand actionnaire de l´Imparial Chemical Industries, le partenaire britannique du groupe chimique allemand, IG Farben. Chamberlain mentit ouvertement au Parlement britannique lorsqu´il nia que l´or tchécoslovaque aurait été renvoyé à Basel. Comme réponse à la question du parlementaire du Labour, George Strauss, de savoir s´il était vrai que « les réserves d´or de la Tchécoslovaquie avaient été données à l´Allemagne », Charberlain répondit : « Non, ce n´est pas vrai ». Associated Press rapporta, le 31 mai 1939, à partir de la Suisse, que l´or Tchécoslovaque avait passé Basel et qu´il se trouvait déjà dans la banque centrale allemande à Berlin.

Pensez que cet événement a eu lieu six mois seulement après que la France et la Grande Bretagne eurent signer, le 30 septembre 1938, l´Accord de Munich, un pacte avec l´Allemagne nazie et l´Italie fasciste qui, selon les exigences de Hitler, avaient forcé la Tchécoslovaquie à céder, à l´Allemagne, une partie de son territoire, les Sudètes, un territoire à population bilingue. L´Accord de Munich était la trahison ouverte de la Grande Bretagne et de la France contre la Tchécoslovaquie. La France et la Tchécoslovaquie par exemple, avaient, une année auparavant, signé une alliance militaire où les deux pays s´étaient engagés à se défendre mutuellement  au cas où ils sont attaqués par l´Allemagne nazie. L´alliance n´avait aucune valeur. La même chose s´applique en ce qui concerne les engagements de la France et de la Grande Bretagne à la Tchécoslovaquie lors de la signature de l´Accord de Munich. Les deux pays s´étaient engagés  à assurer la sécurité militaire de la Tchécoslovaquie après la cession du territoire des Sudètes à l´Allemagne nazie. Ces engagements ne valaient plus rien lorsqu´il fallut passer à l´action. Le pays fut occupé par les Nazis et divisé en deux colonies nazies. La France et la Grande Bretagne ne levèrent pas le doigt pour défendre la Tchécoslovaquie.

L´histoire rattrapa ces traîtres et ils payèrent le prix de la traîtrise. L´or  tchèque fut utilisé par les Nazis pour acheter du matériel de guerre stratégique pour la prochaine guerre contre la France et la Grande Bretagne. Déjà en 1939, les Nazis avaient placé une grande quantité d´or volé dans la BIS, à Basel, afin de l´utiliser dans des investissements en Allemagne nazie. La BIS était importante pour Hitler. Mais aussi pour le capital de l´Occident. Tous profitaient de la guerre. La Grande Bretagne recevait régulièrement des bénéfices en provenance de la BIS avant et après qu´elle fût allée en guerre contre l´Allemagne et pendant toute la guerre. Deux des membres de la BIS pendant tout le temps de la guerre, étaient Sir Otto Niemeyer, directeur dans la Banque d´Angleterre et le ci-dessus cité Montagu Norman, président de la Banque d´Angleterre.

Les troupes nazies arrivèrent en Hollande et en Belgique au mois de mai 1940. La Hollande capitula le 14 mai et les réserves d´or du pays furent pillées et expédiées à travers la BIS à la banque centrale à Berlin. La Belgique capitula au profit les Nazis le 28 mai. Les réserves d´or du pays,  d´une valeur de 228 millions de dollars, avaient, peu avant l´invasion, été envoyées à la banque centrale française qui était alors considérée comme plus sûre. Mais en juin, c´était le tour de la France de capituler devant les Nazis. Le directeur belge de la BIS, Alexandre Galopin, découvrit, dans la partie non occupée de la France, les convois d´or belge de l´or et se servit de son pouvoir pour les envoyer par la suite à Dakar, au Sénégal, d´où il pouvait  par la suite être transporté vers l´Europe et la banque centrale allemande, la Reichsbank. Le traître Galopin dût payer pour ses actes ; il fut exécuté par le mouvement de résistance en 1944.

La morale capitaliste des « affaires d´abord » continua pendant toute la guerre. Les capitalistes des Etats-Unis et de la Grande Bretagne continuèrent à faire des affaires avec la BIS pendant toute la guerre, à investir de l´argent dans la banque et à avoir des profits sur l´argent ainsi investi. Les Nazis utilisaient l´argent à faire la guerre contre les pays alliés et à payer régulièrement des intérêts à la BIS. L´argent des intérêts provenaient de l´or volé par les Nazis dans les pays pillés mais aussi des propriétés des millions des Juifs assassinés.  Des millions des dents en or, des bagues, des étuis, des verres des lunettes, des briquets, mm. L´or des Juifs fut dilué en 20kg de lingots et a constitué en une  centaine de transport d´or de Berlin à la BIS. Les recherches effectuées lors des procès de Nuremberg contre les criminels de guerre, après la guerre, ont montré que beaucoup de transports destinés à la Banque centrale nazie, à Berlin, venaient des camps de concentration de Lublin et d´Auschwitz .

Lorsque la guerre alla dans sa phase décisive, en mai 1944, lorsque l´Union soviétique gagna grandement et qu´on commença à entrevoir une fin de la guerre, la BIS convoqua une grande réunion à Basel. Les directeurs de la BIS de l´Allemagne nazie, de l´Italie, du Japon, de la Grande Bretagne et des Etats-Unis, se rassemblèrent sous la direction de l´américain Thomas H. McKittrick. McKittrick était, avec l´accord des Etats-Unis, président de la BIS pendant toute la guerre. L´agenda de la réunion : discussion sur 378 millions de dollar en or que les leaders nazis avaient envoyés  à la BIS pendant les années de guerre, pour qu´ils puissent être utilisés à la fin de la guerre. L´or provenait des pays pillés et des Juifs assassinés. La décision de cette réunion n´est pas connue, elle est secrète jusqu´à ce jour.

La BIS, une banque nazie, avait toujours eu des amis puissants qui ont sauvegardé les affaires et aidé à garder les secrets. Lors de la conférence monétaire internationale de Breton Woods de juillet 1944, pendant les négociations de l´Occident sur le développement économique après la guerre, lorsque la Banque mondiale et le Fonds monétaire internationale furent crées, une résolution fut prise de mettre fin à la BIS. Mais il n´en fut jamais ainsi. La banque existe jusqu`à aujourd´hui, les affaires comme d´habitude ». En 1948, la BIS était sous une grande pression avec l´exigence du remboursement de l´or volé aux pays pillés et aux peuples pillés. La BIS remit alors une somme misérable de 4 millions de dollars en or. Ca montre quels sont les pouvoirs existant dans le monde de la finance capitaliste.

Chase National Bank, une banque au service des Nazis:

Dans les années 1930 et au cours de la deuxième guerre mondiale, la famille Rockefeller était propriétaire de la Chase National Bank (plus tard, Chase Manhattan Bank, aujourd´hui JP Morgan Chase), la plus grande institution bancaire de l´époque aux Etats-Unis, et la plus grande compagnie pétrolière Standar Oil of  New Jersey. La Chase National Bank (et même la National City Bank of New York) commerçaient avec l´Allemagne même lorsque le pays tomba sous la dictature nazie. Chase recevait des payements pour le pétrole et beaucoup d´autres produits à caractère stratégique que la Standard Oil et d´autres entreprises des Etats-Unis vendaient aux Nazis. La liste de ces entreprises est longue. En plus de la Standard Oil, il y avait, Sterling Products, General Aniline and Film, SKF, ITT, Davis Oil Compagny, Texas Compagny, Ford et General Motors.

Le directeur de la Chase pour l´Europe était, Joseph Larkin, un homme qui avait de très fortes sympathies pour le fascisme du général Franco et sa guerre contre la république pendant la guerre civile espagnole. Les sympathies de Larkin s´exprimaient non seulement verbalement, mais aussi par des actes concrets. Lorsque l´ambassadeur espagnol accrédité aux Etats-Unis voulut ouvrir un compte de 4 millions de dollars à la Chase, en 1936, à New York, il fut stoppé par Larkin. L´argent allait être utilisé pour soutenir les activités de l´ambassadeur et la brigade Lincoln, un de citoyens américains qui s´étaient portés volontaires au côté des républicains contre le fascisme au cours de la guerre civile espagnole. Pas de compte bancaire pour les républicains au sein de la Chase de New York. A peu près au même moment, l´ambassade espagnole à Paris avait ouvert un compte à la Chase Bank de Paris. Même ce compte fut stoppé par Larkin qui obligea l´ambassadeur à clôturer ce compte dans la banque.

Mais Larkin ne se satisfit pas de cela. Il avait des activités de soutien actif au fascisme et au nazisme. Il avait ouvert, à Paris, des comptes bancaires aussi bien aux fascistes de Franco qu´à la banque centrale allemande, Reichsbank, sous le contrôle direct de Hitler. Larkin géra ce service pour le compte des Nazis pendant toute la deuxième guerre mondiale. Pendant l´occupation de la France par les Nazis, Larkin ouvrit un compte personnel pour le compte de l´ambassadeur allemand à Paris, M Otto Abetz, et un autre pour le compte de l´ambassade allemande. L´argent entrait, à travers ces comptes, pour financer les activités de l´occupation et la Gestapo, pour la propagande, l´oppression, la torture et le meurtre du peuple français.

La Chase Bank resta à ouverte à Paris pendant toute l´occupation nazie de la France et même après que l´Allemagne nazie eût déclaré la guerre aux Etats-Unis (c´était aussi le cas de la Morgan Bank). Les investissements de la Chase dans l´industrie allemande d´armement continuèrent pendant la guerre, les affaires prospérèrent et ce fut la même chose avec les bénéfices. Surtout en provenance de la vente du pétrole et d´autres produits de la Standard Oil.

Lorsqu´après la guerre Larkin voulut défendre son action, il dévoila que « le gouvernement britannique avait une attitude positive à l´encontre des banques britanniques à l´étranger » et affirma que les «banques britanniques de Paris faisaient de grandes affaires pendant l´occupation ».

La famille Rockefeller commença même en 1936, une nouvelle banque, ensemble avec Schröder Bank of New York pour les affaires avec les Nazis. La banque reçut le nom de Schröder, Rockefeller and Compagny, Investments Bankers et était, selon Times, un complice de l´axe Rome-Berlin ».

En dehors des services bancaires, la Chase Bank s´adonnait aussi aux campagnes de propagande au profit des Nazis aux Etats-Unis. La banque publiait une feuille de propagande pour les achats du mark allemand qui promettaient de bonnes récompenses après que l´Allemagne nazie eut gagné la guerre.

Après la guerre, la Chase Bank fut mise en accusation pour avoir violé le Trading With Ennemi Act . Le tribunal trancha, après plusieurs semaines de procès, en faveur de la banque et la Chase bank se tira totalement de toutes les accusations. Aucune des accusations portant sur la collaboration avec l´ennemi ne fut rendue publique.

Standard Oil of New Jersey, combustible pour l´ennemi:

Standard Oil, était en 1941, la plus grande compagnie pétrolière du monde. Elle appartenait à la famille Rockefeller. Les affaires de Standard Oil étaient couvertes par la Chase National Bank. Ceci signifiait des payements pour le pétrole et autres mais aussi des prêts aux affaires des partenaires de Standard Oil. C´est comme ca que les contacts entre Standard Oil, le gouvernement et les entreprises fonctionnaient, en Allemagne nazie.

Le tout puissant président de Standard Oil s´appelait Walter C. Teagle. Déjà tôt dans la vie, au cours des années de la première guerre mondiale, Teagle s´était fait connaître pour son admiration de l´esprit d´entreprise allemande. Ceci fut suivi par le soutien au nazisme naissant.

Teagle avait établi de fortes relations personnelles et des relations d´affaires avec Herman Schimtz, personnage principal dans le groupe chimique allemand IG Farben, le principal partenaire d´affaires de Standard Oil en Allemagne nazie. Walter Teagle devint aussi, aux Etats-Unis, directeur de l´American IG Chemical Corporation, une grande entreprise chimique et la filiale d´IG Farben, où le gouvernement nazi possédait un grand nombre de parts. Dans la toile des relations d´affaires qui dirigent les activités de grandes entreprises, tous se connaissent et les investissements se font de part et d´autres sur tout le terrain. Teagle avait beaucoup investi dans l´American IG et American IG avait beaucoup investi dans Standard. Au sein de la direction de l´American IG, il y avait même les gens provenant d´autres entreprises qui avaient de bons contacts avec les Nazis, par ex. Edsel Ford et William Weiss, le chef de Sterling Products.

Les relations d´affaires de Standard Oil et celles de Walter Teagle avec les entreprises de l´Allemagne nazie devinrent un bon et nécessaire soutien pendant la guerre contre les alliés. Teagle et Standard avaient une position décisive dans l´importante affaire du kérosène destiné à l´aviation nazie. Les Nazies eurent, grâce à Teagle et Standard Oil, le contrôle de l´air. Tout commença avec les préparatifs de la guerre contre la Tchécoslovaquie en 1938.

Le kérosène, la gazoline pour les avions, exige une composante de plombe, (tetraetyl), qui était presque exclusivement fabriqué par l´entreprise des Etats-Unis, Ethyl Gasoline Corporation, laquelle appartenait à parts égales à Standard Oil et à General Motors (le plus grand actionnaire de General Motors était Du Pont). Ethyl Gasoline Corporation était leader mondial dans le développement de la technologie de plomb dans la gazoline. Il était, au milieu des préparatifs de la guerre, vital pour les Nazis d´avoir cette technologie en Allemagne afin de pouvoir fournir les avions nazis de Luftwaffe en carburant. IG Farben reçut, de la part des dirigeants nazis,  la mission d´utiliser ses relations d´affaires avec Standard Oil pour obtenir de celle-ci la construction d´une usine du composante tetraetyl de plombe en Allemagne nazie.

IG Farben fit ainsi, avec succès en réalité. On obtint d´Ethyl Gasoline Corporation d´accepter de construire, ensemble avec IG Farben, une usine en Allemagne nazie. L´affaire fut même acceptée par le ministère de la guerre des Etats-Unis. Seul Du Pont prit une attitude prudente exigeant qu´aucun secret de fabrication ne fut donné à IG Farben. Mais l´affaire était grande et les profits aussi l´étaient, alors personne n´écouta. Les Nazis eurent leur entreprise, une entreprise appartenant à Standard Oil et à IG Farben, du nom d´Ethyl GmbH, qui par la suite construisit toutes les usines de tetraetyl en Allemagne. Toutefois, un problème persistait encore. La première usine n´allait pas être prête avant l´automne 1939. L´invasion de la Tchécoslovaquie était fin prête et des mesures de prudence, donc de disposer immédiatement des grandes quantités de tetraetyl, devaient être prises. Il pouvait arriver que la France et la Grande Bretagne prennent l´Accord de Munich au sérieux et initient une guerre contre l´Allemagne.

Walter Teagle de Standard Oil aida les Nazis dans leurs besoins désespérés du tetraetyl. Teagle organisa les choses de telle sorte que le plus haut chef de IG Farben, Herman Schimtz et deux responsables de IG Farben, Krauch et Knierem, voyagent à Londres en 1938, pour rencontrer les contacts de Teagle au sein de la filiale de Standard Oil, Ethyl Export Corporation. Ils signèrent là un contrat selon lequel IG Fraben emprunterait 500 tonnes de tetraetyl! Personne ne se posa la question de savoir pourquoi IG Farben emprunterait juste en ce moment-là, dans cette situation politique internationale très difficile, 500 tonnes de tetraetyl. Schimtz pouvait, le 8 juin, informer le ministère nazi de la guerre, que Ethyl Export Corporation allait commencer à envoyer du tetraetyl par mer le même mois. Comme si cela ne suffisait pas, Schimtz fit le même voyage une année plus tard et acheta le tetraetyl pour 15 millions de dollar. L´aviation nazie devint, de cette façon, à mesure de commencer une guerre offensive.

Les Nazis le furent contre Londres! Londres fut bombardé l´année d´après le voyage de Schimtz par l´aviation nazie qui utilisait le carburant fabriqué avec tetraetyl en provenance de Londres. Bien plus, le carburant que l´aviation britannique, RAF, utilisa pour défendre Londres, avait été acheté de Standard Oil et Ethyl. Une partie de cet argent fut payé à leur tour aux Nazis comme bénéfices des actions que IG Farben avaient au sein de Standard Oil. La RAF avait dû payer de l´argent aux Nazis! Les payements avaient été faits en Allemagne, à la banque privée d´IG Farben, par Standard Oil.

L´histoire concernant la trahison de Walter Teagle et celle de Standard Oil contre leur propre peuple quand à ce qui concerne le tetraetyl et le carburant des avions ne se termine pas ici. Teagle avait aussi vendu le tetraetyl au Japon. Le Japon avait utilisé le tetraetyl de Teagle et de Standard Oil pour fabriquer le carburant qui était nécessaire pour attaquer le port le plus important des Etats-Unis, Pearl Harbour, la plus grande catastrophe de guerre des Etats-Unis.

La trahison Walter Teagle et ses compagnons contre les Etats-Unis et les alliés continua presque pendant toute la guerre. La coopération avec les Nazis commença à diminuer après Stanligrad, en 1943, mais elle n´avait pas pris fin. Donnons quelques exemples. Bien que les Nazis approvisionner l´armée à l´aide de l´essence synthétique faite à base du charbon de IG Farben, chaque litre nécessaire qui pouvait être payé de l´extérieur était très bienvenu. Standard Oil était parmi les premiers sur la liste des entreprises qui fournissaient le carburant aux Nazis.

Ca pouvait se passer comme ceci. Les tanks de pétrole de Standard Oil transportaient le pétrole aux Îles Canaries où il était transféré dans les tanks de pétrole allemands à destination de Hambourg. Walter Teagle et Standard Oil avaient construit une raffinerie à Hambourg laquelle livrait 15 tonnes de kérozéne chaque semaine. Standard remplissait aussi d´essence les sous-marins allemands en plein Océan atlantique et autour des Îles Canaries, les mêmes sous-marins qui chassaient les bateaux britanniques. Comble d´ironie, l´un des bateaux qui furent coulés par les Nazis s´appelait SS Walter Teagle !

Même les avions fascistes italiens et ceux de l´Allemagne nazie, en Amérique latine, étaient remplis de pétrole provenant de Standard Oil. Cette compagnie était la seule qui avait le carburant à haute technologie qui était exigé pour des longs vols au dessus de l´océan atlantique. Standard Oil fournissait l´essence à la compagnie nazie L.A.T.I qui s´envolait à partir de Rome vers Rio au Brésil, à travers Madrid, Lisbonne et Dakar et la compagnie aérienne Condor qui partait du Brésil. Standard Oil livrait aussi du carburant à la compagnie aérienne Ala Littoria, qui était aussi en service en Amérique latine. Cette activité continua malgré l´exhortation du gouvernement américain, aux entreprises des Etats-Unis, de ne pas faire des affaires avec les Nazis et leurs compagnons en Amérique du Sud. Mais Standard Oil ignora cela, l´argent et l´Allemagne venant avant tout.

La politique du capitalisme des « affaires comme d´habitude » implique qu´il n´y a pas des limites pour ce qui est acceptable, seuls les profits sont suffisamment attrayants. Même s´il s´agit de mentir ses meilleurs et plus proches partenaires. De fois, on tire la carte le billet de lotterie le plus gagnant, de fois on perd. A une occasion, les Nazis serrèrent tellement sur les américains d´IG Farben, Standard Oil et Walter Teagle que le bonheur de la guerre fut, pour les Etats-Unis, prêt de la rupture.

Il s´agissait de la question du caoutchouc synthétique. Du temps de la deuxième guerre mondiale, le caoutchouc n´existait que comme produit naturel qui ne pouvait presque exclusivement être acheté qu´en Asie du Sud. Il y avait, là-bas, des grandes plantations de caoutchouc et du caoutchouc naturel moins cher. Malgré cela, Standard Oil investit beaucoup de capital dans le caoutchouc synthétique qu´on avait estimé devenir plus moins cher. La recherche de Standard était faite en collaboration avec IG Farben dont la recherche et le développement des produits en caoutchouc, surtout les pneus de voiture, étaient très avancés que ceux de Standard Oil. Dans un jeu du chat et de la souris, IG Farben pouvait, avec des promesses sur les méthodes de production moins chères et le brevet d´invention à payer à bas prix, sérieusement retarder la recherche de Standard Oil. De telle sorte que lorsque les Etats-Unis furent tirés dans la guerre après la catastrophe de Pearl Harbour, et que le pays avait été privé de la possibilité d´acheter le caoutchouc en Asie du Sud, ils n´eurent pas quelque caoutchouc synthétique à utiliser. La catastrophe était imminente. Les Etats-Unis n´avaient presque plus de caoutchouc à utiliser pour la fabrication des pneus pour les voitures, les camions et les avions qui étaient envoyés en guerre.

ITT –American International Telephone and Telegraph Corporation, électronique avancée pour la machine de guerre allemande:

Six mois après la prise du pouvoir par Hitler, quelques mois après que toutes les organisations syndicales fussent interdites et les partis politiques bannis à l´exception des Nazis, la liberté de la presse était supprimée et les poursuites des Juifs commencé, arriva, le 4 août 1933, Sosthenes Behn, le plus haut chef et propriétaire principal de ITT, à Berlin, pour une rencontre avec Hitler. Il avait avec lui, Henry Mann de la National City Bank, son représentant en Allemagne. Il se créa pendant la réunion, une relation d´affaires qui allait continuer pendant toutes les années 1930 et jusqu´à la fin de la deuxième guerre mondiale. Les Nazis avaient besoin de l´électronique de ITT et l´agent de ITT, Behn, était à la recherche des grand profits en rendant service aux Nazis.  Hitler promit toute l´aide dont ITT aurait besoin et son soutien dans les affaires avec l´Allemagne nazie.

Les affaires commencèrent à être développées, devinrent de plus en plus grandes, et Sosthenes Behn se retrouva très vite dans les cercles intimes autour des amis de la Gestapo, une organisation de soutien dans laquelle des potentats nazis et des gens du monde de la banque et de l´industrie se rencontraient. Les portes furent ouvertes pour ITT et Behn. L´argent et les industries de ITT étaient maintenant sous la protection de Hitler et du SS lui-même et la banque centrale allemande, la Reichsbank, était prête à soutenir les affaires de Behn. Sosthenes Behn fit même des affaires en privé avec les Nazis. Lorsque la deuxième guerre mondiale approchait, il acheta, en 1938, ensemble avec Göring, 28% de l´usine de fabrication d´avions Focke-Wulf qui fabriquait les bombardiers qui allaient plus tard bombarder les alliés. ITT et Behn aidèrent à moderniser l´électronique dans les avions et à améliorer la précision des bombes. Ils furent utilisés  en Pologne, à Londres et partout où les Nazis firent la guerre.

Sosthenes était une preuve vivante d´un capitaliste typique. L´objectif unique était de gagner de l´argent, pas de scrupules, pas de moral. Pendant la guerre civile espagnole, il vendit des téléphones à tous les deux côtés pour passer totalement du côté de Franco lorsqu´il comprit que les fascistes était la partie gagnante. ITT et Behn suivaient les traces des invasions de Hitler et gagnèrent beaucoup d´argent en prenant le contrôle des affaires qui appartenaient à d´autres entreprises avant l´invasion. ITT avait à peu près 30 000 employés dans l´Europe occupée. Le gouvernement nazi avait mis en place un comité exécutif spécial pour collaborer et aider ITT et Sosthenes Behn.  Le gouvernement s´abstint de prendre des parts dans ITT et prit seulement part dans la prise des décisions sur la manière dont les bénéfices éventuels seraient placés. C´était un partenariat bien établi entre le gouvernement nazi et une entreprise américaine pendant la guerre.

Les entreprises ITT en Allemagne tournaient tout le temps et fabriquaient des armes de guerre pour l´ennemi. 13% de la production de ITT se trouvait en Allemagne. Les entreprises ITT en Allemagne travaillaient en équipe double pour augmenter la production. Mais même les entreprises ITT dans les pays neutres comme le Portugal, l´Espagne, la Suisse et la Suède, avaient dû travailler pour le compte des Nazis. Les importations directes en provenance de ITT-Etats-Unis vers ITT–Allemagne nazie, étaient interdites. L´électronique et les pièces de réserve de ITT venaient des Etats-Unis vers les pays neutres où le travail était fait pour l´envoi par la suite vers l´Allemagne nazie, ou seulement en transitant dans les pays neutres et par après, être acheminé par avion vers l´Allemagne nazie.

ITT continua à produire des systèmes électroniques très importants pour l´armée, la flotte et l´aviation de l´Allemagne nazie même après Pearl Harbour et la déclaration de guerre de Hitler contre les Etats-Unis. (Il s´agissait entre autres des téléphones et des standards téléphoniques, des alarmes contre les attaques aériennes, des équipements des radars, de 30.000 détonateurs pour les grenades d´artillerie par mois (qui augmentèrent à 50 000 par mois en 1944), des pièces pour les raquettes des bombes, des pièces de rechange pour les transformateurs, des équipements des radio à courtes ondes et des systèmes de communication stationnaire et opérationnelle. ITT avait sa part dans les victoires des Nazis contre les alliés. Sans ITT, il aurait été très difficile pour les Nazis de bombarder Londres avec des avions et des raquettes, de bombarder les bateaux des alliés ou d´avoir des contacts avec les sympathisants nazis en Amérique latine et d´espionner les Etats-Unis.  Toutefois, la grande opération que ITT ait faite pendant la guerre, s´était faite dans la guerre contre l´Union soviétique. L´Union soviétique était, en gros, seule dans la guerre contre les Nazis pendant trois ans. Ne l´oublions pas. Le matériel et l´équipement de ITT était la base de la guerre des Nazis contre l´Union soviétique. C´était incomparablement, la plus grande aide que Sosthenes Behn et ITT ait donné aux Nazis pendant toute la deuxième guerre mondiale. Sans le système de communication et les radars de ITT, les armées nazies auraient eu très difficile dans leur conduite de la guerre à cause des grandes distances à l´intérieur de l´Union soviétique. Au plus, les Nazis avaient été approvisionnés en tuyaux d´explosifs (tändrör) pour les bombes et les grenades qui tombaient quotidiennement sur les populations de l´Union soviétique.

Ford aide les Nazis à envahir et à occuper:

Henry Ford, fondateur et principal actionnaire de l´empire automobile Ford, nourrissait une forte admiration pour Hitler, admiration basée sur un idéal commun: tous les deux nourrissaient une haine fanatique contre les Juifs. Hitler avait dès ses premiers jours en politique, reçu l´aide de Henry Ford. Il avait été témoigné, lors du procès contre Hitler pour tentative de coup d´Etat, en 1923, qu´Hitler avait reçu de l´argent de Henry Ford. L´admiration de Ford pour Hitler n´avait pas des limites: Il envoyait 50 000 Reichmark à Hitler chaque année lors de l´anniversaire de sa naissance! Henry et son fils Edsel Ford étaient deux personnes importantes dans plusieurs entreprises qui faisaient des affaires avec Hitler et les Nazis et les aidaient. La devise la plus importante pour ces deux était : les affaires comme d´habitude. Cette attitude convenait bien aux Nazis. Göring avait promis et se rassurait que l´entreprise de Ford en Allemagne, Ford Works, resta tranquille  pendant toute la guerre, sans interférence de la part du gouvernement nazi.

Ford choisissait ses partenaires d´affaires sur base des considérations politiques. Lorsque Ford commença son usine des voitures en Allemagne, il laissa IG Farben acheter 40% des parts et fit du leader de IG Farben Carl Bosch, un membre du comité exécutif de Ford Allemagne. D´autres part, Edsel Ford devint membre du comité exécutif de IG Compagny, l´entreprise de IG Farben aux Etats-Unis.

Lorsque l´aviation anglaise était en grand besoin de nouveaux avions, en 1940, pour combattre la tentative d´invasion nazie, Ford refusa de fabriquer des avions à l´Angleterre. Ford investissait au même moment  dans les usines de l´Allemagne nazie pour produire 5 tonnes de camions qui étaient la pierre de base dans l´offensive nazie en cours contre les tous les pays européens. Ford organisa par la suite l´exportation des pneus vers l´Allemagne nazie malgré le manque des pneus qui existait aux Etats-Unis. On produisait à plein régime pour la victoire de Hitler même dans les usines Ford se trouvant dans la France occupée. Dans l´usine des voitures de Poissy, en dehors de Paris, qui était dirigée par le fils Edsel, on commença à produire, en 1940, des moteurs d´avions pour l´armée de l´air d´Hitler. Des voitures et des camions étaient aussi produits à Poissy pour l´armée allemande. Ford France déclara des profits de l´ordre de 58 millions de francs en 1941.

Le bonheur dure rarement pour toujours. L´usine Ford de Poissy fut bombardée en avril 1942 par l´aviation de guerre britannique, RAF, avec des grandes destructions comme suite. Edsel Ford était inquiet, craignant une publicité négative pour l´entreprise, mais il ne fut, heureusement pour lui, mentionné dans les journaux des Etats-Unis, qu´il s´agissait des images des usines Ford en France lorsque celles-ci furent publiées. Après des bombardements répétés, la direction de Ford dispersa les machines importantes dans plusieurs usines en France et la production continua sans interruption. Ford se tira de ses bombardements et du déplacement des machines sans dommages. Les Nazis imposèrent au gouvernement français de Vichy de payer Ford pour toutes les dépenses causées par les bombardements des Anglais et le déplacement des machines! Ford ne reçut pas moins de 38 millions de francs de la part du gouvernement de Vichy. La collaboration Ford – Nazis était totale.

Ford laissa même construire, en collaboration avec le groupe chimique allemand IG Farben, une nouvelle usine à Oran, en Algérie, avec direction générale à Alger. L´objectif était de  fabriquer des camions et des voitures blindées pour l´armée de Rommel en Afrique du Nord.  Imaginez que les villes se trouvent dans une colonie française qui, sous le gouvernement français de Vichy, avait en réalité, des relations diplomatiques avec les Etats-Unis. Mais il n´eut aucune difficulté dans les affaires. Le consul des Etats-Unis en Algérie envoya un rapport à son gouvernement dans lequel aucune plainte ne fut mentionnée.

Même les usines de Ford en pays neutre, en Europe, durent contribuer à la production du matériel de guerre de l´Allemagne nazie. L´usine Ford de Berne, en Suisse, fit, en 1942, un travail de réparation de 2000 voitures de l´armée allemande et la filiale de Ford en Belgique, qui avait elle aussi une filiale en Suisse, fit des réparations des camions allemands à Zurich. Les pièces de rechange de Ford aux voitures et camions étaient exportées à partir de la Suisse vers l´Allemagne nazie.

General Motors:

L´actionnaire majoritaire de General Motors, la famille Du Pont, était dirigée par Irènée Du Pont, un admirateur connu de Hitler, de même calibre que Henry Ford. Les idées anormales de Irénée du Pont, de transformer les hommes en une race d´hommes supérieurs, furent connues lors de son discours à l´American Chemical Society, en septembre 1926. Malgré le fait qu´Irénée était d´origine juive, ses idées antisémites étaient du même niveau que celles d´Hitler. Les usines de General Motors en Allemagne, comme celles des autres grands groupes comme IG Farben et Krup, contribuèrent avec 0,5% des profits et des salaires à la caisse du parti nazi.

Lorsque Hitler arriva au pouvoir en 1933, les membres de premier rang de la famille Du Pont, Pierre, Irénée et Lammot, mirent en place, ensemble avec les autres grands propriétaires de General Motors, la soit disant Liberty League.  Liberty League était un groupe nazi qui avait des principes antisémites forts et faisait la propagande contre les Noirs et qui avait classé le président Roosevelt comme un communiste dans les mains des Juifs. La contribution de la famille Du Pont à Liberty Group était de l´ordre de 500 000 dollar par an. La famille Du Pont donna même des contributions à d´autres groupes nazis comme Clack´s Crusaders et Black Legion. Ce dernier se fit remarquer parce qu´il s´habillait toujours en noir et attaquait les réunions des organisations syndicales avec des bombes à essence ainsi que des meurtres des leaders syndicaux et des Juifs.

C´est dans cet esprit que General Motors fonctionna. Une coopération avec les entreprises allemandes pour soutenir les Nazis était indiscutable pour General Motors. L´entreprise avait jusqu´en 1939, investi 30 millions de dollar dans le groupe allemand IG Farben]. En ce qui concerne ses propres activités,  Adam-Opel, l´usine de General Motors en Allemagne nazie, fabriquait à plein régime les camions, les voitures blindés et les chars pour Hitler. Dans les usines de General Motors, on travaillait en double équipe pour augmenter la production. Les investissements avaient atteint, en 1940, le chiffre de 100 millions de dollar. L´usine de General Motors de Rüsselsheim, fabriquait les avions militaires pendant toute la guerre.  On y fabriquait la moitié des moteurs du plus important des bombardiers des Nazis, le Junkers 88. C´était d´ailleurs dans l´usine de Rüsselsheim que le développement et la fabrication des moteurs du premier avion mondial de jet, un avion de chasse, Messerschmitt 262, eut lieu. Ce qui donna aux Nazis une grande avance technologique. Messerschmitt 262 pouvait faire 540 miles par heure, ce qui correspondait à 100 miles de plus que Mustang P150, l´avion de chasse américain le plus développé.     

Comme toujours, les capitalistes se tirent toujours d´affaires dans dommages dans le paradis du capitalisme que sont les Etats-Unis. Au lieu des punitions, ils sont au contraire, récompensés. Au lieu d´être puni pour leur trahison contre leur pays, General Motors, reçut un payement pour « les problèmes et les destructions de ses usines d´avion et des voitures en Allemagne et en Autriche pendant la deuxième guerre mondiale ». General Motors dût faire une réduction d´impôts de 33 millions de dollar !

Conclusion:

Les données qui ressortent de la lecture des livres anciens et nouveaux sur le thème « affaires et deuxième guerre mondiale » peuvent parfois nous amener à croire que nous, hommes et femmes ordinaires qui sommes des travailleurs, vivons dans un monde fantaisiste. Tout se décide au dessus de nos têtes. Toutes les décisions importantes sont classées secrètes. La participation du travailleur dans la vie sociale n´est pas respectée, son influence est égale à zéro. Malheureusement, c´est de cette façon que ca fonctionne en réalité au sein du système capitaliste. Les traîtres du pays deviennent millionnaires en tuant leurs propres concitoyens. Les entreprises font comme elles veulent, aucun respect pour la loi, aucun respect pour ceux qui travaillent et développent les entreprises. Observez que les plus haut placés au sein des grandes industries et le monde de la finance des Etats-Unis, étaient, lors de la deuxième guerre mondiale, un groupe de gens qui avaient, en commun, le fait d´avoir été des réactionnaires, des admirateurs de Hitler, des  gens nourrissant la haine contre les Juifs et des traîtres du pays qui gagnaient de l´argent en vendant des armes à l´ennemi, des armes qui étaient utilisées contre les soldats de leur propre pays et contre les alliés. C´est cette racaille qui, aujourd´hui, est portée sur les fonds baptismaux par des historiens corrompus de la droite. N´oublions pas ceci.

Le rôle de l´Union Soviétique pour gagner la guerre et mettre fin au nazisme n´est pas soulevé dans l’article. L´auteur a écrit sur cette matière auparavant. Celui qui est intéressé peut trouver le texte sur la victoire de l´Union soviétique lors de la deuxième guerre mondiale sur www.mariosousa.se.

Il est toutefois important de souligner que l´armement que les entreprises des Etats-Unis ont produit  pour les Nazis fut utilisé en grande partie à l´est, dans la guerre contre l´Union Soviétique. Les mass-médias occidentaux parlent souvent de la soit disant aide des Etats-Unis à l´Union Soviétique pendant la deuxième guerre mondiale. Même si l´aide consistait en des affaires que l´Union Soviétique avait dû payer jusqu´au dernier centime, le gouvernement de l´Union Soviétique avait remercié les Etats-Unis pour avoir acheter du matériel de guerre dans ce pays.

Pensez alors à ce qu´il y avait de l´autre côté du front. Une armée nazie équipée qui, avec l´aide des entreprises des Etats-Unis, avait un large accès aux systèmes de guerre et à la technique les plus modernes. Les entreprises des États-Unis en Allemagne nazie produisaient à plein régime pour la guerre contre l´Union soviétique. Laissez-nous garder cela en mémoire. L´aide de guerre des entreprises des Etats-Unis à l´Allemagne nazie, était probablement plus grande que la vente correspondante des armes à l´Union soviétique. Les entreprises des Etats-Unis avaient, bien entendu leurs propres usines, pour la fabrication massive du matériel de guerre à l´Allemagne nazie. Le matériel de guerre provenant des Etats-Unis pour l´Union soviétique, étaient souvent coulé par les Nazis.  Une sérieuse investigation sur l´ampleur de l´aide de guerre des entreprises des Etats-Unis aux Nazis, n´a jamais été faite. Une telle investigation pourrait révéler des situations scandaleuses.

Conclusion finale:

La conclusion de l´auteur, après avoir lu les livres et les journaux dans le but d´écrire le présent article, est tout à fait claire : le capitalisme est un système criminel. Le profit, pas l´homme, est le plus important. La chasse au profit est placée au dessus de tous les besoins humains. Le capitalisme conduit à la guerre, c´est clair. Avec beaucoup de souffrances pour des millions de gens. Mais surtout, le capitalisme met de force les gens dans des situations où ils ne veulent pas être ; le capitalisme vole la liberté des hommes. Le capitalisme a été imposé aux hommes par l´histoire. Il est maintenant temps pour les hommes de se libérer du capitalisme.

Mario Sousa

Mai 2007.

mario.sousa@telia.com

 

21:57 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

12/11/2014

25ème ANNIVERSAIRE DE LA CHUTE DU MUR DE BERLIN : LES COMMUNISTES ALLEMANDS CELEBRENT L'ETAT SOCIALISTE QUE FUT LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE ALLEMANDE (RDA)

 

ddr_wappen_wdr_g.jpg25 ème anniversaire de la chute du mur de Berlin : les communistes allemands célèbrent l'Etat socialiste que fut la RDA

 

Discours du représentant du DKP (Parti communiste allemand), Olaf Harms à l’occasion de la cérémonie pour le 65ème anniversaire de la RDA (République Démocratique Allemande) au Cabinet d’histoire de la RDA à Bochum

Paru sur le site du DKP - Parti communiste allemand

Traduction AL (revu par AC), transmis par GH pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

 

Chères amies et chers amis,

 

Chers camarades,

 

D’abord, je vous remercie cordialement pour de à cette cérémonie au nom du DKP. Je viens de Hambourg, la ville natale d’une personnalité exceptionnelle : Ernst Thälmann. C’est en outre le seul lieu en RFA, entretenu de façon militante, où il y a encore un mémorial en l' honneur de ce communiste extraordinaire, de ce leader ouvrier et de ses camarades en lutte.

 

C' est pour cela que je souhaiterais commencer mon discours de bienvenue en citant Thälmann : « Une journée commémorative n’ a pas de sens, si elle n’a pas d' impact sur le présent et l' avenir. »

 

L’ objectif des socialistes et communistes soviétiques et allemands était, à l’ origine, de maintenir une Allemagne unie, un nouveau départ pour une transformation de toute l’ Allemagne libérée des fascistes, des profiteurs de la guerre et des capitalistes.

 

Il devrait être construite une nouvelle Allemagne, démocratique et pacifique. C’ est ce que prévoyait le Traité de Potsdam conclu par les quatre puissances victorieuses en 1945.

 

Mais les choses se sont passées autrement : « Plutôt l’ entière moitié de l’ Allemagne, que la moitié de l’ Allemagne entière» - telle était la devise d’ Adenauer, l’ Allemagne fut divisée.  

 

La proposition soviétique de conclure un traité de paix avec une Allemagne démocratique et antifasciste fut rejetée en faveur d’une « intégration » dans l’ Occident capitaliste (avec la fondation de la RFA, le 23/05/1949) et son alliance militaire agressive, l’ Otan.

 

La RDA fut fondée le 7 octobre 1949. C’ est ainsi que la construction d’ une alternative antifasciste et socialiste a commencé à l’ Est, un effort énorme.

 

La plupart de ceux qui ont fait partie de l' aventure de la construction de la RDA n’ étaient pas des gens issus de l’ élite bourgeoise, mais des fils et filles d' ouvriers et paysans, souvent peu expérimentés politiquement. Ils construisirent un projet antagoniste, antifasciste face à l’ Ouest capitaliste.

 

Ils ont fait de la partie la plus petite, faible de l’Allemagne un des dix plus grands États industriels du monde. Ils ont dressé une alternative socialiste durable face au capitalisme. Ils ont construit un État reconnu dans le monde entier, dont la politique extérieure était guidée par l' internationalisme et la lutte pour la paix.

 

Dans beaucoup de pays du monde, cet État était respecté pour sa solidarité avec les peuples qui luttaient pour leur liberté nationale et politique. En RDA, beaucoup de réfugiés persécutés par le fascisme ou l’ impérialisme y ont trouvé une nouvelle patrie.

 

Dans l’ industrie, il n’ existait plus de propriété privée capitaliste des grands moyens de production. Les anciens propriétaires fonciers, à l’ est de l’ Elbe, avec leurs grandes terres n' étaient plus.

 

 

Les usines étaient passées aux mains du peuple ; c' étaient des entreprises socialisées [en all. VEB]. Les terrains appartenaient à ceux qui les cultivaient – aux coopérateurs agricoles. Le droit au travail était fixé dans la constitution.

 

Le pouvoir d’ État n’ était plus du côté des millionnaires et milliardaires, mais était exercé par la Chambre du peuple en alliance avec le Front national [Ndt : rien à voir avec ce parti de l’ extrême droite en France] constitué par les partis, le syndicat et les associations démocratiques.

 

Les Krupp, Siemens, les Henkel, les Porsche, Quandt et Piech ne régnaient plus. C’ étaient les Monsieur-tout-le monde qui avaient le pouvoir : les Müller et Krause, les Schulz et Schmidt. L’ image que donnait d' elle-même la RDA, c’ était un pays où les travailleurs, et non les plus riches, devaient gouverner.

 

Ceci explique la colère du capital. Cette colère s' est manifesté contre un État inspiré par les idées de Marx et Engels et les expériences de la lutte du mouvement ouvrier et communiste international.

 

C’ était un État qui était fidèle à l’ objectif de construire une alternative anticapitaliste et antifasciste face au pouvoir des monopoles et banques, des marchands de canon, donc face à ceux qui avaient déjà financé le parti de Hitler en 1933.

 

Ces représentants de l’ ancien ordre capitaliste et impérialiste ont essayé de saboter et de supprimer cet État de la carte. Ils ont essayé de le bloquer économiquement, d’ isoler politiquement et enfin d’ étrangler cette Allemagne antifasciste et socialiste, économiquement plus faible.

 

Pendant 40 ans, ils ne réussirent pas. 40 ans où l’ existence de la RDA et des Etats socialistes a mis un frein au capitalisme: 40 ans où nous avons eu la paix en Europe.

 

Des limites ont été posées aux éléments les plus agressifs du grand capital et du capital monopoliste et à leurs tendances expansionnistes, notamment par des moyens économiques importants que le socialisme a dû trouver pour sa défense.

 

Pendant 40 ans, la RDA a pris place comme partenaire invisible à la table des négociations syndicales, point d' appui pour l' organisation de la classe ouvrière, les syndicats en RFA. Pendant 40 ans, l’ ouest a dû répondre au défi de la RDA, quand il s’ agit de la politique de l’ éducation, de la santé et sociale.

 

Pendant 40 ans, la RDA a été l' épine dans le pied du capitalisme et de l' impérialisme allemand. Quand le 3 octobre 1990, la RDA a formellement fini d’ exister, le capital, refréné jusqu’ à ce moment, a été libéré avec des conséquences désastreuses.

 

La guerre en Ukraine, où il s’agit de partage du monde pour leurs profits, témoigne encore de l' oeuvre de plus en plus agressive de l’ impérialisme et de ses larbins. La raison d’ État, c’ est aujourd’hui « la défense de la RFA » à l’ Hindu Kuch [en Afghanistan].

 

Les impôts sur les entreprises ont baissé, et en même temps Hartz IV et les mini-jobs à 1 € ont été introduits. La pauvreté est devenue la norme.

 

35 % des actifs ne peuvent pas vivre avec leurs revenus. Ils occupent un emploi dit atypique, c. à. d. qu’ ils travaillent en temps partiel, en intérim ou en mini-job. Les femmes sont pénalisées : les femmes âgées se paupérisent, comme les masses en général.

 

Il manque de plus en plus une perspective pour la jeunesse ouvrière. Aujourd’hui, à seulement quelques kilomètres d’ ici à Cologne, 20.000 jeunes syndicalistes de l’ IG Metall manifestent pour leur formation, leur formation continue et le passage à un contrat de travail stable.

 

En disant que les caisses sont vides, on va privatiser et soumettre à la logique du profit du capital les aides sociales, les services publics et la protection sociale ainsi que l' approvisionnement énergétique, le ramassage des déchets ou les hôpitaux.

 

Et avec les prétendus accords sur les libres échanges, comme TTIP ou CETA, les grands monopoles auraient le droit de poursuivre les États pour obtenir des dommages et intérêts, si les investissements ou l’ attente du profit ne pouvaient pas être réalisé à la suite d’ un amendement législatif ou des mesures politiques.

 

C' est seulement par un mouvement de masses comme la Journée européenne d’ action Stop TAFTA - CETA -TISA le 11 octobre qu' on peut l' empêcher.

 

Ces quelques exemple suffisent : non, le capitalisme ne peut pas être la fin de l’ histoire.

 

Il suffit de voir la campagne médiatique qui se déroule de nouveau à l’ occasion de « la chute de mur », pour constater que la RDA est vivante comme il y a 25 ans.

 

Malgré toutes les tentatives visant à « délégitimer la RDA» (comme ce fut le cas pour le ministre de la justice Kinkel, du FDP, après la dite réunification), on n’ a pas réussi à rayer de la mémoire les 40 ans du socialisme sur le sol allemand.

 

On pourrait demander : « Qui parle encore du FDP ? – Personne. De la RDA, tout le monde en parle ! »

 

Et je pense qu' ils sont encore trop peu. Le moment est venu, par exemple dans les syndicats, de relancer une discussion sur la société, sur ce que serait une alternative au capitalisme.

 

« Le socialisme garantit le droit au travail, acte une protection sociale durable et rend possible l’ égalité des droits et la libération de la femme. Il garantit que les syndicats et les autres organisations des travailleurs, ainsi que chaque personne, aient le droit et la possibilité réelle d' organiser ensemble leur vie en société. Il garantit l’ égalité des chances dans l’ éducation et l’ accès à la culture humaniste pour tous. Le socialisme encourage l’ éducation et la formation, la littérature, les théâtres, les arts plastiques et la musique,  le sport et d’ autres activités créatives. Il crée les conditions pour que l’ être humain puisse avoir une éducation générale, devienne politiquement majeur et s' épanouisse librement, pour qu’ il puisse mener une vie autonome dans la paix, la liberté, la justice et la solidarité et la protection sociale et dans le bien-vivre de tous. Le socialisme signifie une nouvelle, et en même temps plus haute, conception de la démocratie. » (Programme du DKP)

 

La RDA peut être un exemple pour cette discussion, celui d’ une autre société qui est fondamentalement différente, qui dépasse le capitalisme, qui est une société socialiste.

 

Nous devrons bien sûr répondre à certaines interrogations pour savoir comment est arrivé la défaite et le démantèlement de la RDA. Et nous constaterons que ce n' est pas un seul facteur qui est responsable, qu’ il s’agit de causes internes et externes, mais aussi de dérives par rapport aux normes socialistes. Nous devons apprendre.

 

Mais le plus important, c’est que :

 

Cet État, la RDA, a signifié une option socialiste sur le sol allemand contre l’ impérialisme allemand.

 

La RDA, son antifascisme conséquent, sa défense de la paix, de la détente et du désarmement ainsi que la réalisation des droits fondamentaux sociaux appartiennent aux plus grands acquis du mouvement ouvrier allemand et ils font partie de l’ héritage humaniste en Allemagne. En conséquence, nous admettons aujourd’hui :

 

Tous les citoyens de la RDA, qui subissent et subissaient, à cause de leur « proximité particulière avec le parti et l’ État », des ennuis professionnels, juridiques et politiques, l’ emprisonnement et d’ autres préjudices matériels ou financiers (par ex. des prestations vieillesses), doivent être réhabilités et mis sur un pied d’ égalité avec tous les autres citoyens.

 

Le souvenir de 40 ans de la RDA et son 65ème anniversaire sont pour nous, face à la situation périlleuse en Europe de l’ Est et au Proche et Moyen Orient, une raison en plus d’ entretenir le modèle et l’ héritage antimilitariste et antifasciste de la RDA.

 

Il ne faut plus que l' Allemagne représente une menace militaire pour d’ autres peuples. La République fédérale d’ Allemagne doit quitter l’ Otan, ce pacte militaire impérialiste.

 

Le 65ème anniversaire de la fondation de la RDA nous rappelle à notre devoir :

 

« Plus jamais le fascisme, plus jamais la guerre ! »

 

Et il nous rappelle : « L’ avenir, c’est le socialisme ! »

 

Dimanche 9 novembre 2014

13:41 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

29/10/2014

Plus de 7 000 participants à une Protestparade colorée

sc
Sent: Monday, October 20, 2014 2:59 PM
Subject: Plus de 7 000 participants à une Protestparade colorée
 

20 octobre 2014

 

Plus de 7 000 participants à une Protestparade colorée

Foto Peter MertensBonjour,

Hier, à Bruxelles, nous étions plus de 7 000 participants à la Protestparade. 7 000 personnes « ordinaires », des personnes extraordinaires qui crient leur refus du projet de société asocial du nouveau gouvernement de droite. 7 000 personnes qui veulent défendre leurs solutions, bien plus positives.

Plusieurs journaux télévisés ont montré de beaux reportages sur notre Protestparade : enthousiaste, diversifiée, colorée, combative, et avec beaucoup de monde. Vous pouvez visionner le reportage de RTL ici et de la RTBf ici.

« Cela faisait chaud au cœur ! Tant de gens qui prennent le temps, un beau dimanche après-midi, d’aller manifester pour un avenir meilleur », m’écrivait Christ dans un mail. En effet, quelle richesse : des dockers, des médecins, des écoliers, des métallos, des activistes pour la paix, des acteurs de la culture, des antiracistes, des enseignantes, des seniors, des infirmiers et des infirmières, des familles, tous solidaires.

Les plus de 7 000 manifestants sont venus de tous les coins du pays. D’Ostende à Charleroi en passant par Gand, Bruxelles, Liège, etc. Il y avait aussi beaucoup d’étudiants qui s’opposent à l’augmentation des frais d’inscription et aux économies en matière d’éducation. Line De Witte (de Comac, mouvement de jeunes du PTB) expliquait hier sur le podium de la Protestparade pourquoi c’est une très mauvaise idée, et comment cela pourrait être autrement. Vous pouvez voir ici son discours.

« Nous ne reposerons pas avant que ce gouvernement ne retire ses mesures asociales », c'est ce que j'ai dit au meeting final de la Protestparade. Vous pouvez lire mon discours ici. Je remercie ici tous ceux qui étaient présents ! Vous pouvez compter sur nous pour continuer la mobilisation pour une alternative sociale !

Salutations engagées,

Peter Mertens, président du PTB

Le discours

> "Oui, nous avons une alternative !" Discours intégral de Peter Mertens à la Protestparade

 

La Protestparade à la télé

> Voir le reportage de RTL ici et de la RTBf ici

Les photos

> Les meilleures photos : c’était la Protestparade !

 

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11:42 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

06/08/2014

BELGIQUE-TURQUIE: Un faucon du régime d'Erdogan à mes trousses

ceec
 
Sent: Thursday, October 10, 2013 2:06 PM
 
 
 
Un faucon du régime d'Erdogan à mes trousses
Bahar Kimyongür
 

De 2005 à 2009, le régime d'Erdogan avait pour ambassadeur en Belgique un diplomate dénommé Fuat Tanlay. Sa mission a coïncidé avec le procès pour terrorisme et la procédure d'extradition dont j'ai respectivement fait l'objet en Belgique et aux Pays-Bas. En 2009, Fuat Tanlay est devenu conseiller en chef du premier ministre Erdogan en matière d'affaires étrangères. Aujourd'hui, son nom réapparaît dans mon dossier d'extradition espagnol. Pur hasard?
 
Devant le peu d'empressement de la justice espagnole à m'extrader vers la Turquie pour une manifestation pacifique, le régime d'Erdogan multiplie les provocations à mon encontre au risque de se couvrir de ridicule.

En effet, les autorités judiciaires turques veulent à présent ma tête pour une lettre que j'ai écrite en mai 2007 à l'ambassadeur turc en Belgique de l'époque, M. Fuat Tanlay.
 
A la lecture de ce texte dans lequel j'explique (avec une pointe de candeur) être plus patriote que l'ambassadeur de Turquie, les défenseurs de la liberté d'expression seront ravis d'apprendre que pour le clan Erdogan, la publication d'une opinion relève du terrorisme et mériterait donc un châtiment corporel sévère.

Ils ne seront sans doute pas surpris d'apprendre que le "diplomate" Fuat Tanlay à qui s'adresse la lettre, a déclaré en 2009 dans un journal turc : "Inchallah la Belgique sera frappée par le terrorisme".


M. Tanlay justifiait cette incartade par son exaspération devant la prétendue apathie avec laquelle la justice belge traitait mon affaire.

C'est que le "diplomate" turc ne supportait pas de me voir libre.

Suite à une action citoyenne organisée le 2 octobre 2009 lors de la venue d'Ahmet Davutoglu à Bruxelles, action durant laquelle j'ai pu avoir un dialogue direct avec le ministre turc, l'ambassadeur turc avait même déclaré au quotidien Milliyet que j'aurais pu "débarquer dans la salle de conférence avec une arme". ( http://parlemento.com/2009/10/06/lambassadeur-de-turquie-... )
 
Véritable faucon du régime, Fuat Tanlay a été nommé conseiller aux affaires étrangères du premier ministre Erdogan après sa mission en Belgique.

 
Il est à ce titre complice du soutien sans faille apporté par le régime d'Erdogan au terrorisme international qui frappe aujourd'hui la Syrie.
 
L'apparition dans le dossier espagnol d'extradition de cette lettre adressée à M. Tanlay confirme d'une part que le clan Erdogan est capable de toutes les manipulations pour embastiller ses adversaires et apporte d'autre part un éclairage nouveau sur la nature belliqueuse du régime d'Ankara en matière de politique étrangère.
 
 
 
Ci-dessous, la lettre versée au dossier d'extradition qui justifierait ma condamnation à 15 ans de prison en Turquie.
 
 
http://leclea.be/pages/bahar-reponse_ambassadeur.html
 
 


Lettre ouverte à Monsieur Fuat Tanlay, Ambassadeur de la République de Turquie en Belgique


                                                                                 Bruxelles, le 8 mai 2007
Monsieur,

J’ai pris connaissance de votre vive réaction à l’égard de mes opinions mais également à l’encontre de la rédaction du quotidien flamand «De Standaard»pour m’avoir ouvert ses colonnes.

Après lecture, je constate, à mon grand regret, que votre diatribe n’a fait que confirmer l’idée que je me faisais de vous, celle d’un commerçant qui, depuis sa boutique de la rue Montoyer, tente de vendre une image édulcorée d’une Turquie que vous et moi connaissons fort bien.

À commencer par votre plaidoyer sur la non-violence que je trouve intellectuellement malhonnête.

En effet, Monsieur Tanlay, vous savez comme moi que la violence des opprimés peut jouer un rôle positif et progressiste dans l’histoire. Il suffit de puiser dans notre propre passé pour s’en rendre compte.

Par exemple, si Mustafa Kemal Atatürk a fondé la République, c’est grâce à la Guerre de Libération et malgré mes innombrables désaccords concernant son idéologie, son traitement des minorités et son mode de gouvernance, si je respecte l’une de ses réalisations, c’est bien celle d’avoir donné une raclée aux forces coloniales et d’avoir rendu sa dignité à l’Anatolie.

A vrai dire, avant d’entrer dans le vif du sujet, je souhaiterais, le temps d’un dialogue, que vous quittiez votre boutique et votre costume et que nous nous retrouvions dans un no man’s land virtuel de la même manière que je m’engage à retirer ce béret DHKP-C que certains magistrats belges se sont évertués à me visser sur la tête.

Je vous signale au passage qu’en me traitant de terroriste, vous avez été un peu vite en besogne puisque ma condamnation pour terrorisme vient d’être cassée.

En tout cas, si dans notre infinie différence antagonique, je daigne vous parler, c’est que je nous trouve un dénominateur commun : celui de vouloir servir son pays en le représentant à l’étranger et le faire connaître pour le faire aimer.

Peut-être que si je n’avais pas plongé dans notre histoire contemporaine, ni dans la dure réalité de nos peuples, ni vécu les chocs émotionnels suscités par les pratiques inqualifiables des autorités de notre pays, ni mené mon examen de conscience, ni fait l’effort de repenser une société nouvelle en rupture avec le régime actuel, j’aurais pu être l’un de vos collègues. L’addition de tous ces écarts sur le cours d’une vie peut donner des résultats, des carrières certes, diamétralement opposées. Pourtant, au départ, rien ne laissait présager que j’allais dévier au point de devenir ce que vous qualifiez de «terroriste».

Durant les années '80, comme l’extrême majorité des adolescents turcs de l’immigration, j’ai moi aussi souffert de ma double identité (voire triple puisque mes parents proviennent de la province arabophone de Hatay), de la xénophobie et aussi ridicule que cela puisse paraître, de la frustration suscitée par nos défaites cuisantes lors de compétitions internationales comme à l’Eurovision de la chanson ou lors des matchs de notre équipe nationale de football. Nos sempiternelles défaites alimentaient en moi une profonde envie de revanche contre cette Europe invincible.

Je revois les 8 buts à zéro encaissés en 1988 par nos rouge et blanc trapus et rasés comme des soldats face aux indéboulonnables et inépuisables Britanniques.

L’époque des jeunes éphèbes musclés peuplant les grands clubs stambouliotes aux coiffures extravagantes et aux succès internationaux était encore bien loin.

Nos voitures, des petites « Fiat » rebaptisées par les usines Tofas en « Murat » étaient moches, nos films d’action « Yesilçam » (notre Hollywood national) étaient archi-nuls, leurs effets spéciaux lamentables.

J’étais jaloux de cet Occident opulent et arrogant, surtout lors de mes voyages en Turquie où je me retrouvais confronté à l’indigence insoutenable de notre peuple.

Mon ignorance aidant, j’en arrivais même à mépriser les pauvres, à être écoeuré par les quartiers grouillants et malodorants rythmés par les hurlements des klaxons et des vendeurs ambulants et ce alors que moi-même suis issu du petit peuple avec un père ouvrier et une mère d’origine paysanne. Fort heureusement, en m’intéressant aux problèmes sociétaux de la Turquie et aux sources de la pauvreté de notre peuple, je vins à bout de mon autophobie puérile. 

Finalement, ce sont ces mêmes laissés-pour-compte qui allaient devenir ma source de fierté, le ferment de mon patriotisme et ce, tandis que la plupart des Turcs de mon âge canalisaient ²leur frustration de loosers déracinés dans un nationalisme agressif, arrogant, vindicatif et réactionnaire aux cris de «En Büyük Türkiye», «La Turquie est la plus grande».

Au fur et à mesure que je découvrais la réalité duale de la Turquie, je m’identifiais à la Turquie de mes origines, à la «Turquie d’en bas».

Ainsi, j’ai appris à aimer en Turquie tout ce que le pouvoir tentait à tout prix de dissimuler, de faire taire ou d’éradiquer.

J’ai aimé sa diversité à une époque où le pouvoir imposait l’uniformité.

J’ai aimé sa fraternité alors que le pouvoir surfait sur l’adage stupide proclamant que «le Turc n’a d’autre ami que le Turc».

J’ai aimé son humilité alors que le pouvoir vantait sa puissance de feu et énumérait ses ennemis : les ennemis extérieurs étant TOUS les pays limitrophes et les ennemis intérieurs, les Kurdes, les communistes, les Arméniens, les Alevis, etc.

Je me suis intéressé aux romans, aux poèmes, aux chansons et aux films interdits, d’abord simplement par curiosité et par la suite, en raison de la beauté de leurs messages.

Et plus j’en apprenais sur notre histoire et surtout sur le traitement infligé aux patriotes, aux révolutionnaires, aux démocrates, plus j’en déduisais que servir le régime actuel revenait à trahir la Turquie. 

C’est en définitive dans les vers de notre illustre poète Nazim Hikmet que j’ai découvert la patrie, dans ceux où il dit :

«Si la patrie ce sont vos ranchs,
Si c'est tout ce qu'il y a dans vos caisses et sur vos carnets de chèques, la patrie
Si la patrie, c'est crever de faim le long des chaussées,
Si la patrie, c'est trembler de froid dehors comme un chien et se tordre de paludisme en été,
Si c'est boire notre sang écarlate dans vos usines, la patrie
Si la patrie, ce sont les ongles de vos grands propriétaires terriens,
Si la patrie, c'est le catéchisme armé de lances, si la patrie, c'est la matraque de la police
Si ce sont vos crédits et vos rémunérations, la patrie
Si la patrie, ce sont les bases américaines, la bombe américaine, les canons de la flotte américaine
Si la patrie, c'est ne pas se délivrer de nos ténèbres pourries
Alors je suis traître à la patrie»
 

Probablement que vous trouverez mes propos et mes références trop idéologiques.

Mais, dites-moi Monsieur Tanlay, qu’est-ce que l’engagement aux côtés de l’impérialisme américain a fait gagner à la nation depuis 60 ans ?

Déposséder les petits paysans, appauvrir les pauvres et enrichir les riches.

Faire tuer 790 soldats sur un contingent de 4500 soldats turcs en Corée et dont la vie ne valait que 23 cents pour Washington.


Persécuter nos écrivains, nos poètes, nos philosophes, nos professeurs, au nom de la « lutte contre le communisme », des intellectuels aussi précieux que Sabahattin Ali (assassiné en 1948), Enver Gökçe, Nazim Hikmet, Rifat Ilgaz, Müeyyet Boratav, Behice Boran, Mihri Belli, Arif Damar (à l’époque, le DHKP-C n’existait pas)…

Assassiner nos étudiants, Vedat Demircioglu le 24 juillet 1968 par défénestration, puis Taylan Özgür le 23 septembre 1969 par une balle dans le dos.
Assassiner nos étudiants Duran Erdoðan, Ali Turgut Aytaç et faire du 16 février 1969, notre «dimanche sanglant».


Assassiner nos étudiants Mehmet Cantekin le 19 septembre 1969, Mehmet Büyüksevinç le 8 décembre puis Battal Mehetoglu le 14 décembre 1969, des étudiants qui voulaient légitimement protester contre la présence de la 6e flotte américaine dans le Bosphore (à l’époque, le DHKP-C n’existait toujours pas)…

Brader nos ressources naturelles, nos minerais, nos récoltes aux compagnies étrangères.

Favoriser l’émergence d’une oligarchie cupide, parasitaire et hostile au peuple qui soutiendra les putschs militaires de 1971 et de 1980.

Tourner le dos aux pays du Sud, au tiers-monde et ce, en pleine vague de décolonisation voire combattre les nouveaux gouvernements nationalistes ou les mouvements anti-coloniaux en salissant notre Turquie par son intégration à l’OTAN en 1952, par des bases militaires américaines comme celle d’Incirlik et en signant le Pacte de Bagdad en 1955.


Le pays était sous «menace soviétique», me direz-vous…

D’abord, selon moi, la «menace soviétique» n’eût pas été pire que de se coucher devant l’Oncle Sam pour quelques poignées de dollars. Car objectivement, hier comme aujourd’hui, l’Empire américain est le plus agressif et le plus sanguinaire que l’humanité n’ait jamais connu. Je ne citerai que Hiroshima, Nagasaki, la Corée, le Vietnam et l’Irak avec la conviction que vous n’ignorez pas les incommensurables crimes de votre «allié stratégique».

Deuxièmement, l’aide logistique de l’URSS de Lénine a été déterminante pour le triomphe de la guerre de libération menée par Mustafa Kemal Atatürk et dans les décennies qui allaient suivre, les accords commerciaux passés avec l’Union soviétique de Staline, notamment dans les domaines de la sidérurgie, du textile, de l’énergie, du raffinage du pétrole ou de la verrerie allaient être plus corrects et plus équitables que les traités yankees qui ont fait de la Turquie une néo-colonie.

Troisièmement, je n’ai jamais prôné le rattachement ou la subordination de la Turquie à l’Union soviétique (et le DHKP-C non plus), le socialisme tel qu’appliqué en URSS étant loin d’être le modèle de société auquel j’aspire.

Et enfin, nous aurions pu préserver notre indépendance, rejoindre le camp des non-alignés et pourquoi pas, devenir l’épicentre de l’anti-impérialisme.

C’est la voie que les précurseurs du DHKP-C ont choisie mais que le pouvoir néo-colonial d’Ankara a combattue en recourant à la terreur.

Pour apaiser les inquiétudes nord-américaines, les dirigeants de notre pays n’ont pas hésité à sortir les canons, les potences et les magnétos contre notre jeunesse, nos travailleurs, nos paysans et nos écrivains.

Le 30 mars 1972, on a exécuté Mahir Cayan et neuf de ses compagnons.
Le 6 mai 1972, on a pendu Deniz Gezmis et deux de ses compagnons.
Le 18 mai 1973, on a torturé Ibrahim Kaypakkaya à mort.


Nos gouvernements n’ont été guère plus tendres vis-à-vis des minorités nationales.

Rappelez-vous les «événements des 6 et 7 septembre 1955», ces fameuses «nuits de cristal» qui ont visé les communautés grecques, arméniennes et juives d’Istanbul ou encore les pogromes de Kahramanmaras en 1978, de Corum en 1980 et de Sivas en 1993 qui ont pris les communautés alevis pour cible ?

Et que dire des persécutions ancestrales que vivent nos frères kurdes ?

Le PKK a commis certes des crimes impardonnables. Mais cela ne m’empêche pas de partager la souffrance du peuple kurde encore et toujours privé de ses droits nationaux élémentaires. Ni de déplorer la destruction des milliers de villages kurdes par l’armée gouvernementale. Ni d’oublier les dizaines de dirigeants kurdes tels Cheikh Said ou Seyid Riza qui ont été pendus pour avoir défendu leur droit de vivre dans la dignité. Ni de m’indigner de la barbarie des militaires qui collectionnent les oreilles des maquisards kurdes tués au cours d’affrontements ou froidement exécutés.

Pourquoi donc a-t-on si peur de reconnaître que le peuple kurde à des droits spécifiques ? Pourquoi les Kurdes n’auraient-il pas le droit d’enseigner dans leur propre langue, ce qui est la seule garantie de survie pour leur culture et de leur identité ? Nous savons vous et moi qu’une langue non entretenue est vouée à mourir. La culture du peuple qui la pratique aussi. Et en finalité, c’est tout un peuple qui est condamné à disparaître.

Aujourd’hui, même la bourgeoisie turque et son organisation, l’association des hommes d’affaires de Turquie (TÜSIAD) est lassée de décennies « d’instabilité » dans les provinces kurdes et de l’entêtement des autorités à nier les droits fondamentaux du peuple kurde.

Pourquoi stigmatise-t-on les ONG qui défendent le même point de vue que celui du patronat en matière de respect des droits des minorités ? Vous n’allez tout de même pas traiter vos patrons de « séparatistes »…

Par ailleurs, je désapprouve totalement les agissements des organisations nationalistes arméniennes Tachnak et Hintchak qui, profitant de la mobilisation des hommes en âge de se battre aux frontières de l’Empire ottoman, commirent jadis des exactions contre des villageois turcs et kurdes, femmes et vieillards inclus.

Mais, je suis infiniment plus indigné que le régime d’Ankara continue à nier l’évidence, c’est-à-dire la « désarménisation » brutale de l’Anatolie minutieusement programmée par le gouvernement ottoman de 1914. Cet indiscutable génocide fut l’aboutissement de plusieurs années de massacres anti-arméniens de 1895-1897 et de 1909.

Comme vous le savez, Enver Pacha ministre de la guerre et Talat Pacha, ministre de l’intérieur de l’ancien régime ont organisé en avril 1915, la déportation centaines de milliers de femmes, d’enfants et de vieillards arméniens, assyriens et chaldéens vers le désert de Syrie.

Et comme vous le savez aussi, cette déportation a été émaillée d’exécutions, de pillages, de tortures et de viols.

Durant la deuxième guerre mondiale, la Turquie prétendument neutre quoique toujours dirigée par le Parti républicain du peuple (CHP) de feu Mustafa Kemal Atatürk, s’était acoquinée avec l’Allemagne nazie au point d’adopter certaines de ses pratiques racistes et crapuleuses, notamment l’ouverture d’un camp de concentration dans la région froide et montagneuse d’Askale en province d’Erzurum, un camp réservé aux Arméniens et aux autres «non musulmans» qui n’avaient pu payer la taxe sur les biens (la fameuse «varlik vergisi»).

Des décennies durant, des figures politiques turques de haut rang comme le nazi Nihal Atsiz ont félicité le plan d’extermination du peuple arménien mais à présent, par souci marketing, les autorités cultivent l’amnésie collective.

Toujours par souci marketing, en mars dernier, le gouvernement AKP a organisé en grandes pompes la cérémonie marquant la restauration de l’église arménienne de la Sainte-Croix sur les bords du lacs de Van.

Mais personne n’en fut dupe. Car personne n’avait oublié l’assassinat, deux mois plus tôt, du journaliste arménien Hrant Dink par un adolescent téléguidé par les services secrets. Ni le déchaînement de haine à l’encontre du peuple arménien et de tous les démocrates qui avaient clamé durant les funérailles de Hrant Dink :«Nous sommes tous des Arméniens».


Tous ces épisodes tragiques de notre histoire montrent que nos gouvernements ont toujours privilégié les options militaires et la violence contre les opprimés pour imposer leur autorité.

Pour justifier ces atrocités, en parfaits démagogues et en manipulateurs, les gouvernements « civils » et militaires de notre pays ont dénigré les opposants en les traitant de terroristes. Ils ont confondu délibérément causes et conséquences comme on s’attaque aux pauvres plutôt qu’à la pauvreté, aux redresseurs de torts plutôt qu’aux torts, aux justes et aux justiciers plutôt qu’aux injustices.

Pourtant, comme des millions de citoyens turcs, comme Mahir, Deniz et ces milliers de militants révolutionnaires assassinés, comme ces centaines de prisonniers grévistes de la faim décédés ou mutilés, comme ces dizaines de milliers de travailleurs venus manifester le 1er mai dernier malgré la terreur policière, je rêve d’une Turquie souveraine, prospère, paisible, juste, humble et fraternelle débarrassée de ce Janus au visage casqué d’un côté et enturbanné de l’autre.

C’en est-il pas assez que l’on divise la société sur base religieuse ?
Assez que l’on nous impose un intégrisme laïc à coups de baïonnettes.
Assez du nationalisme «crânien» qui place la «race des seigneurs» turcs au-dessus des autres peuples.
Assez de notre adhésion à l’axe de la honte et du crime conduit par l’impérialisme américain.
Assez que l’on cherche notre salut dans les clubs des puissants : Union européenne et consorts.
Assez de notre soumission au FMI, à la Banque mondiale, à l’Organisation mondiale du commerce.
Assez que l’on pratique une politique d’importation intense au détriment de nos petits producteurs.
Assez que l’on brade le fleuron de l’industrie turque au secteur privé.
Assez que l’on privatise la santé, l’éducation, les ports maritimes, les banques et les sociétés de télécommunication.
Assez que par le transit du pétrole et du gaz irakien, azéri ou kazakh sur le sol turc, l’on réduise notre pays à un corridor énergétique qui va profiter à l’Etat sioniste au détriment du peuple palestinien.
Assez que l’on détruise les habitations des pauvres pour bâtir des villas pour les riches.
Assez que l’on condamne les victimes du séisme de 1999 à vivre dans des habitations préfabriquées ou parfois encore sous des tentes.
Assez du laxisme en matière d’urbanisation et d’aménagement du territoire alors qu’à Istanbul uniquement, plus de 26.000 immeubles doivent impérativement être détruits avant que ceux-ci ne s’écroulent sur la tête des gens lors d’un prochain tremblement de terre même de faible magnitude.
Assez que notre jeunesse soit livrée au chômage, à la criminalité, à la délinquance, à la drogue, à la prostitution et aux mouvements fascistes.
Assez que nos ouvriers soient utilisés comme chair à canon dans la guerre concurrentielle que se livrent les patrons et meurent en chaîne en l’absence de mesures de sécurité sur leur lieu de travail.
Assez que l’on licencie les travailleurs désireux de s’affilier à un syndicat.
Assez que l’on traîne des syndicats devant les tribunaux pour en obtenir la fermeture.
Assez que les syndicalistes soient frappés d’exclusion, de licenciements ou de bannissement.
Assez que l’on dynamite les locaux d’associations démocratiques.
Assez que l’on interdise des concerts de musique.
Assez que l’on saisisse des publications, que l’on arrête des journalistes et que l’on ferme des stations radio.
Assez que les tortionnaires et les escadrons de la mort à la solde de l’Etat bénéficient de l’impunité.
Assez que l’on tire sur les manifestants ou qu’on les asphyxie à coups de gaz lacrymogènes.
Assez que l’on torture en garde à vue et dans les prisons.
Assez que l’on envoie les forces armées et les troupeaux de fascistes pour «casser du gauchiste» lors de conférences de presses, de funérailles, de distributions de tracts.
Assez que l’on profane les tombes des militants morts pour une Turquie libre.
Assez que l’on pollue notre air, nos mers, nos nappes phréatiques et nos rivières.
Assez des programmes télévisés de déculturation et d’abrutissement.

A présent que nous sommes dégagés pour un instant des intérêts de nos camps, de nos classes respectives, dites-moi ce que vous pensez Monsieur Tanlay d’une Turquie débarrassée de toutes les tares, les lacunes, les crimes et les dysfonctionnements précités ? Une telle Turquie serait-elle pas plus viable, plus humaine ?

Si toutes ces politiques antipopulaires n’avaient pas été menées avec hargne et obstination, croyez-vous sincèrement que la jeunesse aurait pris les armes contre le pouvoir en 1970 ?

Pour une fois dans votre vie, je vous invite à vous mettre à la place des gens que vous haïssez.

Notre propre histoire nous apprend que les solutions policières et militaires, que les appels à la haine et à la vengeance ne font qu’aggraver les problèmes.
En l’occurrence, votre appel « au secours » adressé le samedi 21 avril dernier via le quotidien « Hürriyet » aux organisations turques de Belgique est d’autant plus irresponsable que l’extrême droite turque a régulièrement mis vos appels à exécution en incendiant des associations kurdes et assyriennes, ou en lynchant des démocrates turcs à Bruxelles.

Ce dont souffre les Turcs de Belgique, c’est précisément d’être inféodés à vos directives et à votre agenda, voire d’être continuellement utilisés comme vos otages. Ne croyez-vous pas qu’il est enfin temps de donner à nos compatriotes vivant en Belgique la possibilité de connaître toutes les facettes de la réalité de notre pays, loin des slogans creux et des préjugés ? De donner l’occasion aux diverses communautés anatoliennes de cohabiter dans l’harmonie et la solidarité loin de vos calculs diplomatiques ? De leur permettre de se réapproprier leur propre histoire, celle qu’ils partagent avec tous les travailleurs du monde et de leur pays d’origine ?

Je sais que la bouteille que je lance dans un océan aussi obscur et infini que votre indifférence, ira s’échouer sur quelque rocher tranchant.

Mais je sais aussi que cet océan regorge de petits poissons noirs épris de justice, de liberté et de connaissance, semblables à celui que le conteur iranien Samad Behrangi nous a enseigné. Et je sais qu’un jour, une multitude de petits poissons rouges prendront la relève et nageront dans une Turquie nouvelle, courageuse, libre, humble, prospère et fraternelle.

Veuillez agréer, Monsieur Tanlay, mes salutations distinguées.

Bahar Kimyongür












19:34 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

11/07/2014

L'Etat doit reprendre les filiales de BNP | Soutien à la Palesti ne | Nos lecteurs réagissent à l'affaire Arco

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From: PTB
Sent: Friday, July 11, 2014 8:11 AM
 
Subject: L'Etat doit reprendre les filiales de BNP | Soutien à la Palestine | Nos lecteurs réagissent à l'affaire Arco
 
Newsletter du PTB :: 11 juillet 2014
L’Etat belge doit reprendre le contrôle sur les filiales belges de BNP-Paribas

Suite à l’amende record de l’Etat américain à l’encontre de BNP-Paribas et l’absence de toute intervention de l’Etat belge – pourtant actionnaire principal – dans cette affaire, plusieurs partis plaident pour revendre la participation de l’Etat dans BNP-Paribas. Le PTB plaide au contraire pour la reprise sous contrôle public des filiales belges de BNP-Paribas.

 
Palestine :: Le PTB soutient l’appel à manifester contre la nouvelle agression israélienne

Le kidnapping et le meurtre de 3 jeunes israéliens vivant en territoire occupé ont servi de prétexte à une opération militaire de grande envergure. Sous couvert d’une opération de police, l’état israélien déclenche une nouvelle offensive contre le peuple palestinien. Le PTB et son mouvement de jeunes Comac ont soutenu le rassemblement de soutien au peuple palestinien le mercredi 9 juillet à Bruxelles et soutiennent la manifestation du samedi 19 juillet à Bruxelles.

 
Nos lecteurs réagissent à l’article « Les épargnants d’Arco ne sont pas des spéculateurs »

« Les économies des petits épargnants d’Arco doivent être préservées, c’est aux grandes banques de payer », a réagi le PTB récemment après l’annonce de la Commission européenne de vouloir annuler la garantie d’État accordée aux épargnants d’Arco. Les lecteurs ont été nombreux à réagir sur notre site.

 
Espagne :: En prison pour avoir fait grève ? « Ils ne nous feront pas taire ! »

Trois cents syndicalistes espagnols risquent un total de 120 ans de prison. Pour les soutenir, des milliers de travailleur se sont rassemblés dans les rues des grandes villes du pays le 9 juillet.

 
Les points de départ libéraux de la Commission pour la Réforme des pensions

La Commission pour la Réforme des pensions chargée par les ministres Alexander De Croo (Open VLD) et Sabine Laruelle (MR) a rendu son rapport fin juin. Ce rapport contient outre de nombreux chiffres, quelques nouvelles analyses ainsi que des concepts et des propositions concrètes. La Commission préconise clairement le maintien des pensions légales. Mais d’un autre côté, elle prône l’allongement des carrières, le transfert des risques sur les plus âgés et des pensions réduites durant certaines périodes d’inactivité.

 
ManiFiesta

ManiFiesta, la fête de la solidarité organisée par Solidaire et Médecine pour le peuple, aura lieu les 19 et 20 septembre prochain à la mer. Au programme ? Un débat « Europe, crise et résistance » avec Peter Mertens, Raoul Hedebouw, Emile Roemer (Président SP Pays-Bas), Pierre Laurent (secrétaire national du Parti communiste français).

 

Sur www.solidaire.org

 

Parti du Travail

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Solidaire

 

12:40 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

02/07/2014

infocuba: Les Etats-Unis, BNP-Paribas et la souveraineté de la France

PARIS, SOUS LE JOUG DE WASHINGTON :
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Les Etats-Unis, BNP-Paribas et la souveraineté de la France

 

Salim Lamrani

Opera Mundi

 

Les Etats-Unis s’apprêtent à infliger une amende record à la plus importante banque française en raison de ses relations commerciales avec Cuba et d’autres pays sous embargo. Ceci, en flagrante violation du droit international et de la souveraineté de la France.

 

Après avoir sanctionné la banque Crédit Suisse d’une amende record de 2,6 milliards de dollars en mai 2014, les Etats-Unis ont prévu de sanctionner la banque française BNP Paribas d’une amende de 10 milliards de dollars et d’un retrait temporaire de sa licence bancaire sur leur territoire. Washington reproche à cette banque d’avoir réalisé des transactions en dollars – monnaie utilisée lors des échanges internationaux – avec des pays sous embargo, notamment Cuba, entre 2002 et 2009.

En effet, Cuba est victime d’un état de siège économique depuis plus d’un demi-siècle, lequel affecte tous les secteurs de la société et les catégories les plus vulnérables de la population, à savoir les enfants, les femmes et les personnes âgées. En plus d’interdire tout commerce bilatéral (à de rares exceptions près) entre l’île de la Caraïbe et les Etats-Unis, les sanctions économiques imposées en 1960 disposent d’un caractère extraterritorial et constituent un obstacle au développement des relations commerciales et financières de Cuba avec le reste du monde.

Pourtant, selon le droit international, il est strictement interdit d’appliquer de manière extraterritoriale une législation nationale. La loi française ne peut s’appliquer en Allemagne et la loi brésilienne ne peut s’appliquer en Argentine. Or, la législation étasunienne sur les sanctions économiques contre Cuba (et d’autres pays sous embargo) s’applique partout dans le monde et affecte BNP Paribas.

Aux yeux de la législation française et du droit international, BNP Paribas n’a commis absolument aucune irrégularité. L’établissement financier étant une banque française, il n’est aucunement soumis à la loi étasunienne, au nom d’un principe fondamental du droit international qui est la non-extraterritorialité des lois. La législation étasunienne ne peut s’appliquer que sur le territoire national et ne peut franchir les frontières. Par ailleurs, les transactions mises en cause par Washington ont eu lieu à partir de filiales de la BNP Paribas installées en Europe et non pas aux Etats-Unis.

Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, a été clair à ce sujet : « Nous avons vérifié que toutes les transactions incriminées étaient conformes aux règles, lois, réglementations, aux niveaux européen et français ». Il n’y a « aucune contravention à ces règles, ni d’ailleurs aux règles édictées par les Nations unies » de la part de BNP Paribas1.

BNP Paribas a d’ores et déjà été contrainte de licencier plusieurs responsables impliqués dans ses échanges litigieux aux yeux des autorités étasuniennes et envisage de négocier une sanction moins lourde en utilisant le procédé du « plaider coupable », même si aucune faute n’a été commise.2

Sur ce sujet, la position officielle de la France est extrêmement troublante. En effet, au lieu de défendre les intérêts d’une grande entreprise qui n’a commis aucun délit aux yeux de la législation nationale et du droit international, le gouvernement du Président François Hollande a accepté le point de vue étasunien en reconnaissant « l’infraction commise » et se contente seulement de dénoncer le « caractère disproportionné des sanctions envisagées ». Au lieu de défendre la souveraineté nationale et de condamner l’application extraterritoriale et illégale de la loi étasunienne contre les intérêts fondamentaux de la nation, Paris se limite à implorer un châtiment moins sévère3. En se pliant aussi docilement aux injonctions de Washington, la France renonce à son indépendance et ternit durablement son image sur la scène internationale.

 

 

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Les médias face au défi de l’impartialité, Paris, Editions Estrella, 2013 et comporte une préface d’Eduardo Galeano.

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1- Les Echos, « Les Etats-Unis font monter la pression sur BNP Paribas », 29 mai 2014

2- Ibid.

3- Le Monde, « Sanctions contre BNP Paribas : Paris met le traité de libre-échange dans la balance », 5 juin 2014.

 

1 Les Echos, « Les Etats-Unis font monter la pression sur BNP Paribas », 29 mai 2014.

2 Ibid.

3 Le Monde, « Sanctions contre BNP Paribas : Paris met le traité de libre-échange dans la balance », 5 juin 2014.

 

 

 

 



Message soutien Actus_Castro_LivreSanchez 2.pdf

17:00 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

12/06/2014

KOSOVO: rien n'va plus. Les partis "démocratiques" se coalisent pour chasser du pouvoir l' ex-terroriste Thaçi ....

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KOSOVO: rien n'va plus. Les partis "démocratiques" se coalisent pour chasser du pouvoir l' ex-terroriste Thaçi ....

Kosovo : l’opposition se coalise pour chasser Thaçi et le PDK

De notre correspondant à Pristina
Sur la Toile :
Mise en ligne : mercredi 11 juin 2014
La Ligue démocratique du Kosovo (LDK), l’Alliance pour l’avenir du Kosovo (AAK) et l’Initiative pour le Kosovo (Nisma për Kosovën) ont signé mardi un accord pour former le nouveau gouvernement du Kosovo. Le PDK d’Hashim Thaçi, minoritaire mais arrivé en tête des élections de dimanche dénonce une initiative « anticonstitutionnelle ».

Par B.K.

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Ramush Haradinaj, Isa Mustafa et Fatmir Limaj

Selon l’accord signé par Isa Mustafa (LDK), Ramush Haradinaj (AAK) et Fatmir Limaj (Nisma), le poste de Premier ministre reviendrait à Ramush Haradinaj ; la présidence du Parlement et la présidence de la République à la LDK, tandis que Nisma devrait se contenter d’un poste de vice-Premier ministre. Le mandat de l’actuelle présidente du Kosovo, Atifete Jahjaga, expire en 2016. Selon l’accord, les trois partis partageront les autres postes proportionnellement à leur représentation parlementaire.


Retrouvez notre dossier :
Législatives du 8 juin au Kosovo : que tout change pour que rien ne change ?


Selon les résultats préliminaires, c’est pourtant le Parti démocratique du Kosovo (PDK) qui arrive en tête avec 31,21% des voix. La Ligue démocratique du Kosovo (LDK) se positionne en deuxième position en recueillant 26,13%, puis viennent le mouvement Vetëvendosje, avec 13,61%, l’Alliance pour l’avenir du Kosovo (AAK) avec 9,65% et l’Initiative pour le Kosovo (Nisma për Kosovën), avec 5,36%.

Ce sont néanmoins les formations de l’opposition qui se sont empressées de créer un nouvel axe majoritaire, sous l’impulsion de Vetëvendosje, qui a fait monter la pression sur l’opposition, en appelant tout de suite les autres partis à ne pas s’allier au PDK. Vetëvendosje a néanmoins refuser de rejoindre la coalition, en posant comme conditions « une lutte efficace contre la corruption, l’arrêt des négociations sans conditions avec Belgrade et l’interruption de la privatisation du KEK, des mines Trepça et des PTK ».

« Notre objectif conjoint était de ne pas permettre une nouveau gouvernement de Thaçi. Ce serait une poursuite de l’agonie sur le plan de l’économie, de l’Etat de droit et de l’intégration européenne », a commenté Ramush Haradinaj en promettant une lutte sans compromis contre la corruption.

Le PDK a réagi en estimant que l’action des partis de l’opposition était anti-constitutionnelle et en affirmant qu’il revient au parti arrivé en tête des élections de former le gouvernement. « La volonté des citoyens ne peut pas être modifiée par des accords anti-constitutionnels. Le gouvernement sera dirigé par le PDK ou bien il faudra convoquer des élections anticipées », a affirmé Hajredin Kuçi, vice-président du PDK.

Si jamais Vetëvendosje ! ne se rallie pas à la LDK, le AAK et Nisma, ces derniers dépendront des votes minoritaires. « Nous aurons la majorité parlementaire, au moins avec l’AAK ; et c’est à nous que revient le mandat pour former le gouvernement. Si la présidente Atifete Jahjaga offre en premier à Hashim Thaçi de former le gouvernement, c’est à nous, selon la Constitution, d’avoir la deuxième occasion. Mais s’ils veulent politiser cette question, nous irons aux élections anticipées en coalition et notre victoire est assurée. Il n’y a pas de retour en arrière », a riposté Isa Mustafa.

Alors que les résultats définitifs n’ont pas encore été certifiés par la Commission électorale, le débat politique s’est donc déplacé sur le plan juridique et constitutionnel, tandis que les ambassadeurs occidentaux influents à Pristina ne se sont toujours pas prononcés sur les derniers événements.

12:04 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

04/06/2014

LE DÉBARQUEMENT DU 6 JUIN 1944 DU MYTHE D'AUJOURD'HUI À LA RÉALI TÉ HISTORIQUE

 
 

scg/sedc

 

1952 : La Guerre des Mercenaires - Skynet.be

users.skynet.be/roger.romain/guerredesmercenaires_1952.htm
 
From: histoire
Sent: Wednesday, June 4, 2014 6:00 PM
 
Subject: [listalr] LE DÉBARQUEMENT DU 6 JUIN 1944 DU MYTHE D'AUJOURD'HUI À LA RÉALITÉ HISTORIQUE
 

 

Chers amis,

 

Vous lisez et entendez, ces temps-ci, sur le débarquement du 6 juin 1944, beaucoup de sornettes sur les conditions de la libération américaine de la France et de « l’Europe ».

 

Le recours aux sources aide à faire le point : vous trouverez ci-joint un article intitulé « Le débarquement du 6 juin 1944 du mythe d’aujourd’hui à la réalité historique », paru le 2 juin 2014, http://www.lafauteadiderot.net/Le-debarquement-du-6-juin-...

 

Bonne lecture, et libre diffusion, naturellement.

 

Amitiés,

Annie Lacroix-Riz

 

 

 

http://www.historiographie.info/articles.html

 

Le débarquement du 6 juin 1944 du mythe d’aujourd’hui à la réalité historique
Par Annie Lacroix-Riz, historienne

Le triomphe du mythe de la libération américaine de l’Europe

En juin 2004, lors du 60e anniversaire (et premier décennal célébré au XXIe siècle) du « débarquement allié » en Normandie, à la question « Quelle est, selon vous, la nation qui a le plus contribué à la défaite de l’Allemagne » l’Ifop afficha une réponse strictement inverse de celle collectée en mai 1945 : soit respectivement pour les États-Unis, 58 et 20%, et pour l’URSS, 20 et 57% [1]. Du printemps à l’été 2004 avait été martelé que les soldats américains avaient, du 6 juin 1944 au 8 mai 1945, sillonné l’Europe « occidentale » pour lui rendre l’indépendance et la liberté que lui avait ravies l’occupant allemand et que menaçait l’avancée de l’armée rouge vers l’Ouest. Du rôle de l’URSS, victime de cette « très spectaculaire [inversion des pourcentages] avec le temps » [2], il ne fut pas question. Le (70e) cru 2014 promet pire sur la présentation respective des « Alliés » de Deuxième Guerre mondiale, sur fond d’invectives contre l’annexionnisme russe en Ukraine et ailleurs [3].

La légende a progressé avec l’expansion américaine sur le continent européen planifiée à Washington depuis 1942 et mise en œuvre avec l’aide du Vatican, tuteur des zones catholiques et administrateur, avant, pendant et après la Deuxième Guerre mondiale de la « sphère d’influence “occidentale” » [4]. Conduite en compagnie de et en concurrence avec la RFA (puis l’Allemagne réunifiée), cette poussée vers l’Est a pris un rythme effréné depuis la « chute du Mur de Berlin » (1989) : elle a pulvérisé les « buts de guerre » que Moscou avait revendiqués en juillet 1941 et atteints en 1944 (récupération du territoire de 1939-1940) et 1945 (acquisition d’une sphère d’influence recouvrant l’ancien « cordon sanitaire » d’Europe centrale et orientale, vieille voie germanique d’invasion de la Russie) [5]. Le projet américain avançait si vite qu’Armand Bérard, diplomate en poste à Vichy et, après la Libération, conseiller d’ambassade à Washington (décembre 1944) puis à Bonn (août 1949), prédit en février 1952 : « les collaborateurs du Chancelier [Adenauer] considèrent en général que le jour où l’Amérique sera en mesure de mettre en ligne une force supérieure, l’URSS se prêtera à un règlement dans lequel elle abandonnera les territoires d’Europe Centrale et Orientale qu’elle domine actuellement. » [6] Les prémonitions, alors effarantes, de Bérard-Cassandre, sont en mai-juin 2014 dépassées : l’ancienne URSS, réduite à la Russie depuis 1991, est menacée à sa porte ukrainienne.

L’hégémonie idéologique « occidentale » accompagnant ce Drang nach Osten a été secondée par le temps écoulé depuis la Deuxième Guerre mondiale. Avant la Débâcle, « l’opinion française » s’était fait « dindonn[er] par les campagnes “idéologiques” » transformant l’URSS en loup et le Reich en agneau. La grande presse, propriété du capital financier, l’avait persuadée que l’abandon de l’alliée tchécoslovaque lui vaudrait préservation durable de la paix. « Une telle annexion sera et ne peut être qu’une préface à une guerre qui deviendra inévitable, et au bout des horreurs de laquelle la France courra le plus grand risque de connaître la défaite, le démembrement et la vassalisation de ce qui subsistera du territoire national comme État en apparence indépendant », avait averti, deux semaines avant Munich, une autre Cassandre du haut État-major de l’armée [7]. Trompée et trahie par ses élites, « la France » connut le destin prévu mais ses ouvriers et employés, subissant 50% de baisse des salaires réels et perdant 10-12 kg entre 1940 et 1944, se laissèrent moins « dindonn[er] par les campagnes “idéologiques” ».

Ils perçurent certes les réalités militaires plus tard que « les milieux bien informés », mais, en nombre croissant au fil des mois, ils suivirent sur les atlas ou les cartes de la presse collaborationniste l’évolution du « front de l’Est ». Ils comprirent que l’URSS, qui réclamait en vain depuis juillet 1941 l’ouverture, à l’Ouest, d’un « second front » allégeant son martyre, portait seule le poids de la guerre. L’« enthousiasme » que suscita en eux la nouvelle du débarquement anglo-américain en Afrique du Nord (8 novembre 1942) était « éteint » au printemps suivant : « Aujourd’hui tous les espoirs sont tournés vers la Russie dont les succès remplissent de joie la population tout entière […] Toute propagande du parti communiste est devenue inutile […] la comparaison trop facile entre l’inaction inexplicable des uns et l’héroïque activité des autres prépare des jours pénibles à ceux qui s’inquiètent du péril bolchevique », trancha un rapport d’avril 1943 destiné au BCRA gaulliste [8].

Si duper les générations qui avaient conservé le souvenir du conflit était délicat, l’exercice est aujourd’hui devenu aisé. À la disparition progressive de ses témoins et acteurs s’est ajouté l’effondrement du mouvement ouvrier radical. Le PCF, « parti des fusillés », a longtemps informé largement, bien au-delà de ses rangs, sur les réalités de cette guerre. Ce qui en demeure en traite moins volontiers dans sa presse, elle-même en voie de disparition, voire bat sa coulpe sur le passé « stalinien » contemporain de sa Résistance. L’idéologie dominante, débarrassée d’un sérieux obstacle, a conquis l’hégémonie sur ce terrain comme sur les autres. La sphère académique n’oppose plus rien (voire s’associe) à l’intoxication déchaînée dans la presse écrite et audiovisuelle ou le cinéma [9]. Or, les préparatifs et objectifs du 6 juin 1944 ne sont éclairés ni par le film Il faut sauver le soldat Ryan ni par le long documentaire Apocalypse.

La Pax Americana vue par Armand Bérard en juillet 1941

C’est bien avant le « tournant » de Stalingrad (janvier-février 1943) que les élites françaises saisirent les conséquences américaines de la situation militaire née de la « résistance […] farouche du soldat russe ». En témoigne le rapport daté de la mi-juillet 1941 que le général Paul Doyen, président de la délégation française à la Commission allemande d’armistice de Wiesbaden, fit rédiger par son collaborateur diplomatique Armand Bérard [10] :

1° Le Blitzkrieg était mort. « Le tour pris par les opérations » contredisait le pronostic des « dirigeants [du] IIIème Reich [qui…] n’avaient pas prévu une résistance aussi farouche du soldat russe, un fanatisme aussi passionné de la population, une guérilla aussi épuisante sur les arrières, des pertes aussi sérieuses, un vide aussi complet devant l’envahisseur, des difficultés aussi considérables de ravitaillement et de communications.

Les batailles gigantesques de tanks et d’avions, la nécessité, en l’absence de wagons à écartement convenable, d’assurer par des routes défoncées des transports de plusieurs centaines de kilomètres entraînent, pour l’Armée allemande, une usure de matériel et une dépense d’essence qui risquent de diminuer dangereusement ses stocks irremplaçables de carburants et de caoutchouc. Nous savons que l’État-Major allemand a constitué trois mois de réserves d’essence. II faut qu’une campagne de trois mois lui permette de réduire à merci le communisme soviétique, de rétablir l’ordre en Russie sous un régime nouveau, de remettre en exploitation toutes les richesses naturelles du pays et en particulier les gisements, du Caucase. Cependant, sans souci de sa nourriture de demain, le Russe incendie au lance-flamme ses récoltes, fait sauter ses villages, détruit son matériel roulant, sabote ses exploitations ».

2° Le risque d’une défaite allemande (longuement détaillé par Bérard) contraignait les maîtres de la France à rallier un autre protecteur que l’impérialisme « continental » choisi depuis la « Réconciliation » des années 1920. Un tel tournant s’avérant impossible « dans les mois à venir », on passerait avec doigté de l’hégémonie allemande à l’américaine, inéluctable. Car « déjà les États-Unis sont sortis seuls vainqueurs de la guerre de 1918 : ils en sortiront plus encore du conflit actuel. Leur puissance économique, leur haute civilisation, le chiffre de leur population, leur influence croissante sur tous les continents, l’affaiblissement des États européens qui pouvaient rivaliser avec eux font que, quoi qu’il arrive, le monde devra, dans les prochaines décades, se soumettre à la volonté des États-Unis. » [11] Bérard distinguait donc dès juillet 1941 le futur vainqueur militaire soviétique – que le Vatican identifia clairement peu après [12] ‑, que la guerre d’attrition allemande épuiserait, du « seul vainqueur », par « puissance économique », qui pratiquerait dans cette guerre comme dans la précédente la « stratégie périphérique ».

« Stratégie périphérique » et Pax Americana contre l’URSS

Les États-Unis, n’ayant jamais souffert d’occupation étrangère ni d’aucune destruction depuis la soumission du Sud agricole (esclavagiste) au Nord industriel, avaient cantonné leur armée permanente à des missions aussi impitoyables qu’aisées, avant (et éventuellement depuis) l’ère impérialiste : liquidation des populations indigènes, soumission de voisins faibles (« l’arrière-cour » latino-américaine) et répression intérieure. Pour l’expansion impériale, la consigne du chantre de l’impérialisme Alfred Mahan ‑ développer indéfiniment la Marine ‑, s’était enrichie sous ses successeurs des mêmes prescriptions concernant l’aviation [13]. Mais la modestie de leurs forces armées terrestres dictait leur incapacité dans un conflit européen. Victoire une fois acquise par pays interposé, fournisseur de la « chair à canon » (« canon fodder »), des forces américaines tardivement déployées investiraient, comme à partir du printemps 1918, le territoire à contrôler : désormais, ce serait à partir de bases aéronavales étrangères, celles d’Afrique du Nord s’ajoutant depuis novembre 1942 aux britanniques [14].

L’Entente tripartite (France, Angleterre, Russie) s’était en 1914 partagé le rôle militaire, finalement dévolu, vu le retrait russe, à la France surtout. C’est l’URSS seule qui l’assumerait cette fois dans une guerre américaine qui, selon l’étude secrète de décembre 1942 du Comité des chefs d’États-majors interarmées (Joint Chiefs of Staff, JCS), se fixait pour norme d’« ignorer les considérations de souveraineté nationale » des pays étrangers. En 1942-1943, le JCS 1° tira du conflit en cours (et du précédent) la conclusion que la prochaine guerre aurait « pour épine dorsale les bombardiers stratégiques américains » et que, simple « instrument de la politique américaine, une armée internationale » chargée des tâches subalternes (terrestres) « internationaliserait et légitimerait la puissance américaine » ; et 2° dressa l’interminable liste des bases d’après-guerre sillonnant l’univers, colonies des « alliés » comprises (JCS 570) : rien ne pourrait nous conduire à « tolérer des restrictions à notre capacité à faire stationner et opérer l’avion militaire dans et au-dessus de certains territoires sous souveraineté étrangère », trancha le général Henry Arnold, chef d’état-major de l’Air, en novembre 1943 [15].

La « Guerre froide » transformant l’URSS en « ogre soviétique » [16] débriderait les aveux sur la tactique subordonnant l’usage de la « chair à canon » des alliés (momentanés) aux objectifs des « bombardements stratégiques américains ». En mai 1949, Pacte atlantique signé (le 4 avril), Clarence Cannon, président de la commission des Finances de la Chambre des Représentants (House Committee on Appropriations) glorifia les fort coûteux « bombardiers terrestres de grand raid capables de transporter la bombe atomique qui “en trois semaines auraient pulvérisé tous les centres militaires soviétiques” » et se félicita de la « contribution » qu’apporteraient nos « alliés […] en envoyant les jeunes gens nécessaires pour occuper le territoire ennemi après que nous l’aurons démoralisé et anéanti par nos attaques aériennes. […] Nous avons suivi un tel plan pendant la dernière guerre » [17].

Les historiens américains Michael Sherry et Martin Sherwin l’ont montré : c’est l’URSS, instrument militaire de la victoire, qui était la cible simultanée des futures guerres de conquête – et non le Reich, officiellement désigné comme ennemi « des Nations unies » [18]. On comprend pourquoi en lisant William Appleman Williams, un des fondateurs de « l’école révisionniste » (progressiste) américaine. Sa thèse sur « les relations américano-russes de 1781 à 1947 » (1952) a démontré que l’impérialisme américain ne supportait aucune limitation à sa sphère d’influence mondiale, que la « Guerre froide », née en 1917 et non en 1945-1947, avait des fondements non idéologiques mais économiques, et que la russophobie américaine datait de l’ère impérialiste [19]. « L’entente [russo-américaine] lâche et informelle […] s’était rompue sur les droits de passage des chemins de fer [russes] de Mandchourie méridionale et de l’Est chinois entre 1895 et 1912 ». Les Soviets eurent au surplus l’audace d’exploiter eux-mêmes leur caverne d’Ali Baba, soustrayant aux capitaux américains leur immense territoire (22 millions de km2). Voilà ce qui généra « la continuité, de Theodore Roosevelt et John Hay à Franklin Roosevelt en passant par Wilson, Hugues et Hoover, de la politique américaine en Extrême-Orient » [20] ‑ mais aussi en Afrique et en Europe, autres champs privilégiés « d’un partage et d’un repartage du monde » [21] américains renouvelés sans répit depuis 1880-1890.

Washington prétendait opérer ce « partage-repartage » à son bénéfice exclusif, raison fondamentale pour laquelle Roosevelt mit son veto à toute discussion en temps de guerre avec Staline et Churchill sur la répartition des « zones d’influence ». L’arrêt des armes lui assurerait la victoire militaire à coût nul, vu l’état pitoyable de son grand rival russe, ravagé par l’assaut allemand [22]. En février-mars 1944, le milliardaire Harriman, ambassadeur à Moscou depuis 1943, s’accordait avec deux rapports des services « russes » du Département d’État (« Certains aspects de la politique soviétique actuelle » et « La Russie et l’Europe orientale ») pour penser que l’URSS, « appauvrie par la guerre et à l’affût de notre assistance économique […,] un de nos principaux leviers pour orienter une action politique compatible avec nos principes », n’aurait même pas la force d’empiéter sur l’Est de l’Europe bientôt américaine. Elle se contenterait pour l’après-guerre d’une promesse d’aide américaine, ce qui nous permettrait « d’éviter le développement d’une sphère d’influence de l’Union Soviétique sur l’Europe orientale et les Balkans » [23]. Pronostic manifestant un optimisme excessif, l’URSS n’ayant pas renoncé à s’en ménager une.

La Pax Americana dans le tronçon français de la zone d’influence

Les plans de paix synarchique…

Ce « levier » financier était, tant à l’Ouest qu’à l’Est, « une des armes les plus efficaces à notre disposition pour influer sur les événements politiques européens dans la direction que nous désirons » [24].

En vue de cette Pax Americana, la haute finance synarchique, cœur de l’impérialisme français particulièrement représenté outre-mer – Lemaigre-Dubreuil, chef des huiles Lesieur (et de sociétés pétrolières), le président de la banque d’Indochine Paul Baudouin, dernier ministre des Affaires étrangères de Reynaud et premier de Pétain, etc. –, négocia, plus activement depuis le second semestre 1941, avec le financier Robert Murphy, délégué spécial de Roosevelt en Afrique du Nord. Futur premier conseiller du gouverneur militaire de la zone d’occupation américaine en Allemagne et un des chefs des services de renseignements, de l’Office of Strategic Services (OSS) de guerre à la Central Intelligence Agency de 1947, il s’était installé à Alger en décembre 1940. Ce catholique intégriste y préparait le débarquement des États-Unis en Afrique du Nord, tremplin vers l’occupation de l’Europe qui commencerait par le territoire français quand l’URSS s’apprêterait à franchir ses frontières de 1940-1941 pour libérer les pays occupés [25]. Ces pourparlers secrets furent tenus en zone non occupée, dans « l’empire », via les « neutres », des pro-hitlériens Salazar et Franco, sensibles aux sirènes américaines, aux Suisses et aux Suédois, et via le Vatican, aussi soucieux qu’en 1917-1918 d’assurer une paix douce au Reich vaincu. Prolongés jusqu’à la fin de la guerre, ils inclurent dès 1942 des plans de « retournement des fronts », contre l’URSS, qui percèrent avant la capitulation allemande [26] mais n’eurent plein effet qu’après les 8-9 mai 1945.

Traitant d’affaires économiques immédiates (en Afrique du Nord) et futures (métropolitaines et coloniales pour l’après-Libération) avec les grands synarques, Washington comptait aussi sur eux pour évincer de Gaulle, également haï des deux parties. En aucun cas parce qu’il était une sorte de dictateur militaire insupportable, conformément à une durable légende, au grand démocrate Roosevelt. De Gaulle déplaisait seulement parce que, si réactionnaire qu’il eût été ou fût, il tirait sa popularité et sa force de la Résistance intérieure (surtout communiste) : c’est à ce titre qu’il entraverait la mainmise totale des États-Unis, alors qu’un « Vichy sans Vichy » offrirait des partenaires honnis du peuple, donc aussi dociles « perinde ac cadaver » aux injonctions américaines qu’ils l’étaient aux ordres allemands. Cette formule américaine, finalement vouée à l’échec vu le rapport de forces général et français, eut donc pour héros successifs, de 1941 à 1943, les cagoulards vichystes Weygand, Darlan puis Giraud, champions avérés de dictature militaire [27], si représentatifs du goût de Washington pour les étrangers acquis à la liberté de ses capitaux et à l’installation de ses bases aéronavales [28].

On ne s’efforçait pas d’esquiver de Gaulle pour subir les Soviets : épouvantés par l’issue de la bataille de Stalingrad, les mêmes financiers français dépêchèrent aussitôt à Rome leur tout dévoué Emmanuel Suhard, instrument depuis 1926 de leurs plans de liquidation de la République. Le cardinal-archevêque (de Reims) avait été, la Cagoule ayant opportunément en avril 1940 liquidé son prédécesseur Verdier, nommé à Paris en mai juste après l’invasion allemande (du 10 mai) : ses mandants et Paul Reynaud, complice du putsch Pétain-Laval imminent, l’envoyèrent amorcer à Madrid le 15 mai, via Franco, les tractations de « Paix » (capitulation) avec le Reich [29]. Suhard fut donc à nouveau chargé de préparer, en vue de la Pax Americana, les pourparlers avec le nouveau tuteur : il devait demander à Pie XII de poser « à Washington », via Myron Taylor, ancien président de l’US Steel et depuis l’été 1939 « représentant personnel » de Roosevelt « auprès du pape », « la question suivante : “Si les troupes américaines sont amenées à pénétrer en France, le gouvernement de Washington s’engage-t-il à ce que l’occupation américaine soit aussi totale que l’occupation allemande  ?” », à l’exclusion de toute « autre occupation étrangère (soviétique). Washington a répondu que les États-Unis se désintéresseraient de la forme future du gouvernement de la France et qu’ils s’engageaient à ne pas laisser le communisme s’installer dans le pays » [30]. La bourgeoisie, nota un informateur du BCRA fin juillet 1943, « ne croyant plus à la victoire allemande, compte […] sur l’Amérique pour lui éviter le bolchevisme. Elle attend le débarquement anglo-américain avec impatience, tout retard lui apparaissant comme une sorte de trahison ». Ce refrain fut chanté jusqu’à la mise en œuvre de l’opération « Overlord » [31].

… contre les espérances populaires

Au « bourgeois français [qui avait] toujours considéré le soldat américain ou britannique comme devant être naturellement à son service au cas d’une victoire bolchevique », les RG opposaient depuis février 1943 « le prolétariat », qui exultait : « les craintes de voir “sa” victoire escamotée par la haute finance internationale s’estompent avec la chute de Stalingrad et l’avance générale des soviets » [32]. De ce côté, à la rancœur contre l’inaction militaire des Anglo-Saxons contre l’Axe s’ajouta la colère provoquée par leur guerre aérienne contre les civils, ceux des « Nations unies » compris. Les « bombardements stratégiques américains », ininterrompus depuis 1942, frappaient les populations mais épargnaient les Konzerne partenaires, IG Farben en tête comme le rapporta en novembre « un très important industriel suédois en relations étroites avec [le géant chimique], retour d’un voyage d’affaires en Allemagne » : à Francfort, « les usines n’ont pas souffert », à Ludwigshafen, « les dégâts sont insignifiants », à Leverkusen, « les usines de l’IG Farben […] n’ont pas été bombardées » [33].

Rien ne changea jusqu’en 1944, où un long rapport de mars sur « les bombardements de l’aviation anglo-américaine et les réactions de la population française » exposa les effets de « ces raids meurtriers et inopérants » : l’indignation enflait tant depuis 1943 qu’elle ébranlait l’assise du contrôle américain imminent du territoire. Depuis septembre 1943 s’étaient intensifiées les attaques contre la banlieue de Paris, où les bombes étaient comme « jetées au hasard, sans but précis, et sans le moindre souci d’épargner des vies humaines ». Nantes avait suivi, Strasbourg, La Bocca, Annecy, puis Toulon, qui avait « mis le comble à la colère des ouvriers contre les Anglo-Saxons » : toujours les mêmes morts ouvriers et peu ou pas d’objectifs industriels touchés. Les opérations préservaient toujours l’économie de guerre allemande, comme si les Anglo-Saxons « craignaient de voir finir la guerre trop vite ». Ainsi trônaient intacts les hauts-fourneaux, dont la « destruction paralyserait immédiatement les industries de transformation, qui cesseraient de fonctionner faute de matières premières ». Se répandait « une opinion très dangereuse […] dans certaines parties de la population ouvrière qui a été durement frappée par les raids. C’est que les capitalistes anglo-saxons ne sont pas mécontents d’éliminer des concurrents commerciaux, et en même temps de décimer la classe ouvrière, de la plonger dans un état de détresse et de misère qui lui rendra plus difficile après la guerre la présentation de ses revendications sociales. Il serait vain de dissimuler que l’opinion française est, depuis quelque temps, considérablement refroidie à l’égard des Anglo-Américains », qui reculent toujours devant « le débarquement promis […]. La France souffre indiciblement […] Les forces vives du pays s’épuisent à une cadence qui s’accélère de jour en jour, et la confiance dans les alliés prend une courbe descendante. […] Instruits par la cruelle réalité des faits, la plupart des ouvriers portent désormais tous leurs espoirs vers la Russie, dont l’armée est, à leur avis, la seule qui puisse venir à bout dans un délai prochain de la résistance des Allemands » [34].

C’est donc dans une atmosphère de rancœur contre ces « alliés » aussi bienveillants pour le Reich qu’avant et après 1918 qu’eut lieu leur débarquement du 6 juin 1944. Colère et soviétophilie populaires persistèrent, donnant au PCF un écho qui inquiétait l’État gaulliste imminent : « le débarquement a enlevé à sa propagande une part de sa force de pénétration », mais « le temps assez long qu’ont mis les armées anglo-américaines à débarquer sur le sol français a été exploité pour démontrer que seule l’armée russe était en mesure de lutter efficacement contre les nazis. Les morts provoquées par les bombardements et les douleurs qu’elles suscitent servent également d’éléments favorables à une propagande qui prétend que les Russes se battent suivant les méthodes traditionnelles et ne s’en prennent point à la population civile » [35].

Le déficit de sympathie enregistré dans ce morceau initial de la sphère d’influence américaine se maintint entre la Libération de Paris et la fin de la guerre en Europe, comme l’attestent les sondages de l’Ifop d’après-Libération, parisien (« du 28 août au 2 septembre 1944 ») et de mai 1945, national (déjà cité) [36]. Il fut après-guerre, on l’a dit, d’abord progressivement, puis brutalement comblé. Il n’est donc plus grand monde pour rappeler qu’après la bataille des Ardennes (décembre 1944-janvier 1945), seuls combats importants livrés par les Anglo-Saxons contre des troupes allemandes (9 000 morts américains) [37], le haut-commandement de la Wehrmacht négocia fébrilement sa reddition « aux armées anglo-américaines et le report des forces à l’Est » ;
que, fin mars 1945, « 26 divisions allemandes demeuraient sur le front occidental », à seule fin d’évacuation « vers l’Ouest » par les ports du Nord, « contre 170 divisions sur le front de l’Est », qui combattirent farouchement jusqu’au 9 mai (date de la libération de Prague) [
38] ;
que le libérateur américain, qui avait doublé à la faveur de la guerre son revenu national, avait sur les fronts du Pacifique et d’Europe perdu 290 000 soldats de décembre 1941 à août 1945 [
39] : soit l’effectif soviétique tombé dans les dernières semaines de la chute de Berlin, et 1% du total des morts soviétiques de la « Grande guerre patriotique », près de 30 millions sur 50.

Du 6 juin 1944 au 9 mai 1945, Washington acheva de mettre en place tout ou presque pour rétablir le « cordon sanitaire » que les rivaux impérialistes anglais et français avaient édifié en 1919 ; et pour transformer en bête noire le pays le plus chéri des peuples d’Europe (français inclus). La légende de la « Guerre froide » mériterait les mêmes correctifs que celle de l’exclusive libération américaine de l’Europe [40].

Autres textes concernant le travail d’Annie Lacroix-Riz sur La faute à Diderot :
Industriels et banquiers français sous l’occupation.
Vichy et l’assassinat de la République
La pologne dans la stratégie extérieure de la France (octobre 38-août 39)

Notes :

[1] Frédéric Dabi, « 1938-1944 : Des accords de Munich à la libération de Paris ou l’aube des sondages d’opinion en France », février 2012, http://www.revuepolitique.fr/1938-1..., chiffres extraits du tableau, p. 5. Total inférieur à 100 : 3 autres données : Angleterre ; 3 pays ; sans avis.

[2] Ibid., p. 4.

[3] Campagne si délirante qu’un journal électronique lié aux États-Unis a le 2 mai 2014 a prôné quelque pudeur sur l’équation CIA-démocratie http://www.huffingtonpost.fr/charle...

[4] Annie Lacroix-Riz, Le Vatican, l’Europe et le Reich 1914-1944, Paris, Armand Colin, 2010 (2e édition), passim.

[5] Lynn E. Davis, The Cold War begins […] 1941-1945, Princeton, Princeton UP, 1974 ; Lloyd Gardner, Spheres of influence […], 1938-1945, Chicago, Ivan R. Dee, 1993 ; Geoffrey Roberts, Stalin’s Wars : From World War to Cold War, 1939-1953. New Haven & London : Yale University Press, 2006, traduction chez Delga, septembre 2014.

[6] Tél. 1450-1467 de Bérard, Bonn, 18 février 1952, Europe généralités 1949-1955, 22, CED, archives du ministère des Affaires étrangères (MAE).

[7] Note État-major, anonyme, 15 septembre 1938 (modèle et papier des notes Gamelin), N 579, Service historique de l’armée de terre (SHAT).

[8] Moral de la région parisienne, note reçue le 22 avril 1943, F1a, 3743, Archives nationales (AN).

[9] Lacroix-Riz, L’histoire contemporaine toujours sous influence, Paris, Delga-Le temps des cerises, 2012.

[10] Revendication de paternité, t. 1 de ses mémoires, Un ambassadeur se souvient. Au temps du danger allemand, Paris, Plon, 1976, p. 458, vraisemblable, vu sa correspondance du MAE.

[11] Rapport 556/EM/S au général Koeltz, Wiesbaden, 16 juillet 1941, W3, 210 (Laval), AN.

[12] Les difficultés « des Allemands » nous menacent, se lamenta fin août Tardini, troisième personnage de la secrétairerie d’État du Vatican, d’une issue « telle que Staline serait appelé à organiser la paix de concert avec Churchill et Roosevelt », entretien avec Léon Bérard, lettre Bérard, Rome-Saint-Siège, 4 septembre 1941, Vichy-Europe, 551, archives du ministère des Affaires étrangères (MAE).

[13] Michael Sherry, Preparation for the next war, American Plans for postwar defense, 1941-1945, New Haven, Yale University Press, 1977, chap. 1, dont p. 39.

[14] Exemples français et scandinave (naguère fief britannique), Lacroix-Riz, Le Maghreb : allusions et silences de la chronologie Chauvel, La Revue d’Histoire Maghrébine, Tunis, février 2007, p. 39-48 ; Les Protectorats d’Afrique du Nord entre la France et Washington du débarquement à l’indépendance 1942-1956, Paris, L’Harmattan, 1988, chap. 1 ; « L’entrée de la Scandinavie dans le Pacte atlantique (1943-1949) : une indispensable “révision déchirante” », guerres mondiales et conflits contemporains (gmcc), 5 articles, 1988-1994, liste, http://www.historiographie.info/cv.html.

[15] Sherry, Preparation, p. 39-47 (citations éparses).

[16] Sarcasme de l’ambassadeur américain H. Freeman Matthews, ancien directeur du bureau des Affaires européennes, dépêche de Dampierre n° 1068, Stockholm, 23 novembre 1948, Europe Généralités 1944-1949, 43, MAE.

[17] Tél. Bonnet n° 944-1947, Washington, 10 mai 1949, Europe généralités 1944-1949, 27, MAE, voir Lacroix-Riz, « L’entrée de la Scandinavie », gmcc, n° 173, 1994, p. 150-151 (150-168).

[18] Martin Sherwin, A world destroyed. The atomic bomb and the Grand Alliance, Alfred a Knopf, New York, 1975 ; Sherry Michael, Preparation ; The rise of American Air Power : the creation of Armageddon, New Haven, Yale University Press, 1987 ; In the shadow of war : the US since the 1930’s, New Haven, Yale University Press, 1995.

[19] Williams, Ph.D., American Russian Relations, 1781-1947, New York, Rinehart & Co., 1952, et The Tragedy of American Diplomacy, Dell Publishing C°, New York, 1972 (2e éd).

[20] Richard W. Van Alstyne, recension d’American Russian Relations, The Journal of Asian Studies, vol. 12, n° 3, 1953, p. 311.

[21] Lénine, L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, Essai de vulgarisation, Paris, Le Temps des cerises, 2001 (1e édition, 1917), p. 172. Souligné dans le texte.

[22] Élément clé de l’analyse révisionniste, dont Gardner, Spheres of influence, essentiel.

[23] Tél. 861.01/2320 de Harriman, Moscou, 13 mars 1944, Foreign Relations of the United States 1944, IV, Europe, p 951 (en ligne).

[24] Ibid.

[25] Lacroix-Riz, Politique et intérêts ultra-marins de la synarchie entre Blitzkrieg et Pax Americana, 1939-1944, in Hubert Bonin et al., Les entreprises et l’outre-mer français pendant la Seconde Guerre mondiale, Pessac, MSHA, 2010, p. 59-77 ; Le Maghreb : allusions et silences de la chronologie Chauvel , La Revue d’Histoire Maghrébine, Tunis, février 2007, p. 39-48.

[26] Dont la capitulation de l’armée Kesselring d’Italie, opération Sunrise négociée en mars-avril 1945 par Allen Dulles, chef de l’OSS-Europe en poste à Berne, avec Karl Wolff, « chef de l’état-major personnel de Himmler » responsable de « l’assassinat de 300 000 juifs », qui ulcéra Moscou. Lacroix-Riz, Le Vatican, chap. 10, dont p. 562-563, et Industriels et banquiers français sous l’Occupation, Paris, Armand Colin, 2013, chap. 9.

[27] Jean-Baptiste Duroselle, L’Abîme 1939-1945, Paris, Imprimerie nationale, 1982, passim ; Lacroix-Riz, Quand les Américains voulaient gouverner la France, Le Monde diplomatique, mai 2003, p. 19 ; Industriels..., chap. 9.

[28] David F Schmitz, Thank God, they’re on our side. The US and right wing dictatorships, 1921-1965, Chapel Hill, University of North Carolina Press, 1999.

[29] Index Suhard Lacroix-Riz, Le choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930, et De Munich à Vichy, l’assassinat de la 3e République, 1938-1940, Paris, Armand Colin, 2010 (2e édition) et 2008.

[30] LIBE/9/14, 5 février 1943 (visite récente), F1a, 3784, AN. Taylor, Vatican, chap. 9-11 et index.

[31] Information d’octobre, reçue le 26 décembre 1943, F1a, 3958, AN, et Industriels, chap. 9.

[32] Lettre n° 740 du commissaire des RG au préfet de Melun, 13 février 1943, F7, 14904, AN.

[33] Renseignement 3271, arrivé le 17 février 1943, Alger-Londres, 278, MAE.

[34] Informations du 15 mai, diffusées les 5 et 9 juin 1944, F1a, 3864 et 3846, AN.

[35] Information du 13 juin, diffusée le 20 juillet 1944, « le PC à Grenoble », F1a, 3889, AN.

[36] M. Dabi, directeur du département Opinion de l’Ifop, phare de l’ignorance régnant en 2012 sur l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale, déplore le résultat de 1944 : « une très nette majorité (61%) considèrent que l’URSS est la nation qui a le plus contribué à la défaite allemande alors que les États-Unis et l’Angleterre, pourtant libérateurs du territoire national [fin août 1944 ??], ne recueillent respectivement que 29,3% et 11,5% », « 1938-1944 », p. 4, souligné par moi.

[37] Jacques Mordal, Dictionnaire de la Seconde Guerre mondiale, Paris, Larousse, 1979, t. 1, p. 109-114.

[38] Gabriel Kolko, The Politics of War. The World and the United States Foreign Policy, 1943-1945, New York, Random House, 1969, chap. 13-14.

[39] Pertes « militaires uniquement », Pieter Lagrou, Les guerres, la mort et le deuil : bilan chiffré de la Seconde Guerre mondiale, in Stéphane Audoin-Rouzeau et al., dir., La violence de guerre 1914-1945, Bruxelles, Complexe, 2002, p. 322 (313-327).

[40] Bibliographie, Jacques Pauwels, Le Mythe de la bonne guerre : les USA et la Seconde Guerre mondiale, Bruxelles, Éditions Aden, 2012, 2e édition ; Lacroix-Riz, Aux origines du carcan européen, 1900-1960. La France sous influence allemande et américaine, Paris, Delga-Le temps des cerises, 2014.

1952 : La Guerre des Mercenaires - Skynet.be

users.skynet.be/roger.romain/guerredesmercenaires_1952.htm


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19:52 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

01/06/2014

[mpep] Premières analyses après l'élection européenne

sec
 
 
abstentions
 
From: M'PEP
Sent: Friday, May 30, 2014 8:46 PM
 
Subject: [mpep] Premières analyses après l'élection européenne
 
PREMIÈRES ANALYSES APRÈS L’ÉLECTION EUROPÉENNE
 
Communiqué du Bureau national du Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).
 
Le 30 mai 2014.
 
Sommaire du communiqué du M’PEP
 
1.- L’élection européenne est traditionnellement une élection-défouloir, le millésime 2014 n’a pas dérogé à la règle
 
2.- Malgré une légère baisse de l’abstention, celle-ci reste le premier « parti » de France
 
3.- Le Front national ne réalise aucune percée par rapport aux élections de 2012, mais il arrive en tête car il profite de la diminution de l’abstention et de la démobilisation des autres électorats
 
4.- Les partis qui se réclament de la gauche, en France, sont en voie d’extinction
 
5.- Aurions-nous assisté à une répétition générale de la prochaine élection présidentielle où le FN doit jouer un rôle majeur ?
 
6.- Le rassemblement des classes populaires et des classes moyennes dans un nouveau Conseil national de la Résistance pour la libération nationale et sociale : une perspective politique enthousiasmante
 
Les résultats de l’élection européenne n’ont provoqué aucune « inquiétude » particulière pour les marchés financiers. Nul besoin de les « rassurer » n’est apparu nécessaire. La Bourse, en effet, selon le quotidien de l’économie Les Echos du 26 mai, était même « optimiste » puisque le CAC 40 gagnait 0,75%, nouveau sommet depuis septembre 2008.
 
(…)
 
 


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11:54 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Un vote abstentionniste: la plupart des peuples européens boycot tent le machin capitaliste, la particratie européiste. Ils ont c ompris ... !

se
 
La plupart des peuples européens boycottent le machin capitaliste, la particratie européiste. Ils ont compris ... !
RoRo
 
 
 
 
abstentions
 
carteurope
 
Sent: Saturday, May 31, 2014 11:40 PM
 
Subject: Parti Ouvrier Indépendant, le pays est à un tournant !
 

Bien cordialement,

M.

 

De : Michel Peyret [mailto:michel.peyret@gmail.com]
Envoyé : samedi 31 mai 2014 23:07
À : Michel Peyret
Objet : Parti Ouvrier Indépendant, le pays est à un tournant !

 

Parti Ouvrier Indépendant, le pays est à un tournant !

« La rupture avec l’Union européenne, avec la loi dictée par le capital financier dans le cadre du système fondé sur la propriété privée des grands moyens de production implique de combattre le gouvernement Hollande-Valls pour bloquer les plans destructeurs qu’il veut imposer au mépris de la volonté de l’immense majorité.

« Contribuer à la réalisation de cette tâche vitale, c’est aider à franchir le premier pas concret dans le démantèlement de l’Union européenne et de ses institutions pour ouvrir la voie à une véritable « union libre des peuples et des nations libres d’Europe ». En ce sens, le pays est à un tournant. »

Ainsi disent les secrétaires nationaux du Parti Ouvrier Indépendant.

Il me semble intéressant de connaître leur opinion plus avant.

Michel Peyret

Lundi 26 mai 2014

 

Rupture avec l’Union européenne, rétablissement de la souveraineté populaire ! Bloquer le pacte de responsabilité et la réforme territoriale !

communiqué POI 190pxLes résultats des élections européennes du 25 mai font éclater en pleine lumière le fait que, d’un bout à l’autre de l’Europe, les peuples rejettent l’Union européenne et les plans de la troïka communs avec le Fonds monétaire international.

Les peuples d’Europe rejettent les politiques de pillage et de destruction au seul service des multinationales et des grands fonds financiers, principalement nord-américains.

En France, amplifiant le résultat des municipales, le peuple rejette massivement la politique du gouvernement Hollande-Valls appliquant servilement les plans dictés par le grand capital et traduits en directives à Bruxelles.

 

L’abstention ouvrière et populaire massive est la marque de toute la situation.

téléchargerMalgré le matraquage sans précédent organisé par tous les partis institutionnels (de l’extrême droite à l’extrême gauche), malgré les campagnes médiatiques, 60 % des électeurs ne sont pas allés voter. Cette proportion augmente dans les départements, communes, quartiers où se concentre la population ouvrière, dépassant 80 % d’abstention dans bien des cas.

Dans ce contexte, il est remarquable que tous les partis en présence perdent des voix par rapport à leurs résultats de la présidentielle de 2012. En comparaison de son résultat du premier tour de l’élection présidentielle de 2012, Marine Le Pen perd 1,7 million de voix. Près de 8 millions de voix sont perdues par le Parti socialiste par rapport au score de François Hollande en 2012 (75 % des voix recueillies ont ainsi disparu), près de 6 millions de voix par l’UMP sur le score de Sarkozy, 2,7 millions de voix perdues par le Front de gauche sur le score de Mélenchon il y a deux ans !

Au soir des élections, c’est une nouvelle fois avec arrogance que le Premier ministre, Manuel Valls, en a tiré la leçon : il faut continuer, plus vite, plus fort et appliquer toutes les contre-réformes !

Quels moyens Hollande et Valls laissent-ils aux travailleurs, aux retraités, à la jeunesse, à la grande majorité de la population qui refusent la « réforme » destructrice de la Sécurité sociale et le « pacte de stabilité», sinon de se rassembler dans l’unité avec leurs organisations pour contraindre le gouvernement à reculer ?

Cela est vrai pour les ouvriers d’Alstom — dont Valls et Montebourg négocient ouvertement le démantèlement —, pour les marins de la SNCM dont l’entreprise est abandonnée par l’Etat, pour les ouvriers de STX dont le chantier est mis en vente par son propriétaire coréen, alors que l’Etat en est encore actionnaire.

Cela est vrai pour les fonctionnaires qui faisaient grève et manifestaient dans la rue le 15 mai pour la défense de leurs salaires et de leurs statuts, pour les cheminots en grève qui manifestaient à 20 000 le 22 mai à l’appel de leurs organisations.

Cela est vrai pour les élus qui s’opposent à la réforme territoriale, que Valls veut faire adopter dans les semaines qui viennent.

Agissant de la sorte, le gouvernement ne laisse pas d’autre moyen aux travailleurs et à la jeunesse que de préparer les conditions du « tous ensemble » sur le terrain de la lutte de classe pour bloquer ces plans destructeurs.

Pour le Parti ouvrier indépendant, les développements du mouvement vers le « tous ensemble » ouvriront la voie à une issue sur le terrain de la démocratie.

Tous les partis institutionnels — et particulièrement le PS et l’UMP — sont frappés par les processus de décomposition et d’implosion. A travers la décomposition des partis, c’est la décomposition des institutions de la Ve République, ce régime bonapartiste et antidémocratique, qui s’exprime.

Le fossé qui se creuse de jour en jour met à l’ordre du jour non un quelconque « replâtrage » mais la seule réponse conforme à la démocratie : que ces institutions de la Ve République soient démantelées, que la rupture s’impose avec les institutions de l’Union européenne et que la voie soit ouverte à une Assemblée constituante permettant au peuple d’établir, et lui seul, souverainement, ce que signifie la démocratie et le type de relations qu’il entend entretenir fraternellement et librement avec tous les peuples et les nations d’Europe.

Toute la situation appelle avec force la seule réponse conforme à la démocratie :

 

Rupture avec l’Union européenne
Rétablissement de la souveraineté populaire.

La rupture avec l’Union européenne, avec la loi dictée par le capital financier dans le cadre du système fondé sur la propriété privée des grands moyens de production implique de combattre le gouvernement Hollande-Valls pour bloquer les plans destructeurs qu’il veut imposer au mépris de la volonté de l’immense majorité.

Contribuer à la réalisation de cette tâche vitale, c’est aider à franchir le premier pas concret dans le démantèlement de l’Union européenne et de ses institutions pour ouvrir la voie à une véritable « union libre des peuples et des nations libres d’Europe ». En ce sens, le pays est à un tournant.

Le Parti ouvrier indépendant, qui a appelé les travailleurs à exprimer par le refus de voter à ces élections le rejet de la politique de l’Union européenne et de ce gouvernement, apporte son soutien à toutes les initiatives permettant de faire progresser la réalisation de l’unité, qu’il s’agisse de bloquer le pacte de responsabilité ou du combat contre la réforme territoriale.

 

Bloquer le pacte de responsabilité et la réforme territoriale

Le POI s’adresse, sans préalable ni condition, aux travailleurs actifs et retraités, aux chômeurs, aux élus, aux citoyens et aux militants qui considèrent qu’il n’y a pas d’autre choix aujourd’hui que de s’engager sur la voie de ce combat de résistance, qui concentre l’exigence de rupture avec l’Union européenne et avec le gouvernement Hollande-Valls : l’heure est venue de forger l’unité de tous ceux qui entendent aider à ce que cette issue démocratique s’impose.

Pour y contribuer, le Parti ouvrier indépendant invite travailleurs, militants, jeunes, à participer à la discussion des assemblées ouvertes qu’il tiendra dans les prochaines semaines dans tout le pays. Il invite tous ceux qui se reconnaissent dans ses positions à rejoindre ses rangs.

Paris, le 26 mai 2014

 

Les secrétaires nationaux du Parti ouvrier indépendant
Claude Jenet, Daniel Gluckstein, Gérard Schivardi, Jean Markun

 

10:04 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

27/05/2014

FRANCE: Imposteurs, partez!

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On ne peut même plus parler de “démocratie” capitaliste ...
Effectivement quelque 14% d’ électeurs Ps, sur même pas 45% des électeurs inscrits
RoRo
 
Sent: Sunday, May 25, 2014 11:51 PM

 

Imposteurs, partez !

Michel Peyret

25 mai 2014

 

Non, je ne suis pas triste ce soir.

Le peuple de France vient de le dire à nouveau.

Et il l'exprime avec encore plus de force :

Imposteurs, partez ! Vous n'êtes plus qu'une minorité !

Ces imposteurs minoritaires, ce sont les représentants des forces politiques françaises qui gèrent, à tour de rôle ou ensemble, la domination du capitalisme sur notre peuple, notre société, notre pays !

Le peuple français ne veut plus de cette domination !

Il est dans une forte colère.

Il exprime un immense rejet de tout ce système, de ce capitalisme, et de ceux qui le gèrent et le perpétuent.

Ces derniers ne peuvent plus se dire « représentatifs » !

Déjà, 72% des salariés, selon une enquête, considéraient ce capitalisme comme négatif.

Les élections municipales et européennes, chacune à sa façon, viennent de prononcer un verdict de même nature.

La condamnation est sans appel !

Oui, imposteurs partez !

Le peuple français peut se passer de vous !

Par exemple, il a déjà fait, en 1789, un changement de régime et de société alors qu'il n'y avait ni partis, ni élections.

De nouveaux Etats Généraux.

Le peuple français peut prendre dès demain un chemin du même type.

Celui d'une nouvelle démocratie !

Sur les lieux de travail, dans les quartiers, dans les villages, réunissez-vous !

Rédigez de nouveaux Cahiers de Doléances.

Désignez, élisez, des délégués pour porter ces Cahiers à Paris.

La réunion de ces délégués constituerait de nouveaux Etats Généraux.

Lesquels seraient donc habilités pour prendre les décisions donnant vie aux contenus des Cahiers de doléance.

Ensemble, tous ensemble, prenons-nous par la main.

Et allons !

 

Michel Peyret

 

 
Sent: Monday, May 26, 2014 10:09 AM
Subject: J'ai fait les comptes...
 
La France est gouvernée par un parti qui obtient 6% des voix du corps électoral.
Pour les autres partis "qui comptent", ce n'est pas beaucoup plus glorieux... Entre tous, ils doivent représenter quelques 20% du corps électoral;
"Démocratie? mon c...!" dirait zazie
 
 
 
On ne peut même plus parler de “démocratie” capitaliste ...
Effectivement quelque 14% d’ électeurs Ps, sur même pas 45% des électeurs inscrits
RoRo


 

 


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17:28 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

20/05/2014

Cli.c. Rouge n° 4 - avril 2014

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Sent: Tuesday, May 20, 2014 2:59 AM
Subject: Cli.c. Rouge n° 4 - avril 2014
 

 

CL I.C.Rouge                                      N° 4 - avril2014

 

Supplément électronique à I.C., Initiative communiste, mensuel du Pôle de Renaissance Communiste en France  

Abonnement annuel 22 €

 

 

 

                                  

 

 

Chères lectrices, chers lecteurs,

 

Nous vous prions de bien vouloir trouver en pièce jointe la version de janvier du CLI.C. Rouge.

 

Boycotter, délégitimer, l’euro-dictature !

De plus en plus, l’an 2014 exhale une odeur sinistre d’années trente avec son cortège d’euro-austérité piloté par Berlin, de fascisation et d’anticommunisme galopants à l’est, de marche à la guerre impérialiste sur les marches orientales de l’U.E. atlantique.

En France, pressé par le M.E.D.E.F. et A. Merkel, Hollande strangule les services publics, la Sécu, les pensions et les salaires au profit du C.A.C.-40 : c’est le « pacte de responsabilité ». A l’appel de Gattaz, qui exige la « suppression des communes et des départements », Valls veut découper la République une et indivisible au profit de l’Europe fédérale des régions. Dans notre dos, le pouvoir précipite les négociations sur le Pacte transatlantique qui donnerait le coup de grâce au produire en France et à la langue française, déjà très ébranlée par le toutanglais impérial.

En Syrie, en Ukraine, derrière des phrases hypocrites sur les droits de l’homme, le petit faucon Fabius soutient, tantôt des « libérateurs » djihadistes, tantôt de francs nazis – désormais au pouvoir à Kiev avec le soutiend de l’U.E. – dans le but d’encercler et de provoquer la Russie. Où tous ces va-t-en-guerre s’arrêteront-ils ?

Mais les résistances existent.

En France, la bataille politique pour le boycott des élections européennes gagne en ampleur. Le PRCF mène sa propre campagne pour délégitimer cette dictature, quitte à déplaire à la fois aux menteurs de l’Europe sociale et aux faux patriotes lepénistes, qui rêvent de parader au parlement supranational.

La campagne, plurielle et unitaire, du Comité national pour la résistance républicaine à l’UE rencontre un large écho. De nouvelles forces se réclamant de la gauche ont récemment appelé à boycotter cette élection-postiche. Des P.C. d’Europe appellent ensemble au boycott.

En Ukraine, le PC ukrainien interdit par les nazis et les populations ouvrières de l’Est affrontent les fascistes de Pravy Sektor et lèvent haut le drapeau rouge frappé des outils ouvriers et paysans.

En France, un nombre grandissant de syndicalistes appellent au « tous ensemble et en même temps » contre le Pacte Merkel- Valls-MEDEF sans se contenter des pleurnicheries de la C.E.S. Oui, en France, en Europe et dans le monde, les forces existent pour stopper net le 4ème Reich euro-atlantique piloté par l’Axe Washington-Berlin en mal de « besoin d’aire », comme dirait le M.E.D.E.F., pour virer le pacte Merkel-Valls-MEDEF, pour stopper la marche à l’euro-fascisation et à la guerre.

En ce 70ème anniversaire du CNR et de la victoire des peuples sur Hitler, militons ensemble, sous les plis du drapeau rouge et du drapeau tricolore, pour sortir à temps la France des broyeurs mortels de l’U.E., de l’euro, de l’O.T.A.N…. et du capitalisme !

Georges Gastaud, secrétaire national du P.R.C.F.

 

Vous trouverez également :

 

- un bulletin d'abonnement à Initiative communiste, notre mensuel,

- un bulletin d'abonnement à ÉtincelleS, la revue théorique du PRCF,

- un bulletin d'adhésion au Pôle de renaissance communiste en France.

 


Rejoignez ceux qui résistent, à l’appel du CNR-RUE (Comité National de Résistance Républicaine à l’Union Européenne). Formons un front du peuple unis dans l’action, à l’image des militants du PRCF, du M’PEP, des CPF, et de tous ces communistes des Assises du Communisme et au-delà qui tous revendiquent et luttent pour la sortie de l’UE, de l’Euro et de l’OTAN.


 

Recevez nos plus fraternelles salutations.

 

 

PS : le Clic rouge est disponible en pièce jointe et également visualisable ICI.

 

 

 



Clic rouge - avril 2014.pdf

12:10 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Aux ordre de Washington ... :

 
sg/sc
c
Aux ordre de Washington, des maîtres ricains, et c’ est pas nouveau ... :
 
 
Sent: Tuesday, May 13, 2014 11:07 AM
Subject: brèves
 
Ingérence: " Les Etats-Unis ont redit lundi leur hostilité à la vente par la France à la Russie de deux navires militaires de type Mistral, le chef de la diplomatie française devant être reçu mardi par son homologue américain "
http://www.leparisien.fr/international/washington-presse-...

De quel droit...
Comment appelle-t-on cela: Immixtion dans les affaires d'un Etat (qui fut souverain)?
Rappel à l'ordre de la première puissance militaire à un vassal?
Bref, en fait, M. Kerry -qui fut en son temps pacifiste- a convoqué M. Fabius...

" Le président français François Hollande avait indiqué samedi que ce contrat était maintenu «pour l'instant»."

Il s'agit du président de cette France décadente, où les joyaux, d'autant plus stratégiques sont vendus au plus offrant.

On pourrait dire "corps et biens" car nos dirigeants cèdent également le capital humain... C'est un tout!


jmb

11:52 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

1er septembre 2013: 74e anniversaire de l'invasion hitlérienne de la Pologne

se
 
 
1er septembre 2013: 74e anniversaire de l'invasion hitlérienne de la Pologne 09
Vous ne lirez ceci dans aucun média  "libre" et "non-censuré" du capitalisme "démocratique" ... !
RoRo
From: LML
Sent: Sunday, September 1, 2013 11:28 PM
Subject: LML 1er sep:

Numéro 129 - 1er septembre 2013
74e anniversaire de l'invasion hitlérienne de la Pologne

Falsifications au sujet des visées nazies, alors et maintenant


1944: Des partisans polonais, membres de l'Armée populaire polonaise (Armia Ludowa), qui ont bravement combattuaux côté de l'armée soviétique aux prix de grands sacrifices pour liérer leur pays et vaincre le fascisme nazi en Europe (Polish Army Museum in Warsaw)

1er septembre 2013
74e anniversaire de l'invasion hitlérienne de la Pologne

Falsifications au sujet des visées nazies, alors et maintenant


1944: Des partisans polonais, membres de l'Armée populaire polonaise (Armia Ludowa), qui ont bravement combattu
aux côté de l'armée soviétique aux prix de grands sacrifices pour liérer leur pays et vaincre le fascisme nazi
en Europe (
Polish Army Museum in Warsaw)



74e anniversaire de l'invasion hitlérienne de la Pologne

Falsifications au sujet des visées nazies, 
alors et maintenant

Le 1er septembre est le 74e anniversaire de l'invasion criminelle de la Pologne par l'Allemagne nazie. L'expérience directe de ceux qui ont subi cette invasion et ses conséquences a été falsifiée à l'époque et elle l'est encore aujourd'hui. Le but de la falsification historique est de priver le peuple de toute possibilité de mener une résistance organisée aux crimes des hitlériens d'aujourd'hui, tout comme ont cherché à le faire les hitlériens et ceux qui conciliaient avec eux à l'époque.
Les peuples de Pologne, d'Europe et du monde marquent cette anniversaire aujourd'hui non sans se douter que le 70e anniversaire de la victoire des forces antifascistes contre les hitlériens, les fascistes et les militaristes japonais durant la Deuxième Guerre mondiale approche rapidement et que le monde est à nouveau confronté à ces mêmes dangers. Il est autant nécessaire de combattre la désinformation impérialiste aujourd'hui qu'il fut nécessaire de combattre la désinformation nazie à l'époque. Cela fait partie de l'opposition à la thèse réactionnaire selon laquelle l'humanité est arrivée à la fin de l'histoire. La conception de la fin de l'histoire prive les peuples du monde de la conscience nécessaire pour ouvrir la voie au progrès de leur société aujourd'hui.

Les nazis paradent dans les rues de Varsovie après
l'invasion de la Pologne le 30 septembre 1939.
Cette année, l'anniversaire de l'invasion de la Pologne arrive à un moment où les forces réactionnaires, notamment celles qui s'activent dans le gouvernement Harper, hausse le ton de la désinformation au sujet du communisme pour réhabiliter les criminels de guerre nazis et les faire passer pour des patriotes. Cela se passe également au moment où les cercles dominants au Canada et ailleurs multiplient les attaques contre les travailleurs et ceux qui luttent pour leurs droits, contre l'offensive antisociale néolibérale. C'est dans ce contexte que le président Obama et d'autres parlent de lancer des missiles contre la Syrie sous couvert de nobles idéaux. On peut voir tous les dangers que fait planer cette frénésie guerrière. Cela ne doit pas passer.
Les mensonges au sujet de l'Union soviétique, de Staline, de la Pologne et de la Deuxième Guerre mondiale aujourd'hui servent à briser l'effort des peuples pour bâtir un mouvement de résistance à l'impérialisme avant qu'il ne soit trop tard. Sans opposition, ces mensonges et ce bellicisme créent l'angoisse et un sentiment d'impuissance, de désespoir et d'humiliation parce qu'on voit les cercles dirigeants s'en sauver avec d'horribles crimes contre l'humanité. Les États-Unis, leurs alliés et les forces de l'OTAN commettent des invasions, provoquent des guerres par forces interposées et organisent des massacres dans des pays souverains pour faire tomber les régimes qu'ils n'aiment pas et consolider leur domination de vastes régions du monde. Ils recourent à la torture et à la violation flagrante des droits, ils envoient des drones survoler des régions à population dense et les aires d'aviation commerciale pour terroriser et épier les gens, ils commettent des assassinats ciblés par roquettes téléguidées et tuent des gens sur une grande échelle. Ils utilisent des armes chimiques et d'autres armes interdites dans des opérations spéciales menées avec des mercenaires et commettent des actes criminels sans discernement. Ils imposent des changements de régimes en blâmant leurs adversaires pour les crimes et le chaos provoqués par les grandes puissances impérialistes. L'anarchie, la violence et le crime deviennent autant de prétexte justifiant l'invasion et d'autres atrocités.
Les peuples du monde ont combattu ces crimes durant la Deuxième Guerre mondiale au prix de grands sacrifices pour s'assurer que les hitlériens soient vaincus une fois pour toutes. Mais la voie au progrès a ensuite été bloquée et le monde est entré dans une période de repli de la révolution durant laquelle les États-Unis et les grandes puissances de la vieille Europe imposent la régression sur tous les fronts, dans leur rivalité brutale pour la domination des ressources du monde, des zones d'exportation du capital et des sources de main-d'oeuvre à bon marché et le contrôle de sphères d'influence. Leur succès dépend de leur capacité à éliminer le désir des peuples du monde de devenir maîtres de leur destin, leurs luttes pour leur propre liberté, progrès et prospérité. Dans des pays comme l'Estonie et la Lettonie, le nazisme est ouvertement réhabilité avec le consentement tacite des cercles dominants. Dans certains pays d'Europe les symboles communistes sont bannis. Au Canada, le gouvernement Harper finance et fait officiellement la promotion d'un projet de monument national à la mémoire des nazis en tant que « victimes du communisme totalitaire ». L'oligarchie financière et ses gouvernements encouragent les forces nazies, leur donnent des positions de pouvoir et les incitent à commettre des crimes en dehors des limites de la loi. Les peuples ne peuvent se permettre de ne pas trouver une solution à ce problème. Un premier pas est de dire Non ! et que Non c'est non ! Faisons ensemble un pas audacieux à la défense des droits de tous.
Quand la Pologne a été envahie, ses intellectuels ont été massacrés en masse et ses travailleurs ont été envoyés dans des camps de travaux forcés. Après la guerre, la campagne anticommuniste a voulu faire croire aux Polonais secourus des camps de concentration que leurs villages avaient été rasés par les communistes, que les communistes avaient tué leurs vieillards et avaient utilisé leurs ossements pour en faire du savon. Beaucoup des déplacés ont été amenés au Canada sous de faux prétextes, souvent pour travailler dans des mines dans le nord de l'Ontario, pour attaquer les syndicats organisés par les communistes. Bon nombre des organisateurs syndicaux communistes au Canada avaient eux-mêmes été emprisonnés durant la guerre ou déportés en masse vers leur pays d'origine à titre d'ennemis de l'État à cause de leur activité militante à la défense des droits de tous et de leur appui au projet d'édification nationale de la classe ouvrière en Union soviétique.

Des partisans de l'Armée populaire polonaise
à Lubin
 (www.sww.w.szu.pl)
Dans les années soixante-dix, quand l'Union soviétique et les États-Unis ont commencé leur collaboration, ouvrant une période dite de « détente », les Canadiens d'origine polonaise qui ne faisaient pas partie du contingent de collaborateurs nazis amenés au Canada après la guerre ont commencé à se rendre compte que les récits de la campagne anticommunistes n'étaient pas vrais. Or, beaucoup de temps avait passé et les leaders de leur communauté bénéficiaient des arrangements libéraux de l'après-guerre anticommuniste. La communauté ne pouvait pas à cause de cela faire le bilan de son expérience directe de la Deuxième Guerre mondiale. Les Polonais qui ont survécu les camps de travaux forcés et sont venus au Canada ont été victimes de ceux qui imposaient un rideau de silence sur l'expérience directe des Polonais qui avaient combattu aux côtés des soldats soviétiques contre l'invasion nazie. Le silence s'étendit à l'expérience de ceux qui ont été libérés par les soviétiques et qui ont combattu dans les soulèvements polonais, qui connaissent les crimes des officiers polonais renégats qui ont collaboré avec les nazis et les sionistes et trahi les Juifs et les Polonais et tous les peuples d'Europe. Aujourd'hui c'est l'interprétation nazie officielle de ces événements qui est donnée dans les cours d'histoire pour faire oublier l'expérience directe du peuple polonais et saper sa capacité se de battre aujourd'hui.
C'est à la jeune génération qu'appartient la responsabilité d'établir la vérité sur ces événements historiques et de s'opposer à la falsification de l'histoire, tout comme ceux qui ont combattu les nazis se sont opposés à la falsification de l'histoire à leur époque turbulente. Ils ont combattu la falsification de l'histoire en écrivant leur propre histoire, l'histoire de la guerre antifasciste, l'histoire de la victoire des peuples dans leur quête pour la liberté, la démocratie et la justice. Ils ont écrit cette histoire par leur détermination et ont vaincu l'ennemi par le courage et le sacrifice. Mais l'histoire ne cesse jamais d'avancer, ou de reculer. Sans continuer la bataille contre les forces de la réaction, l'histoire des peuples peut être faussée et mener à des conclusions contraires à l'expérience directe, comme cela s'est produit en Union soviétique et en Europe où la réaction et même les nazis reviennent au pouvoir. Apprenons de cette histoire en nous assurant de faire échec à la falsification, en nous assurant que son objectif ne soit pas atteint, celui de rendre les peuples impuissants à défendre leurs droits et les droits de tous dans le contexte historique d'aujourd'hui.
Notre avenir est dans la défense des droits de tous ! Prenons les moyens nécessaires pour faire échec à l'activité des forces anti-peuple sur tous les fronts. Commençons par dire Non ! à la falsification de l'histoire qui cherche à nous rendre passifs, tout comme on avait tenté de le faire au moment de l'invasion de la Pologne il y a 74 ans. Plus jamais !, cela signifie prendre position contre l'impérialisme et ses crimes de guerre maintenant. Cela veut dire empêcher la falsification de l'histoire concernant les crimes des agresseurs nazis d'hier. Cela veut dire honorer l'héroïsme et la résistance des peuples et de leurs dirigeants communistes qui ont permis de remporter la victoire dans la guerre antifasciste.
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L'invasion de la Pologne par l'Allemagne nazie


Exécutions de Polonais par un Einsatagruppen nazis à Leszno, en octobre 1939, peu après l'invasion. Ces exécutions faisaient partie de la campagne d'assassinats de masse qui a eu lieu dans tout le pays.(Wikipedia)


Rafle de Polonais à Varsovie, pour les envoyer dans
des camps de concentration et d'extermination. 
(Wikipedia
À quatre heures quinze le matin du 1er septembre 1939, l'Allemagne nazie lançait son invasion massive de la Pologne. La Wehrmacht d'Hitler, comprenant 1 850 000 soldats, 3200 chars d'assaut, 2000 avions de combat et 11 navires de guerre — plus des deux tiers de toute la force de combat de l'Allemagne — a détruit l'État polonais et a massacré le peuple polonais.[1]
Derrière la Wehrmacht suivaient les Einsatzgruppen SS de Himmler, des unités mobiles d'extermination, spécialisées dans les tueries de masse.
Les nazis ont perpétré en Pologne les pires crimes que l'histoire ait jamais connus. De tous les pays européens, c'est la Pologne qui a connu le plus grand nombre de victimes par rapport à sa population. Un total d'environ six millions de personnes ont été tuées. L'extermination directe par des assassinats de masse, dans les camps de la mort et par d'autres moyens a coûté la vie à plus de 1 750 000 Polonais. À cela s'ajoute les 2 700 000 Juifs polonais, les 2 000 000 enfants et jeunes, les 50 000 Roms et les 12 000 personnes jugées comme mentalement handicapées tués par les forces nazies et les milliers de prisonniers de guerre polonais, soldats et officiers, systématiquement exécutés. LaSchutzstaf (SS) a exécuté plus de 40 000 intellectuels, personnalités politiques et dirigeants polonais au cours des six premières semaines de l'occupation nazie. Avant l'invasion, à partir de mai 1939, l'opération nazie Tannenberg, qui faisait partie du Generalplan Ost (terme allemand pour « Schéma directeur pour l'Est ») avait permis d'identifier et de recenser plus de 61 000 militants, membres de l'intelligentsia, universitaires, anciens officiers et autres devant être internés ou exécutés, principalement par les SS. L'assassinat de 5000 à 6000 Polonais à Fordon, Bydgoszcz, en octobre et novembre 1939 est un exemple des nombreux massacres commis par les SS et la Werhrmatcht. D'autres exemples incluent l'assassinat de 4 143 officiers polonais retrouvés dans des fosses communes dans la forêt de Katyn, crime pour lequel les nazis et leurs collaborateurs ont accusé les communistes à l'époque et continuent de le faire aujourd'hui afin de s'exonérer de leurs crimes et de semer la confusion sur qui étaient les libérateurs et qui étaient les criminels.
Les forces polonaises étaient en nombre très inférieur à celles des envahisseurs, mais elles ont combattu avec courage. Les dirigeants de l'État polonais se sont enfuis en Roumanie le 17 septembre mais l'esprit de résistance du peuple est demeuré fort. De nombreux Polonais ont combattu courageusement dans la résistance clandestine dirigée par les communistes. Ils ont formé leurs propres divisions patriotiques et ont combattu aux côtés de l'Armée rouge contre les nazis, jusqu'à Berlin.
À l'encontre des faits, les hitlériens blâment les Soviétiques pour ce qui est arrivé au peuple polonais et affirment que Staline a signé un pacte avec Hitler lui abandonnant la Pologne et que Staline a envahi la Pologne. En fait, l'Armée soviétique n'est entrée en territoire polonais que le 17 septembre, après l'effondrement de l'État polonais, la désintégration de l'armée, l'arrêt du fonctionnement du gouvernement et la fuite des dirigeants du pays. La partie de la Pologne que l'Union soviétique a occupée était constituée de territoires de l'Ukraine et de la Biélorussie que la Pologne avait annexés de force pendant la guerre russo-polonaise de 1919-1921. La Pologne à cette époque faisait partie de l'alliance des 14 pays envahisseurs impérialistes qui a tenté, mais n'a pas réussi, à étrangler la République soviétique socialiste naissante.[2] Environ 8 % seulement de la population de l'Ukraine et de la Biélorussie était d'origine polonaise.

Expulsions de la population par les nazis dans la
région de Zamosc en Pologne en décembre 1942. 
(Wikipedia)
« Grâce à l'intervention opportune de l'Union soviétique dans ces territoires qui avaient appartenu à l'État polonais maintenant effondré, Hitler dut accepter une ligne de démarcation entre ses troupes et l'Armée rouge bien à l'ouest de la frontière russo-polonaise. »[3] L'Armée rouge a sauvé des millions d'habitants d'Ukraine, y compris de nombreux Polonais, et de la Biélorussie du sort que Hitler réservait au reste du peuple polonais. Même Winston Churchill, un anticommuniste virulent, a justifié publiquement l'entrée des Soviétiques en Pologne orientale.
Les hitlériens d'aujourd'hui, déguisés en démocrates, continuent de répandre l'odieux mensonge que « l'Allemagne nazie et l'Union soviétique ont secrètement conspiré pour se partager la Pologne ». Ce mensonge, qui vise à mettre l'Union soviétique et l'Allemagne nazie sur un pied d'égalité et à discréditer et diviser le front antifasciste dirigés par les communistes, a d'abord été énoncé par Hitler lui-même dans le discours dans lequel il déclare la guerre à l'Union soviétique, lorsqu'il fait référence aux « protocoles secrets » sur le partage de la Pologne. Puis après leur défaite les criminels de guerre nazis jugés au procès de Nuremberg ont ressuscité les « protocoles secrets » pour essayer d'échapper au châtiment mais prétentions ont été rejetées par le Présidium comme étant des fabrications. C'est seulement lorsque les États-Unis ont repris le flambeau de l'hitlérisme durant la Guerre froide et sont devenus les maîtres modernes de la technique du gros mensonge de Goebbel que l'invention de Hitler sur les « protocoles secrets » est devenue un soi-disant fait historique.[4] Cela est maintenant devenu la propagande officielle au Canada.

Les représailles collectives contre ceux qui luttaient contre
l'occupation nazie s'exerçaient par des pendaisons publiques, 
des exécutions de masse et d'autres crimes contre le
peuple polonais. (Wikipedia)
Les faits historiques permettent de comprendre pourquoi Hitler a attaqué la Pologne. En 1939, la Pologne était un pays impérialiste formé sur les ruines de la Première Guerre mondiale par la Grande-Bretagne et la France par le Traité de Versailles de 1918. L'État polonais « avait entre autres pour ambition de s'accaparer des riches régions agricoles de l'Ukraine et d'étendre le territoire polonais 'd'une mer à l'autre', soit de la mer Baltique à la mer Noire. [...] Les propriétaires fonciers et la bourgeoisie de la Pologne rêvaient de restaurer l'empire polonais du moyen âge. »[5] Financés et armés par les monopoles britanniques et français qui voulaient regagner les profits et privilèges dont les avaient privés les forces révolutionnaires des ouvriers et paysans,[6] les dirigeants polonais ont attaqué l'Union soviétique en 1918, ont occupé de grandes parties de l'Ukraine, de la Biélorussie et de la Lituanie. Pendant les 18 années de domination polonaise semi-fasciste qui ont suivi, les travailleurs et les paysans de ces régions ont été exploités sauvagement par les propriétaires fonciers et les industriels polonais.
Alors que les nuages de guerre inter-impérialiste s'accumulaient au-dessus de l'Europe, les cercles dirigeants polonais ont refusé de voir le monde tel qu'il était, surtout les impérialistes nazis allemands qui ne cachaient pas leur ambition de conquérir l'Europe pour ensuite conquérir le monde, et leur racisme envers les Polonais. L'élite polonaise considérait la Grande-Bretagne et la France comme leurs alliés et l'Union soviétique comme leur ennemie jurée. Les impérialistes anglo-américains et français voulaient assurer leur propre rôle dans la domination du monde. Ils adoptèrent la politique d'apaisement envers Hitler pour l'inciter à se tourner vers l'est et attaquer l'Union soviétique, au lieu d'organiser la sécurité collective en collaboration avec l'Union soviétique contre les ambitions expansionnistes connues de l'Allemagne nazie vis-à-vis les régions industrielles, agricoles et riches en pétrole, espérant que les nazis soient paralysés par une guerre prolongée avec l'Union soviétique plutôt que de grossir par le vol des richesses de l'Union soviétique.
Les dirigeants polonais espéraient qu'Hitler avance vers l'est et attaque l'Union soviétique sans d'abord s'emparer de la Pologne, que grâce aux ravages de la guerre la Pologne pourrait s'emparer d'une partie du territoire soviétique. La Pologne a refusé de régler les questions frontalières en suspens, maintenant la ligne de défense soviétique contre les nazis aussi profondément que possible en territoire soviétique, et a refusé aux Soviétiques la permission d'entrer en Pologne pour stopper l'avance nazie. Au lieu de prendre toutes les mesures nécessaires pour se défendre contre l'invasion nazie imminente, les dirigeants polonais, qui nourrissaient de grandes illusions sur les intentions d'Hitler et étaient aveuglés par l'anticommunisme, ont préféré se livrer à des manoeuvres de basse court pour avancer leurs intérêts privés.
En attaquant la Pologne, Hitler a profité de la politique anglo-américaine le poussant vers l'est tout en suivant son plan tel que décrit dans Mein Kampf, consistant à accroître l'« espace vital » (lebensraum) de l'Allemagne en s'emparant de l'Ukraine pour ensuite asservir le monde entier. Hitler a fait connaître clairement ses intentions barbares envers la Pologne. Dix jours seulement avant l'attaque, dans son discours à Olbersalzberg, il a donné à ses généraux l'instruction « d'envoyer à la mort sans merci et sans compassion les hommes, femmes et enfants d'origine et de langue polonaises. C'est seulement ainsi que nous obtiendrons l'espace vital dont nous avons besoin. »[7] Tragiquement, la Pologne a payé très cher les ambitions impérialistes, l'anticommunisme et le rejet de l'aide soviétique par ses dirigeants bourgeois.

Les nazis avaient établi de longue date un plan de destruction et de réorganisation de toute la Pologne, Ce plan prévoyait de raser Varsovie. Après l'écrasement par les nazis de l'Insurrection de Varsovie à l'automne de 1944, le chef des SS Heinrich Himmler a déclaré lors d'une conférence d'officiers SS le 17 Octobre 1944 : « La ville doit complètement disparaître de la surface de la terre et de servir seulement comme de dépôt de transport pour la Wehrmacht. Aucune pierre ne peut rester debout. Tous les bâtiments doivent être rasés jusqu'à leur fondations. » Sur la photo ci-dessus prise en janvier 1945 on voit la ville de Varsovie détruite à 85 %. Cette campagne de destruction visait également à faire un exemple des partisans de Varsovie qui ont combattu si vaillamment jusqu'au bout, pour que leur exemple ne soit pas suivi par d'autres. (Wikipedia)
Aujourd'hui, le gouvernement Harper et les cercles dirigeants polonais réactionnaires continuent de répandre les mêmes mensonges qu'ont répandus les nazis et essaient de couvrir de boue les exploits de l'Union soviétique afin d'accuser les communistes de crimes contre l'humanité. Le 1er septembre 2009, le président de la Pologne, Lech Kaczynski, a appelé à « glorifier tous les soldats qui ont combattu pendant la Deuxième Guerre mondiale contre le nazisme allemand et le totalitarisme bolchevique ». Peu après, l'écrasement le 10 avril 2010 d'un avion polonais, près de Smolensnk, dans lequel Kaczynski et 95 autres personnes ont péri, a été utilisé par les dirigeants polonais et d'autres pour ressusciter le vieux mensonge selon lequel l'Union soviétique, et non les nazis, a perpétré le massacre de la forêt de Katyn pendant la guerre. Cette désinformation délibérée a pour but de faire oublier que les nazis ont tué six millions de Polonais et que c'est l'Armée rouge, avec l'Armée populaire polonaise alliée, qui a finalement libéré la Pologne de l'occupant nazi.

Monument aux partisans polonais et aux combattants antifascistes allemands à Berlin. Le relief de droite représente 
un soldat soviétique, un soldat de l'Armia Ludowa (Armée du peuple de Pologne) et un antifasciste allemand.
(Wikipedia, Colin Smith).

Notes `

1. Une grande partie de l'équipement militaire utilisé dans l'invasion a été fabriquée par des entreprises à capitaux américains, comme Ford, General Motors et Focke Wulfe (ITT).
2. On estime que sept millions de Russes, hommes, femmes et enfants, ont été tués pendant l'invasion de 1918.
3. Hardial Bains, Les causes et les leçons de la Seconde Guerre mondiale, 1990.
4. La Pologne avait conclu un pacte de non-agression avec l'Allemagne en janvier 1934, le premier État à conclure une alliance de ce genre avec le gouvernement nazi.
5. Hardial Bains, ibid.
6. Cela comprend entre autres le monopole pétrolier géant Royal Dutch Shell, le conglomérat de l'armement Metro-Vickers et les grandes banques comme Baring, Hambros et Crédit Lyonnais. Herbert Hoover qui allait bientôt devenir le président des États-Unis avait d'importants investissements en Russie tsariste.
7. E.L. Woodward & Rohan Riftlep (eds.), Documents on British Foreign Policy : 1919-1939, 3rd series (London : HMSO, 7 :258-260, 1954).
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La Deuxième Guerre mondiale

Nous reproduisons un extrait du Chapitre XII « La Deuxième Guerre mondiale » du livre de Michael Sayers et Albert E. Kahn La guerre secrète contre la Russie soviétique : La Grande Conspiration.
* * *
[...]
Le 1er septembre 1939, les divisions motorisées nazies envahissaient la Pologne par sept points. Deux jours après, la Grande-Bretagne et la France déclaraient la guerre à l'Allemagne. En deux semaines, le régime polonais qui, sous l'influence de la clique antisoviétique des « Colonels », s'était allié au nazisme, avait refusé l'aide de l'U.R.S.S. et s'était opposé à la sécurité collective, s'effondrait et les nazis balayaient les débris éparpillés de leur ancien allié.
Le 17 septembre, tandis que les colonnes nazies sillonnaient la Pologne et que le gouvernement polonais fuyait en panique, l'Armée Rouge traversa la frontière polonaise orientale d'avant-guerre, occupa la Biélorussie et l'Ukraine occidentales et la Galicie, avant que les blindés nazis ne les eussent atteintes. Avançant rapidement vers l'Ouest, l'Armée Rouge occupa tout le territoire que la Pologne avait annexé en 1920.
« Que les armées russes dussent tenir cette ligne, était évidemment nécessaire pour la sécurité de la Russie devant la menace nazie, déclara Winston Churchill à la radio le 1er octobre. Un front oriental a été créé que l'Allemagne nazie n'ose pas attaquer. Quand von Ribbentrop a été à Moscou la semaine dernière, ce fut pour apprendre et accepter le fait que les projets nazis en ce qui concerne les Pays baltes et l'Ukraine devaient rester au point mort ».
L'avance vers l'Ouest de l'Armée Rouge fut la première d'une série d'actions de l'U.R.S.S. pour contrebalancer l'extension du nazisme et conçues dans le but de renforcer son système défensif en prévision d'un inévitable conflit avec le IIIe Reich.
Au cours de la dernière semaine de septembre et des premiers jours d'octobre, le Gouvernement soviétique signait des pactes d'assistance mutuelle avec l'Estonie, la Lettonie et la Lithuanie. Ces accords stipulaient que des garnisons de l'Arme bouge et des bases aériennes et Navales soviétiques seraient établies dans les Pays baltes.
Mais au Nord, la Finlande demeurait un allié militaire puissant du IIIe Reich.
Le chef de l'armée finlandaise, le baron von Mannerheim était en rapports étroits et permanents avec le Haut Commandement allemand. De fréquentes conversations entre les deux états-majors avaient lieu et des officiers allemands contrôlaient périodiquement les manoeuvres militaires finlandaises. Le chef de l'état-major finlandais, le général Oesch, avait reçu sa formation militaire en Allemagne, comme son adjoint principal, le général Ostermann qui avait appartenu à l'armée allemande pendant la première guerre mondiale.
Les relations politiques entre la Finlande et l'Allemagne nazie étaient aussi étroites. Le premier ministre, le socialiste Ryti considérait Hitler comme un « génie » ; Per Svinhubrud, un riche germanophile qui avait reçu La Croix de fer allemande, était 1e plus puissant des personnages dans les coulisses de la politique finlandaise.

La ligne de Mannerheim (ligne de front en décembre 1939) est indiquée ici par la couleur mauve. La Finlande est au nord.
Les lignes rouges indiquent la position des fortifications finlandaises. La frontière entre la Finlande et l'Union soviétique
de 1918-1939 est indiquée par la ligne verte.
(www.northfort.ru)
Avec l'appui d'officiers et de techniciens allemands, la Finlande avait été transformée en une puissante forteresse pour servir de base de départ à une invasion de l'Union soviétique : on y avait aménagé 23 aérodromes, capables de convenir à dix fois plus d'avions que n'en possédait l'armée de l'air finlandaise. Des techniciens allemands avaient contrôlé la construction de la ligne Mannerheim étalée sur plusieurs kilomètres de profondeur tout le long de la frontière soviétique et ayant des emplacements pour l'artillerie lourde à un point qui n'était qu'à 34 kms de Léningrad.
A la différence de la ligne Maginot, la ligne Mannerheim n'avait pas été conçue uniquement dans un but défensif, mais aussi pour servir de lieu de concentration à une importante masse offensive. Alors que la construction de la ligne Mannerheim s'achevait, dans l'été de 1939, le chef de l'état-major d'Hitler, le général Halder, vint d'Allemagne donner à la fortification une inspection finale.
Le Gouvernement soviétique proposa un pacte d'assistance mutuelle à la Finlande. Moscou offrait de céder plusieurs centaines de kilomètres carrés de territoire soviétique en Carélie centrale en échange de quelques îles finlandaises d'intérêt stratégique situées près de Léningrad, d'une partie de l'isthme de Carélie et la location avec un bail de 30 ans du port de Hangoe pour y construire une base navale soviétique. Les hommes d'État soviétiques considéraient que ces territoires avaient un intérêt capital pour la défense de la base de la Flotte Rouge de Kronstadt et la ville de Léningrad.
Au milieu de novembre, la clique germanophile qui dominait le gouvernement finlandais rompit brutalement les négociations. A la fin du mois, l'U.R.S.S. et la Finlande étaient en guerre.
Les éléments antisoviétiques d'Angleterre et de France crurent que l'heure de la guerre sainte tant attendue était enfin arrivée. La guerre curieusement passive à l'Ouest contre l'Allemagne nazie était une « fausse guerre ». La vraie guerre, c'était celle de l'Est. En Angleterre, en France, aux États-Unis, une intense campagne de propagande antisoviétique se déclencha sous le mot d'ordre d' « aide à la Finlande ».
Le premier ministre Chamberlain qui, peu de temps auparavant, avait affirmé que son pays manquait des armes convenables pour lutter contre l'Allemagne nazie, réussit à envoyer rapidement à la Finlande 144 avions britanniques, 114 pièces d'artillerie lourde, 185.000 obus, 50.000 grenades, 15.700 bombes d'avion, 100.000 capotes et 48 ambulances ; au moment où l'armée française avait un besoin urgent de tout matériel militaire pour contenir l'inévitable offensive nazie, le gouvernement français envoya à l'armée finlandaise 179 avions, 472 pièces d'artillerie, 795.000 obus, 5.100 mitrailleuses et 200.000 grenades à main.
Tandis qu'on s'endormait sur le front occidental, le Haut-Commandement anglais, encore dominé par des officiers antisoviétiques comme le général Ironside, dressa des plans pour l'envoi d'un corps expéditionnaire de 100.000 hommes qui aurait traversé la Scandinavie pour atteindre la Finlande, tandis que le Haut-Commandement français se préparait à attaquer simultanément le Caucase sous le commandement du général Weygand, qui déclarait ouvertement que les bombardiers français du Proche-Orient étaient prêts à frapper les champs pétrolifères de Bakou.
Tous les jours, les journaux français et anglais annonçaient avec des titres flamboyants les foudroyantes victoires finlandaises et les catastrophiques défaites soviétiques. Mais, après trois mois de combats sur un terrain extraordinairement difficile et dans des conditions atmosphériques incroyablement dures où la température descendait souvent jusqu'à 60° au-dessous de 0, l'Armée Rouge avait anéanti « l'imprenable » ligne Mannerheim et mis en déroute l'armée finlandaise.[1]
Parlant au Soviet suprême de l'U.R.S.S. le 29 mars 1940, Molotov déclara :
« L'Union soviétique qui a battu l'armée finlandaise et avait toute possibilité d'occuper la Finlande toute entière, ne l'a pas fait et n'a exigé aucune contribution de guerre à titre d'indemnité, comme eût agi toute autre puissance ; elle a réduit au minimum ses désidérata... Quelle est l'idée principale du traité de paix ? C'est qu'il assure dûment la sécurité de Léningrad, ainsi que celle de Mourmansk et du chemin de fer du même nom ».
La guerre non-déclarée de l'Allemagne nazie contre l'U.R.S.S. se poursuivait.
Le jour de la cessation des hostilités soviéto-Finlandaises, le général Mannerheim déclara dans une proclamation à l'armée finlandaise que « sa mission sacrée est d'être un poste avancé de la civilisation occidentale à l'Est ». Peu après, le gouvernement finlandais entreprenait de construire de nouvelles fortifications le long de la nouvelle frontière. Des techniciens nazis vinrent d'Allemagne contrôler le travail. D'importantes commandes d'armement furent faites à la Suède et à l'Allemagne. Des formations militaires allemandes arrivèrent en grand nombre en Finlande. Les commandements finlandais et allemands eurent des quartiers-généraux uniques et organisèrent des manoeuvres militaires communes. Des centaines d'agents nazis envahirent les bureaux de l'ambassade d'Allemagne à Helsinski et des onze consulats de province.
L'assoupissement à l'Ouest cessa tout-à-coup au printemps de 1940. Le 9 avril, les Allemands envahissaient le Danemark et la Norvège. Le Danemark fut occupé en une journée, sans résistance. A la fin du mois, les nazis avaient bisé la résistance norvégienne et les troupes anglaises, qui étaient venues à l'aide des Norvégiens, abandonnaient les quelques bases précaires qu'elles s'étaient assurées. Un régime nazi fantoche fut instauré à Oslo avec le major Quisling à sa tête.


Les troupes nazies débarquent du navire amiral Hipper 
en Norvège en 1940.
 (Wikipedia)
Le 10 mai, Chamberlain leur offrait sa démission de premier ministre après avoir conduit son pays à la situation vraisemblablement la plus désespérée de sa longue histoire.
Le même jour, alors que le roi appelait Winston Churchill à constituer le nouveau Cabinet, les armées allemandes envahissaient la Hollande, la Belgique et le Luxembourg. Le 14 mai, les Allemands s'étaient forcé un chemin, à travers une résistance mise en pièces, jusqu'à la Manche et avaient divisé les Alliés dans les Flandres.
La panique s'empara de la France. Partout, la Ve Colonne travaillait. Les soldats français étaient abandonnés par leurs officiers. Des divisions entières se trouvaient sans approvisionnement en matériel de guerre. Paul Reynaud déclara au Sénat que les chefs de l'armée française avaient commis d' « inconcevables erreurs ». Il dénonçait « les traîtres, les défaitistes et les lâches ». Un certain nombre d'officiers supérieurs français furent arrêtés mais ces arrestations venaient trop tard. La Ve colonne était déjà maîtresse de la France.
L'ancien ministre de l'Air Pierre Cot a écrit dans son livre Triomphe de la Trahison :
« ...Les fascistes avaient champ libre dans le pays et dans l'armée. L'agitation anticommuniste était un écran de fumée derrière lequel on préparait la grande conspiration politique qui devait paralyser la France et faciliter le travail d'Hitler... Les instruments les plus efficaces de la Ve colonne... étaient Weygand, Pétain et Laval. Au Conseil des ministres qui se tint à Cangé, prés de Tours, le 12 juin 1942, le général Weygand pressa le gouvernement de mettre fin à la guerre. Son principal argument était qu'une révolution communiste avait éclaté à Paris. Il déclarait que Maurice Thorez, secrétaire général du Parti communiste, était déjà installé à l'Élysée. Georges Mandel, ministre de l'Intérieur, téléphona immédiatement au préfet de police de Paris qui démentit les allégations de Weygand : il n'y avait pas de troubles dans la ville et la population était calme... Dès qu'ils se furent emparés du pouvoir au milieu de la confusion de l'effondrement, Pétain et Weygand avec l'appui de Laval et de Darlan, se hâtèrent de supprimer toutes les libertés politiques, de bâillonner le peuple et d'instaurer un régime fasciste ».
D'heure en heure, la confusion grandissait et la débâcle s'aggravait, tandis que les soldats français se battaient désespérément et que le monde assistait à la trahison à une échelle jamais vue jusqu'alors...

Évacuation des troupes alliées à Dunkerque, en France, pendant que la France tombait aux manis des nazis(Wikipe
Du 29 mai au 4 juin, l'armée anglaise évacuait ses troupes à Dunkerque, sauvant héroïquement 335.000 hommes.
Le 10 juin l'Italie fasciste déclarait la guerre à la France et à l'Angleterre.
Le 14 juin, Paris tombait et Pétain, Weygand, Laval et l'hitléro-trotskiste Doriot devenaient les gouvernants fantoches de la France, aux ordres des nazis.
Le 22 juin un armistice entre la France et l'Allemagne était signé dans la forêt de Compiègne, dans le wagon même où le maréchal Foch avait dicté les conditions de la capitulation aux Allemands vaincus, vingt-deux ans plus tôt.
Tandis que la France s'écroulait, l'Armée Rouge s'ébranlait à nouveau pour renforcer les défenses de l'U.R.S.S.
Au milieu de juin, devançant un putsch nazi dans les Pays baltes, les divisions blindées soviétiques occupaient l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie.
Le 27 juin, l'Armée Rouge avançait en Bessarabie et dans la Bukovine du nord, que la Roumanie avait arrachées aux Russes après la Révolution.
L'U.R.S.S. et l'Allemagne nazie étaient maintenant face à face sur leurs futurs fronts de bataille.
Vers la fin de juillet, les nazis lancèrent des raids d'avions massifs sur Londres et d'autres villes anglaises, déversant des tonnes d'explosifs sur les populations civiles. Ces raids qui crûrent en férocité au cours du mois suivant, avaient pour but de terrifier et de paralyser tout le pays et de faire tomber rapidement sur les genoux une Angleterre déjà sérieusement affaiblie.

Durant le blitz nazi à Londres, le 7 septembre 1940 (Wikipedia)
Mais de profonds changements s'étaient produits en Grande-Bretagne. La confusion et la division qui avaient résulté de la manière dont Chamberlain avait gouverné, avaient fait place à la détermination et à une unité nationale croissante. Par delà l'étroite Manche, le peuple anglais vit les agissements de la Ve colonne. Le gouvernement Churchill agit avec célérité et résolution. Scotland Yard et l'Intelligence Service s'abattirent sur !es agents nazis, les fascistes anglais et les promoteurs d'intrigues secrètes de la Ve colonne. Au cours d'une perquisition-éclair au siège de Londres de l'Union britannique des fascistes, les autorités s'emparèrent de documents importants et arrêtèrent de nombreux agents de la Ve colonne. Le chef du Parti fasciste britannique, Sir Oswald Mosley, fut arrêté à son domicile. Des arrestations encore plus sensationnelles suivirent : celles de John Beckett, un ancien membre du Parlement qui avait fondé le pro-nazi et antisoviétique Parti populaire ; le capitaine Ramsay, membre conservateur du Parlement ; E.D. Elan, fonctionnaire du ministère de la Santé, sa femme, et d'autres pro-nazis et fascistes influents. Une loi contre la trahison fut votée, prévoyant la peine de mort pour les traîtres.
Montrant qu'il avait bien compris la leçon de la France et des procès de Moscou, le gouvernement britannique annonça en juillet 1940 l'arrestation de l'amiral Sir Barry Domvile, ancien chef de l'espionnage naval. Domvile, ami de Rosenberg et du général Hoffmann, avait été impliqué dans la plupart des conspirations antisoviétiques depuis 1918. Au moment de son arrestation, Domvile était le chef d'une société secrète pro-nazie en Angleterre appelée The Link (Le Lien) qui était organisée avec l'appui de Himmler, le chef de la Gestapo.
S'étant assuré contre la trahison intérieure, le peuple anglais fit face à l'épreuve de l'offensive aérienne nazie sans broncher et en se défendant. Dans la seule journée du 17 septembre 1940, la R.A.F. ne descendit pas moins de 185 avions allemands au-dessus de l'Angleterre.
Devant une résistance aussi courageuse qu'inattendue, et pensant qu'il avait l'Armée Rouge à ses frontières orientales, Hitler s'arrêta à la Manche et n'envahit pas les Iles britanniques.
L'année suivante était 1941. Une atmosphère tendue d'attente planait sur toute l'Europe, tandis que l'U.R.S.S. et l'Allemagne nazie, les deux plus grandes puissances militaires du monde, se préparaient à se combattre.
Le 1er mars, les Allemands entraient à Sofia et la Bulgarie devint une base nazie.
Le 6 avril, après qu'une révolte populaire eût renversé le régime du régent Paul de Yougoslavie et que les agents nazis eussent dû s'enfuir du pays, le gouvernement soviétique signait un pacte de non-agression avec le nouveau gouvernement yougoslave. Le même jour, l'Allemagne déclarait la guerre à la Yougoslavie et l'envahissait.
Le 5 mai, Staline devenait le chef du gouvernement de l'U.R.S.S.[2]
A 4 heures du matin, le 22 juin 1941, sans aucune déclaration de guerre, les tanks d'Hitler, son aviation, son artillerie légère, ses unités motorisées et son infanterie étaient lancés sur la frontière de l'U.R.S.S. en un front formidable s'étendant de la Baltique à la mer Noire.
Dans la matinée, Goebbels lut à la radio la proclamation de guerre d'Hitler :
« Peuple allemand ! En ce moment, se déroule une offensive qui, tout bien considéré, peut être comparée aux plus grandes que le monde a vu jusqu'aujourd'hui. En liaison avec leurs camarades finlandais, les vainqueurs de Narvik tiennent l'Arctique. Des divisions allemandes, sous le commandement du conquérant de la Norvège, en collaboration avec les héros de la lutte pour la libération de la Finlande, sous les ordres de leur maréchal, protègent le territoire finlandais. Les formations du front oriental allemand s'étendent de la Prusse Orientale aux Carpates. Les soldats allemands et roumains sont unis sous les ordres du chef de l'État Antonesco, des rives du Pruth aux régions inférieures du Danube et aux rives de la mer Noire. La tâche de ce front n'est donc plus uniquement la protection de pays, mais la sauvegarde de l'Europe et, par là même, le salut de tous ».
L'Italie, la Roumanie, la Hongrie et la Finlande se joignirent à la guerre nazie contre 1'U.R.S.S.
Des légions fascistes furent recrutées en France et en Espagne. Les armées unies d'une Europe contre-révolutionnaire avaient lancé une guerre sainte contre les Soviets ; le plan du général Hoffmann se réalisait...
Le 7 décembre 1941, sans avertissement, les bombardiers et la marine de guerre du Japon attaquaient les États-Unis d'Amérique. Puis l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste leur déclaraient la guerre.
Le 9 décembre, dans une proclamation du peuple américain, le président Roosevelt déclarait :
« La route que le Japon a suivie ces dix dernières années en Asie, est parallèle à celle d'Hitler et de Mussolini en Europe et en Afrique. Aujourd'hui, elle est devenue bien plus que parallèle. C'est une collaboration si bien calculée que tous les continents du monde, et tous les océans sont maintenant considérés par les stratèges de l'Axe comme un seul et gigantesque champ de bataille.
En 1931, le Japon envahissait le Mandchoakouo, sans avertissement.
En 1935, l'Italie envahissait l'Éthiopie, sans avertissement.
En 1938, Hitler occupait l'Autriche, sans avertissement.
En 1939, Hitler envahissait la Tchécoslovaquie, sans avertissement.
Encore en 1939, Hitler envahissait la Norvège, le Danemark, la Hollande, la Belgique et le Luxembourg, sans avertissement.
En 1940, l'Italie attaquait la France, et ensuite la Grèce, sans avertissement.
En 1941, Hitler envahissait la Russie, sans avertissement.
Et maintenant, le Japon a attaqué les États malais et le Siam, et les États-Unis, sans avertissement.
Tout sur un modèle unique ».
Les masques sont jetés. La guerre secrète de l'axe anticomintern contre I'U.R.S.S. s'était transformée en une guerre mondiale contre tous les peuples libres.
Le 15 décembre 1941, dans un message au Congrès, le président Roosevelt déclarait : « En 1936, le gouvernement japonais s'est délibérément associé à l'Allemagne, en donnant son adhésion au pacte anticomintern. Ce pacte, comme nous le savons tous, était nominalement dirigé contre l'U.R.S.S. ; mais son but réel était de constituer une ligue des fascistes contre le monde libre, notamment contre la Grande-Bretagne, la France et les États-Unis ».
La deuxième guerre mondiale était entrée dans sa phase décisive et finale en devenant un conflit général entre les forces du fascisme international et les armées unies de l'humanité progressive.

Joseph Staline, Franklin D. Roosevelt et Winston Churchill à la conférence de Téhéran, une rencontre stratégique des
forces alliées. Le principal produit de la conférence fut l'entente à l'effet d'ouvrir un deuxième front contre
l'Allemagne nazie.
 (U.S. Army)

Notes

1. On lisait dans le rapport analytique de l'Institut de Propagande de New-York, en juin 1940, l'appréciation suivante : « La presse américaine a moins dit la vérité et débité plus de mensonges fantastiques à propos de la guerre de Finlande que sur aucun conflit récent ».
2. Dans la nuit du samedi 10 mai 1941, à 10h30 du soir, un avion Messerschmitt allemand capota dans un champ près du château de Dunravel, dans le comté de Lanark, en Ecosse, qui appartenait au jeune duc d'Hamilton. Un ancien travailleur du domaine vit tomber l'appareil ainsi qu'un parachute descendant lentement. Armé d'une fourche, i1 courut pour trouver, gisant sur le sol, un homme à la cheville brisée. C'était Rudolph Hess, messager d'Adolf Hitler.
« Conduisez-moi au duc d'Hamilton, dit Hess en anglais. Je suis venu pour sauver l'humanité ! » Hess espérait, par Hamilton et ses amis, obtenir l'appui des conservateurs anglais dans l'attaque de l'U.R.S.S. par les nazis.
Sir Patrick Dollan, lord-maire de Glasgow (Ecosse) dit le 11 juin 1941 : « Hess était venu ici, dans l'idée qu'il pourrait rester en Ecosse pendant deux jours, discuter de ses propositions de paix avec un certain groupe et recevoir de l'essence et des cartes pour repartir en Allemagne où il aurait rapporté le résultat de ses entretiens ».
Se référant à la mission de Hess dans son discours du 5 novembre 1941, Staline déclara : « Les Allemands savaient que leur politique consistant à jouer sur les contradictions entre les classes sociales de certains États, et entre ces États et le pays des Soviets, avait déjà donné des résultats en France, pays dont les gouvernants, s'étant laissés effrayer par l'épouvantail de la révolution, avaient dans leur frayeur jeté leur patrie aux pieds d'Hitler et abandonné la résistance. Les stratèges fascistes allemands pensaient qu'il en serait de même de la Grande-Bretagne et des États-Unis. C'est en somme dans ce but que les fascistes allemands envoyèrent en Angleterre le fameux Hess, lequel devait décider les hommes politiques anglais à se joindre à la croisade générale contre l'U.R.S.S. Mais les Allemands se sont cruellement trompés ». Rudolph Hess resta prisonnier du gouvernement britannique.
(La guerre secrète contre la Russie soviétique : La Grande Conspiration », Michel Sayers et Albert E. Khan. Traduit de l'américain par Albert Germain.)
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A se rappeler ce 25 mai 2014: Les Verts allemands :: De parti pacifiste à fervent défenseur de l’OTAN

 
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A se rappeler ce 25 mai 2014: Les Verts allemands :: De parti pacifiste à fervent défenseur de l'OTAN

Les élections fédérales allemandes du 22 septembre 2013 ont vu le triomphe d'Angela Merkel, le laminage des libéraux du FDP et le recul de Die Linke et des Verts qui, avec 8,4% des suffrages, ont essuyé une perte de 2,3%.

Merkel veut pourtant d'abord mener des discussions exploratoires avec les Verts, une coalition noire-verte étant la seule alternative possible à celle qu'elle désire, entre CDU et SPD. Les Verts, discuter avec Merkel, les conservateurs ? Voilà qui pourrait sembler improbable. Ou pas du tout. Dans la New Left Review, Joachim Jachnow a analysé la mutation de ce parti.

Joachim Jachnow
 

Joschka Fischer, leader des Verts, estime logique de bombarder des pays pour raisons « humanitaires ». (Photo European Parliament / Flickr)
Le 24 mars 1999, les premières bombes tombaient sur les centrales électriques et les réservoirs d'eau de Belgrade, détruisant l'infrastructure vitale, des usines, des voies ferrées, des ponts. La Luftwaffe (la force aérienne allemande) était de retour dans les Balkans, 58 ans après le bombardement par les Allemands de la capitale yougoslave, en 1941. Le retour militaire de l'Allemagne ne pouvait être annoncé de manière plus tonitruante. A la fin des années 1990, Joschka Fischer, dirigeant des « Grünen », les Verts, était devenu ministre des Affaires étrangères et vice-chancelier du premier gouvernement fédéral allemand rouge-vert de l'Allemagne. Pour Fischer, il était du devoir moral de l'Allemagne de lancer ces bombes sur le territoire yougoslave, pour raisons humanitaires naturellement.     Les membres du parti des Verts étaient, eux, un peu plus réservés. En effet, aucun parti de l'Europe occidentale n'était aussi fortement identifié au mouvement pacifiste que les Verts allemands, avec leurs revendications comme le désarmement nucléaire et la dissolution de l'OTAN. Le parti, fondé en Allemagne de l'Ouest en 1980, était profondément enraciné dans l'opposition à la militarisation ouest-allemande et dans les mouvements de solidarité avec les luttes anti-impérialistes. Mais, après une longue lutte interne, le parti était devenu un acteur bien établi dans le système parlementaire allemand. L'entrée des Verts au gouvernement fédéral en 1998 correspondait à souscrire tacitement à l'OTAN et à l'économie de libre marché.

Le congrès de confrontation de 1998

Pourtant, le manifeste des Verts pour les élections fédérales de septembre 1998 affirmait que le parti s'opposait tant aux missions de combat qu'à celles de maintien de la paix par des militaires. Il précisait en outre que le parti désirait la réduction de l'OTAN, non son élargissement. A peine quelques mois plus tard, ces engagements étaient balayés. Avec seulement 6,7% des voix, les Verts étaient alors entrés dans un gouvernement avec les sociaux-démocrates de Gerhard Schröder (SPD), et l'accord commun de gouvernement laissait une place importante à l'OTAN. Avant d'endosser la fonction de ministre des Affaires étrangères, Fischer lui-même avait déjà été informé des plans américains pour la Yougoslavie, lors d'un voyage à Washington avec Schröder et Oskar Lafontaine, le dirigeant du SPD de l'époque.     Une grande partie du public allemand était cependant réticent quant à l'utilisation d'armes au nom des « droits de l'homme », et certainement la base électorale des Verts. La base anti-guerre des Verts a exigé que le parti convoque un congrès extraordinaire. Celui-ci s'est tenu au moment le plus fort des bombardements de l'OTAN, avec une présence policière massive pour « protéger » la direction contre sa propre base. A un moment, on a même cru que les Verts allaient se scinder et que le gouvernement chuterait. Mais Fischer a expliqué que la répression des Kosovars par les Serbes pourrait mener à un « Auschwitz ». Au terme de cette conférence très agitée, parfois violente, une résolution a finalement été approuvée, donnant dans les faits carte blanche aux ministres verts, avec 444 voix pour et 318 contre.

Volte-face

Le parti ayant désormais abjuré la pierre angulaire de la politique des Verts, tout le reste a alors également été bradé. Dans la foulée de la guerre de Yougoslavie, environ un tiers des membres ont quitté le parti. Ils ont fait place à un afflux de nouveaux venus, plus réceptifs à la nouvelle orientation des dirigeants. Auparavant fervents défenseurs de l'Etat-providence et de la redistribution économique, les Verts étaient devenus des partisans enthousiastes de l'Agenda 2010 néolibéral de Schröder. Ce paquet de mesures (lancé en 2003) a mené à un véritable pillage des biens et services publics, de la sécurité sociale et des fonds de pensions, alors que les salaires étaient compressés et qu'on octroyait aux entreprises des millions d'euros de réductions d'impôts.     De manière générale, le parti vert n'a jamais vraiment traité la contradiction entre durabilité écologique et l'expansion économique, inhérente à l'accumulation capitaliste. A la fin des années 1980, lorsque le groupe autour de Joschka Fischer a détenu une emprise plus forte sur le parti, la pensée néolibérale est devenue toujours plus dominante, préparant la voie au « capitalisme vert », populaire à l'époque, comptant sur les mécanismes du marché et les solutions technologiques pour les problèmes écologiques, en plein accord avec les diktats du FMI et de la Banque mondiale. 
    Encore plus surprenante a été la totale reddition des Verts à l'industrie nucléaire allemande. La lutte pour la suppression des centrales nucléaires avait toujours été le thème central du parti. Maintenant que les Verts étaient au gouvernement, la vie de réacteurs nucléaires usés était prolongée pour au moins 10 ans, et le ministre vert de l'Environnement Jürgen Trittin autorisait des lieux de stockage dangereux de déchets nucléaires et une garantie sur les dettes pour toute l'industrie. Le même ministre est également resté de marbre face à l'accroissement de la criminalisation du militantisme antinucléaire. Les Verts ont approuvé de nouvelles règles de surveillance, des restrictions des droits civils, la discrimination envers les étrangers et la militarisation de la police. Au gouvernement, avec le SPD, les Verts ont fait passer des projets législatifs contre lesquels ils s'étaient opposés avec succès durant des années, lorsqu'ils étaient encore dans l'opposition lors de l'ère Kohl.

L'épuration par les « Realos »

Lors des premières élections parlementaires fédérales de l'Allemagne réunifiée, le 2 décembre 1990, les Verts n'ont obtenu que 4,8% des voix dans les Länder ouest-allemands, soit moins de 5% du seuil électoral. Ils ont perdu leurs 44 sièges et leurs subsides fédéraux. Seuls les Verts est-allemands (tout justes créés, en février 1990), ont obtenu 6,1 % dans un partenariat avec Bündnis 90 (une alliance de 3 groupes est-allemands non-communistes). Pour toute réponse, Fischer a rejeté la responsabilité de cette humiliation électorale sur les éléments radicaux résiduels dans le parti. 
    Au congrès du parti de 1991 à Neumünster, les « Realos » (les « réalistes », le courant réformiste autour de Fischer, Cohn-Bendit et Hubert Kleinert, opposé aux « Fundis », les « fondamentalistes », NdlR) ont décidé de faire le grand ménage dans le parti. Les principes de démocratie participative ont été abolis au profit du leadership individuel et de la « professionnalisation », entraînant le départ des écologistes radicaux et des éco-socialistes. En 1993, Fischer a livré un projet  idéologique pour « la gauche après le socialisme », aussi éclectique qu'intellectuellement pauvre. Le libéral-réformisme Vert – caractérisé par le citoyen-consommateur libéral urbain, au « style de vie individuel », qui « proteste contre l'énergie nucléaire » et a de l'empathie pour « les pauvres et les marginaux » – avait désormais une existence propre et affirmée. 
    En 1994, avec le soutien enthousiaste des médias pour les Verts réformés, le parti entre-temps unifié au niveau fédéral a pu reprendre pied au Bundestag (le Parlement allemand), avec 7,3% des voix et 49 sièges. La victoire finale des Realos a eu lieu en 1998, lorsque le parti a pris part à une coalition fédérale rouge-verte, bien que les voix des Verts étaient descendues à 6,7%.

Le parti de la guerre

Le rôle de Fischer dans le ralliement, non seulement des Verts, mais d'une part plus large du courant « dissident » de la société allemande post-68, aux exigences des Alliés occidentaux durant la guerre en Yougoslavie ne peut pas être sous-estimé. « Si nous avions perdu le soutien public en Allemagne, nous l'aurions aussi perdu ailleurs dans l'alliance », a affirmé le porte-parole de l'OTAN, Jamie Shea, qui a décrit Fischer comme un exemple de dirigeant politique qui « ne court pas simplement derrière l'opinion publique, mais sait comment lui donner forme ». 
    L'intervention en Yougoslavie n'était qu'un début. Fischer a joué le grand jeu pour assurer que Schröder puisse compter sur le soutien des Verts pour le déploiement de troupes allemandes en Afghanistan. Dans une lettre commune à tous les membres du Bundestag, Fischer et Schröder ont expliqué pourquoi l'Allemagne devait participer à cette guerre : « Un nouvel «unilatéralisme allemand» – quelle qu'en soit la justification – susciterait l'incompréhension et la défiance chez nos partenaires et voisins. » 
    Selon un sondage d'opinion de 2011, il n'y a pas un segment de la population allemande qui soutienne autant l'action militaire étrangère que les Verts. Lorsque, en 2011, le gouvernement Merkel-Westerwelle a décidé de ne pas se joindre à l'intervention américano-franco-britannique en Libye, c'est le parti des Verts qui a émis la plus virulente critique. Alors que les avions de combat de l'OTAN lâchaient des bombes à l'uranium appauvri sur Tripoli, l'ancien parti de la paix clamait son indignation sur « l'attitude irresponsable » des dirigeants qui avaient maintenu la force aérienne allemande au sol. Le parlementaire vert Tom Koenings a même argumenté que l'Allemagne devait participer aux bombardements pour compenser le fait qu'elle avait vendu autant d'armes à la dictature criminelle de Kadhafi.

Elections

Lors des élections fédérales de septembre 2005, la coalition rouge-verte a été pénalisée pour les effets sociaux négatifs de l'Agenda 2010. Bien que le dirigeant du parti Joschka Fischer ait exclu une coalition fédérale avec les démocrates-chrétiens de la CDU, celle-ci s'est néanmoins rapidement réalisée au niveau des Länder allemands. En 2008 par exemple, avec l'essor de Die Linke, une coalition rouge-verte était possible à Hambourg, mais les Verts ont composé une coalition avec la CDU. En 2011, une série de protestations populaires contre les très coûteux projets de la CDU au gouvernement pour démolir et reconstruire entièrement la gare de Stuttgart, dans le Land notoirement conservateur du Bade-Würtenberg, a débouché sur l'élection du premier ministre-président vert d'un Land : Winfried Kretschmann. Une fois en fonction, Kretschmann a commencé par revenir sur l'opposition aux plans pour la gare et, actuellement, ce sont les Verts qui président à la construction de la nouvelle gare de Stuttgart. 
    Etonnamment, les Verts n'ont pas dû payer cher leur mutation politique au plan électoral. Ils sont passés de 8,3% en 1987 à 10,7% en 2009, mais leur électorat est devenu plus âgé, plus riche et plus conservateur, tout comme les dirigeants du parti. Un sondage d'opinion d'avril 2013 suggérait que 54% des électeurs des Verts, après les élections du 22 septembre 2013, soutiendraient une coalition fédérale avec la CDU. Chez les électeurs de la CDU, 64% se montraient satisfaits d'un éventuel gouvernement fédéral noir-vert. Fin avril, Daniel Cohn-Bendit, figure de proue des Verts, affirmait dans le journal Bild qu'une coalition entre la CDU et les Verts était « une option réaliste ».
La version intégrale et originale de cet article est paru dans la New Left Review, mai-juin 2013, www.newleftreview.org . Il a été abrégé et traduit par F.d.M. pour le magazineVrede, puis encore raccourci par Solidaire. Titre, introduction et intertitres sont de la rédaction de Solidaire.


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Envoyé par Blogger dans "L' Amérique" : pays de la "Liberté" capitaliste ! le 10/28/2013 07:35:00 PM

11:36 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

11/05/2014

lettre ouverte aux députés français sur l'Ukraine

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Sent: Tuesday, May 6, 2014 11:47 PM
 
Subject: lettre ouverte aux députés français sur l'Ukraine
 

Chers camarades et amis des organisations, réseaux, sites, ouvriers, communistes, républicains, syndicalistes, antifascistes et démocratiques avec lesquels le P.R.C.F. est en contact,

 

Merci de relayer éventuellement cette action réalisée à l’initiative de notre camarade Pierre Pranchère, vice-président du P.R.C.F., ancien membre du C.C. du P.C.F. et ancien FTPF, sur la situation en Ukraine et sur les énormes dérives guerrières, anticommunistes et fascisantes qu’elle comporte après que les nazis ukrainiens, officiellement admirateurs de la « Das Reich » (qui incendia la population d’Oradour) aient sciemment fait mis le feu à la Maison des syndicats d’Odessa en faisant brûler vif ses quarante occupants (parmi lesquels des camarades communistes).

Cette lettre vient d’être adressée à tous les députés par notre camarade Pranchère, ancien député et ancien député européen.

 

Je profite de l’occasion pour remercier ceux d’entre vous qui nous ont aidés à dire récemment leur fait au pouvoir ukrainien (par l’entremise de son ambassade à Paris) ainsi qu’au ministère des affaires étrangères français.

Multiplions les actions de solidarité avec nos camarades ukrainiens victimes d’une véritable chasse à l’homme non seulement dans la partie Est de l’Ukraine, mais dans toute la partie Ouest (dont nos médias ne disent mot) ainsi que dans les Pays baltes où des menaces de mort sont adressées par les fascistes aux vétérans de la Grande Guerre patriotique qui oseront célébrer la Victoire sur Hitler le 9 mai prochain.

 

Amitiés,

 

Georges Gastaud

Mesdames, Messieurs les Députés

À l’Assemblée Nationale

 

 

Mesdames, Messieurs les Députés,

 

Une nouvelle fois nous sollicitons votre attention à propos de la situation explosive en Ukraine suite au coup d’état sanglant perpétré en février dernier et dont les néonazis-fascistes furent le fer de lance. Exploitant une émotion populaire légitime, les émeutiers de la place Maïdan à Kiev ont plongé le pays dans la guerre civile ; les communistes, les antifascistes, les russophones baptisés « hommes verts » sont traqués, lynchés, brûlés vifs comme à Odessa, et leur capture est mise à prix. À Lvov, le 27 avril, les néo-nazis de Svoboda ont publiquement rendu hommage à la division SS « Galicie » en exigeant l’interdiction de la commémoration de la victoire sur le nazisme le 9 mai prochain.

 

Les putschistes de Kiev, hommes de main des forces occidentales, poussent ouvertement à une chasse à l’homme (notamment dans les provinces de l’Ouest, dont nos médias ne disent mot) et à une guerre civile qui, comme dans l’Espagne d’avant-guerre, pourrait à tout instant déboucher sur une guerre continentale, voire mondiale. En effet, la Russie, dont nos dirigeants semblent oublier qu’elle détient, comme le bloc occidental qui l’a précédée dans cette voie, l’arme nucléaire, a officiellement déclaré que l’élargissement de l’U.E., DONC DE L’O.T.A.N. au territoire ukrainien, constituerait un « casus belli ». Voilà où a conduit la politique belliciste d’encerclement et d’isolement de la Russie conduite depuis vingt ans, en prolongement ininterrompu de la guerre froide, par les U.S.A., l’U.E. et l’O.T.A.N. !

Ceux qui clamaient que l’U.E. c’était la « paix assurée » nous conduisent ainsi au seuil d’une troisième guerre mondiale. Il est urgent pour l’humanité toute entière d’éteindre l’incendie pendant qu’il en est temps et la première des mesures à prendre est de destituer et d’arrêter la junte fasciste qui a pris le pouvoir à Kiev.

Il est temps également pour nos médias et pour ceux qui les inspirent de cesser de criminaliser les populations russophones de l’Est ; ces populations ne demandent officiellement rien d’autre qu’une décentralisation et qu’une fédéralisation du pays sanctionnée par un référendum.

 

Dans notre projet de « motion de censure » daté du 26 mars nous avions posé la question-clé : qui est responsable du bain de sang du Maïdan le 19 février dernier ? Nous avions immédiatement mis en cause les partis néo-nazis et leurs soutiens internationaux. Depuis, une confirmation éclatante vient d’être apportée avec la diffusion, le 25 avril dernier, par Agoravox d’une enquête qualifiée de dévastatrice conduite par le réseau de chaînes publiques régionales allemandes A.R.D., titrée : Les morts du Maïdan.

 

Notons des extraits repris par Agoravox, il est significatif que le paragraphe introductif de la relation de l’enquête soit ainsi rédigé :

« Le silence des médias sur cette enquête est impressionnant, alors que l’information est explosive. Une enquête internationale devrait être diligentée très rapidement pour éclaircir les faits. Et l'élection du 25 mai devrait être reportée dans l'attente des conclusions.»

 

Sur les temps forts de cette enquête il est écrit :

« Les conclusions sont accablantes : les tirs des snipers venaient des étages de l’hôtel Ukrainia, tenu par les manifestants et les mêmes balles ont été extraites des corps des civils et des policiers ».

L’enquête ne démontre pas qui étaient précisément les snipers commente Agoravox mais elle indique qu’

« il est peu probable que les snipers aient pu entrer dans un hôtel tenu par les manifestants, occuper une partie d’un étage et tirer à de nombreuses reprises, sans être inquiétés ni contrôlés. Ce qui laisse penser qu’il s’agit de membres des insurgés…..  La présomption du coup d’état se renforce donc. »

 

Dans la vidéo de l’enquête on constate que le procureur, membre du parti d’extrême droite Svoboda, chargé de l’enquête officielle, se dérobe aux questions du journaliste allemand sur les snipers de l’hôtel Ukrainia. Le journaliste reçoit également des témoignages de participants du Maïdan, de parents de victimes et il fait le constat que

« la version des putschistes qui alimente les positions américaines et européennes s’effondre ».

La dernière partie de l’enquête journalistique est une condamnation sans appel :

« Le pouvoir en place à Kiev est dès lors suspect de meurtres en masse, et l’actuel premier ministre Yatseniouk, soutenu par l’OTAN et le département d’Etat américain, devrait être arrêté et entendu par une commission indépendante »

.

Agoravox illustre l’enquête de la télévision allemande par trois montages photos représentant Catherine Ashton (représentante de l’U.E. pour les Affaires étrangères), Barak Obama et Arseni Yatseniouk avec en gros caractères : « recherché (e) pour suspicion de complicité de meurtres en masse »

.

Aux antipodes de la prétendue « révolution populaire » qu’exaltent nos médias terriblement partiaux, nous sommes donc en droit de suspecter  l’existence d’une provocation de même ampleur que celle qui, en 1933, permit à Hitler, en faisant incendier le Reichstag, d’éliminer toute opposition en Allemagne pour préparer la guerre à l’extérieur ou que les forgeries d’Etat  qui permirent plus récemment de lancer les deux Guerres du Golfe avec leur cortège de « destructions massives ».

 

Nous nous adressons donc à nouveau aux députés parce que nous considérons comme anormal que l’Assemblée Nationale n’ait pas eu encore la possibilité, conformément à son rôle défini par les articles 49 et 50 de la Constitution,  de débattre de la terrible situation qui, en Ukraine, risque à tout instant d’entraîner la France dans la guerre. Si vous partagez l’idée de ce débat nécessaire, alors vous trouverez les formes adéquates pour le susciter : motion de censure, questions orales, demande de commission d’enquête et autres : là où il y a une volonté politique, il y a toujours un chemin !

 

Le remaniement du gouvernement français n’ayant rien changé, bien au contraire, à son soutien indéfectible à la junte fasciste de Kiev, nous affirmons solennellement que l’honneur et l’autorité de la France sont outragés, que la sécurité fondamentale du peuple français peut à tout moment être terriblement compromise. Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius n’a cessé de soutenir le gouvernement des émeutiers de Kiev. Le 11 mars dernier il s’exclamait : «  quand on accuse ce gouvernement d’être d’extrême droite, c’est faux ». À l’abri de telles déclarations, le procureur fasciste de Svoboda peut dormir tranquille. Le ministre des Affaires étrangères français a pris une décision stupéfiante en autorisant M. le Drian, ministre de la Défense, à plastronner dans un avion de chasse français survolant les Etats de la Baltique et les pays de l’U.E. aux portes de l’Ukraine, toutes armes braquées sur la Russie. Faut-il rappeler à MM. Fabius et Le Drian que le parti fasciste Svoboda arborait jusqu’en 2008 l’emblème de la division SS Das Reich ? C’est ce même emblème qu’elle portait lorsqu’elle pendit, le 9 juin 1944, 99 tullistes et qu’elle massacra le lendemain les habitants d’Oradour-sur-Glane. Le 9 juin 1944 à Tulle l’officier SS Kowatsch, adjoint du sinistre Lammerding, se glorifiait d’avoir pendu 100 000 Ukrainiens à Kharkov et à Kiev. Faut-il leur rappeler les liens des dirigeants de Svoboda avec les dirigeants du Front National ? Ont-ils pensé à la joie que ces vols français ont dû procurer à tous ces laudateurs des nazis au pouvoir à Kiev et à leurs congénères des Pays baltes, qui discriminent les russophones, interdisent les partis communistes et cautionnent des défilés d’anciens Waffen-SS baltes supplétifs de la Wehrmacht ? On pense aussi aux 200 hitlériens qui se sont tranquillement réunis en avril dans la commune alsacienne d’Oltingue pour célébrer le 125ème anniversaire de la naissance d’Hitler, alors que tous les Alsaciens gardent en mémoire les horreurs commises par le Troisième Reich au camp voisin du Struthof.

 

Le soutien du gouvernement français aux criminels dirigeants nazis-fascistes de l’Ukraine constitue une insulte à toutes les victimes de la seconde guerre mondiale.

 

Durant les années terribles mais glorieuses de l’Occupation, de l’insurrection et de la Libération de la France jusqu’à la victoire totale, les résistants furent l’honneur de la France. Ils se souviennent, en ce 70ème anniversaire de la libération de notre pays que la puissante Armée Rouge écrasa à Stalingrad, à Koursk et en Ukraine l’armée hitlérienne, la SS et ses divisions Das Reich, Galicie constituée essentiellement d’Ukrainiens de Bandera alliés aux nazis, ainsi que la misérable L.V.F. de Pétain. Ils se souviennent de ces combats victorieux où prit part le glorieux régiment Normandie-Niemen symbole de la résistance commune des peuples soviétiques et français contre le nazisme.

 

Gloire éternelle à la Grande Guerre Patriotique victorieuse que le général de Gaulle salua en termes élogieux en juin 1966 à Moscou en reconnaissant « la part capitale que l’Union Soviétique prit à la victoire décisive ».

 

Mesdames et Messieurs les parlementaires, tout montre que nous sommes à un tournant de l’histoire. Cette lettre, quelle que soit la suite que chacun de vous décidera de lui réserver, prend date devant notre peuple. Que chacun assume ses responsabilités devant la paix et devant l’histoire. Pour notre part, comme nous l’avons fait pendant la seconde Guerre mondiale, nous assumons à nouveau les nôtres.

 

Le 5 mai 2014

 

Pierre Pranchère, résistant F.T.P.F. à l’âge de 15 ans, membre au Parti communiste clandestin, le parti des fusillés. Député de Tulle, (1956-58 et 1973-1978) ville résistante et martyre, député honoraire au Parlement Européen, vice-président du P.R.C.F. et président de la commission des relations internationales du P.R.C.F.

Léon Landini, président du P.R.C.F., anc. officier des F.T.P.-M.O.I., Grand Mutilé de Guerre, Médaille de la Résistance, Officier de la Légion d’honneur, décoré par l’U.R.S.S. ;

Jean-Pierre Hemmen, vice-président du P.R.C.F., fils de Fusillé de la Résistance, réprimé pour avoir refusé de porter l’uniforme sous les ordres d’un ex-général de la Wehrmacht exerçant un commandement au sein de l’O.T.A.N. ;

Georges Gastaud, fils de Résistant gaulliste, secrétaire national du Pôle de Renaissance Communiste en France.

Antoine Manessis, fils de Résistant communiste grec, secrétaire aux relations internationales du P.R.C.F.



2014 - 05 - 06 Adresse aux parlementaires (Ukraine).doc

19:22 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

DECLARATION DE 6 SYNDICATS DE CHEMINOTS EUROPEENS SUR DES POSITI ONS DE CLASSE : " CONTRE LE 4ème PAQUET FERROVIAIRE, POUR LE MON OPOLE PUBLIC ! "

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Sent: Sunday, May 11, 2014 12:02 PM
 
Subject: DECLARATION DE 6 SYNDICATS DE CHEMINOTS EUROPEENS SUR DES POSITIONS DE CLASSE : " CONTRE LE 4ème PAQUET FERROVIAIRE, POUR LE MONOPOLE PUBLIC ! "
 

 

 

DECLARATION DE 6 SYNDICATS DE CHEMINOTS EUROPEENS SUR DES POSITIONS DE CLASSE : " CONTRE LE 4ème PAQUET FERROVIAIRE, POUR LE MONOPOLE PUBLIC ! "

redwedgermtDéclaration de 6 syndicats cheminots européens sur des positions de classe : « Contre le 4 ème paquet ferroviaire, pour le monopole public! »

Déclaration des syndicats des travailleurs du transport affiliés et amis de la FSM, réunis à Londres le 25 avril 2014 à l’initiative du RMT, repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Etaient présents et sont signataires des représentants des pays suivants : Grèce (PAME), Portugal (CGTP), France (CGT-Versailles), Grande-Bretagne (RMT), Chypre, Italie (USB).

Cheminots de tous pays, refusez le 4° paquet ferroviaire et les politiques de privatisation, mobilisez-vous pour défendre vos droits sociaux et le monopole public ferroviaire !

La commission européenne a adopté le 30 janvier 2013 le « 4ème paquet ferroviaire », et le processus pour son vote par le « parlement » de l’UE est lancé.

Ce paquet de mesures voulues par les monopoles vise à généraliser partout en Europe la privatisation du secteur ferroviaire engagée depuis le début des années 90.

Pour s’attaquer aux conquêtes historiques de la classe ouvrière, les capitalistes de chacun des pays de l’Union se sert des directives de l’UE comme un prétexte et un moyen de frapper et de briser la résistance des cheminots de leurs pays respectifs.

Différentes « réformes » du secteur ferroviaire ont ainsi été mises en application depuis plusieurs années, avec comme prétexte le respect des précédents « paquets », avec une seule et même logique dans tous les pays : la création de monopoles PRIVES, en lieu et place des monopoles PUBLICS historiques, et la casse des statuts et des conditions de travail des cheminots.

Selon le même schémas que lors des attaques contre les travailleurs de l’énergie, des postes ou des télécommunications, les cheminots des opérateurs publics historiques sont divisés, éclatés et réorganisés en plusieurs entités, de plus en plus indépendantes en vue de leur privatisation future.

De même, les conditions de travail, de formation, de rémunération des cheminots sont lourdement attaquées dans le but de maximiser les profits, la sécurité des voyageurs est aussi menacée et les prix des billets sont en augmentation constante à une vitesse largement supérieure à l'inflation. De ce point de vue, les cheminots subissent les mêmes attaques que l'ensemble de la classe ouvrière.

Ce 4ème paquet ferroviaire prévoit dans ses mesures phares :

·         L'obligation de séparation intégrale de la gestion de l'infrastructure ferroviaire (aiguillage, maintenance du réseau, etc.) d’un côté, et de l'exploitation des trains (commercialisation des billets, conduite et accompagnement des trains, maintenance du matériel roulant etc.). Le but affirmé étant de faciliter l'entrée de nouveaux opérateurs sur le réseau déjà existant.

·         L'ouverture généralisée à la concurrence du transport ferroviaire de voyageur, avec appels d'offres obligatoires pour chaque « délégation de service public », ce qui conduit à la privatisation progressive de l’ensemble des réseaux.

Car c’est bien la privatisation, par la création de grands groupe monopolistique privés qui est le but de ces prétendues « ouvertures à la concurrence », car les premiers à organiser l'arrivée de cette « concurrence »… se recrutent avant tout dans les directions des monopoles ferroviaires publics historiques. A l'image du groupe SNCF (France) ou le groupe Deutsche Bahn (Allemagne). Ces groupes ont mis sur pied des milliers de filiales de droit privé, tant dans le transport ferroviaire que routier, pour organiser eux même la « concurrence».

Pour nos syndicats, amis ou affiliés à la Fédération Syndicale Mondiale,

les réformes ferroviaires qui s’appuient sur ce projet

de nouvelle directive à l’échelle européenne sont inacceptables !

Nous ne connaissons que trop bien les conséquences de ces politiques :

·         En Angleterre, elles ont aboutie à une dégradation catastrophique de la sécurité du réseau, car les opérateurs qui remportent les appels d’offre sont ceux qui proposent le service le moins cher, donc qui font des économies sur la sécurité. Mais cela a aussi conduit à de nombreuses fermetures de lignes « non-rentables » et à la hausse vertigineuse des prix des billets de train, car seule la recherche du profit maximum intéresse les compagnies. Les conditions de travail, de retraite, de rémunération, la précarisation de l'emploi cheminot ont été le lot commun des travailleurs du rail britanniques. Alors même que les champions de la privatisation vantaient les « économies » … les subventions publiques attribuées aux opérateurs privés sont largement supérieures à celles perçues par British Rail avant sa disparition en 1994.

·         En Grèce, près de 40% des postes de la compagnie nationale ont été supprimés, avec des reclassements comme brancardiers dans les hôpitaux ou agents de nettoyage dans les écoles et administrations, sans parler de la diminution drastique des salaires et des pensions. Et on a appris en 2013, que le groupe SNCF (France) est sur les rangs de « l’appel d’offre » pour racheter des parties du réseau grec !

·         En France, l'expérience de « l'ouverture à la concurrence » dans le transport ferroviaire de marchandises depuis 2006 à confirmé notre analyse. Alors même que le fret SNCF transportait 55 GTK en 2000, le volume global transporté par tous les opérateurs confondus n'est que de 34 GTK. Les tarifs ont augmenté, des triages entiers ont été fermés avec des dizaines de milliers de suppressions d'emplois. La « concurrence » est brandie pour justifier les attaques permanentes contre la réglementation du travail des cheminots. Les cheminots sont déjà divisés dans plusieurs « branches » et « activités » prêtes à être privatisées, avec souvent une interdiction absurde de coopérer ensemble. Partout, la priorité est aux économies, y compris sur la maintenance des voies, la formation et le nombre de personnel. Pour les voyageurs, les prix continuent à augmenter chaque année. La réforme ferroviaire en préparation (ouverture des débats au parlement le 16 juin 2014) vise à aggraver cet état de fait en abrogeant la réglementation du travail en vigueur à la SNCF, pour l'aligner sur ce qui se pratique chez les opérateurs privés, et en réorganisant les cheminots, qui seront divisés dans 3 entreprises distinctes, afin de faciliter la privatisation du réseau.

Les syndicats des travailleurs du transport, affiliés et amis de la FSM,

soutiennent la mobilisation nationale des cheminots français,

à partir du 22 mai prochain, contre ce projet de réforme ferroviaire !

Pour nos syndicats, amis et membres de la Fédération Syndicale Mondiale, le constat est simple, le patronat de chacun des pays de l’Union, coalisé par le biais des institutions de l'Union Européenne, applique les mêmes recettes partout en Europe.

Pour la Fédération Syndicale Mondiale, ces deux dernières décennies n'ont fait qu’illustrer le fait que, sans un monopole public ferroviaire du transport de marchandises et de voyageurs, débarrassé du parasitisme de la recherche capitaliste du profit, il n’est pas possible d’assurer la satisfaction des besoins populaires en matière de transport ferroviaire.

C'est le sens de notre revendication affirmant l'exclusion des intérêts privés, la fin de la mise en concurrence dans le chemin de fer partout. La « réforme » dont nous avons besoin, c'est la réunification de tous les cheminots dans chacun des pays au seind’un monopole public, tourné exclusivement vers la satisfaction des besoins populaires, et placé sous le contrôle de ses travailleurs et de ses utilisateurs. Avec les embauches en nombre suffisant etune réglementation du travail de haut niveau, pour assurer un service de qualité et garantir la sécurité des circulations.

Pour nos syndicats, membres et amis de la Fédération Syndicale Mondiale, il est grand temps de rompre avec la fuite en avant du « lobbying » en direction des institutions de l’Union Européenne, comme le prône la CES, il est l’heure de remettre à l'ordre du jour dans tous nos pays respectifs, la lutte de classe et de masse par la grève dans les chemins de fer contre les politiques de privatisation et de casse de nos droits sociaux.

 

 (blog jacques.tourtaux)

 

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19:06 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

10/05/2014

[mpep] Trois tracts, deux affiches et des vidéos pour le boycot t de l'élection européenne.

 
 
From: M'PEP
Sent: Friday, May 9, 2014 8:54 PM
 
Subject: [mpep] Trois tracts, deux affiches et des vidéos pour le boycott de l'élection européenne.
 
TROIS TRACTS, DEUX AFFICHES, DES VIDÉOS ET DE L'AUDIO POUR LE BOYCOTT DE L’ÉLECTION EUROPÉENNE
 
Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).
 
Le 9 mai 2014.

En cette « journée de l’Europe » du 9 mai, une synthèse était nécessaire des raisons conduisant à rejeter l’Union européenne, l’euro et l’OTAN, et donc à boycotter l’élection européenne. Vous trouverez cette synthèse ci-dessous :
 
  • Bande audio : Table ronde sur Radio Africa 1 sur les enjeux de l’élection européenne
    "Le Grand Débat animé par Francis Laloupo avec Jacques Nikonoff, porte-parole du M’PEP ; Cyril Castro, candidat des Français de l’étranger sur la liste « Europe citoyenne » [de l’ancienne ministre Corinne Lepage], président du mouvement « Europe populaire » ; Badr Slassi, premier adjoint Divers Gauche au maire de Goussainville (95)."
    http://www.m-pep.org/spip.php?article3753



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Editeur : M'PEP
http://www.m-pep.org
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18:04 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

01/05/2014

FRANCE: [mpep] Les vidéos du lancement de la campagne de boycott de l'élection européenne

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From: M'PEP
Sent: Wednesday, April 30, 2014 7:50 PM
 
Subject: [mpep] Les vidéos du lancement de la campagne de boycott de l'élection européenne
 
LES VIDÉOS DU LANCEMENT DE LA CAMPAGNE DE BOYCOTT DE L’ÉLECTION EUROPÉENNE
 
Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).
 
Le 30 avril 2014.
 
C’est le 26 avril à Paris que le Comité national de résistance républicaine à l’Union européenne (CNR-RUE) a lancé sa campagne de boycott de l’élection européenne. Le thème du meeting était : Pourquoi le boycott de l’élection du Parlement européen est-il nécessaire et légitime ?
 
Pour accéder aux vidéos, cliquez ci-dessous :

 

Pour signer l’Appel national au boycott des élections européennes, cliquez ci-dessous :
http://www.m-pep.org/spip.php?article3528

Pour accéder au site du Comité national de résistance républicaine à l'Union européenne (CNR-RUE),
cliquez ici : http://www.cnr-rue.fr

 


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Editeur : M'PEP
http://www.m-pep.org
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Pour vous inscrire à nouveau, il vous suffira d'envoyer un message à cette adresse : mpep-subscribe@liste.mpep.fr
ou d'en faire la demande en écrivant à l'adresse suivante contact@m-pep.org

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21:04 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

25/04/2014

Lettre d'information de La Cimade n°68 - avril 2014

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From: La Cimade
Sent: Friday, April 25, 2014 4:11 PM
Subject: Lettre d'information de La Cimade n°68 - avril 2014
 
 Si ce message ne s'affiche pas correctement, vous pouvez le visualiser en suivant ce lien.
La Cimade
Lettre d'information de La Cimade • n°68 - 25/04/2014  
ACTUALITÉ
Carre_p-actu 25/04/14 | Migrants en danger, l'Europe dérive. Réagissons !
Sara_Prestianni À l’approche des élections européennes le 25 mai, La Cimade lance une mobilisation visant principalement à porter nos positions auprès des candidats et des députés européens, une fois élus, et à informer sur les enjeux migratoires européens.Les élections européennes de 2014 interviennent sur fond de
montée de la xénophobie et des populismes identitaires... lire la suite
Carre_p-actu 17/04/14 | Tribune publiée dans Le Monde : mettons un terme à l'expulsion des étrangers en attente de soins !
En France, un étranger gravement malade reste d'abord et avant tout un étranger. Chaque jour sur le terrain la même mécanique se met en place, réservant à nombre d'entre eux un traitement inhumain : déni de droits, interpellation, enfermement et expulsion vers des pays qui n'offrent aucune garantie... lire la suite
Carre_p-actu 17/04/14 | soignerouexpulser.org
soignerouexpulser Depuis la loi du 16 juin 2011, des personnes étrangères gravement malades sont régulièrement
enfermées et expulsées vers des pays n'offrant aucune garantie d'accès aux soins. Faute de réaction du Ministère de la Santé sur ce dossier, ces pratiques inhumaines se sont même intensifiées sous la présidence... lire la suite
Carre_p-actu 15/04/14 | crazette n°10
crazette Sortie du dernier numéro avec un éditorial-bilan du mandat de Valls à l'Intérieur, un billet sur une dernière jurisprudence du Conseil
d'État, un article sur l'absence de réparation des placements en rétention abusifs, un retour sur l'affaire "Médecins sans frontières" et les dérives du Parquet, des cranets de justice en forme olympique, des crabsurdités, un encadré sur les familles (toujours) placées en rétention.... lire la suite
TÉMOIGNAGES
Carre_p-temoignage Sarah Danflous, intervenante pour La Cimade au CRA d'Hendaye
Le ping-pong prison-rétention
lire le témoignage
COMMUNIQUÉS
Carre_p-commun 17/04/14 | Soigner ou expulser ?
Depuis la loi du 16 juin 2011, des personnes étrangères gravement malades sont régulièrement enfermées et expulsées vers des pays n'offrant aucune garantie d'accès aux soins... lire la suite
Carre_p-commun 16/04/14 | Face à la dégradation continue de ses conditions d'intervention, La Cimade se retire d'une partie des centres de rétention administrative
Le marché public régissant la mission «d’information et d'assistance juridique» auprès des personnes étrangères enfermées dans les centres de rétention administrative vient d'être renouvelé... lire la suite
Carre_p-commun 27/03/14 | Circulaire Valls : toujours plus, pour expulser plus
La circulaire du ministère de l’Intérieur datée du 11 mars 2014 relative aux priorités pour l’année 2014 dans la «lutte contre l’immigration irrégulière» met à jour... lire la suite
PUBLICATIONS
CC80 Carre_p-poles Les comptes de l’immigration
Combien ça coûte ? Difficile d’appliquer cette formule rituelle à l’immigration en France, tant elle est réductrice. Et pourtant, cette manière d’aborder ce sujet est courante... lire la suite

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APPEL AUX BÉNÉVOLES
Carre_p-agenda Tourcoing
Le groupe Cimade de Tourcoing recherche des personnes disponibles à partir d'octobre pour donner des cours de français langue étrangère à des personnes migrantes...
| voir l'appel


Carre_p-agenda Normandie
La Cimade intervient dans les prisons de Normandie pour aider les personnes étrangères détenues dans l'exercice de leurs droits, particulièrement concernant leur séjour en France. Les bénévoles interviennent en qualité de visiteur de prison...
| voir l'appel


Carre_p-agenda Nevers
Le groupe de Nevers recherche activement des personnes souhaitant s’engager : • Dans l’accompagnement des migrants (participation à la permanence, formation progressive au droit des étrangers et au suivi de dossiers) • Dans l’organisation de temps de sensibilisation et de communication, en particulier le festival Migrant’Scène...
| voir l'appel
STAGE
Carre_p-agenda Paris - Festival Migrant'scène
Stage conventionné du 30 juin au 19 décembre 2014.
Chaque année, durant la deuxième quinzaine de novembre, La Cimade organise un festival : Migrant’scène. Parce que la question des migrations est au cœur de nos sociétés, parce que le contexte de crise économique et sociale est facteur de repli sur soi, de préjugés et de raccourcis, le festival a l'ambition d'aller vers différents publics, d'agir avec de nombreux partenaires pour croiser les regards et les imaginaires, échanger des informations, créer des brèches dans les idées reçues, remettre en mouvement notre façon de penser et de vivre les migrations, et sensibiliser aux thèmes de l'hospitalité, du vivre ensemble, de l'égalité et de la défense des droits.
| voir l'offre
abonnement - site de La Cimade

23:26 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Communiqué du Collectif communiste Polex concernant l'Union euro péenne

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Sent: Friday, April 25, 2014 9:22 AM
 
Subject: Communiqué du Collectif communiste Polex concernant l'Union européenne
 

 UNION  EUROPÉENNE  :

DECLARATION  DU  COLLECTIF COMMUNISTE  POLEX

 

En 2005, le peuple français a dit NON à la Constitution européenne. Bruxelles et nos gouvernants lui ont volé sa victoire.

LE 25 MAI, FIDÈLES À NOS CHOIX ANTÉRIEURS, NOUS EXPRIMERONS NOTRE VOLONTÉ DE VOIR LA FRANCE SORTIR DE L'UNION EUROPÉENNE, DE L'EURO, ET DE L'OTAN.

Parce que l'Union européenne, construction anti-démocratique, interdit au peuple français et à tous les peuples d'Europe d’exercer leur droit imprescriptible à disposer d’eux-mêmes.

Parce que l'UE et l’Euro, au service du patronat et du capitalisme, imposent l’austérité et détruisent les conquêtes sociales dans tous les pays européens, tout particulièrement en France, Parce que l'UE nie le droit de chaque nation de l'Europe et de celle de France à l'indépendance politique, monétaire, économique et douanière.

Parce qu'en organisant la « libre concurrence » entre salariés européens au profit du patronat, l'UE favorise les bas salaires, la précarité, le chômage, et alimente ainsi la xénophobie et le racisme, au profit de l'extrême droite nationaliste, ennemie de la démocratie et du mouvement ouvrier.

Parce que l'UE, née de la guerre froide, se prétend mensongèrement pacifique : elle a déjà, en Europe même, suscité les guerres féroces de Yougoslavie et du Kosovo. Avec l'OTAN, bras armé de l'impérialisme états-unien, elle s’impose, y compris par les armes, dans l'espace arabo-musulman, en Afrique…. En s’ingérant dans les affaires d’Ukraine, elle ajoute aux risques de guerre.

Parce que l'UE est nocive depuis sa naissance, et qu'un changement de majorité au parlement européen ne saurait la rendre ni « pacifique », ni « sociale » ni « démocratique ».

 

LA FRANCE DOIT DÉNONCER LES TRAITÉS EUROPEENS DE ROME, MAASTRICHT ET LISBONNE, SORTIR DE L'EURO, ET QUITTER L’OTAN.

 

Nous voulons des nations européennes souveraines et démocratiques, condition nécessaire pour une féconde coopération entre les peuples d’Europe et au-delà, pour la paix et le progrès social.

 

              Paris, le 25 avril 2014

 

 

Collectif communiste Polex (collectifcommunistepolex @ gmail.com): www.collectifcommunistepolex.org

 

 

 

carteurope



Communiqué Polex sur le 25 mai 2014.pdf

21:00 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

20/04/2014

"Démocratie" à la Belge et les futurs élections ...

c/se

BELGIQUE: le dimanche 25 mai 2014 auront lieu les élections pour le Parlement européen, la Chambre des représentants et les Parlements des Communautés et des Régions (dont le Parlement de la Région Bruxelles-capitale).

Certains auront sans doute remarqué que l’on ne votera plus pour le Sénat comme autrefois.

Le sénat existera encore cependant, mais il ne sera plus qu’une espèce de chambre d’ entérinements et de discutailleurs sans grands pouvoirs, destiné à récupérer les petits copains restés sur le tapis, où siègeront des “représentants” désignés qui feront l’objet de bien des marchandages entre les états-majors des partis “majoritaires” qui formeront le(s) futur (s) gouvernement (s) . C’ est le résultat de la dernière et Xme réforme de l’ Etat. De ce côté là,  la “démocratie” belge a encore fait un grand pas sur le côté, avec Di Rupo Ier et ses acolytes actuels.  Mais on ne  trouvera pas grand monde pour le remarquer tout simplement , le dire et le dénoncer ..

RoRo

18:52 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

22/03/2014

Internet en danger, élections municipales, 3 avril au Parlement européen...

sc
 
 
SALOPERIE d’EUROPE? AU SEUL SERVICE DES MULTINATIONALES, DES BANQUIERS, DE LA REPRESSION, DE LA DICTATURE, DES CONQUETES IMPERIALISTES ET COLONIALISTES !
RoRo
 
 
 
Sent: Saturday, March 22, 2014 8:43 AM
 
Subject: Internet en danger, élections municipales, 3 avril au Parlement européen...
 
La neutralité du réseau internet est une exigence indispensable pour garantir la liberté d'expression, de communication et d'information de la grande majorité des citoyens. Cette neutralité implique que tout flux sur internet doit être traité de la même façon indépendamment de son origine, destinataire, expéditeur, type de contenu ou des moyens (équipement, protocoles...) utilisés pour la transmission des paquets. Mais une telle exigence de neutralité semble déranger de nombreux intérêts qui s'expriment dans un intense lobbying à Bruxelles et ailleurs.

Pour les citoyens, internet est un service public essentiel. Mais c'est précisément à cette condition de service public que s'opposent de grands intérêts marchands, financiers et politiciens. Le 3 avril, après le vote de la Commission ITRE du 18 mars, le Parlement Européen pourrait entériner la fin de la neutralité du net dans le continent. La mobilisation de tous est d'ores et déjà indispensable, y compris pour interpeller les politiques à ce sujet dans le cadre de la campagne des élections municipales. Pourquoi tous ces silences, depuis des mois, de la part de partis politiques, syndicats, associations, grands médias... ?

Un exemple, d'ailleurs, de l'opacité de la politique actuelle à l'égard des citoyens. L'absence d'une réelle information du grand public se trouve à l'origine d'une situation de démobilisation à laquelle il est très urgent de mettre fin.


Articles d'Indépendance des Chercheurs :

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/...

Internet en danger, élections municipales, Parlement européen...

Le 20 mars 2014, 01net écrit « Internet est l’un des trois services publics essentiels pour les Français » avec le sous-titre « La ville numérique se prépare dans les communes ». L'article renvoie au dossier « Municipales 2014 : Le numérique fait campagne ». C'est précisément cette condition de service public qui exige la neutralité du réseau. Parler de la liberté de l'internet et des garanties de la neutralité du net paraît incontournable dans le contexte des élections municipales. A fortiori, dans une situation critique où le Parlement Européen risque d'entériner le 3 avril des mesures particulièrement dangereuses pour l'avenir de l'internet. Europe 1 évoque « Cette réforme d'Internet qui s'annonce », à propos d'un projet de loi sur les libertés numériques qui devrait être déposé en France ce mois de septembre. Alors qu'un sous-titre de l'article analyse « Sanctuariser la neutralité du net... ou pas », rien n'est dit concernant le rapport adopté le 18 mars par la Commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie (ITRE) du Parlement Européen sur la proposition 2013/0309 (COD) de règlement du Parlement Européen et du Conseil « établissant des mesures relatives au marché unique européen des communications électroniques et visant à faire de l'Europe un continent connecté, et modifiant les directives 2002/20/CE, 2002/21/CE et 2002/22/CE ainsi que les règlements (CE) n° 1211/2009 et (UE) n° 531/2012 ». Ce rapport constituera le point de départ des débats de la mini-plénière du Parlement Européen du 3 avril, comme déjà souligné dans nos articles récents « Internet, Parlement Européen : le vote de la Commission ITRE (I) » et « Neutralité du net, URGENCE : défense de cet acquis, élections municipales... ». ZDNet constate « Neutralité du Net : levée de boucliers après un vote européen » exposant que le rapport de la Commission ITRE préconise d'autoriser les opérateurs à établir des priorités dans les flux selon les accords passés avec les éditeurs de contenus. En clair, à « instaurer un Web à plusieurs vitesses ». Si une telle politique était adoptée, la neutralité du net cesserait d'exister et la fin de la liberté d'expression et d'information pour la grande majorité des internautes serait le résultat pratique prévisible de ce processus. Avec le titre « Neutralité du Net : le vote en ITRE indigne Castex, la Quadrature et le CNNum », PCInpact fait état des sévères critiques adressées à ce rapport par la Vice-Présidente de la Commission des Affaires Juriques du Parlement Européen Françoise Castex, par La Quadrature du Net et par le Conseil National du Numérique (CNNum). L'urgence d'une large mobilisation est d'autant plus grande et évidente, que la décision définitive du Parlement Européen court-circuiterait entre autres le projet de loi français. Dans une lettre d'information adressée ce jour aux personnels des laboratoires du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), notre collectif appelle l'ensemble de ces personnels à rompre l'inexcusable silence politique et médiatique, informer un maximum de citoyens et intervenir à ce sujet dans la campagne des élections municipales. Afin, notamment, d'interpeller devant les électeurs les listes, candidats et partis politiques : i) sur la question essentielle pour la sauvegarde des droits et libertés fondamentaux qu'est l'avenir de l'internet ; ii) sur leur position en la matière, clairement exprimée ; ii) sur les raisons du silence récurrent gardé par le monde politique à l'égard de la grande majorité des citoyens à propos des opérations du Parlement Européen.

[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/... ]


et pour rappel :

Neutralité du net, URGENCE : défense de cet acquis, élections municipales...

Internet, Parlement Européen : le vote de la Commission ITRE (I)

URGENCE : l'internet en danger au Parlement Européen (I)

Bientôt, l'apocalypse de l'internet ? (I)


Bientôt, l'apocalypse de l'internet ? (II)

Menaces sur l'internet : pourquoi ces silences politiques et médiatiques ?

Parlement européen et neutralité du net (I)

Parlement européen et neutralité du net (II)

Amazon, CIA, IBM, GAO... (I)

Amazon, CIA, IBM, GAO... (II)

Morts des blogs ou annonce d’une censure ?


Cordialement

Le Collectif Indépendance des Chercheurs
http://science21.blogs.courrierinternational.com/
http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia

21:20 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

FRANCE: [mpep] Appel à sanctionner le PS-EELV aux élections muni cipales

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From: M'PEP
Sent: Saturday, March 22, 2014 11:49 AM
 
 
 
APPEL À SANCTIONNER LE PS-EELV AUX ÉLECTIONS MUNICIPALES
 
Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).
 
Le 22 mars 2012.
 
Résumé
 
Le Parti socialiste, depuis sa victoire à l’élection présidentielle et aux législatives de 2012, mène une politique dans la stricte continuité de celle conduite par monsieur Sarkozy. Le chômage, la précarité, la pauvreté, l’aggravation des inégalités prennent des proportions dramatiques. Aucune issue positive pour la population n’est à attendre de l’acharnement avec lequel les socialistes appliquent les dogmes les plus éculés de la doctrine néolibérale. Cette situation n’a rien de surprenant. C’est la ligne politique constante suivie par le Parti socialiste depuis le « tournant de la rigueur » qu’il a opéré en 1982-1983. Toutes les mesures principales prises depuis 2012 vont ouvertement dans le sens de l’accélération de la domination du capitalisme néolibéral.
 
Les élections municipales des 23 et 30 mars 2014 sont tout à fait particulières pour deux séries de raisons. D’une part, l’acte III de la décentralisation, largement méconnu par la population, créée une situation parfaitement ubuesque. Ces élections, en effet, se déroulent avant que l’on sache exactement quelles seront les futures compétences des collectivités locales. D’autre part, dix-sept années d’exercice du pouvoir par le PS depuis 1981, permettent désormais de dresser le bilan du principal parti de gouvernement à gauche. Ce bilan est accablant. Voter pour le PS ou s’allier avec lui, comme le font EELV et le PCF dans certaines villes, c’est voter ou s’allier avec le plus dangereux des partis au service des classes dominantes.

(…)




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21:02 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

16/03/2014

Quelle pourriture!!! Sa Magnitude BHL truque son numéro de cirqu e

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c

MANIPULATION: voilà effectivement ce que des centaines de millions de gens devraient savoir et comprendre: comment on les manipule, comment on fabrique et falsifie l’ actualité, on fabrique de fausses preuves, des mises en scène, des scoops, ...

Quand BHL: spécialiste de toujours de l’ anti-communiste et de l’ antisoviétisme, pro-sioniste, pro-ricain, ardent “analyste” et conseiller des fauteurs de guerres impérialistes et colonialistes..., “philosophe”de pacotilles adulé des médias du capitalisme , veut se mettre à l’ avant plan et “prouver” ...  Est-il ici de passage à Hollywood ?

RoRo

 

Le Samedi 15 mars 2014 20h51, "Xarlo@aol.com"  a écrit :

Le parfait faux cul va-t-en guerre...Incroyable, à voir absolument:

Bernard Henry Levy se fait photographier dans un décor falsifié monté dans un studio pour faire croire qu'il est en Ukraine, mais un photographe pirate photographie le studio où se déroule le montage !!!!

 


 

11:16 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

09/03/2014

Il est tout de même assez stupéfiant d'entendre les Occidentaux réclamer, la bouche en coeur, le respect d e l'intégrité territoriale de l'Ukraine

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Il est tout de même assez stupéfiant d'entendre les Occidentaux réclamer, la bouche en coeur, le respect de l'intégrité territoriale de l'Ukraine
 
et condamner l'intervention de la Russie en Crimée. Que n'ont-ils eu, eux, le souci de l'intégrité territoriale de la Yougoslavie (et plus tard de la Serbie) quand ils encouragèrent les Slovènes, Bosniaques, Croates et Kosovars à faire sécession ? Pourquoi ne se sont-ils pas retenus d'utiliser la force lorsqu'il s'agissait de défendre leurs propres intérêts (souvent contre ceux de la Russie), en Afghanistan, en Irak, en Libye, au Mali... Je n'ai guère de sympathie pour Poutine. Mais l'Occident n'a-t-il pas l'impression d'avoir poussé le bouchon un peu trop loin ? Après avoir encouragé et armé les islamistes radicaux pro-saoudiens afin qu'ils mettent à feu et à sang la Syrie (unique allié et seule base navale russe sur la Méditerranée), la coupe était manifestement pleine du côté russe. On pouvait prévoir qu'ils n'accepteraient pas un nouveau camouflet sans réagir. Qu'à cela ne tienne, Européens et Américains ont ostensiblement encouragé le radicalisme et poussé à la révolte violente les ultra-nationalistes ukrainiens. Sans beaucoup se soucier de qui l'on soutenait ainsi : le parti Svoboda par exemple, (anciennement appelé "parti social-national ukrainien"), dont le dirigeant déclarait encore en 2005 qu'ils fallait "mettre fin aux activités criminelles de la juiverie ukrainienne" ; ou ceux qui sur Maidan arboraient les portraits de Bandera et Choukhevitch, deux nationalistes ukrainiens qui ont collaboré avec les nazis en 41-44, allant jusqu'à diriger des unités de la Wehrmacht et participant directement aux massacres des Juifs et des communistes (entre parenthèses, je constate que certaines grandes voix, style BHL, sont plus promptes à taxer d'antisémitisme des propos politiques qui condamnent l'Etat d'Israel ou les âneries d'un mauvais humoriste de brasserie, que le retour au pouvoir des descendants politiques directs de ceux qui organisèrent la Shoah). Comme de bien entendu, les amis ukrainiens de l'Occident n'eurent rien de plus pressé, une fois au pouvoir à Kiev, que d'interdire l'usage du russe, deuxième langue du pays et langue majoritaire sur une bonne partie du territoire. Une provocation délibérée, visant à exacerber les tensions internes et à justifier ainsi le soutien financier et politique qu'on espérait obtenir de l'Europe. Mais c'était sans doute la provocation de trop. Faut-il vraiment s'étonner et s'indigner si, dans ces conditions, les Russes et russophones de l'Est ukrainien et de Crimée se sentent menacés et appellent le "grand frère" à l'aide ? Et que celui-ci, bien sûr, en profite pour rendre la monnaie de leur pièce aux Européens et Américains, eux qui firent la sourde oreille quand c'est lui qui leur demandait de respecter l'intégrité territoriale d'autres pays et de s'abstenir de s'ingérer dans leurs affaires intérieures... ?. Que n'ont-ils eu, eux, le souci de l'intégrité territoriale de la Yougoslavie (et plus tard de la Serbie) quand ils encouragèrent les Slovènes, Bosniaques, Croates et Kosovars à faire sécession ?
 
Extraits: Nico Hirtt

21:12 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

l'ennemi désigné...

cs
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Sent: Sunday, March 9, 2014 12:10 PM
 
Subject: brèves: l'ennemi désigné...
 

UKRAINE, ou plutôt... Poutine, écoutez la suite.
http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4811408

Il y a quelque temps, constatant la lente mais sûre évolution de la campagne médiatique anti russe -également anti castriste, anti Chavez, anti Moralès, anti Corréa, anti, anti- bref, concernant tous ces hommes éclairés pour qui l'Être Humain l'emporte, et de loin, sur la loi du profit et la destruction de l'environnement qui va de pair, j'avais alors émis la pensée selon laquelle, aux fils des ans, Staline serait l'égal d'Hitler, puis, pire qu'Hitler.
Aujourd'hui, Dame Clinton -la va-t-en guerre- compare Poutine à Hitler.

Ce matin, france culture s'est intéressé à une manifestation anti Poutine en Pologne, regroupant, selon cette radio 2000 personnes (sur 38 millions d'habitants) et, mission oblige, a trouvé une opposante viscéralement anti russe
comparant Poutine à Staline, à Hitler...
Eh oui! Et la préposée à cette info: "la Pologne qui a souffert de la domination russe". Elle omet de rappeler les horribles souffrances endurées par la population polonaise, en particulier juive, perpétrées par l'occupant nazi et des alliés polonais. En France, la milice opérait de même.

Autre erreur ou mensonge, un de ses collègues "de la même trempe": "pour sortir du communisme, il y a 35 ans". Il ne s'est "trompé" que de 10 ans, car de 1989 à 2014, ça fait 25 ans. Mais ça passe...

Puis, toujours dans le cadre de sa mission, l'envoyé "spécial" interroge Piotr Duda, président de "Solidarité" (*), qui ferait mieux de se préoccuper, comme ce fut le cas en septembre 2013, où là, 100000 participants à la manifestation populaire protestaient contre la politique ultra libérale du gouvernement polonais.
" Plus de 100.000 syndicalistes ont manifesté samedi à Varsovie contre la politique économique et sociale du gouvernement libéral de Donald Tusk, qu'ils considèrent comme le grand responsable des difficultés des Polonais alors que l'économie du pays marque le pas."On devient des esclaves dans notre propre pays!", s'est indigné Piotr Duda, chef du syndicat Solidarité, principal organisateur de la manifestation." 140000 selon le syndicat.
http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/pologne-ma...
(*) Comme d'autres avant lui -idem en france- il poursuivra certainement une bonne carrière dans la politique.

Ce fut le cas pour L. Walesa qui a obtenu de nombreuse distinctions occidentales. Ben voyons!
" Grand-croix de la Légion d'honneur de France - Chevalier grand-croix de l'ordre du Bain du Royaume-Uni - Grand cordon de l'ordre de Léopold de Belgique - Grand collier de l'ordre de l'Infant Dom Henri du Portugal

  Médaille de la Liberté des États-Unis - Grand-croix de l'ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne -".
Grand mérite pour avoir contribué à la chute du communisme en Pologne, car pour le reste, il n'y a pas photo: "Il se représente à l'élection présidentielle de 2000, mais ne recueille que 1,01 % des voix." (wikipédia)

La situation socio/économique de la Pologne, liée là aussi à l'appétit de l'oligarchie financière, est plutôt instable. Voir le lien ci-dessus.

Mémoire: durant l'occupation 1940/45- nombreux français, à commencer par ces maîtres de l'industrie, se satisfaisaient du régime nazi: "mieux vaut le fascisme que le communisme"

Samedi, J'étais à l'écoute de france culture... Eh oui! Quand, à 12:45... "Bonjour Christine Ockrent" (**), là j'ai changé de poste dans l'attente de Monsieur X (france inter) où des vérités sont parfois bonnes à entendre.
C'est une anti communiste primaire, d'où son utilité... " Elle participe également à plusieurs reprises aux réunions du groupe Bilderberg, cercle fermé de l'élite politique et financière internationale"

(**) "Issue des milieux anti-communistes de la Guerre froide, la Fondation Saint-Simon a discrètement rassemblé en France, dans les années 80 et 90, des personnalités politiques, économiques, culturelles et médiatiques. Entre autres membres éminents : Pierre Rosanvallon, Alain Minc, Francis Mer, Serge July, Laurent Joffrin, Luc Ferry, Alain Finkielkraut, ou encore Christine Ockrent. Membre du Club de La Haye, un réseau international de think-tanks animé par la CIA, la Fondation Saint-Simon a éclipsé les intellectuels de la gauche non-atlantiste et imposé une forme de pensée unique en France." ( http://www.voltairenet.org/article12431.html )
Le timbre de voix "métallique" de Mme Ockrent n'est pas la seule raison -loin s'en faut- de la belle carrière qu'elle poursuit sur les ondes "libres"...

- Une autre info. Barhein: http://www.prorussia.tv/Barhein-silence-on-tue-et-la-auss...
" l'écrivain américain Mark Twain, qui déjà au 19ème siècle constatait: "Dans notre pays, nous jouissons de ces trois choses parmi les plus précieuses qui soient : la liberté d'expression, la liberté de conscience, et la grande prudence de ne pas les exercer"

jmb


21:10 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

le PRCF fustige l'engagement de Hollande aux côtés du gouverneme nt ukrainien intégrant des néo-nazis

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---------- Message transféré ----------
De : geoges gastaud <gastaudcrovisier2@wanadoo.fr>
Date : 8 mars 2014 22:32
Objet : le PRCF fustige l'engagement de Hollande aux côtés du gouvernement ukrainien intégrant des néo-nazis


Déclaration du Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF)

Honte à François Hollande qui s’ingère dans les affaires de l’Ukraine pour encourager et banaliser le gouvernement néo-nazi ukrainien et ses complices de l’ « Euro-Maïdan » – 8 mars 2014

Les soussignés, dirigeants du Pôle de Renaissance Communiste en France, élèvent une solennelle protestation contre l’invitation par le président de la République, le 7 mars 2014, à l’Elysée, du candidat à la future élection présidentielle ukrainienne, leader d’extrême droite, Vitali Klitschko. Ce dernier joua un rôle décisif lors de l’ « Euro-Maïdan » qui porta au pouvoir un gouvernement dans lequel les néo-nazis et fascistes avérés détiennent la moitié des postes-clés. Cette réception impensable et déshonorante pour la France s’apparente à une initiative politicienne permettant à ce candidat, qui approuve la présence des néo-nazis au sein du gouvernement, d’utiliser le président de la République française pour sa campagne électorale, ce qu’il n’a pas manqué de faire dans les médias, dès sa sortie de l’entrevue.

Si l’article 8 de la Constitution précise : le président de la République veille au respect de la Constitution, nul autre article ne prévoit l’utilisation de l’Elysée pour ce type de manipulation et par conséquent ne l’autorise.

Sauf avis contraire, il semble acquis qu’aucun président de la Vème République n’a de l’Elysée, officiellement du moins, soutenu le candidat d’un parti politique à l’élection présidentielle d’un pays étranger.

Une telle démarche est extrêmement choquante car elle procède d’une ingérence grossière dans la situation explosive de l’Ukraine.

Cette démarche élyséenne est inadmissible au moment où la France va commémorer le 70ème anniversaire de la Libération et du programme du Conseil National de la Résistance (CNR) « les Jours Heureux » par un acte hautement symbolique, le transfert au Panthéon de la dépouille mortelle de résistantes et de résistants.

Le 70ème anniversaire de la Libération sera aussi celui :

  • du débarquement du 6 juin 1944 et des combats insurrectionnels ;
  • des massacres perpétrés par les S.S. à Tulle, Oradour-sur-Glane, Maillé et autres ;
  • de la libération de Paris ;
  • du débarquement de Provence ;
  • de la transformation de l’escadrille Normandie en Régiment Normandie-Niemen ;
  • de l’historique signature, le 10 décembre 1944 à Moscou, du Traité d’alliance franco-soviétique qui rendit à la France sa place de grande puissance au sein de la coalition alliée.

C’est pourquoi les signataires de ce texte exigent l’interdiction sur le sol français de la présence de ministres ou de représentants d’un pouvoir ukrainien dans lequel figurent des néo-nazis et des fascistes dont les premiers actes, en arrivant au pouvoir, auront été de fomenter l’interdiction du Parti communiste d’Ukraine et de réprimer l’usage de la langue russe.

Le comportement impérialiste et grossièrement complaisant envers les nazis ukrainiens du président de la République, du gouvernement Ayrault, de l’Union Européenne et du gouvernement américain mérite que tous les démocrates, patriotes et antifascistes français expriment leur indignation et clament d’une seule voix : « pas en notre nom ! ».

La vérité fera son chemin sur les groupes néo-nazis déjà accusés d’avoir provoqué sciemment le bain de sang de la place Maïdan.

Pierre Pranchère, résistant F.T.P.F. à l’âge de 15 ans, membre au Parti communiste clandestin, le parti des fusillés. Député de Tulle, (1956-58 et 1973-1978) ville résistante et martyre, député honoraire au Parlement européen, vice-président du P.R.C.F. et président de la commission des relations internationales du P.R.C.F..

Léon Landini, président du P.R.C.F., anc. officier des F.T.P.-M.O.I., Grand Mutilé de Guerre, Médaille de la Résistance, Officier de la Légion d’honneur, décoré par l’U.R.S.S. ;

Jean-Pierre Hemmen, vice-président du P.R.C.F., fils de Fusillé de la Résistance, réprimé pour avoir refusé de porter l’uniforme sous les ordres d’un ex-général de la Wehrmacht exerçant un commandement au sein de l’O.T.A.N. ;

Georges Gastaud, fils de Résistant gaulliste, secrétaire national du Pôle de Renaissance Communiste en France.

Antoine Manessis, fils de Résistant communiste grec, secrétaire aux relations internationales du P.R.C.F.

 

<2014 - 03 - 08 Déclaration du Pôle de Renaissance Communiste 2.doc>

 

21:10 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |